Changer ma vie avec mon mental

Quand on se sent coincé dans sa vie, réfléchir davantage est-il vraiment la solution ?

Lorsque quelque chose ne va plus dans notre vie, notre premier réflexe est généralement de chercher une solution.

C’est logique.

Nous réfléchissons.

Nous analysons.

Nous comparons.

Nous demandons conseil.

Nous regardons ce que les autres ont fait.

Nous cherchons sur Internet.

Nous imaginons différents scénarios.

Et parfois, plus nous cherchons, moins nous savons quoi faire.

Nous étions initialement face à un problème.

Nous voilà désormais face à un problème accompagné de quinze solutions possibles, vingt avis contradictoires et suffisamment de questions pour occuper notre mental pendant les six prochains mois.

C’est particulièrement vrai lorsque nous nous sentons coincés depuis longtemps.

Nous ne sommes plus heureux dans notre travail.

Notre couple ne nous convient plus.

Nous avons envie de déménager.

Notre activité professionnelle ne décolle pas.

Nous ressentons un manque de sens.

Quelque chose en nous sait que la situation actuelle ne nous correspond plus, mais nous ne savons pas comment en sortir.

Alors nous faisons ce que nous avons appris à faire :

nous réfléchissons encore plus.

Et si le problème venait justement de là ?

Le mental n’est pas notre ennemi

Dans mon ancien texte, j’étais très catégorique.

J’expliquais que chercher une solution avec le mental était « voué à l’échec », parce que le mental appartenait à l’ego et nous déconnectait de notre conscience.

Aujourd’hui, je souhaite apporter une nuance importante.

Nous avons besoin de notre capacité à réfléchir.

Elle nous permet de planifier.

D’analyser un risque.

De résoudre un problème.

De comparer plusieurs possibilités.

De construire un budget.

D’organiser un déménagement.

De développer un projet.

Le problème n’est donc pas le mental.

Le problème commence lorsque nous lui demandons de résoudre une situation dont il essaie simultanément de nous protéger.

Et c’est là que la sécurité intérieure entre en jeu.

Lorsque nous avons peur, nous ne cherchons plus seulement une solution

Imaginons que vous souhaitiez quitter votre emploi.

Vous pourriez étudier différentes possibilités de manière relativement rationnelle.

Quel budget me faut-il ?

Quelles compétences puis-je utiliser ailleurs ?

Quelles entreprises recrutent ?

Quelle formation pourrait m’intéresser ?

Voilà une réflexion utile.

Mais si quitter votre emploi réveille une profonde insécurité, votre réflexion peut rapidement changer de fonction.

Vous ne cherchez plus comment avancer.

Vous cherchez comment être certain qu’il ne vous arrivera rien.

« Et si je ne retrouve jamais de travail ? »

« Et si je perds de l’argent ? »

« Et si je regrette ? »

« Et si mon entourage pense que je suis irresponsable ? »

« Et si j’échoue ? »

Nous appelons encore cela réfléchir.

Mais nous sommes parfois simplement en train de demander à notre cerveau de nous garantir l’avenir.

Et il ne peut pas le faire.

Le mental construit à partir de ce qu’il connaît

Il y avait une idée dans mon ancien texte que je trouve toujours particulièrement intéressante :

notre pensée s’appuie beaucoup sur ce qu’elle connaît déjà.

Notre histoire.

Nos expériences.

Nos croyances.

Les exemples disponibles autour de nous.

Ce que notre famille considère comme raisonnable.

Ce que notre environnement considère comme possible.

C’est ainsi que certaines phrases apparaissent :

« À mon âge, c’est trop tard. »

« Dans ma région, ça ne marchera jamais. »

« On ne peut pas gagner sa vie avec ça. »

« Je ne suis pas assez diplômé. »

« Je ne suis pas le genre de personne qui peut faire ça. »

Ces phrases ressemblent parfois à des conclusions objectives.

Mais sont-elles réellement des faits ?

Ou des protections ?

Une excuse peut être une peur habillée en raisonnement

C’est une distinction que j’aime particulièrement aujourd’hui.

Notre système de protection est intelligent.

Il ne nous dit pas nécessairement :

« J’ai peur. »

Il peut nous dire :

« Soyons réalistes. »

Et la phrase qui suit semble parfaitement rationnelle.

« Ce n’est pas le bon moment. »

« Il faut attendre encore un peu. »

« Je dois d’abord être totalement prêt. »

« Il faudrait que j’aie davantage d’argent. »

Parfois, c’est vrai.

Il serait absurde de considérer chaque prudence comme une peur.

Mais parfois, derrière une explication extrêmement raisonnable se trouve simplement une partie de nous qui demande :

« Peux-tu s’il te plaît ne pas m’emmener vers l’inconnu ? »

Ce qui te protège aujourd’hui est peut-être ce qui te bloque demain.

Pourquoi le silence peut apporter quelque chose que la réflexion ne donne plus

Lorsque nous réfléchissons depuis des semaines à la même question, continuer à réfléchir n’apporte pas forcément une information supplémentaire.

