Les messages de la vie

Et si ce que vous refusez de regarder était justement ce qui demandait à être entendu ?

Il y a parfois des sujets dont nous pouvons parler facilement.

Et puis il y en a d’autres.

Il suffit que quelqu’un prononce un mot, évoque une personne ou pose une question pour que quelque chose se referme immédiatement à l’intérieur.

« Je ne veux pas en parler. »

« C’est du passé. »

« Ça ne sert à rien de revenir là-dessus. »

« J’ai tourné la page. »

Et parfois, effectivement, la page est tournée.

Mais parfois aussi, nous avons simplement appris à ne plus ouvrir le livre.

La différence est importante.

Parce que lorsqu’une histoire est réellement pacifiée, nous pouvons généralement l’évoquer sans qu’elle vienne déstabiliser profondément notre sécurité intérieure.

Lorsqu’au contraire un sujet provoque immédiatement de la colère, de la peur, une crispation, une envie de fuir ou de couper la conversation, peut-être y a-t-il quelque chose à écouter.

Pas nécessairement pour retourner vivre dans le passé.

Mais pour comprendre ce que ce passé continue éventuellement à produire dans notre présent.

Pourquoi certains sujets nous font-ils réagir aussi fortement ?

Imaginons que vous ressentiez régulièrement de la colère.

Vous ne savez pas vraiment pourquoi.

Vous vous dites que c’est votre caractère.

Que les gens vous énervent.

Que votre conjoint ne vous comprend pas.

Que vos collègues sont insupportables.

Que votre environnement vous met sous pression.

Puis un jour, quelqu’un vous demande :

« Est-ce que tu as déjà regardé ce qui s’est passé avec ton père ? »

Ou :

« Quelle relation avais-tu avec ta mère ? »

Et là, fermeture immédiate.

Vous vous renfermez comme une huître.

« Je ne veux pas parler de ça. »

Pourquoi pas.

Vous avez parfaitement le droit de ne pas vouloir aborder un sujet.

Mais il peut être intéressant d’observer ce qui vient de se produire en vous.

Pourquoi cette simple question a-t-elle déclenché une réaction aussi forte ?

C’est là que commence le travail de conscience.

Éviter une émotion est aussi une stratégie de protection

Nous avons parfois tendance à considérer la fuite comme une faiblesse.

Je la regarde plutôt comme une protection.

Si quelque chose a été trop douloureux à vivre à une certaine période de notre existence, nous avons pu apprendre à nous en couper.

Nous avons continué à avancer.

Nous avons travaillé.

Construit une famille.

Développé des activités.

Rencontré d’autres personnes.

Et tout cela a pu fonctionner pendant des années.

Seulement, ce qui n’a pas été regardé ne disparaît pas nécessairement parce que nous avons décidé de ne plus y penser.

Cela peut continuer à influencer certaines réactions.

Une peur excessive du rejet.

Une difficulté à faire confiance.

Une colère disproportionnée.

Un besoin de reconnaissance.

Une incapacité à poser ses limites.

Une tendance à vouloir satisfaire tout le monde.

Ou au contraire, une volonté de ne dépendre de personne.

Ce sont parfois des stratégies qui nous ont permis, à une époque, de nous sentir suffisamment en sécurité.

Le problème apparaît lorsqu’elles continuent à piloter notre vie alors qu’elles ne sont plus adaptées à la personne que nous sommes devenue.

La colère mérite parfois une deuxième question

Lorsque nous sommes en colère, nous regardons naturellement ce qui vient de se passer.

Quelqu’un nous a parlé d’une certaine manière.

Une personne n’a pas respecté son engagement.

Nous avons été contrariés.

Nous avons vécu une injustice.

La colère semble donc avoir une cause évidente.

Mais une question supplémentaire peut être intéressante :

Qu’est-ce que cette situation vient toucher en moi ?

Parce que deux personnes peuvent vivre exactement le même événement sans ressentir la même chose.

L’une passera à autre chose en quelques minutes.

L’autre sera profondément bouleversée.

Pourquoi ?

Parce que l’événement présent rencontre une histoire intérieure différente.

Et c’est précisément là que notre sécurité intérieure intervient.

Regarder papa et maman… sans chercher des coupables

Parler de notre enfance ne signifie pas organiser le procès de nos parents.

Nos parents avaient eux-mêmes leur histoire, leurs blessures, leurs peurs, leurs croyances, leur éducation et leurs propres limites.

