La loi de l’action

La loi de l’action : et si agir moins permettait parfois d’agir mieux ?

« Passe à l’action. »

C’est probablement l’une des phrases que nous entendons le plus dans le monde de l’entrepreneuriat, du marketing et du développement personnel.

Passe à l’action.

Arrête de réfléchir.

Décide maintenant.

Achète maintenant.

Profite de l’offre avant qu’elle disparaisse.

Nous vivons dans une société qui valorise énormément l’action et dans laquelle l’urgence peut devenir un puissant levier commercial.

Pourtant, je crois profondément à l’importance de l’action.

Une idée qui ne quitte jamais notre tête reste une idée.

Un projet demande généralement des actes pour prendre forme dans la matière.

Mais toutes les actions ne partent pas du même endroit.

Et c’est précisément là que la sécurité intérieure change complètement notre rapport au « faire ».

Pourquoi passons-nous autant à l’action ?

Prenez quelques secondes pour regarder votre journée.

Combien d’actions avez-vous réalisées parce que vous aviez réellement envie de les faire ?

Et combien parce que vous vous êtes dit :

« Il faut que… »

« Je dois… »

« Je n’ai pas le choix… »

Ces expressions sont intéressantes.

Elles révèlent parfois que nous ne sommes plus réellement en train de choisir notre action.

Nous répondons à une obligation réelle, à une habitude, à une croyance familiale, à une norme sociale ou à une peur.

Cela ne signifie évidemment pas que nous pouvons supprimer toutes les contraintes de notre existence.

Mais nous pouvons commencer à regarder ce qui se cache derrière certaines d’entre elles.

Pendant longtemps, je pensais ne pas avoir le choix

Jusqu’en 2016, je pouvais travailler environ 70 heures par semaine.

Je pensais que c’était nécessaire.

Il fallait travailler.

Produire.

Gérer.

Développer.

Avancer.

Je pensais ne pas avoir le choix.

Puis ma vie m’a conduit à remettre profondément en question cette manière de fonctionner.

J’ai progressivement construit une organisation dans laquelle je peux consacrer beaucoup moins de temps au travail qu’autrefois, certaines périodes représentant autour d’une trentaine d’heures dans le mois.

Et ma qualité de vie n’a rien à voir avec celle que je connaissais lorsque je travaillais 70 heures par semaine.

Ce changement m’a appris quelque chose d’essentiel :

certaines de nos contraintes sont réelles, mais d’autres sont des croyances que nous avons tellement répétées qu’elles ont fini par ressembler à des vérités.

Lorsque nous ne nous sentons pas en sécurité, nous faisons

C’est probablement l’un des mécanismes que j’observe le plus aujourd’hui.

Lorsque nous avons peur, nous cherchons souvent à agir.

Peur de manquer d’argent ?

Nous travaillons davantage.

Peur que notre activité ne fonctionne pas ?

Nous multiplions les publications, les offres et les stratégies.

Peur de perdre un client ?

Nous relançons.

Peur de ne pas être suffisamment compétents ?

Nous achetons une nouvelle formation.

Peur de ne pas avancer ?

Nous lançons un nouveau projet.

L’action procure momentanément une sensation de contrôle.

« Je fais quelque chose, donc je ne suis pas impuissant. »

Mais agir davantage ne signifie pas nécessairement avancer davantage.

Nous pouvons être extrêmement occupés tout en tournant en rond.

L’agitation peut masquer l’insécurité

C’est là que je distingue aujourd’hui action et agitation.

L’action possède une direction.

L’agitation cherche surtout à calmer quelque chose.

Lorsque notre sécurité intérieure est fragile, rester sans rien faire peut devenir très inconfortable.

Nous avons l’impression de perdre du temps.

De prendre du retard.

Que quelqu’un d’autre va passer devant.

Que nous devrions être plus productifs.

Alors nous recommençons à faire.

