Mon histoire de vie m’empêche d’être heureux

Faut-il retourner dans son passé pour faire la paix avec lui ?

Nous arrivons tous dans notre vie d’adulte avec une histoire.

Des moments heureux.

Des apprentissages.

Des blessures.

Des déceptions.

Des peurs.

Des relations qui nous ont construits et d’autres qui nous ont profondément bousculés.

Dans mon ancien texte, j’écrivais que nous étions tous venus sur Terre avec « des choses à réparer, un fardeau ».

Aujourd’hui, je n’emploierais plus exactement ces mots.

Parce que considérer que nous arrivons avec quelque chose à « réparer » peut laisser entendre que nous serions défectueux.

Je préfère parler de ce que nous avons appris, vécu, intégré et parfois mis en place pour nous protéger.

Et la question qui m’intéresse aujourd’hui est celle-ci :

Sommes-nous obligés de retourner continuellement dans notre passé pour nous libérer de ce qui nous fait encore souffrir ?

Je ne le crois pas.

Parce que notre passé possède une particularité extraordinaire :

il continue parfois à se manifester dans notre manière de vivre le présent.

Le passé est terminé, mais certaines protections sont toujours actives

Imaginez un enfant régulièrement critiqué lorsqu’il prend la parole.

Il apprend progressivement à se faire discret.

À réfléchir avant de parler.

À surveiller les réactions.

À éviter de trop se montrer.

Cette stratégie avait peut-être du sens à l’époque.

Elle lui permettait de diminuer le risque d’être humilié.

Trente ans plus tard, l’enfant est devenu adulte.

Son père ou sa mère n’est plus devant lui.

La scène appartient au passé.

Mais lorsqu’il doit prendre la parole devant dix personnes, son corps se tend.

Son cœur accélère.

Il doute.

Il cherche ses mots.

Et il peut penser :

« Je manque de confiance en moi. »

Pas nécessairement.

Peut-être que son système applique simplement une règle ancienne :

« Être visible peut être dangereux. »

Le passé n’est plus là.

Mais la protection, elle, fonctionne encore.

C’est là que l’instant présent devient passionnant

Dans mon ancien texte, je décrivais cela à travers l’énergie, les vibrations et le magnétisme.

Je considérais que les ressentiments accumulés dans notre inconscient attiraient des situations similaires jusqu’à ce que nous les accueillions avec amour.

Cette interprétation appartient à ma vision spirituelle.

Mais nous pouvons également observer le phénomène beaucoup plus simplement.

Ce qui se passe aujourd’hui peut réactiver quelque chose que nous connaissons déjà.

Une personne ne répond pas à notre message.

Et nous ressentons immédiatement de l’abandon.

Quelqu’un critique notre travail.

Et notre réaction intérieure semble disproportionnée par rapport à la remarque.

Notre conjoint souhaite passer une soirée seul.

Et nous ressentons une insécurité immense.

Une personne nous dit non.

Et nous avons l’impression d’être rejetés dans notre totalité.

Voilà pourquoi le présent peut devenir un formidable terrain d’observation.

Nous n’avons pas forcément besoin de connaître chaque détail de l’origine d’une réaction pour commencer à travailler avec ce qu’elle provoque maintenant.

« Pourquoi suis-je comme ça ? » n’est pas toujours la meilleure question

Nous pouvons passer énormément de temps à chercher l’origine exacte d’un comportement.

Est-ce mon enfance ?

Mon père ?

Ma mère ?

Une ancienne relation ?

Une humiliation à l’école ?

Un événement dont je ne me souviens plus ?

Comprendre notre histoire peut être extrêmement utile.

Et dans certaines situations, notamment lorsqu’il existe des traumatismes ou une souffrance importante, un accompagnement thérapeutique professionnel peut être précieux.

Mais comprendre intellectuellement l’origine d’un mécanisme ne suffit pas toujours à le transformer.

Nous pouvons parfaitement savoir :

« J’ai peur d’être abandonné parce que j’ai vécu telle situation. »

Et continuer à paniquer lorsque quelqu’un ne répond pas pendant trois heures.

La question peut alors devenir beaucoup plus concrète :

« Qu’est-ce qui se passe en moi ici et maintenant, et de quoi ai-je besoin pour rester suffisamment en sécurité sans laisser cette peur décider à ma place ? »

Accueillir ne signifie pas tout accepter

Dans mon ancien texte, j’écrivais qu’il fallait cesser de juger et accueillir avec gratitude ce qui venait à nous.

Je garde l’importance de l’accueil.

Mais je souhaite apporter une distinction fondamentale.

Accueillir une émotion ne signifie pas accepter n’importe quel comportement extérieur.

