Comment avoir confiance en la vie

Comment refaire confiance après avoir été déçu ou trahi ?

Nous sommes nombreux à avoir vécu une expérience qui a laissé une trace.

Nous avons donné notre confiance à quelqu’un.

Un conjoint.

Un ami.

Un associé.

Un employeur.

Un membre de notre famille.

Et cette confiance a été trahie.

Ou alors nous avons traversé une situation suffisamment désagréable pour qu’une partie de nous en tire une conclusion :

« Plus jamais ça. »

Sur le moment, cette réaction est parfaitement compréhensible.

Notre cerveau apprend de nos expériences. Lorsqu’une situation nous a fait souffrir, il va naturellement essayer d’éviter qu’elle se reproduise.

Le problème apparaît lorsque cette protection construite hier commence à décider de notre vie aujourd’hui.

Parce que ce qui nous protège aujourd’hui est peut-être ce qui nous bloque demain.

Après une mauvaise expérience, nous ne regardons plus le monde de la même manière

Imaginons que vous ayez été trahi dans une relation.

Vous rencontrez quelques années plus tard une nouvelle personne.

Elle n’a rien fait.

Pourtant, vous observez.

Vous analysez ses messages.

Vous cherchez les incohérences.

Vous interprétez un silence.

Vous vous demandez ce qu’elle vous cache.

Pourquoi ?

Parce que votre cerveau ne travaille pas uniquement avec ce qui se passe maintenant.

Il utilise également ce qu’il connaît déjà.

La nouvelle personne se retrouve alors, sans le savoir, confrontée à une partie de votre passé.

Et vous pouvez avoir l’impression d’être simplement prudent alors qu’en réalité, une ancienne peur participe encore à vos décisions.

Faire confiance ne signifie pas tendre l’autre joue

C’est une confusion importante.

Lorsque nous parlons de confiance, certaines personnes imaginent une sorte de naïveté spirituelle :

« Il faut faire confiance à tout le monde. »

Non.

Faire confiance à la vie ne signifie pas supprimer son discernement.

Cela ne signifie pas rester auprès d’une personne qui nous manque de respect.

Cela ne signifie pas ignorer des comportements inquiétants.

Cela ne signifie pas donner une deuxième, une troisième ou une dixième chance à quelqu’un qui franchit continuellement nos limites.

La sécurité intérieure permet même souvent de faire exactement l’inverse.

Elle permet de voir plus clairement ce qui ne nous convient pas et d’agir sans être paralysé par la peur de perdre l’autre.

Vous n’êtes plus exactement la personne qui a vécu cette expérience

C’est ici que je conserve quelque chose d’important de mon ancien regard.

Entre la personne que vous étiez au moment d’une expérience douloureuse et celle que vous êtes aujourd’hui, il peut s’être passé énormément de choses.

Vous avez appris.

Vous avez expérimenté.

Vous connaissez peut-être davantage vos limites.

Vous repérez certains comportements plus rapidement.

Vous savez mieux ce que vous voulez.

Vous savez peut-être davantage dire non.

Vous avez développé de nouvelles ressources.

Autrement dit :

votre passé peut se répéter, mais vous n’êtes plus obligé d’y répondre de la même manière.

Et cette différence est fondamentale.

Le travail sur soi ne garantit pas que vous ne serez plus jamais déçu

Dans mon ancien texte, j’allais beaucoup plus loin.

Je pensais que lorsqu’une personne avait « nettoyé » suffisamment ses énergies, elle ne pouvait tout simplement plus attirer les expériences négatives qu’elle avait connues auparavant.

Aujourd’hui, je ne présenterais plus cela comme une certitude.

Vous pouvez avoir énormément travaillé sur vous et rencontrer quelqu’un qui ment.

Vous pouvez avoir développé une belle sécurité intérieure et être confronté à une trahison.

Vous pouvez être profondément serein et rencontrer un problème.

Aucun travail intérieur ne nous donne le contrôle absolu sur le comportement des autres.

Et finalement, nous n’en avons pas besoin.

La sécurité intérieure propose une confiance différente

Lorsque nous ne nous sentons pas en sécurité, nous cherchons souvent à être certains que l’autre ne nous fera jamais souffrir.

Mais comment obtenir cette garantie ?

Nous ne pouvons pas.

Nous pouvons contrôler son téléphone.

Analyser ses comportements.

Poser mille questions.

Chercher des preuves.

Demander des promesses.

Nous ne saurons jamais avec une certitude absolue ce qu’une autre personne fera demain.

La sécurité intérieure déplace donc progressivement l’objet de la confiance.

Au lieu de penser :

« J’ai confiance parce que je sais que cette personne ne me fera jamais souffrir »

nous pouvons aller vers :

« Je choisis de faire confiance tant que la réalité me donne des raisons de le faire, et je me fais suffisamment confiance pour réagir si cette réalité change. »

Voilà une confiance beaucoup plus solide.

Faire confiance à la vie, c’est aussi se faire confiance

Cette idée change énormément de choses.

Je ne peux pas garantir que mon projet fonctionnera.

Mais je peux me faire confiance pour m’adapter s’il échoue.

Je ne peux pas garantir qu’une relation durera toute ma vie.

