Et si nous étions tous pareil…

Nos croyances nous protègent-elles… ou nous empêchent-elles de vivre ?

Depuis 2016, j’ai énormément appris sur l’être humain.

Pas uniquement dans les livres ou les formations.

Je l’ai appris en vivant.

Je me rappelle qu’à 18 ans, lorsque je ne comprenais rien aux filles, je disais en plaisantant :

« Je ne suis pas psychologue ! »

Quelques décennies plus tard, la psychologie humaine me passionne. Je ne suis toujours pas psychologue, et mon expérience personnelle ne remplace évidemment ni les études ni les compétences d’un psychologue ou d’un psychiatre.

En revanche, j’ai acquis autre chose : une connaissance vécue de certains mécanismes humains.

Parce qu’en 2016, je ne les ai pas étudiés de l’extérieur.

Je les ai traversés.

Quand toute ma vie s’est arrêtée

En mai 2016, après plusieurs années extrêmement difficiles, j’ai fait une tentative de suicide.

J’ai ensuite été hospitalisé en psychiatrie.

Et quelque chose d’étonnant s’est produit pendant cette hospitalisation.

Alors que j’étais moi-même dans une période particulièrement sombre de mon existence, je me suis rapidement retrouvé à faire rire les autres patients, à créer du lien et à essayer de remettre un peu de légèreté dans le service.

Sans le savoir, je découvrais déjà trois choses qui allaient devenir importantes dans ma reconstruction :

l’humour, la légèreté et la capacité à imaginer un avenir qui donne envie de continuer.

À ma sortie, j’ai entendu une phrase d’un psychiatre que j’ai très mal vécue à l’époque :

« Vous recommencerez. »

Je ne peux évidemment pas résumer son intention ou son travail à cette seule phrase. Mais moi, dans l’état dans lequel j’étais, c’est ce que j’ai entendu.

Et je me rappelle avoir pensé :

Quel projet d’avenir !

Cette expérience m’a fait comprendre quelque chose qui reste central dans ma manière d’accompagner aujourd’hui : les mots que nous utilisons peuvent participer au sentiment de sécurité ou, au contraire, renforcer l’impression que l’avenir est déjà condamné.

L’expérience et la théorie ne sont pas adversaires

Pendant longtemps, j’ai opposé la théorie des professionnels à mon expérience de terrain.

Aujourd’hui, je trouve cette opposition inutile.

L’expérience personnelle apporte quelque chose que les études ne peuvent pas reproduire.

Et la formation professionnelle apporte des connaissances, des méthodes et une compréhension clinique que l’expérience personnelle ne suffit pas à acquérir.

Les deux peuvent se compléter.

C’est d’ailleurs une évolution importante dans mon propre parcours : je n’ai plus besoin de considérer qu’une approche est mauvaise pour donner de la valeur à la mienne.

Cela aussi demande de la sécurité intérieure.

Lorsque nous sommes suffisamment sûrs de notre place, nous n’avons plus autant besoin de dévaloriser celle des autres.

Nos croyances construisent-elles notre réalité ?

Après 2016, j’ai découvert le développement personnel, puis l’univers spirituel.

Et j’y ai trouvé des idées qui m’ont énormément aidé.

« Tu es amour. »

« Reviens dans l’instant présent. »

« Fais confiance à la vie. »

« Tes croyances influencent ta réalité. »

Certaines de ces idées ont profondément changé ma manière de regarder mon existence.

Mais j’y ai aussi découvert des contradictions.

On pouvait par exemple m’expliquer que nous étions des êtres de lumière tout en m’expliquant qu’il fallait absolument nous protéger des énergies ou des entités qui risquaient de nous atteindre.

Et une question est apparue :

Si une croyance me fait davantage peur, est-elle réellement en train de m’aider ?

Toutes les croyances ne se valent pas par leurs effets

Une croyance n’est pas nécessairement vraie simplement parce qu’elle nous fait du bien.

Mais nous pouvons observer ce qu’elle produit dans notre vie.

Prenons deux croyances :

« Le monde est dangereux et je dois constamment me protéger. »

et :

« Je possède des ressources pour faire face à ce qui se présentera. »

Aucune de ces phrases ne garantit ce qui arrivera demain.

Mais elles ne produisent probablement pas la même manière d’habiter le présent.

La première peut alimenter l’hypervigilance.

La seconde peut favoriser davantage de confiance.

C’est là que je retrouve aujourd’hui la sécurité intérieure.

Nos croyances deviennent parfois des protections.

Elles nous donnent une explication.

Une certitude.

Une manière de comprendre le monde.

Et abandonner une croyance peut être extrêmement inconfortable parce que nous perdons momentanément cette certitude.

Ce qui te protège aujourd’hui est peut-être ce qui te bloque demain.

Faut-il regarder le passé ou vivre dans le présent ?

J’ai également longtemps été très critique envers les approches qui retournaient dans le passé.