Et nous pouvons passer des années dans ce cycle :

stress → action → soulagement temporaire → nouveau stress → nouvelle action.

Nous sommes constamment en mouvement, mais jamais réellement rassurés.

Il est urgent de ralentir

Cela peut sembler paradoxal.

Nous voulons davantage de résultats et je propose de commencer par ralentir.

Pourtant, ralentir permet parfois de retrouver ce que l’agitation nous avait fait perdre :

la clarté.

Qu’est-ce que je veux réellement ?

Pourquoi suis-je en train de faire cela ?

Est-ce encore utile ?

Est-ce que cette action correspond à la direction que j’ai choisie ?

Ou suis-je simplement en train de la répéter parce que j’ai toujours fonctionné ainsi ?

S’arrêter permet de remettre du choix là où l’automatisme avait pris toute la place.

Avons-nous besoin de toujours plus d’informations ?

Nous retrouvons exactement le même phénomène dans le développement personnel.

Un article.

Puis un autre.

Une vidéo.

Un podcast.

Un livre.

Une formation.

Puis une nouvelle méthode qui semble encore plus puissante.

Nous accumulons énormément d’informations.

Mais combien en expérimentons-nous réellement ?

J’aime cette idée :

il vaut parfois mieux lire mille fois un livre que lire une fois mille livres.

Non pas littéralement.

Mais parce qu’une seule idée réellement intégrée peut transformer davantage notre manière de vivre que mille concepts stockés dans notre tête.

Le mantra qui m’a accompagné en 2016

En 2016, à une période charnière de mon existence, j’ai choisi une phrase extrêmement simple :

« Tous les jours, à chaque point de vue, je vais de mieux en mieux. »

Il s’agit de la célèbre formule associée à Émile Coué.

Je l’ai répétée encore et encore.

Devant le miroir.

En me lavant les dents.

Dans la voiture.

En marchant.

Au réveil.

Au coucher.

J’appelais cela mon « lavage de cerveau ».

Je ne prétends pas qu’une phrase répétée suffise à résoudre les difficultés d’une vie.

Mais cet exercice m’a appris à arrêter de courir après cent méthodes différentes et à concentrer mon attention sur une direction.

La loi de Pareto : toutes nos actions ne se valent pas

Nous pouvons également regarder notre manière d’agir à travers le principe de Pareto, souvent résumé ainsi :

une minorité de nos actions produit une grande partie de nos résultats.

Le fameux 80/20 est une heuristique, pas une proportion exacte applicable mécaniquement à toutes les situations.

Mais la question qu’il provoque est excellente :

quelles sont les quelques actions qui produisent réellement quelque chose d’important dans ma vie ou mon activité ?

Et quelles sont celles que je continue simplement par habitude ?

Nous pouvons parfois supprimer énormément de tâches sans perdre les résultats essentiels.

Mais j’irais aujourd’hui encore plus loin.

Même une action efficace peut partir de la peur

Imaginez que vous ayez parfaitement identifié vos actions les plus rentables.

Très bien.

Mais pourquoi les réalisez-vous ?

Si chaque action est encore guidée par :

« Il faut que je gagne davantage sinon je ne serai pas en sécurité »,

vous pouvez avoir optimisé votre productivité sans avoir changé votre fonctionnement intérieur.

Vous êtes simplement devenu plus efficace dans votre peur.

Voilà pourquoi la question n’est pas seulement :

« Quelle action produit le plus de résultats ? »

Elle devient :

« Depuis quel endroit intérieur suis-je en train de réaliser cette action ? »

Action de manque ou action de plénitude ?

J’utilise beaucoup cette distinction.

Une action peut partir du manque.

« Il me faut absolument un client. »

« Il faut que cette publication fonctionne. »

« Il faut que cette personne dise oui. »

Lorsque nous sommes dans cet état, l’enjeu devient énorme.

Chaque résultat semble déterminer notre sécurité.

À l’inverse, nous pouvons agir depuis un état plus stable.