Mais je peux me faire confiance pour ne pas m’abandonner afin de la conserver.

Je ne peux pas garantir qu’un associé ne me décevra jamais.

Mais je peux apprendre à poser un cadre, observer les faits et agir si quelque chose ne me convient plus.

Je ne peux pas garantir que la vie sera toujours douce.

Mais je peux développer ma capacité à traverser ce qu’elle me présente.

La confiance n’est donc plus l’absence de risque.

Elle devient la capacité à vivre malgré l’existence du risque.

Nos anciennes blessures peuvent pourtant continuer à parler

Le travail sur soi devient particulièrement intéressant lorsque nous commençons à distinguer deux choses :

ce que la situation actuelle me montre réellement et ce que mon passé me fait imaginer.

Votre conjoint rentre plus tard que prévu.

Le fait : il rentre plus tard.

Votre ancienne expérience : un précédent conjoint vous mentait régulièrement.

Votre cerveau peut immédiatement relier les deux.

Mais la situation actuelle ne prouve encore rien.

La sécurité intérieure crée un espace entre le stimulus et la conclusion.

Au lieu de laisser l’ancienne histoire écrire automatiquement la nouvelle, nous pouvons revenir aux faits.

Le discernement n’est pas de la méfiance

Faire confiance ne signifie pas fermer les yeux.

Vous pouvez écouter votre intuition.

Observer les comportements.

Vérifier la cohérence entre les paroles et les actes.

Poser des questions.

Prendre votre temps.

Mettre des limites.

La différence se trouve dans l’endroit intérieur depuis lequel vous faites tout cela.

Est-ce que j’observe parce que je veux comprendre la réalité ?

Ou est-ce que je cherche compulsivement la preuve que ma peur avait raison ?

Extérieurement, les deux comportements peuvent parfois se ressembler.

Intérieurement, ils sont très différents.

Ce qui vous protège peut aussi vous enfermer

Après une trahison, nous pouvons prendre une décision :

« Je ne ferai plus confiance à personne. »

Cette décision possède une logique.

Si je ne donne plus ma confiance, personne ne pourra la trahir.

Mais quel est le prix de cette protection ?

Ne plus aimer pleinement.

Ne plus nous engager.

Ne plus nous rendre vulnérables.

Maintenir les autres à distance.

Interpréter chaque comportement ambigu comme une menace.

Nous avons évité un risque.

Mais nous nous sommes peut-être également privés de beaucoup de choses que nous désirons profondément.

C’est ici que revient cette question :

ce qui me protège aujourd’hui est-il encore réellement en train de me protéger, ou commence-t-il à me bloquer ?

Vous pouvez faire confiance progressivement

Il n’existe aucune obligation de passer brutalement de la méfiance à la confiance totale.

La confiance peut se construire.

Un comportement après l’autre.

Une parole tenue après l’autre.

Une expérience après l’autre.

Vous pouvez laisser quelqu’un entrer progressivement dans votre vie.

Vous pouvez observer.

Ressentir.

Vérifier.

Et augmenter votre confiance à mesure que la relation devient cohérente.

Ce n’est pas être fermé.

C’est respecter votre rythme.

L’autre peut être un miroir, mais pas de la manière que je pensais autrefois

J’aime toujours l’image du miroir.

Pas pour dire :

« Si quelqu’un vous trahit, c’est que vous vibrez la trahison. »

Je trouve cette lecture trop culpabilisante et trop simpliste.

Mais nos relations peuvent effectivement révéler énormément de choses sur nous.

Pourquoi ai-je autant peur que cette personne parte ?

Pourquoi ai-je besoin d’être constamment rassuré ?

Pourquoi est-ce que je reste alors que mes limites sont régulièrement franchies ?

Pourquoi est-ce que je soupçonne cette personne alors qu’elle ne m’a encore donné aucune raison de le faire ?

Pourquoi ai-je besoin de contrôler pour me sentir tranquille ?

L’autre peut ainsi devenir un miroir de notre monde intérieur.

Non parce qu’il serait la matérialisation de nos vibrations, mais parce que la relation révèle nos mécanismes.

Refaire confiance ne consiste pas à oublier

Votre passé possède une utilité.

Il vous a appris quelque chose.

Vous n’avez pas besoin d’effacer l’expérience pour avancer.

Vous pouvez simplement arrêter de demander à cette ancienne expérience de prédire systématiquement la prochaine.

Vous avez changé.

Vous avez grandi.

Vous disposez de ressources que vous n’aviez peut-être pas à l’époque.

Et surtout, vous pouvez développer une forme de confiance qui ne repose plus sur cette promesse impossible :

« Rien de mauvais ne m’arrivera. »

Mais sur quelque chose de beaucoup plus profond :

« Je ne sais pas exactement ce que la vie me réserve, mais je me fais davantage confiance pour reconnaître ce qui est bon pour moi, poser mes limites et traverser ce qui arrivera. »

C’est peut-être cela, finalement, avoir confiance dans la vie.

Non pas croire que nous ne prendrons plus jamais de claque.

Mais ne plus vivre continuellement avec la main devant le visage par peur de la prochaine.

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Stéphane Bride-Bonnot coach loi d'attraction
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