« Les mêmes actions génèrent les mêmes résultats »

Changer ses actions ne suffit pas toujours : et si le problème venait de la croyance qui les dirige ?

Lorsque quelque chose ne fonctionne pas dans notre vie, nous avons appris à faire quelque chose de très logique :

changer d’action.

J’ai essayé ceci, ça n’a pas fonctionné.

Alors j’essaie autre chose.

Puis autre chose.

Une nouvelle méthode.

Une nouvelle stratégie.

Une nouvelle formation.

Un nouveau travail.

Un nouveau projet.

Et parfois, dix ans plus tard, après avoir essayé des dizaines ou des centaines de choses différentes, nous constatons que nous rencontrons toujours sensiblement les mêmes difficultés.

Les décors ont changé.

Les personnes ont changé.

Les actions ont changé.

Mais quelque chose semble se répéter.

Pourquoi ?

Parce que nous avons peut-être changé ce qui était visible sans aller regarder ce qui dirigeait toutes ces actions en profondeur.

Et c’est précisément là que nous retrouvons nos croyances et notre sécurité intérieure.

Une action ne naît jamais de nulle part

Nous pouvons représenter notre fonctionnement de manière très simple :

croyance → pensée → décision → action → résultat.

Évidemment, le fonctionnement humain est beaucoup plus complexe que cette petite chaîne.

Mais elle permet de comprendre une chose essentielle : nos actions ne sont pas indépendantes de notre manière de percevoir le monde.

Imaginez deux personnes à qui l’on propose exactement la même opportunité professionnelle.

La première pense :

« Ça peut être intéressant, je vais me renseigner. »

La deuxième pense :

« Je ne suis certainement pas suffisamment compétent pour ça. »

La proposition est identique.

Mais leur perception ne l’est pas.

Et cette perception va influencer ce qu’elles feront ensuite.

L’une va probablement explorer.

L’autre risque de renoncer avant même d’avoir essayé.

Nos croyances se construisent à partir de notre histoire

Une croyance n’est pas simplement une phrase que nous avons volontairement décidé d’adopter.

Elle peut se construire progressivement à travers ce que nous avons vu, entendu et vécu.

Notre environnement familial joue évidemment un rôle important.

Mais également l’école, les relations, les expériences professionnelles, les réussites, les échecs et le contexte social dans lequel nous grandissons.

Un enfant qui entend régulièrement :

« L’argent ne pousse pas sur les arbres »,

« Il faut travailler dur pour réussir »,

« Les riches sont des voleurs »,

ou :

« Dans notre famille, on n’a jamais eu de chance »,

ne va pas nécessairement répéter consciemment ces phrases toute sa vie.

Mais elles peuvent participer à construire sa représentation de l’argent, du travail ou de la réussite.

Mon père, le travail et l’argent

J’ai dû regarder cela dans ma propre histoire.

Mon père a commencé à travailler très jeune.

Je l’ai toujours vu trimer dur, notamment comme bûcheron, dans des conditions parfois difficiles et par tous les temps.

Puis je l’ai vu arriver à la retraite avec des moyens financiers très limités, ne lui permettant pas nécessairement de profiter de ses loisirs comme il l’aurait souhaité.

L’enfant que j’étais a observé tout cela.

Et j’en ai tiré ma propre interprétation.

Travail = souffrance.

Puis une deuxième :

travailler ne garantit même pas l’épanouissement financier.

Ce ne sont pas des vérités universelles.

Ce sont des conclusions que j’ai construites à partir de ce que j’observais.

Mais tant que je les considérais comme la réalité, elles influençaient nécessairement mon rapport au travail et à l’argent.

Nous pouvons passer notre vie à fuir une croyance sans la voir

C’est là que les choses deviennent intéressantes.

Si, profondément, j’associe le travail à la souffrance, que vais-je chercher ?

À ne pas travailler.

Ou à trouver un moyen de gagner suffisamment d’argent sans avoir l’impression de travailler.

Ou encore à rejeter tout ce qui ressemble à la représentation du travail que j’ai connue chez mon père.

Je peux alors créer énormément de stratégies différentes.

Changer de métier.

Créer une entreprise.

Développer plusieurs projets.

Chercher des méthodes permettant de travailler moins.

Changer encore de modèle.

Toutes ces actions semblent différentes.

Mais elles peuvent être alimentées par la même croyance :

« Le travail fait souffrir, je dois donc lui échapper. »

Et c’est exactement ce que j’ai dû commencer à regarder dans ma propre histoire.

Changer d’action sans changer de croyance peut créer de la dispersion

Nous comprenons alors pourquoi la multiplication des actions peut parfois devenir contre-productive.

Une action ne produit pas le résultat attendu.

Nous en concluons :

« Ce n’était pas la bonne méthode. »

Alors nous changeons.

Puis encore.

Nous pouvons devenir extrêmement actifs sans jamais remettre en question notre point de départ.

C’est particulièrement visible dans l’entrepreneuriat.

Une offre ne se vend pas ?

J’en crée une nouvelle.

Une publication ne fonctionne pas ?

Je change ma communication.

Une stratégie ne donne pas immédiatement de résultat ?

J’achète une nouvelle formation.

Nous appelons parfois cela de la persévérance alors qu’il peut aussi s’agir de dispersion.

