L’ombre et la lumière

Ombre et lumière : pourquoi notre sécurité intérieure devient fragile lorsque nous cessons de nous écouter

Dans ma vision de la vie, j’ai longtemps utilisé deux mots pour représenter ce qui se joue en nous : l’ombre et la lumière.

La lumière représente l’amour, la confiance, la joie, la connexion à soi, à la vie et, dans ma lecture spirituelle, à la source.

L’ombre représente davantage la peur, le doute, l’angoisse, la souffrance et toutes ces pensées qui peuvent progressivement nous éloigner de nous-mêmes.

Il ne s’agit pas forcément de considérer qu’il existe deux forces extérieures qui se livrent une bataille autour de nous.

Je préfère aujourd’hui utiliser cette image pour observer ce qui se passe à l’intérieur de nous.

Parce qu’il suffit parfois de très peu de choses pour passer d’un état dans lequel nous nous sentons solides, confiants et joyeux à un état dans lequel tout semble soudain beaucoup plus compliqué.

Et très souvent, le premier élément qui a changé est extrêmement simple :

nous avons cessé de prendre soin de notre sécurité intérieure.

« Pourtant, j’allais bien… »

C’est une phrase que nous pouvons tous prononcer.

Nous avons travaillé sur nous.

Nous avons compris certaines choses.

Nous avons changé des comportements.

Nous avons retrouvé de l’énergie.

Nous avons posé des limites.

Puis, sans vraiment comprendre pourquoi, quelque chose bascule.

Nous sommes plus fatigués.

Une vieille pensée revient.

Un souvenir remonte.

Une personne nous contacte.

Une situation nous fragilise.

Nous recommençons à douter.

Et rapidement arrive cette question :

« Pourquoi est-ce que ça revient alors que j’avais réglé tout ça ? »

Parce que travailler sur soi ne signifie pas devenir invulnérable.

La sécurité intérieure n’est pas un diplôme obtenu une fois pour toutes.

Elle s’entretient.

La fatigue change notre manière de percevoir les choses

C’est un point que je trouve fondamental.

Lorsque nous sommes reposés, une remarque peut nous laisser complètement indifférents.

Lorsque nous sommes épuisés, exactement la même remarque peut nous atteindre profondément.

Le problème extérieur n’a pas changé.

Notre capacité à y répondre, elle, a changé.

Lorsque nous sommes fatigués, stressés ou surchargés, il peut devenir plus difficile de prendre du recul et de réguler nos émotions.

Des inquiétudes anciennes peuvent revenir plus facilement.

Nous pouvons ruminer davantage.

Nous devenons parfois plus irritables, plus sensibles ou moins capables de poser nos limites.

Dans mon ancien vocabulaire, j’aurais dit :

« Notre taux vibratoire baisse et l’ombre trouve une faille. »

Aujourd’hui, je pourrais simplement dire :

notre sécurité intérieure est momentanément fragilisée.

Et cette nuance change notre manière de réagir.

Une vieille pensée qui revient n’est pas un retour à la case départ

Imaginez que vous ayez travaillé pendant des mois sur votre peur du rejet.

Vous allez beaucoup mieux.

Puis un soir, après une semaine particulièrement fatigante, quelqu’un ne répond pas à votre message.

Immédiatement :

« J’ai fait quelque chose de mal. »

Puis :

« Cette personne ne veut plus me parler. »

Puis :

« De toute façon, ça finit toujours comme ça. »

Et vous voilà reparti dans un vieux scénario.

Cela signifie-t-il que tout votre travail n’a servi à rien ?

Non.

Cela signifie qu’un ancien mécanisme vient de se réactiver dans un moment de vulnérabilité.

La différence essentielle est que vous pouvez désormais le reconnaître.

« Tiens, je connais cette histoire. »

Et au lieu de la nourrir pendant trois jours, vous pouvez revenir à vous.

