La conscience et l’inconscience

Savoir ne suffit pas pour changer sa vie

Nous savons énormément de choses.

Nous savons qu’il faudrait prendre soin de notre corps.

Nous savons qu’il faudrait ralentir lorsque nous sommes épuisés.

Nous savons qu’il faudrait quitter certaines situations qui nous font souffrir.

Nous savons qu’il faudrait davantage nous respecter.

Nous savons même qu’il faudrait parfois arrêter de chercher toutes nos réponses à l’extérieur.

Et pourtant, nous continuons souvent à faire exactement l’inverse.

Pourquoi ?

Parce qu’il existe une différence fondamentale entre savoir quelque chose et en prendre réellement conscience.

Et cette différence peut expliquer pourquoi nous pouvons lire des dizaines de livres de développement personnel, regarder des centaines de vidéos, écouter des conférences pendant des années… sans que notre vie change véritablement.

Nous ne percevons jamais tout ce qui nous entoure

Avant d’aller plus loin, il faut comprendre quelque chose sur notre fonctionnement.

À chaque instant, notre environnement contient une quantité phénoménale d’informations.

Des sons.

Des mouvements.

Des sensations corporelles.

Des visages.

Des odeurs.

Des pensées.

Des souvenirs.

Des détails visuels.

Notre cerveau ne peut évidemment pas accorder la même attention à tout cela simultanément.

Il sélectionne.

Il filtre.

Il automatise.

Et cette sélection est notamment influencée par notre histoire, nos habitudes, nos attentes, nos peurs et nos croyances.

Autrement dit, nous ne regardons jamais le monde d’une manière totalement neutre.

Nous regardons aussi le monde depuis ce que nous sommes devenus.

C’est important pour comprendre la suite.

Être informé n’est pas être conscient

Prenons un jeune conducteur.

Il a son « A » derrière sa voiture et roule beaucoup trop vite. Il anticipe mal, prend des risques et semble persuadé que rien ne peut lui arriver.

On dira facilement :

« Il est inconscient ! »

Pourtant, si nous l’arrêtons et lui demandons :

« Est-ce que tu sais que rouler à cette vitesse est dangereux ? »

Il y a de fortes chances qu’il réponde oui.

Il sait.

Il a passé son Code de la route.

Il connaît les limitations de vitesse.

Il sait qu’un accident peut arriver.

Mais cette connaissance intellectuelle n’a pas encore nécessairement pris suffisamment de place dans son expérience pour modifier son comportement.

Et nous faisons exactement la même chose dans beaucoup d’autres domaines de notre existence.

Nous savons.

Mais nous ne changeons pas.

Nous confondons énormément savoir et transformation

Vous savez peut-être qu’il serait bon de vous respecter davantage.

Mais continuez-vous à accepter des situations que vous ne voulez plus ?

Vous savez peut-être que votre travail ne vous correspond plus.

Mais retournez-vous chaque matin au même endroit en attendant que quelque chose change ?

Vous savez peut-être que votre corps réclame du repos.

Mais continuez-vous à remplir votre agenda ?

Vous savez peut-être qu’une relation vous épuise.

Mais continuez-vous à dire oui par peur de décevoir, de perdre l’autre ou de vous retrouver seul ?

C’est là que nous pouvons accumuler énormément de connaissances sur nous-mêmes sans transformer notre vie.

Nous avons compris intellectuellement.

Mais quelque chose en nous continue à reproduire l’ancien fonctionnement.

Et c’est précisément ici que la sécurité intérieure devient essentielle.

Nous pouvons savoir quelque chose et ne pas nous sentir suffisamment en sécurité pour l’appliquer

Imaginez une personne qui sait parfaitement qu’elle devrait poser une limite dans son couple.

Elle a lu des livres sur les relations.

Elle connaît la dépendance affective.

Elle sait ce qu’est une limite.

Elle pourrait même expliquer le sujet pendant une heure.

Mais lorsqu’arrive le moment de dire :

« Non, ça, je ne l’accepte plus »,

son corps se crispe.

La peur apparaît.

Et immédiatement arrivent les pensées :

« Et s’il me quitte ? »

« Et s’il se met en colère ? »

« Et si je me retrouve seul ? »

« Et si je regrette ? »

À cet instant précis, le problème n’est plus un manque de savoir.

La personne sait déjà.

Mais son système intérieur associe encore l’action à un danger.

Alors elle revient vers ce qu’elle connaît.

