Instant présent, instant de bonheur

Et si le bonheur commençait simplement par l’instant présent ?

Il y a une anecdote qui me revient régulièrement.

Elle doit remonter à 2018.

À cette époque, je partageais avec Enzo, qui avait alors une dizaine d’années, une réflexion autour de l’instant présent.

Je lui disais quelque chose qui me paraissait alors évident :

« Tant que tu es dans l’instant présent, tu es heureux, dans l’abondance, dans de bonnes vibrations. Il ne peut se passer que de belles choses. »

Enzo m’a regardé et m’a répondu :

« Il y a deux instants présents : celui qui met une heure pour manger… et les autres. »

J’ai souri.

Et je lui ai répondu :

« Il n’y a qu’un seul instant présent : celui où le temps n’existe pas. »

Avec les années, cette petite conversation a continué à me travailler.

Parce qu’au fond, qu’est-ce que cela signifie réellement d’être présent ?

Et surtout…

combien de temps passons-nous réellement dans notre présent ?

Nous sommes souvent ici sans être vraiment là

Nous pouvons être assis à table…

et déjà penser à ce que nous devons faire après.

Nous pouvons être avec quelqu’un…

et penser à la conversation que nous aurons demain.

Nous pouvons marcher…

et refaire mentalement une scène qui s’est produite hier.

Nous pouvons même être en vacances…

et commencer à nous inquiéter de ce qui nous attend au retour.

Notre corps est ici.

Mais notre esprit est ailleurs.

Une partie de nous vit dans le passé.

Une autre anticipe le futur.

Et pendant ce temps, le seul moment que nous pouvons réellement vivre est en train de passer sans nous.

C’est peut-être l’une des grandes particularités de notre fonctionnement humain.

Nous sommes capables de nous projeter très loin.

D’imaginer les conséquences.

D’anticiper les problèmes.

De préparer les scénarios possibles.

C’est extrêmement utile.

Mais lorsque cette capacité devient permanente, elle peut aussi nous éloigner de notre propre vie.

Prendre le temps de vivre

Prendre le temps de vivre n’est pas forcément faire moins.

C’est parfois simplement être davantage là pendant ce que nous sommes déjà en train de faire.

Manger.

Vraiment manger.

Sentir les odeurs.

Regarder les couleurs.

Prendre le temps de mâcher.

Sentir la texture.

Goûter.

Respirer.

Être là.

Cela paraît presque ridicule tellement c’est simple.

Et pourtant, combien de repas sont avalés devant un écran, entre deux rendez-vous, en regardant l’heure ou en pensant déjà à la prochaine tâche ?

Nous pouvons même transformer le repas en mission :

il faut que je mange vite pour pouvoir retourner travailler.

Mais où sommes-nous pendant ce temps ?

Pas vraiment dans notre repas.

Pas vraiment dans notre corps.

Pas vraiment dans notre présent.

Et si nous apprenions à déguster la vie ?

J’aime cette expression :

déguster la vie.

Parce qu’elle change complètement notre rapport au temps.

Déguster suppose de ralentir suffisamment pour ressentir.

Cela ne veut pas dire arrêter de vivre.

Cela veut dire cesser de traverser les moments à toute vitesse.

Une conversation.

Un café.

Un repas.

Une promenade.

Un rire.

Un coucher de soleil.

Un moment avec quelqu’un que nous aimons.

Ces choses peuvent sembler insignifiantes lorsqu’on les regarde depuis notre agenda.

Mais elles constituent précisément ce que nous appelons notre vie.

Et il n’y aura jamais de bouton « retour ».

Le moment que tu es en train de vivre maintenant ne reviendra jamais exactement sous cette forme.

Lorsque nous cherchons à nous remplir

C’est ici que je trouve intéressant de regarder certains de nos comportements.

Parfois, lorsque nous ne nous sentons pas bien intérieurement, nous cherchons instinctivement quelque chose pour modifier cet état.

La nourriture.

Le travail.

Les achats.

Les écrans.

Les réseaux sociaux.

Certaines relations.

Certaines habitudes.

Certaines addictions.

Ces comportements peuvent avoir des origines très différentes et il serait évidemment trop simple de dire qu’ils viennent tous d’une seule cause.