Notre attention nourrit nos ruminations

J’écrivais beaucoup autrefois que « là où nous mettons notre énergie, nous créons dans la matière ».

Sans aller jusqu’à affirmer que nos pensées matérialisent automatiquement les événements extérieurs, il existe une réalité très concrète derrière cette idée :

ce à quoi nous accordons continuellement notre attention prend davantage de place dans notre expérience.

Une pensée apparaît.

Nous pouvons la remarquer.

Ou commencer à l’analyser.

Puis l’analyser encore.

Chercher des preuves.

Rejouer le passé.

Imaginer le futur.

Et une petite inquiétude devient progressivement une énorme histoire intérieure.

Ce n’est plus seulement :

« Cette personne n’a pas répondu. »

C’est devenu :

« Personne ne me respecte, je vais encore être abandonné et je finirai seul. »

Voilà pourquoi apprendre à observer nos pensées sans systématiquement les croire participe directement à notre sécurité intérieure.

Certaines personnes réactivent aussi d’anciens schémas

Dans mon ancien texte, je parlais de personnes du « bas astral » venant se nourrir de notre énergie.

Je présenterais aujourd’hui les choses autrement.

Certaines personnes peuvent effectivement nous épuiser.

Certaines relations peuvent réactiver d’anciennes blessures.

Un parent.

Un ancien compagnon.

Une connaissance.

Quelqu’un face à qui nous avons historiquement beaucoup de difficultés à nous affirmer.

Nous pouvons nous sentir très solides dans notre quotidien et redevenir soudainement le petit garçon ou la petite fille qui n’osait pas dire non dès que cette personne apparaît.

Ce n’est pas nécessairement une attaque énergétique.

C’est parfois simplement un ancien fonctionnement relationnel qui se remet en route.

Et là encore, la sécurité intérieure nous permet de reconnaître :

« Je n’ai plus besoin de jouer ce rôle. »

S’affirmer, ce n’est pas attaquer

S’affirmer peut simplement vouloir dire :

« Non. »

« Je ne suis pas disponible aujourd’hui. »

« Je ne souhaite pas parler de ce sujet. »

« Cette manière de me parler ne me convient pas. »

« Je préfère rentrer chez moi. »

« J’ai besoin d’être seul. »

Il n’y a aucune violence là-dedans.

Nous n’avons pas besoin de considérer l’autre comme toxique, mauvais ou appartenant à « l’ombre » pour nous respecter.

Une limite n’est pas une condamnation de l’autre.

C’est une information sur nous.

Et plus notre sécurité intérieure grandit, moins nous avons besoin de nous justifier pendant vingt minutes pour avoir le droit de poser cette limite.

Notre énergie est précieuse

Il existe néanmoins une phrase de mon ancien texte que je souhaite conserver :

« Notre énergie est sacrée. »

Pas nécessairement au sens ésotérique.

Au sens extrêmement concret.

Nous avons une quantité limitée de temps, d’attention et d’énergie chaque jour.

Alors où part-elle ?

À essayer de satisfaire tout le monde ?

À anticiper le jugement ?

À résoudre les problèmes des autres ?

À dire oui lorsque nous voulons dire non ?

À rester dans des situations qui nous épuisent ?

À ruminer ce que quelqu’un a dit trois jours auparavant ?

À nous demander continuellement comment être aimés ?

Lorsque nous consacrons toute notre énergie à sécuriser notre place auprès des autres, il en reste très peu pour construire notre propre vie.

Donner n’est pas se sacrifier

Aider quelqu’un peut être magnifique.

Faire plaisir aussi.

Donner également.

Le problème n’est pas l’action.

C’est l’intention qui se trouve derrière.

Est-ce que je donne librement ?

Ou est-ce que je donne pour être aimé ?

Est-ce que j’aide parce que j’en ai envie ?

Ou parce que j’ai peur de décevoir ?

Est-ce que je dis oui parce que c’est juste pour moi ?