Voilà pourquoi nous pouvons parfois rester pendant des années dans une situation que nous savons mauvaise pour nous.

Ce n’est pas nécessairement parce que nous sommes stupides, faibles ou incapables de comprendre.

C’est parfois simplement parce que comprendre avec la tête ne suffit pas à créer suffisamment de sécurité à l’intérieur pour agir autrement.

Une prise de conscience se vit

Il y a des choses que nous avons entendues cent fois et qui, un jour, prennent soudainement un autre sens.

La phrase est pourtant la même.

Mais cette fois, elle nous touche.

Quelque chose se passe dans le corps.

Une émotion apparaît.

Nous faisons un lien avec notre propre histoire.

Et nous nous disons :

« Putain… mais oui. »

Voilà la différence.

Nous ne venons pas simplement d’acquérir une information supplémentaire.

Nous venons de rencontrer cette information à l’intérieur de nous.

C’est pour cela que certaines prises de conscience peuvent changer très rapidement notre manière de voir une situation.

Ce que nous savions devient enfin quelque chose que nous ressentons.

Et ce que nous ressentons peut commencer à modifier nos décisions.

C’est aussi pour cela que je parle autant du silence

Nous vivons dans un monde qui nous fournit continuellement davantage d’informations.

Podcasts.

Vidéos.

Livres.

Réseaux sociaux.

Formations.

Conseils.

Thérapeutes.

Coachs.

Experts.

Et moi-même, à travers cet article, je vous donne encore des informations.

Mais à un moment, il faut arrêter d’en ajouter.

Parce qu’une nouvelle information n’est pas forcément ce dont nous avons besoin.

Nous avons parfois davantage besoin d’espace.

De silence.

De nature.

D’un moment sans téléphone.

Sans vidéo.

Sans quelqu’un qui nous explique ce que nous devrions penser.

Simplement un espace suffisamment calme pour observer ce qui se passe réellement en nous.

Et c’est là que la question devient intéressante :

Depuis quel endroit intérieur vais-je chercher cette réponse ?

Depuis ma peur ?

Depuis mes croyances ?

Depuis ce que les autres attendent de moi ?

Ou depuis un endroit suffisamment calme et sécure pour entendre ce que je ressens profondément ?

S’aimer devient alors beaucoup plus concret

Dire « je m’aime » est facile.

Mais comment cela se traduit-il dans la vie ?

Est-ce que je m’aime suffisamment pour poser une limite lorsque quelque chose ne me convient plus ?

Est-ce que je m’aime suffisamment pour respecter mon corps lorsqu’il réclame du repos ?

Est-ce que je m’aime suffisamment pour reconnaître ma propre valeur ?

Est-ce que je m’aime suffisamment pour ne plus vendre systématiquement mon temps à quelque chose qui m’éteint uniquement parce que j’ai peur de manquer ?

Cette dernière question peut déranger.

Tant mieux si elle nous oblige à regarder quelque chose.

Je ne dis pas qu’il suffit de quitter son travail demain matin.

Je dis qu’il peut être intéressant de regarder avec lucidité ce que nous échangeons chaque jour contre notre sécurité matérielle.

Parce que nous pouvons parfois passer des années à protéger notre sécurité extérieure tout en détruisant progressivement notre sécurité intérieure.

Et c’est là qu’un déséquilibre apparaît.

Le véritable changement commence lorsque quelque chose devient vivant en nous

Nous pouvons savoir pendant dix ans qu’une situation ne nous convient plus.

Puis un matin, quelque chose bascule.

Nous ne pouvons plus faire semblant.

Nous ne pouvons plus nous raconter la même histoire.

Nous ne pouvons plus revenir complètement en arrière.

La prise de conscience est passée par nous.

À partir de là, nous n’avons pas nécessairement toutes les réponses.

Nous pouvons encore avoir peur.

Nous pouvons encore hésiter.

Mais nous avons vu quelque chose que nous ne pouvons plus totalement « dévoir ».

C’est souvent ici que commence la transformation.

Pas lorsque quelqu’un nous donne une vérité supplémentaire.

Mais lorsque nous rencontrons enfin notre propre vérité intérieure.

Alors peut-être que la prochaine fois que vous vous direz :

« Oui, ça, je le sais déjà »,

vous pourrez vous poser une autre question :

Je le sais… mais est-ce que je le vis ?

Parce qu’entre les deux se trouve parfois tout le chemin qu’il nous reste à parcourir.

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Stéphane Bride-Bonnot coach loi d'attraction
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