Mais il existe une question intéressante à se poser :

« Qu’est-ce que je cherche à ressentir lorsque je fais cela ? »

Parce que parfois, nous ne cherchons pas réellement à obtenir quelque chose.

Nous cherchons surtout à ne plus ressentir ce qui est là.

Nous mangeons sans avoir faim.

Nous travaillons alors que nous sommes épuisés.

Nous faisons défiler notre téléphone pendant une heure.

Nous cherchons constamment une nouvelle stimulation.

Non pas nécessairement parce que nous sommes incapables de nous arrêter.

Mais peut-être parce que l’arrêt nous mettrait face à quelque chose que nous préférons ne pas regarder.

Le présent peut devenir inconfortable

C’est peut-être là que l’instant présent devient beaucoup plus intéressant qu’une simple technique de méditation.

Parce que lorsque je m’arrête…

je peux commencer à entendre ce qui se passe en moi.

Ma fatigue.

Ma tristesse.

Mon inquiétude.

Mon besoin d’amour.

Ma frustration.

Ma peur.

Mon envie de reconnaissance.

Et parfois, c’est beaucoup plus confortable de retourner travailler que de rester cinq minutes avec ce que je ressens.

Alors nous repartons.

Nous remplissons.

Nous nous occupons.

Nous nous distrayons.

Nous courons.

Et nous appelons parfois cela « être actif ».

Retrouver suffisamment de sécurité pour rester présent

C’est aussi là que je fais aujourd’hui le lien avec ce que j’appelle la sécurité intérieure.

Être présent ne signifie pas être constamment heureux.

Cela ne signifie pas être dans de « bonnes vibrations » à chaque instant.

Cela signifie peut-être pouvoir rester suffisamment présent à soi-même pour accueillir ce qui est là sans avoir immédiatement besoin de le fuir.

Je peux être triste et rester avec moi.

Je peux être inquiet sans immédiatement chercher à me distraire.

Je peux ressentir un manque sans devoir immédiatement le remplir.

Je peux ne pas savoir ce qui va arriver demain et continuer à vivre aujourd’hui.

C’est peut-être cela, finalement, une forme de sécurité intérieure :

ne plus avoir besoin de quitter systématiquement le présent dès qu’il devient inconfortable.

L’instant présent ne demande rien

Et puis il y a cette phrase d’Enzo :

« Il y a deux instants présents : celui qui met une heure pour manger, et les autres. »

Elle était drôle.

Mais elle disait quelque chose de très juste.

Nous avons parfois tellement envie d’arriver quelque part que nous oublions que nous sommes déjà en train de vivre.

Nous voulons avoir terminé.

Avoir réussi.

Avoir gagné.

Être arrivé.

Être libre.

Être riche.

Être heureux.

Et nous remettons notre vie à plus tard.

« Quand j’aurai réussi, je profiterai. »

« Quand j’aurai plus d’argent, je voyagerai. »

« Quand j’aurai moins de travail, je prendrai du temps pour moi. »

Mais il y aura toujours un prochain objectif.

Alors peut-être que le véritable changement consiste aussi à apprendre à vivre pendant que nous construisons.

À ne pas attendre que notre vie soit parfaite pour commencer à l’habiter.

Alors, aujourd’hui, prends cinq minutes

Pas demain.

Pas lundi.

Pas lorsque tu auras terminé ce que tu as à faire.

Maintenant.

Pose ton téléphone.

Respire.

Regarde autour de toi.

Écoute.

Sens ton corps.

Et demande-toi simplement :

« Qu’est-ce qui est déjà là, dans ma vie, que je suis tellement habitué à avoir que je ne prends même plus le temps de le vivre ? »

Peut-être que la réponse est une personne.

Un lieu.

Une odeur.

Un repas.

Un rayon de soleil.

Un enfant qui rit.

Un corps qui respire.

Ou simplement…

ce moment.

Celui-ci.

Parce qu’au fond, l’instant présent n’a peut-être jamais été quelque chose à atteindre.

C’est l’endroit où la vie est déjà en train de se passer.

Et nous sommes Tous « Formidable ».

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Stéphane Bride-Bonnot coach loi d'attraction
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