Ou parce que je redoute les conséquences d’un non ?

Extérieurement, personne ne verra nécessairement la différence.

Mais intérieurement, elle est immense.

Dans un cas, je donne.

Dans l’autre, je m’abandonne.

Et nous ne pouvons pas construire durablement notre sécurité intérieure en nous abandonnant continuellement pour conserver l’amour des autres.

Lorsque le coup de mou arrive : appuyez sur pause

C’est probablement l’un des apprentissages les plus importants.

Vous vous connaissez.

Vous savez progressivement reconnaître vos signaux.

Vous dormez moins bien.

Vous devenez irritable.

Vous recommencez à ruminer.

Vous avez envie de vous isoler.

Tout vous paraît plus lourd.

Vous doutez de décisions qui semblaient pourtant très claires quelques jours auparavant.

Peut-être que ce n’est pas le moment de remettre toute votre vie en question.

Peut-être que c’est simplement le moment de vous arrêter.

Dormir.

Marcher.

Sortir.

Respirer.

Manger correctement.

Réduire les sollicitations.

Retrouver la nature si cela vous fait du bien.

Et surtout, ne pas prendre une fatigue momentanée pour une vérité définitive sur votre existence.

Les idées noires ne sont pas une simple « baisse vibratoire »

Je veux apporter ici une correction importante à mon ancien texte.

Lorsque des idées noires deviennent persistantes, et particulièrement lorsqu’apparaissent des pensées suicidaires, nous ne sommes plus simplement face à un phénomène qu’il faudrait régler en allant « remonter ses vibrations » dans la nature.

Il faut prendre ces signaux au sérieux et chercher de l’aide auprès de personnes ou de professionnels capables d’accompagner cette situation.

La spiritualité, la nature et le travail sur soi peuvent éventuellement avoir leur place dans la vie d’une personne.

Mais ils ne doivent pas devenir une raison de rester seul lorsqu’une souffrance psychique devient importante.

Demander de l’aide peut également être un acte de sécurité intérieure.

Choisir la lumière ne signifie pas ne plus souffrir

J’écrivais :

« Je fais le choix de la lumière et je sais que je ne peux plus connaître la souffrance. »

Je ne le formulerais plus ainsi.

Nous pouvons profondément nous aimer et connaître un deuil.

Être alignés et tomber malades.

Avoir confiance dans la vie et traverser une période difficile.

La sécurité intérieure ne promet pas une existence sans souffrance.

Elle nous donne quelque chose de probablement beaucoup plus précieux :

la capacité à ne pas nous abandonner lorsque la souffrance apparaît.

C’est cela que représente aujourd’hui la lumière pour moi.

S’aimer devient alors quelque chose de très concret

L’amour de soi n’est plus seulement une belle idée spirituelle.

Il devient une manière de vivre.

Je m’aime, alors j’écoute ma fatigue.

Je m’aime, alors je respecte mes limites.

Je m’aime, alors j’accepte de dire non.

Je m’aime, alors je ne laisse pas une pensée momentanée définir toute ma vie.

Je m’aime, alors je demande de l’aide lorsque j’en ai besoin.

Je m’aime, alors je choisis autant que possible des personnes, des activités et des environnements dans lesquels je peux être moi-même.

Et lorsque je retombe momentanément dans une ancienne peur, je ne transforme pas cela en échec.

Je reviens simplement à moi.

Encore.

Et encore.

Parce que c’est peut-être cela, finalement, faire le choix de la lumière.

Pas devenir invincible.

Pas supprimer définitivement l’ombre.

Mais construire suffisamment de sécurité intérieure pour pouvoir traverser les moments d’ombre sans oublier qui nous sommes.

Je m’aime.
Je m’affirme.
Je me respecte.

Et lorsque je m’égare, je sais désormais retrouver le chemin vers moi.

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Stéphane Bride-Bonnot coach loi d'attraction
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