La vraie question devient :

est-ce réellement mon action qui doit changer, ou est-ce l’endroit intérieur depuis lequel je réalise toutes mes actions ?

Derrière certaines croyances se trouve notre besoin de sécurité

C’est ici que je retrouve aujourd’hui la sécurité intérieure.

Une croyance n’existe pas uniquement dans notre tête sous la forme d’une jolie phrase que nous pouvons facilement remplacer.

Elle peut également participer à notre sentiment de sécurité.

Si j’ai appris :

« Un emploi stable est la seule manière d’être en sécurité »,

quitter un CDI ne sera pas simplement un choix professionnel.

Mon système intérieur pourra l’interpréter comme une menace.

Si je crois :

« Pour être aimé, je dois être gentil et disponible »,

dire non à quelqu’un pourra devenir extrêmement difficile.

Si je crois :

« Ma valeur dépend de ma réussite »,

un échec professionnel ne sera pas simplement un résultat décevant.

Il pourra devenir une remise en question de qui je suis.

Voilà pourquoi certaines décisions qui semblent très simples vues de l’extérieur peuvent être extrêmement difficiles à prendre.

Peut-on simplement « switcher » une croyance ?

J’ai beaucoup utilisé le mot « switcher ».

Identifier une croyance limitante et la remplacer par une croyance plus aidante.

Sur le principe, cela paraît simple.

« Je ne suis pas capable » devient « je suis capable ».

« L’argent est difficile à gagner » devient « je peux créer de l’argent facilement ».

Mais répéter une nouvelle phrase ne suffit pas nécessairement.

Parce que si j’ai accumulé pendant cinquante ans des expériences qui semblent confirmer une croyance, mon cerveau ne va pas nécessairement l’abandonner parce que j’ai écrit son contraire trois fois dans un cahier.

Je le constate encore dans mon propre parcours.

Cinquante années de conditionnement ne disparaissent pas du jour au lendemain.

La prise de conscience constitue un commencement.

Pas toujours l’aboutissement.

Une nouvelle croyance a besoin d’être expérimentée

Prenons ma croyance :

« Travail = souffrance. »

Je pourrais simplement décider :

« À partir de maintenant, travailler est un plaisir. »

Mais si cette phrase ne correspond à aucune expérience vécue, elle risque de rester purement intellectuelle.

Je peux plutôt commencer à construire une représentation plus nuancée :

« Certaines formes de travail m’ont fait souffrir, mais je peux construire une manière de travailler davantage en accord avec mes valeurs. »

Puis l’expérimenter.

Choisir davantage certaines tâches.

En supprimer d’autres.

Poser des limites.

Organiser différemment mon temps.

Observer ce qui me donne de l’énergie et ce qui m’en retire.

La nouvelle croyance commence alors à s’appuyer sur des expériences concrètes.

Attention à ne pas transformer les croyances en nouvelle culpabilité

Il existe cependant un piège important dans le développement personnel.

À force d’entendre que « nos croyances créent notre réalité », nous pouvons finir par considérer que tout ce qui nous arrive est de notre faute.

Vous avez des difficultés financières ?

Mauvaise croyance.

Une relation échoue ?

Mauvaise croyance.

Votre entreprise rencontre une difficulté ?

Mauvaise croyance.

La réalité est évidemment plus complexe.

Nos croyances influencent nos perceptions et nos comportements, mais elles ne contrôlent pas l’ensemble du monde extérieur.

Il existe aussi des contraintes économiques, des événements imprévus, les décisions des autres et une quantité de paramètres que nous ne maîtrisons pas.

La responsabilité personnelle est utile lorsqu’elle nous redonne une capacité d’action.

Elle devient nocive lorsqu’elle se transforme en culpabilité.

Avant de changer votre prochaine action, regardez ce qui se répète

Alors prenez peut-être un papier et regardez un domaine dans lequel vous rencontrez régulièrement le même type de difficulté.

Le travail.

L’argent.

Les relations.

Votre activité.

Votre rapport au temps.

Puis remontez le fil.

Qu’est-ce qui se répète ?

Quelles décisions prenez-vous généralement ?

Quelles pensées apparaissent juste avant ces décisions ?

Et surtout :

qu’est-ce qu’il faudrait croire profondément pour que ces pensées paraissent parfaitement logiques ?

C’est parfois ici qu’une croyance commence à devenir visible.

Nous découvrons alors que notre difficulté n’était peut-être pas un manque de volonté ou d’action.

Nous avons parfois énormément agi.

Simplement, toutes nos actions partaient du même endroit.

Et tant que cet endroit reste associé à la peur, au manque ou à une ancienne stratégie de protection, nous pouvons changer mille fois de direction tout en reproduisant le même scénario.

La sécurité intérieure nous permet progressivement de faire autre chose : regarder cette ancienne croyance sans avoir besoin de la défendre, vérifier si elle correspond encore à notre vie actuelle, puis expérimenter une autre manière de choisir.

Alors avant de chercher une nouvelle méthode, une nouvelle stratégie ou une nouvelle action, posez-vous cette question :

« Quelle croyance profonde rend parfaitement logiques les choix que je répète aujourd’hui, même lorsqu’ils ne produisent plus la vie que je veux ? »

Stéphane Bride-Bonnot

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Stéphane Bride-Bonnot coach loi d'attraction
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