Comment formuler ce que l’on désire ?

Comment formuler ce que l’on désire vraiment ?

Voici une question que l’on m’a posée en privé et que je trouve suffisamment intéressante pour en faire un article :

Comment formuler ce que l’on désire ?

Derrière cette question, il y en a en réalité plusieurs.

Qu’est-ce qu’un désir ?

Comment savoir s’il nous appartient vraiment ?

Faut-il le formuler précisément ?

Faut-il le visualiser ?

Et, dans une approche plus spirituelle, comment « demander à l’Univers » ?

Pendant longtemps, ma réponse était assez radicale : les mots sont du blabla mental. Ils ne sont que des étiquettes posées sur quelque chose de beaucoup plus vaste.

Aujourd’hui, je leur reconnais évidemment une utilité. Les mots nous permettent de communiquer, de structurer notre pensée et de préciser une intention.

Mais je continue de croire qu’ils ne suffisent pas.

Parce qu’avant de savoir comment formuler ce que nous désirons, il faudrait peut-être commencer par savoir depuis quel endroit intérieur ce désir apparaît.

Et là, nous retrouvons directement la sécurité intérieure.

Un même mot peut cacher cent réalités différentes

Prenons un mot extrêmement simple :

Amour.

Si cent personnes lisent ce mot, auront-elles exactement la même représentation intérieure ?

Probablement pas.

Pour quelqu’un, l’amour sera la complicité.

Pour un autre, la sécurité.

Pour un autre encore, la passion.

La liberté.

La fidélité.

La présence.

La construction d’une famille.

Chacun interprète le mot à travers son histoire, ses expériences, ses croyances et ses besoins.

Il en va de même avec des mots comme « réussite », « liberté », « abondance » ou « bonheur ».

Voilà pourquoi dire :

« Je veux être heureux »

ne nous apprend finalement pas grand-chose.

Qu’est-ce qu’être heureux pour vous ?

C’est ici que les mots peuvent devenir intéressants : non pas pour commander quelque chose à l’Univers avec une formulation parfaite, mais pour nous obliger à aller regarder derrière les mots.

Est-ce vraiment votre désir ?

Il y a ensuite une question encore plus importante.

Ce que vous désirez vous appartient-il vraiment ?

Nous pouvons vouloir une grande maison parce que nous aimons profondément l’espace, la nature et recevoir du monde.

Mais nous pouvons aussi vouloir cette maison parce qu’elle représente la réussite dans notre environnement social.

Nous pouvons vouloir gagner davantage d’argent parce que cela permettra de financer un projet qui nous tient à cœur.

Ou parce que nous avons besoin de prouver notre valeur.

Nous pouvons vouloir développer notre entreprise parce que nous adorons ce que nous faisons.

Ou parce que voir les autres réussir réveille quelque chose en nous.

Extérieurement, le désir peut être exactement le même.

Intérieurement, il ne vient pas du même endroit.

C’est ce que j’appelais autrefois la différence entre le désir de l’ego et le désir du cœur.

Le désir de l’ego n’est pas forcément matériel

Sur ce point, ma vision a évolué.

J’écrivais autrefois que tout désir portant sur la matière ou sur « l’avoir » appartenait nécessairement à l’ego.

Je ne le pense plus.

Il n’y a rien de mauvais à vouloir une maison confortable, une belle voiture, davantage d’argent ou une entreprise prospère.

La matière n’est pas le problème.

La question est plutôt : qu’est-ce que j’attends de cette chose ?

Si je pense :

« Lorsque j’aurai cette voiture, les autres verront enfin que j’ai réussi »,

le véhicule devient peut-être un moyen d’aller chercher de la reconnaissance.

Si je pense :

« Lorsque je gagnerai 10 000 euros par mois, je serai enfin tranquille »,

je demande peut-être à l’argent de m’apporter une sécurité intérieure.

Si je pense :

« Lorsque j’aurai rencontré quelqu’un, je me sentirai enfin complet »,

je confie à une relation la responsabilité de remplir quelque chose en moi.

Ce n’est donc pas l’objet du désir qui compte le plus.

C’est l’endroit intérieur depuis lequel nous le désirons.

Quand nos désirs servent à nous rassurer

Nous arrivons ici au cœur du sujet.