« Voilà ce que j’ai envie de proposer. »

« Voilà ce que je pense pouvoir apporter. »

« Je vais faire cette action et observer ce qu’elle produit. »

L’action extérieure peut être exactement la même.

Mais intérieurement, nous ne vivons pas du tout la même expérience.

Dans ma lecture spirituelle, j’ai longtemps parlé d’une action de manque qui « magnétise le manque » et d’une action de plénitude qui « magnétise la plénitude ».

Je préfère aujourd’hui conserver cette image comme une métaphore.

Parce que concrètement, notre état intérieur influence déjà notre façon de communiquer, de décider, de persévérer et de réagir au résultat.

Avant l’action, faire le plein

Imaginez une voiture.

Pour faire le plein, nous l’arrêtons.

Nous ne roulons pas à 130 km/h en essayant de remplir le réservoir.

Pourtant, nous faisons parfois exactement cela avec nous-mêmes.

Nous sommes épuisés.

Stressés.

Notre tête tourne en permanence.

Et notre réponse consiste à ajouter une nouvelle tâche.

Une nouvelle stratégie.

Une nouvelle méthode.

Un nouveau projet.

Alors que nous aurions peut-être besoin, d’abord, de nous arrêter.

Marcher.

Respirer.

Méditer.

Rêvasser.

Être dans la nature.

Ne rien produire pendant un moment.

Non pas pour fuir nos responsabilités.

Mais pour retrouver suffisamment de sécurité intérieure pour ne plus avoir besoin de nous agiter afin de nous rassurer.

Et puis, parfois, « l’âme agit »

J’aime ce jeu de mots depuis longtemps :

l’âme agit.

Nous pouvons appeler cela intuition, inspiration, évidence intérieure ou simplement clarté.

Peu importe.

Nous connaissons tous ces moments où une idée apparaît et où l’action semble évidente.

Passer cet appel.

Écrire à cette personne.

Créer cette offre.

Refuser cette proposition.

Prendre rendez-vous.

Partir marcher.

Dire quelque chose que nous repoussions depuis longtemps.

L’action peut être minuscule.

Mais elle semble juste.

Elle ne vient pas de trois heures de rumination.

Elle apparaît lorsque suffisamment de bruit s’est arrêté pour que nous puissions enfin entendre ce qui se passe en nous.

99 % être, 1 % faire ?

J’ai longtemps résumé ma vision de la loi de l’action ainsi :

99 % être, 1 % faire.

Ce n’est évidemment pas une formule mathématique.

Certains projets demandent énormément de travail.

Certaines périodes nécessitent beaucoup d’action.

Mais cette disproportion volontaire rappelle quelque chose d’essentiel :

nous accordons souvent énormément d’importance à ce que nous faisons et très peu à l’état intérieur depuis lequel nous le faisons.

Or, la sécurité intérieure peut complètement modifier notre rapport à l’action.

Nous n’agissons plus uniquement pour calmer une peur.

Nous n’avons plus besoin d’être constamment occupés pour nous sentir utiles.

Nous pouvons nous arrêter sans culpabiliser.

Réfléchir sans procrastiner.

Attendre sans paniquer.

Puis agir lorsque l’action devient nécessaire.

La loi de l’action ne consiste donc peut-être pas à faire toujours davantage.

Elle pourrait être une invitation à développer suffisamment de présence et de clarté pour reconnaître l’action qui mérite réellement notre énergie.

Alors avant d’ajouter quelque chose à votre liste de tâches aujourd’hui, posez-vous cette question :

« Si je me sentais parfaitement en sécurité maintenant, est-ce que je ferais encore cette action, ou suis-je simplement en train de bouger pour calmer une peur ? »

Stéphane Bride-Bonnot

Aidez vos proches en partageant !
Stéphane Bride-Bonnot coach loi d'attraction
Stéphane Bride-Bonnot coach loi d'attraction