Si quelqu’un me manque de respect, je peux accueillir ma colère et poser une limite.

Si une relation devient destructrice, je peux observer ma peur de partir et décider de partir quand même.

Si une situation professionnelle me fait souffrir, je peux reconnaître ce que je ressens sans me convaincre que je dois remercier la vie et rester.

L’acceptation concerne d’abord la réalité de l’instant :

« Voilà ce qui vient de se passer. »

« Voilà ce que je ressens. »

« Voilà ce que cela réveille en moi. »

Puis vient une autre question :

« Qu’est-ce que je choisis maintenant ? »

La sécurité intérieure change notre réponse

Prenons une situation simple.

Quelqu’un critique votre projet.

Votre ancien automatisme pourrait être :

« Il a raison. Je ne suis probablement pas capable. »

Ou :

« Quel abruti ! Il est jaloux ! »

Deux réactions différentes.

Mais derrière les deux peut se cacher la même insécurité.

Dans le premier cas, je m’effondre.

Dans le second, j’attaque.

Lorsque ma sécurité intérieure grandit, une troisième possibilité apparaît :

« Sa remarque me touche. Je vais regarder pourquoi. Ensuite, je déciderai si ce qu’il dit contient une information utile ou si cela lui appartient. »

Je n’ai plus besoin de me soumettre.

Je n’ai plus besoin d’attaquer.

Je peux rester avec moi.

C’est précisément dans ces petits moments du quotidien que nous pouvons progressivement construire une nouvelle manière de fonctionner.

Non, tout ne disparaît pas nécessairement en quelques secondes

C’est l’une des affirmations de mon ancien texte que je souhaite clairement corriger.

J’écrivais qu’en accueillant pleinement une situation, la conscience était portée dessus, « la part d’ombre » disparaissait et le problème pouvait être neutralisé immédiatement.

Cela peut parfois arriver.

Une prise de conscience peut être extrêmement rapide.

Nous pouvons comprendre quelque chose en quelques secondes et ne plus jamais regarder une situation de la même manière.

Mais certains mécanismes sont profondément installés.

Certaines blessures demandent du temps.

Certaines expériences nécessitent plusieurs passages.

Et cela ne signifie pas que nous avons échoué ou que nous n’avons pas suffisamment « élevé nos vibrations ».

La transformation humaine n’obéit pas toujours à un chronomètre.

Et les thérapies dans tout cela ?

J’opposais autrefois assez fortement mon approche aux thérapies, considérant que retourner dans le passé revenait nécessairement à remettre de l’énergie sur la souffrance.

Je ne présenterais plus les choses ainsi.

Toutes les thérapies ne consistent pas à raconter indéfiniment son passé.

Et revisiter certains événements dans un cadre professionnel adapté peut aider certaines personnes à comprendre, intégrer ou apaiser ce qu’elles ont vécu.

Ce que je continue en revanche à questionner, c’est la recherche infinie d’une explication qui finit parfois par empêcher de vivre.

Nous pouvons comprendre notre passé sans lui donner toutes les clés de notre présent.

L’objectif n’est pas de devenir spécialiste de nos blessures.

L’objectif est de retrouver suffisamment de liberté pour vivre.

Le passé explique parfois, mais il ne décide pas

Voilà peut-être la phrase essentielle.

Votre passé peut expliquer pourquoi certaines situations sont difficiles aujourd’hui.

Il peut expliquer certaines peurs.

Certains réflexes.

Certaines protections.

Mais il n’est pas obligé de décider de votre prochain choix.

Et c’est précisément là que la sécurité intérieure devient une ressource.

Elle permet progressivement de dire :

« Oui, cette situation réveille quelque chose d’ancien. »

« Oui, je ressens cette peur. »

« Oui, mon premier réflexe serait de fuir, de contrôler, de plaire ou d’attaquer. »

« Mais je ne suis pas obligé de suivre ce réflexe. »

Nous ne pouvons pas réécrire ce qui s’est passé.

Mais nous pouvons construire une nouvelle expérience aujourd’hui.

Et cette nouvelle expérience peut progressivement apprendre à notre système qu’une autre manière de vivre est possible.

Alors peut-être que faire la paix avec son passé ne consiste ni à l’effacer, ni à le nier, ni à passer notre existence à le fouiller.

Peut-être que cela consiste simplement à pouvoir regarder ce qu’il réveille encore aujourd’hui sans lui abandonner systématiquement le volant.

Parce que notre histoire explique une partie de nous.

Elle ne définit pas tout ce que nous pouvons devenir.

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Stéphane Bride-Bonnot coach loi d'attraction
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