Une grande partie de nos désirs peuvent être influencés par nos mécanismes de protection.

Nous voulons davantage d’argent pour ne plus avoir peur de manquer.

Nous voulons être reconnus pour ne plus avoir peur de ne pas compter.

Nous voulons absolument rencontrer quelqu’un parce que la solitude nous insécurise.

Nous voulons tout prévoir parce que l’incertitude nous fait peur.

Le désir devient alors une tentative de résoudre extérieurement une insécurité intérieure.

Cela ne signifie pas qu’il faut renoncer à ce désir.

Mais il est intéressant de voir ce que nous lui demandons secrètement de réparer.

Ce qui te protège aujourd’hui est peut-être ce qui te bloque demain.

Car si je crois que je pourrai seulement me sentir en sécurité lorsque j’aurai obtenu quelque chose, ma vie risque de devenir une succession de conditions.

« Quand j’aurai ça, alors… »

Le corps peut-il nous aider à reconnaître un désir ?

Dans mon approche, j’ai toujours accordé énormément d’importance aux ressentis.

Notre mental sait produire des arguments magnifiques.

Il peut nous expliquer pendant des heures pourquoi nous devrions choisir telle direction.

Mais parfois, notre expérience intérieure raconte autre chose.

Une idée nous donne de l’élan.

Nous nous sentons vivants en l’imaginant.

À l’inverse, certaines décisions parfaitement raisonnables nous donnent l’impression de nous rétrécir.

Cela ne signifie pas qu’une sensation corporelle soit une vérité infaillible ou un ordre de l’âme qu’il faudrait suivre aveuglément.

Nos ressentis peuvent également être influencés par la peur, notre histoire et nos apprentissages.

Mais ils constituent une information précieuse.

Le travail consiste alors à écouter l’ensemble plutôt qu’à laisser une seule partie de nous décider.

Qu’est-ce que je pense ?

Qu’est-ce que je ressens ?

Qu’est-ce que mon corps me signale ?

Quelles sont mes valeurs ?

Et qu’est-ce qui me fait peur dans ce désir ?

Faut-il demander à l’Univers ?

Dans ma vision spirituelle, j’ai longtemps considéré que nos désirs profondément alignés étaient déjà présents en nous et que l’Univers n’attendait pas une formulation parfaite pour les entendre.

Je continue d’aimer cette idée.

Mais je ne la présente pas comme une loi démontrée.

Je la vois plutôt comme une invitation à arrêter de chercher la phrase magique.

Parce que nous pouvons passer énormément de temps à essayer de « manifester » notre vie.

Écrire des affirmations.

Reformuler nos intentions.

Visualiser.

Demander.

Recommencer.

Vérifier si cela arrive.

Et derrière cette activité spirituelle peut encore se cacher notre besoin de contrôle.

Nous essayons de trouver la bonne technique qui garantira le résultat.

Autrement dit, nous cherchons encore de la sécurité.

Alors, comment formuler son désir ?

Peut-être qu’il n’existe justement pas de formulation parfaite.

Les mots peuvent nous aider à mettre de la clarté.

La visualisation peut nous aider à donner une direction.

Mais ensuite, il faut vivre.

Observer.

Expérimenter.

Agir.

Et surtout devenir suffisamment sécure pour ne plus demander au résultat de nous rassurer sur notre valeur ou notre avenir.

Au lieu de chercher uniquement :

« Comment dois-je formuler ma demande pour obtenir ce que je veux ? »

Je trouve aujourd’hui beaucoup plus intéressant de demander :

« Depuis quel endroit intérieur vais-je chercher cette réponse ? »

Depuis le manque ?

La comparaison ?

La peur ?

Le besoin de reconnaissance ?

Ou depuis quelque chose qui, lorsque j’enlève toutes ces couches, continue simplement de m’appeler ?

Alors, comment demander à l’Univers ?

Ma réponse de l’époque tenait en quatre mots et, finalement, je l’aime toujours autant :

En cessant de demander.

Pas pour attendre passivement que tout tombe du ciel.

Mais pour arrêter de négocier avec la vie, écouter ce qui compte réellement, puis commencer à avancer dans cette direction.

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Stéphane Bride-Bonnot coach loi d'attraction
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