Ils ont probablement transmis certaines choses consciemment et beaucoup d’autres inconsciemment.

Il ne s’agit donc pas forcément de décider qui avait raison ou tort.

La question peut être beaucoup plus simple :

Qu’est-ce que j’ai appris sur moi, sur l’amour et sur la sécurité dans cet environnement ?

Ai-je appris que je pouvais être moi-même et rester aimé ?

Ai-je dû être sage pour être reconnu ?

Ai-je appris à ne pas montrer mes émotions ?

Devais-je réussir pour avoir de la valeur ?

Ai-je eu le sentiment qu’il fallait prendre soin des autres avant de penser à moi ?

Ai-je grandi dans un environnement suffisamment stable pour développer de la confiance ?

Ces questions ne servent pas à condamner papa ou maman.

Elles permettent de comprendre la construction de notre propre monde intérieur.

Le véritable objectif n’est pas de retourner dans le passé

C’est un point essentiel.

Je ne crois pas qu’il soit utile de passer sa vie à retourner fouiller dans chaque souvenir douloureux.

Le passé ne doit pas devenir une nouvelle prison.

Si nous allons le regarder, c’est uniquement parce qu’il peut parfois nous aider à comprendre ce qui se joue ici et maintenant.

Le véritable objectif reste le présent.

Je ressens de la colère aujourd’hui.

Je ressens de la peur aujourd’hui.

Je n’arrive pas à poser une limite aujourd’hui.

Je reproduis le même type de relation aujourd’hui.

Je ne me sens pas suffisamment en sécurité pour prendre telle décision aujourd’hui.

C’est donc aujourd’hui que quelque chose demande notre attention.

Le passé peut simplement nous aider à comprendre d’où vient ce mécanisme.

Appuyer sur pause plutôt que continuer à fuir

Nous avons développé énormément de moyens pour ne pas nous retrouver face à nous-mêmes.

Le travail.

Le téléphone.

Les réseaux sociaux.

Les sorties.

Les relations.

La nourriture.

Le bruit permanent.

Et parfois même le développement personnel peut devenir une manière supplémentaire de chercher des réponses sans prendre le temps de ressentir ce qui se passe réellement à l’intérieur.

Alors il existe une autre possibilité.

Appuyer sur pause.

Se poser.

Respirer.

Observer.

Ne pas chercher immédiatement à faire disparaître l’émotion.

Ne pas la juger.

Et se demander :

Qu’est-ce qui, en moi, ne se sent pas en sécurité actuellement ?

Cette question change beaucoup de choses.

Parce qu’au lieu de combattre notre colère, notre peur ou notre tristesse, nous commençons à écouter ce qu’elles tentent peut-être de nous signaler.

Aller dans la profondeur ne signifie pas se faire violence

J’ai longtemps utilisé l’expression « aller nettoyer ses émotions ».

Aujourd’hui, j’y apporterais une nuance importante.

Une émotion n’est pas quelque chose de sale qu’il faudrait éliminer.

Elle porte une information.

Et lorsque nous avons passé des années à éviter certaines émotions, il peut être tentant de vouloir maintenant tout régler en quelques heures.

Mais la sécurité intérieure se construit aussi dans la manière dont nous nous accompagnons nous-mêmes.

Il n’y a rien à forcer.

Il s’agit plutôt d’apprendre progressivement à rester présent à ce qui se passe en nous sans avoir immédiatement besoin de fuir.

Et lorsque l’histoire est particulièrement lourde ou traumatique, se faire accompagner par un professionnel qualifié peut être beaucoup plus sécurisant que de vouloir tout affronter seul.

Le courage n’est peut-être pas de ne plus avoir peur

Le courage peut simplement consister à arrêter de courir lorsque quelque chose en nous demande à être entendu.

À regarder une émotion sans immédiatement chercher un responsable.

À reconnaître une blessure sans en faire notre identité.

À comprendre une partie de notre histoire sans condamner ceux qui en ont fait partie.

Et surtout, à reconstruire suffisamment de sécurité intérieure pour ne plus avoir besoin des mêmes mécanismes de protection.

Parce qu’au fond, derrière beaucoup de nos réactions, il existe une question essentielle :

Est-ce que je peux être pleinement moi-même tout en me sentant en sécurité ?

C’est peut-être là que commence la véritable libération.

Non pas en effaçant notre histoire.

Mais en faisant en sorte qu’elle n’ait plus besoin de décider de notre présent à notre place.

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Stéphane Bride-Bonnot coach loi d'attraction
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