C’est là que le silence peut devenir précieux.

Marcher.

Partir dans la nature.

Couper le téléphone.

S’asseoir quelque part.

Respirer.

Ne rien chercher pendant quelques minutes.

Non pas pour attendre qu’une voix mystérieuse nous fournisse la solution parfaite.

Mais simplement pour arrêter momentanément d’alimenter le bruit.

Parce qu’une fois les :

« Il faut… »

« Je devrais… »

« Ce serait plus raisonnable… »

« Les autres vont penser… »

un peu apaisés, une autre question peut émerger :

« Moi, qu’est-ce que je veux réellement vivre ? »

Et nous n’avons parfois jamais pris le temps d’y répondre.

Chercher à l’extérieur n’est pas toujours le problème

Dans mon ancien texte, j’opposais également les solutions intérieures aux solutions extérieures.

Là encore, je serais moins radical aujourd’hui.

Demander conseil peut être extrêmement pertinent.

Consulter un professionnel aussi.

Se former.

Lire.

Échanger.

Observer l’expérience des autres.

Nous n’avons pas besoin de tout découvrir seuls.

Le problème apparaît lorsque nous demandons à l’extérieur de décider à notre place.

Nous consultons une personne.

Puis une deuxième.

Puis une troisième.

Jusqu’à trouver quelqu’un qui nous donnera enfin la réponse que nous espérions entendre.

Nous cherchons alors moins de l’information que de la sécurité.

Un accompagnement ne devrait pas vous dire où aller

J’écrivais qu’il pouvait être utile de rencontrer une personne ayant une « conscience plus élevée » afin qu’elle nous montre les chemins que nous ne pouvions pas voir seuls.

Je ne parlerais plus aujourd’hui de hiérarchie de conscience.

Personne n’est au-dessus de vous pour décider de votre vie.

En revanche, une personne extérieure peut parfois voir ce que vous ne voyez plus parce que vous êtes à l’intérieur du problème.

C’est précisément l’intérêt d’un accompagnement de qualité.

Pas vous dire :

« Voilà ce que tu dois faire. »

Mais vous aider à observer :

« Voilà ce que tu affirmes vouloir. »

« Voilà ce que tu fais réellement. »

« Voilà la peur qui semble apparaître chaque fois que tu approches de cette décision. »

« Qu’est-ce qui se passerait si tu n’avais plus besoin de cette protection ? »

Un bon accompagnement ne crée pas davantage de dépendance.

Il vous rend progressivement votre propre discernement.

Les phares n’ont pas besoin d’éclairer toute la route

J’utilisais dans mon texte original une image que j’aime toujours beaucoup.

Lorsque nous conduisons de nuit, nous utilisons nos phares.

Nous ne descendons pas de la voiture avec une bougie pour aller vérifier toute la route avant de continuer.

Et surtout, nos phares n’éclairent pas les 500 kilomètres qui nous séparent de notre destination.

Ils éclairent simplement suffisamment loin pour continuer à avancer.

Voilà peut-être ce que nous demandons trop souvent à notre vie :

voir toute la route avant de faire le premier kilomètre.

Nous voulons savoir si le projet fonctionnera.

Si la relation durera.

Si le déménagement sera une bonne décision.

Si nous gagnerons suffisamment.

Si nous ne regretterons jamais.

Impossible.

La sécurité intérieure ne consiste pas à connaître la route.

Elle consiste à développer suffisamment de confiance en soi pour pouvoir avancer même lorsque les phares n’éclairent que les prochains mètres.

Sortir de la boucle

Si vous êtes aujourd’hui coincé dans une situation et que vous y pensez depuis des semaines, des mois ou parfois des années, vous n’avez peut-être pas besoin d’une pensée supplémentaire.

Vous avez peut-être besoin d’espace.

De silence.

D’une expérience différente.

D’une conversation avec quelqu’un qui ne vous donnera pas la réponse.

Ou simplement d’une première petite action qui vous permettra d’obtenir une information que votre mental ne pourra jamais fabriquer.

Parce que certaines réponses n’arrivent pas avant l’action.

Elles arrivent grâce à l’action.

Vous avancez de dix mètres.

Vous voyez davantage la route.

Puis encore dix mètres.

Et progressivement, ce qui était invisible devient visible.

Alors plutôt que de vous demander une nouvelle fois :

« Quelle est la solution parfaite ? »

Essayez peut-être cette question :

« De quelle certitude ai-je absolument besoin avant d’avancer, et que se passerait-il si j’acceptais de ne pas l’avoir ? »

C’est souvent là que se cache notre véritable problème.

Pas dans l’absence de solution.

Mais dans notre difficulté à avancer tant que nous ne nous sentons pas totalement rassurés.

Et c’est précisément là que commence le travail de sécurité intérieure.

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Stéphane Bride-Bonnot coach loi d'attraction
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