Gestion des émotions

Peut-on choisir nos émotions ? De la réaction automatique à la sécurité intérieure

Nous n’avons pas toujours le pouvoir de choisir l’émotion qui apparaît en nous.

Une parole nous touche.

Un bruit nous agace.

Une situation nous inquiète.

Une personne nous met en colère.

Un souvenir nous rend triste.

L’émotion peut surgir avant même que nous ayons eu le temps de comprendre ce qui vient de se passer.

Pendant longtemps, j’ai expliqué ce phénomène avec une lecture essentiellement énergétique : nos émotions seraient magnétiques et attireraient dans la matière une réalité correspondant à leur fréquence.

Cette vision appartient à mon approche spirituelle. Mais aujourd’hui, je veux aller plus loin, car derrière cette question des émotions se trouve quelque chose de très concret :

notre capacité à rester suffisamment en sécurité intérieure pour ne pas être systématiquement pilotés par ce que nous ressentons.

Une émotion n’est pas une décision

Nous pouvons décider de fermer les yeux.

De quitter une pièce.

De couper la télévision.

De ne plus lire certains contenus.

Nous pouvons également apprendre à orienter notre attention.

Mais nous ne pouvons pas toujours décider :

« Maintenant, je ne suis plus triste. »

« Je ne suis plus en colère. »

« Je n’ai plus peur. »

L’émotion apparaît.

Et vouloir immédiatement la supprimer peut paradoxalement ajouter une nouvelle tension.

Je suis en colère.

Puis je me reproche d’être en colère.

J’ai peur.

Puis j’ai honte d’avoir peur.

Je suis triste.

Puis je considère que je ne devrais pas l’être parce que je fais un travail sur moi depuis des années.

La première émotion est là.

Tout le reste vient s’ajouter.

Accueillir ne signifie pas approuver

J’ai beaucoup parlé d’acceptation dans mes accompagnements.

Je continue de considérer cette notion comme essentielle, à condition de préciser ce qu’elle signifie.

Accepter ne veut pas dire :

« Cette situation me convient. »

Cela signifie :

« Cette situation existe ici et maintenant, que cela me plaise ou non. »

Imaginons que je sois dans un environnement bruyant.

Je peux passer deux heures à penser :

« Ce bruit est insupportable. Les gens n’ont aucun respect. Je ne devrais pas avoir à supporter ça. »

Ou reconnaître :

« Il y a du bruit. Ça me dérange. Qu’est-ce que je peux faire maintenant ? »

Fermer une fenêtre.

Mettre des bouchons d’oreilles.

Changer de pièce.

Demander calmement de réduire le bruit.

Ou décider de partir.

L’acceptation ne nous rend pas passifs.

Elle nous permet d’arrêter de consacrer toute notre énergie à combattre mentalement une réalité qui existe déjà afin de retrouver notre capacité d’action.

Sommes-nous responsables de tout ce qui nous arrive ?

Dans mon ancien texte, j’allais beaucoup plus loin.

Je considérais que tout notre environnement extérieur était une création directe de nos vibrations et de notre « signature électromagnétique ».

Aujourd’hui, je ne présenterais plus cette idée comme une réalité démontrée.

Nous ne créons pas tout ce qui nous arrive.

Nous ne sommes pas responsables d’une agression subie, d’une catastrophe, d’une maladie ou du comportement d’une autre personne.

Et la gratitude ne constitue pas une formule magique garantissant que les difficultés disparaîtront.

En revanche, nous avons une marge de responsabilité sur la manière dont nous répondons à ce qui nous arrive.

Et cette distinction est fondamentale.

Responsabilité ne signifie pas culpabilité.

Je ne suis pas nécessairement responsable de ce qui vient de se produire.

Mais je peux progressivement retrouver du pouvoir sur ce que j’en fais maintenant.

Pourquoi certaines situations déclenchent-elles autant d’émotions ?

Nos sens nous mettent constamment en relation avec notre environnement.

Nous voyons.

Nous entendons.

Nous sentons.

Nous touchons.

Notre cerveau interprète ces informations à partir de ce qu’il connaît déjà.

Voilà pourquoi deux personnes peuvent vivre une même situation de manière très différente.

Un silence peut être agréable pour quelqu’un et angoissant pour une autre personne.

Une remarque peut sembler anodine à l’un et profondément blessante à l’autre.

Une prise de risque peut être excitante pour certains et terrifiante pour d’autres.

Nos réactions présentes peuvent être influencées par notre histoire.

Et là encore, la sécurité intérieure apporte une grille de lecture particulièrement intéressante.

Lorsque notre système reconnaît quelque chose qu’il associe à un danger, une protection peut se déclencher avant même que nous ayons consciemment analysé la situation.

Faut-il arrêter de regarder le passé ?

J’ai longtemps affirmé que retourner dans son passé revenait à continuer de lui donner de l’énergie et donc à le reproduire.

Je serais beaucoup plus prudent aujourd’hui.

