Notre qualité de vie dépend de 2 choses
Changer sa perception ne suffit pas toujours à changer sa vie
Lorsque nous commençons à travailler sur nous-mêmes, il se passe généralement quelque chose d’important : nous apprenons à regarder notre vie différemment.
Nous découvrons que notre perception n’est pas la réalité absolue.
Deux personnes peuvent vivre exactement la même situation et lui donner une signification complètement différente.
L’une y verra un échec.
L’autre un apprentissage.
L’une se sentira rejetée.
L’autre considérera simplement que cette relation ne lui correspondait pas.
Notre histoire, notre éducation, nos expériences et nos croyances constituent autant de filtres à travers lesquels nous interprétons ce qui nous arrive.
Modifier certains de ces filtres peut considérablement améliorer notre existence.
Mais une question demeure :
Est-ce que changer notre manière de penser suffit réellement à construire une sécurité intérieure durable ?
Je ne le crois pas.
Parce que nous pouvons parfaitement avoir compris énormément de choses intellectuellement et continuer à ressentir exactement les mêmes peurs.
Comprendre n’est pas encore transformer
C’est probablement l’un des plus grands pièges du développement personnel.
Nous lisons.
Nous regardons des vidéos.
Nous suivons des formations.
Nous apprenons à identifier nos croyances limitantes.
Nous comprenons notre enfance.
Nous découvrons notre fonctionnement.
Nous savons même parfois expliquer parfaitement pourquoi nous réagissons de telle ou telle manière.
Et pourtant…
La situation se présente à nouveau et notre corps réagit exactement comme avant.
Nous savons que nous avons le droit de dire non.
Mais nous disons encore oui.
Nous savons que nous n’avons pas besoin de l’approbation des autres.
Mais une critique nous bouleverse pendant trois jours.
Nous savons qu’une relation ne nous convient plus.
Mais nous n’arrivons toujours pas à partir.
Nous savons que nous sommes compétents.
Mais nous avons toujours peur de nous montrer.
Notre tête a compris. Notre sécurité intérieure, elle, n’a pas encore suivi.
Le développement personnel peut lui-même devenir une fuite
C’est là que quelque chose devient paradoxal.
Nous pouvons consacrer énormément de temps à travailler sur nous sans réellement passer du savoir à l’expérience.
Un nouveau livre.
Une nouvelle vidéo.
Une nouvelle méthode.
Un nouveau thérapeute.
Une nouvelle formation.
Une nouvelle pratique.
Nous ressentons un soulagement.
Nous avons une prise de conscience.
Nous sommes enthousiastes pendant quelques jours.
Puis le soufflé retombe.
Alors nous repartons chercher quelque chose d’autre.
Le problème n’est pas le livre, le thérapeute, le coach ou la méthode.
Ils peuvent tous être utiles.
Le problème apparaît lorsque nous commençons à croire :
« Quelque part à l’extérieur de moi se trouve encore la chose qui me manque pour aller bien. »
Nous pouvons alors devenir experts du développement personnel tout en restant profondément insécures.
Les outils ne sont pas le problème
Une pierre, une méditation, un rituel, un livre ou une séance de coaching ne possède pas nécessairement le pouvoir que nous lui attribuons.
Mais cela ne signifie pas non plus qu’il faille rejeter tous les outils extérieurs.
Si une méditation m’aide à ralentir, pourquoi pas ?
Si un thérapeute m’aide à traverser une difficulté, très bien.
Si un livre me permet de comprendre un mécanisme, tant mieux.
Si un objet possède une valeur symbolique qui m’aide à me recentrer, je peux l’utiliser.
La vraie question est :
Est-ce que cet outil m’aide progressivement à devenir plus autonome ou est-ce qu’il me rend dépendant ?
Voilà une distinction essentielle.
Un bon outil devrait progressivement nous ramener à nous.
Pas nous convaincre que nous sommes incapables de fonctionner sans lui.
Et le corps dans tout cela ?
Dans mon ancien texte, je prenais l’exemple du poids pour expliquer qu’un régime ne pouvait pas fonctionner durablement si nous ne travaillions pas sur les émotions.
Là encore, il faut nuancer.
Le poids est influencé par de nombreux facteurs : alimentation, activité physique, sommeil, environnement, génétique, métabolisme, médicaments, facteurs psychologiques et parfois certaines pathologies.
On ne peut donc pas réduire le surpoids à un problème émotionnel.
En revanche, l’exemple permet de comprendre quelque chose de plus général :
un changement durable demande souvent davantage qu’une règle appliquée temporairement.
