Pourquoi l’humain souffre ?
Et si nous essayions de transformer notre vie dans le mauvais sens ?
Pendant longtemps, j’ai beaucoup parlé d’énergie.
Je disais que tout était énergie, que la matière n’était qu’une forme d’énergie et que, par conséquent, il fallait transformer nos énergies intérieures pour voir notre environnement extérieur se transformer.
J’attribuais même à Albert Einstein une citation que l’on retrouve encore énormément sur Internet :
« Ce que nous avons appelé matière n’est que de l’énergie qui a ralenti sa vibration afin d’être perceptible par nos sens. »
Aujourd’hui, je ne reprendrais plus cette citation comme argument scientifique.
Parce qu’à force de vouloir donner une caution scientifique à ce que je ressentais et expérimentais, je mélangeais parfois physique, spiritualité et convictions personnelles.
Et finalement, je n’en ai pas besoin.
Parce que l’observation qui m’intéresse est beaucoup plus simple.
Nous passons énormément de temps à essayer de sécuriser l’extérieur
Regardez ce que nous faisons lorsque quelque chose ne va pas.
Nous essayons de changer le problème.
Changer de travail.
Changer de conjoint.
Gagner davantage.
Déménager.
Acheter quelque chose.
Éliminer quelqu’un de notre environnement.
Trouver une méthode.
Trouver une solution.
Obtenir une garantie.
Contrôler davantage.
Certaines de ces actions sont évidemment nécessaires.
Si une situation ne nous convient plus, nous avons parfaitement le droit de la transformer.
Mais ce que j’observe depuis des années, chez moi comme chez les personnes que j’ai accompagnées, c’est que nous pouvons changer énormément de choses autour de nous et retrouver quelque temps plus tard exactement la même insécurité.
Le décor a changé.
Mais pas nécessairement celui qui habite le décor.
J’ai longtemps essayé de fabriquer ma sécurité dans la matière
C’est quelque chose que je comprends beaucoup mieux aujourd’hui.
Lorsque je ne me sentais pas suffisamment sécure intérieurement, je cherchais naturellement à fabriquer cette sécurité autour de moi.
Il fallait avoir suffisamment d’argent.
Il fallait que mon activité fonctionne.
Il fallait avoir des clients.
Il fallait obtenir des résultats.
Il fallait être reconnu.
Il fallait savoir où j’allais.
Il fallait contrôler ce qui allait se passer.
Et plus j’avais peur que quelque chose m’échappe, plus j’essayais de le contrôler.
Le paradoxe, c’est que cette recherche permanente de sécurité entretenait elle-même mon sentiment d’insécurité.
Parce qu’il suffisait qu’un élément extérieur bouge pour que tout mon équilibre soit menacé.
Notre état intérieur change réellement notre manière de vivre une situation
Je n’ai pas besoin d’invoquer la physique quantique pour observer cela.
Prenez exactement la même situation extérieure.
Un projet est retardé.
Lorsque je me sens profondément insécure, ce retard peut devenir une catastrophe.
Je rumine.
J’imagine le pire.
Je veux agir immédiatement.
Je téléphone.
Je relance.
Je cherche un responsable.
Je prends parfois des décisions uniquement pour faire disparaître mon inconfort.
Maintenant, prenez le même retard alors que je me sens intérieurement stable.
Le problème existe toujours.
Mais ma manière d’y répondre change.
Je peux observer.
Réfléchir.
Demander des informations.
Attendre lorsque c’est nécessaire.
Agir lorsqu’une action est réellement utile.
Et surtout, je ne confonds plus automatiquement :
« quelque chose ne se passe pas comme prévu »
avec :
« je suis en danger ».
Voilà ce que la sécurité intérieure change.
Nous confondons souvent inconfort et danger
Notre système de protection est extrêmement utile.
Lorsque nous sommes réellement menacés, heureusement qu’il existe.
Mais il peut aussi se déclencher face à des situations beaucoup moins dangereuses.
Une critique.
Un refus.
Un client qui ne répond pas.
Une facture inattendue.
Une personne qui n’est pas d’accord avec nous.
Un projet qui échoue.