Je voyais une contradiction dans certains discours spirituels :

« Vis dans l’instant présent », tout en parlant constamment des vies antérieures, de l’enfant intérieur, des blessures de l’enfance, du père, de la mère ou des relations passées.

Je me demandais :

si mon attention nourrit mon expérience présente, pourquoi passer autant de temps à regarder ce que je ne peux plus modifier ?

Aujourd’hui, ma réponse est plus nuancée.

Le passé peut nous aider à comprendre certains mécanismes actuels.

Des expériences anciennes peuvent continuer à influencer nos réactions, et un travail thérapeutique sur celles-ci peut être pertinent, voire nécessaire.

Mais comprendre le passé ne signifie pas devoir y habiter.

Le passé peut éclairer.

Le présent permet d’agir.

Et le futur dans tout ça ?

À l’inverse, j’ai toujours aimé regarder devant.

Imaginer.

Créer.

Me demander ce que j’ai envie de vivre.

Certains discours autour du moment présent peuvent donner l’impression qu’il faudrait abandonner toute projection dans le futur.

Je ne le crois pas.

Nous avons besoin de directions.

Un projet existe d’abord sous forme d’idée avant de devenir une réalité.

Imaginer un futur désirable peut nous aider à identifier ce qui compte pour nous et à orienter nos actions.

Le problème n’est pas de penser au futur.

Le problème apparaît lorsque nous avons besoin de contrôler le futur pour nous sentir en sécurité aujourd’hui.

Il y a une immense différence entre :

« Voilà la direction que j’ai envie d’explorer »

et :

« Il faut absolument que cela se déroule exactement comme je l’ai prévu. »

La première ouvre.

La seconde enferme.

Quand le mental essaie simplement de nous protéger

Pendant longtemps, j’ai considéré le mental et l’ego comme des ennemis.

Aujourd’hui, je les regarde davantage comme des systèmes de protection.

Lorsque mon mental imagine toutes les raisons pour lesquelles un projet pourrait échouer, il ne cherche pas nécessairement à saboter ma vie.

Il cherche peut-être simplement à éviter une déception.

Une perte.

Un rejet.

Une humiliation.

Une situation inconnue.

Le problème n’est donc plus de faire taire mon mental.

La question devient :

Pourquoi cette partie de moi considère-t-elle que cette situation est dangereuse ?

Et surtout :

de quoi ai-je besoin pour me sentir suffisamment sécure pour avancer malgré cette peur ?

Nous n’avons pas besoin de tout résoudre avant de vivre

J’ai aussi longtemps affirmé qu’il était possible de tout nettoyer, libérer ou reprogrammer extrêmement rapidement.

Je reste convaincu que certaines prises de conscience peuvent produire des changements spectaculaires en très peu de temps.

Je l’ai observé.

Je l’ai vécu.

Mais toutes les transformations humaines ne suivent pas le même rythme.

Certaines prennent quelques minutes.

D’autres plusieurs années.

Et il n’y a pas d’échec à avoir besoin de temps ou d’un accompagnement thérapeutique.

La sécurité intérieure consiste peut-être justement à ne plus transformer notre évolution personnelle en nouvelle compétition.

Suis-je suffisamment éveillé ?

Suis-je suffisamment guéri ?

Est-ce que j’évolue assez vite ?

Encore une fois, nous pouvons transformer le développement personnel en nouvelle source d’insécurité.

La question que je me pose aujourd’hui

Je continue de croire profondément au pouvoir de nos choix.

Je peux choisir ce que je regarde.

Ce que j’écoute.

Les personnes dont je m’entoure.

Les projets auxquels je donne mon énergie.

Je peux choisir de regarder davantage ce que je veux construire que ce que je ne veux plus.

Je peux décider de demander de l’aide.

Je peux également décider qu’un accompagnement ne me convient plus.

Je peux faire des choix pour moi plutôt que vivre uniquement selon les attentes des autres.

Mais derrière chacun de ces choix, j’aime aujourd’hui ajouter une question :

Depuis quel endroit intérieur vais-je chercher cette réponse ?

Depuis la peur ?

Depuis le besoin d’avoir raison ?

Depuis mon envie d’être rassuré ?

Depuis une croyance que je n’ai jamais réellement interrogée ?

Ou depuis une sécurité intérieure suffisamment solide pour me permettre d’explorer une autre possibilité ?

Je ne crois plus qu’une seule décision puisse garantir une vie magique.

Mais je sais qu’une décision peut changer une trajectoire.

La mienne a commencé à changer en 2016, à un moment où je pensais justement que tout était terminé.

Depuis, je continue d’apprendre, de déconstruire certaines certitudes et d’en construire d’autres.

Et peut-être que grandir consiste aussi à cela :

ne plus chercher la croyance qui nous donnera définitivement raison, mais développer suffisamment de sécurité intérieure pour accepter de remettre en question ce que nous pensions savoir.

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Stéphane Bride-Bonnot coach loi d'attraction
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