Notre passé peut avoir besoin d’être regardé.

Comprendre certaines expériences peut nous aider à donner du sens à nos réactions actuelles. Et lorsqu’il existe un traumatisme ou une souffrance importante, un accompagnement thérapeutique adapté peut être précieux.

Mais il existe une différence entre regarder son passé pour mieux comprendre le présent et vivre continuellement tourné vers ce passé.

Le passé n’est pas une destination.

Il peut être une information.

Et toute information utile devrait, à un moment donné, nous permettre de revenir ici :

Qu’est-ce qui se passe en moi aujourd’hui ?

Une émotion peut-elle disparaître en cinq secondes ?

Dans mon texte initial, j’affirmais qu’une émotion pleinement accueillie pouvait être définitivement libérée en quelques secondes, là où certaines personnes passent dix ans en thérapie.

J’ai effectivement vécu et observé des prises de conscience extrêmement rapides.

Parfois, quelque chose qui semblait compliqué depuis des années perd soudainement toute sa charge.

Cela existe.

Mais ce n’est pas une règle universelle.

Certaines émotions reviennent.

Certaines blessures nécessitent du temps.

Certaines expériences traumatiques ont besoin d’un accompagnement spécifique.

Et quelqu’un qui continue à souffrir après avoir « accueilli son émotion » n’a rien raté.

La sécurité intérieure consiste aussi à ne pas nous imposer une nouvelle obligation :

« Je dois guérir vite. »

Le futur peut nous donner une direction

À l’autre extrémité se trouve le futur.

Je continue de croire qu’un projet qui nous met en joie peut devenir un moteur extraordinaire.

Lorsque nous savons vers quoi nous voulons aller, notre présent prend une autre direction.

Nous pouvons imaginer une vie professionnelle différente.

Une relation plus juste.

Un environnement qui correspond davantage à nos valeurs.

Un projet créatif.

Un voyage.

Une nouvelle manière d’organiser notre temps.

Le futur devient alors une boussole.

Mais il ne doit pas devenir une nouvelle fuite.

Nous pouvons rêver de demain tout en vivant aujourd’hui.

Le futur indique une direction.

L’action, elle, ne peut avoir lieu que maintenant.

La sécurité intérieure crée un espace entre l’émotion et l’action

C’est peut-être là que se situe le véritable changement.

Une émotion arrive.

Auparavant, elle déclenchait immédiatement une réaction.

Aujourd’hui, je peux peut-être créer quelques secondes d’espace.

Pause.

Qu’est-ce que je ressens ?

Qu’est-ce qui vient d’être touché ?

Quelle histoire mon mental est-il déjà en train de construire ?

Est-ce qu’un danger existe réellement ici et maintenant ?

Quelle protection essaie de prendre le contrôle ?

Et surtout :

de quoi ai-je besoin pour rester suffisamment sécure sans devoir immédiatement attaquer, fuir, contrôler ou me fermer ?

L’émotion peut alors circuler sans nécessairement devenir un comportement.

Je peux être en colère et choisir mes mots.

Avoir peur et avancer malgré tout.

Être triste et demander du soutien.

Être frustré et poser une limite.

Voilà une forme de liberté qui m’intéresse beaucoup plus aujourd’hui que l’idée de ne plus jamais ressentir d’émotions désagréables.

Nous ne sommes pas incarnés pour passer notre vie à nous réparer

Il reste enfin une idée de mon ancien texte que j’ai envie de conserver.

Nous pouvons passer énormément de temps à vouloir nous réparer.

À chercher la prochaine blessure.

La prochaine mémoire.

Le prochain blocage.

La prochaine croyance limitante.

Et finir par considérer que nous devons devenir parfaitement guéris avant de commencer réellement à vivre.

Je ne le crois pas.

Nous pouvons travailler sur nous et vivre en même temps.

Nous pouvons avoir encore des peurs et créer.

Avoir des blessures et aimer.

Être parfois insécures et prendre notre place.

La sécurité intérieure n’est pas la récompense obtenue une fois que nous avons définitivement réglé tous nos problèmes.

Elle se construit justement lorsque nous découvrons que nous pouvons traverser nos émotions, nos incertitudes et nos imperfections sans nous abandonner.

Alors peut-être que notre mission n’est pas de devenir des êtres qui ne ressentent plus rien de désagréable.

Peut-être s’agit-il de devenir suffisamment sécures pour laisser toute la vie circuler en nous.

La joie comme la tristesse.

La confiance comme la peur.

La lumière comme les moments plus sombres.

Et continuer malgré tout à avancer, créer, aimer, partager et prendre notre place.

Parce que l’humanité n’a pas besoin d’êtres humains parfaitement réparés.

Elle a besoin d’êtres humains pleinement vivants.

Nous sommes #TousFormidable.

Aidez vos proches en partageant !
Stéphane Bride-Bonnot coach loi d'attraction
Stéphane Bride-Bonnot coach loi d'attraction