Un changement imprévu.
L’incertitude.
Et lorsque nous ne nous sentons pas suffisamment sécure intérieurement, nous pouvons répondre à ces événements comme s’il fallait immédiatement nous protéger.
Fuir.
Attaquer.
Contrôler.
Nous justifier.
Nous accrocher.
Chercher quelqu’un pour nous rassurer.
C’est là que notre monde intérieur commence concrètement à influencer notre monde extérieur.
Pas nécessairement parce que nous aurions changé la fréquence vibratoire de la matière.
Mais parce que nous ne faisons plus les mêmes choix.
Changer à l’intérieur ne dispense pas d’agir à l’extérieur
C’est également quelque chose que je présenterais différemment aujourd’hui.
À une époque, je pouvais écrire :
« Nous n’avons rien à transformer dans la matière, tout se crée dans les énergies. »
Je trouve aujourd’hui cette formulation trop simpliste.
Bien sûr qu’il faut agir dans la matière.
Si mon compte bancaire est vide, méditer dessus ne paiera pas ma facture.
Si mon activité ne fonctionne pas, je dois peut-être revoir mon offre, ma communication ou mon organisation.
Si une relation est destructrice, développer ma sécurité intérieure ne signifie pas rester dedans en attendant que mes vibrations changent.
La sécurité intérieure n’est pas une manière de fuir la réalité.
Elle permet au contraire de la regarder avec davantage de lucidité.
La vraie question devient alors :
Depuis quel endroit intérieur vais-je agir sur cette réalité ?
Depuis la panique ?
Depuis la peur du manque ?
Depuis mon besoin d’être aimé ?
Depuis mon besoin de prouver ma valeur ?
Ou depuis un endroit suffisamment stable pour observer ce qui se passe et choisir une réponse pertinente ?
Être sécure ne signifie pas obtenir une vie parfaite
C’est probablement ici que mon regard a le plus évolué.
Je croyais autrefois que lorsque nous étions parfaitement « alignés », nous devions être en pleine santé, dans l’abondance, dans la joie et épanouis à 10 sur 10 dans tous les domaines de notre existence.
Aujourd’hui, je trouve cette vision extrêmement exigeante.
Et surtout très éloignée de ce qu’est réellement une vie humaine.
Nous pouvons être profondément sécure et traverser une difficulté financière.
Nous pouvons être sécure et tomber malade.
Nous pouvons être sécure et vivre un deuil.
Nous pouvons être sécure et avoir peur.
Nous pouvons être sécure et nous tromper.
Nous pouvons être sécure et connaître un échec.
La sécurité intérieure ne nous donne pas le pouvoir de contrôler tout ce qui va nous arriver.
Elle nous permet de ne pas nous perdre chaque fois que quelque chose nous arrive.
Et pour moi, cette différence change tout.
C’est finalement beaucoup plus concret que je ne le pensais
Pendant des années, j’ai cherché à comprendre les lois de l’Univers.
Aujourd’hui, une question beaucoup plus simple m’intéresse :
qu’est-ce qui décide à ma place lorsque je ne me sens plus en sécurité ?
Parce que c’est là que je retrouve mes protections.
Mes automatismes.
Mon besoin de contrôle.
Mes anciennes croyances.
Mes réactions.
Et c’est aussi là que je retrouve une marge de liberté.
Je ne contrôle pas la vie.
Je ne contrôle pas les autres.
Je ne contrôle pas tout ce qui arrivera demain.
Mais je peux progressivement apprendre à ne plus dépendre entièrement de cet extérieur pour me sentir suffisamment solide à l’intérieur.
Et lorsque cette sécurité intérieure grandit, quelque chose change effectivement dans la matière.
Moi.
Ma manière de regarder.
Ma manière de choisir.
Ma manière de réagir.
Ma manière d’oser.
Ma manière d’entrer en relation.
Ma manière d’avancer dans l’incertitude.
Et nécessairement, lorsque je ne fonctionne plus de la même manière, ma vie ne peut plus tout à fait continuer de la même manière.
Stéphane Bride-Bonnot
Nous sommes #TousFormidable.