Si je change mon comportement pendant trois semaines sans comprendre ce qui l’alimente et sans construire un mode de vie que je peux réellement maintenir, il existe un risque important de revenir à mes anciennes habitudes.
C’est également vrai dans le travail sur soi.
Nous pouvons changer nos pensées sans nous sentir davantage en sécurité
Imaginez que j’aie profondément peur d’être abandonné.
Je peux remplacer :
« Tout le monde finit par me quitter »
par :
« Je mérite une relation merveilleuse. »
C’est peut-être une première étape.
Mais si, dans mes relations, je continue à surveiller l’autre, à chercher constamment à être rassuré, à ne pas poser mes limites et à accepter l’inacceptable par peur de perdre la personne, ma nouvelle croyance n’a pas encore profondément transformé mon fonctionnement.
Voilà pourquoi je distingue aujourd’hui comprendre la sécurité intérieure et la ressentir réellement.
La première se passe beaucoup dans la tête.
La seconde se construit dans l’expérience.
Revenir au plan émotionnel
J’utilisais autrefois les expressions « plan mental » et « plan émotionnel ».
Je continue à les trouver intéressantes comme images.
Le plan mental, c’est :
« Qu’est-ce que je pense ? »
Le plan émotionnel nous demande :
« Qu’est-ce que je ressens réellement ? »
Et nous sommes parfois beaucoup moins à l’aise avec cette deuxième question.
Parce que lorsque nous arrêtons d’expliquer, il reste le ressenti.
La peur.
La colère.
La tristesse.
La frustration.
La joie.
L’enthousiasme.
L’envie.
Et parfois une sensation beaucoup plus difficile à nommer.
C’est là que commence une autre forme de connaissance de soi.
Être avec soi sans chercher immédiatement une solution
Nous avons pris l’habitude de vouloir résoudre.
Une émotion apparaît :
« Comment je l’enlève ? »
Une peur apparaît :
« Quelle technique dois-je utiliser ? »
Une frustration apparaît :
« Quel livre dois-je lire ? »
Et si, parfois, nous commencions simplement par rester là ?
Observer.
Ressentir.
Respirer.
Sans chercher immédiatement à corriger ce qui se passe.
La sécurité intérieure commence peut-être lorsque nous découvrons :
« Je peux ressentir quelque chose d’inconfortable sans être obligé de fuir. »
Je peux avoir peur et rester avec moi.
Je peux être triste sans considérer que quelque chose dysfonctionne.
Je peux être frustré sans immédiatement accuser quelqu’un.
Je peux ressentir une émotion sans lui demander de disparaître.
Faut-il vraiment passer six heures par jour dans son cœur ?
À l’époque, je préconisais six heures quotidiennes dans ce que j’appelais le « plan émotionnel ».
Je ne transformerais plus cette expérience personnelle en règle universelle.
Nous avons tous des vies différentes.
Six heures seront extraordinaires pour certains et complètement irréalistes pour d’autres.
Ce qui compte davantage, c’est de créer de vrais espaces de présence à soi.
Dix minutes sans téléphone.
Une marche.
Une heure dans la nature.
Un trajet sans podcast.
Un moment face à la mer.
Quelques minutes les yeux fermés.
Un temps pendant lequel nous ne sommes pas en train de consommer les pensées de quelqu’un d’autre.
Parce que lorsque chaque minute de silence est remplie par une vidéo, une musique, un réseau social ou un podcast, nous pouvons finir par ne plus entendre ce qui se passe en nous.
L’intuition n’est pas forcément magique
Lorsque nous nous posons réellement, certaines choses deviennent parfois beaucoup plus claires.
« Je n’ai plus envie de cette relation. »
« Ce travail m’épuise. »
« J’ai envie de créer. »
« J’ai besoin de repos. »
« Cette direction m’attire. »
« Je dis oui alors que je veux dire non. »
Nous pouvons appeler cela intuition, inspiration, ressenti ou connaissance de soi.
Peu importe finalement le mot.
Ce qui compte est que cette information ne vient plus seulement d’une réflexion sur ce que nous devrions vouloir.
Elle émerge de ce que nous ressentons réellement.
Et plus nous développons notre sécurité intérieure, plus nous pouvons écouter ces informations sans avoir immédiatement besoin que quelqu’un les valide.
Peut-on vraiment créer tout ce que l’on veut ?
J’ai longtemps écrit qu’en étant suffisamment « dans le cœur », nous pouvions créer absolument tout ce que nous souhaitions : une maison, une voiture, une relation ou même une place de stationnement.
Je préfère aujourd’hui distinguer l’expérience spirituelle de ce que nous pouvons affirmer comme un mécanisme certain.
Je continue à croire à la puissance de l’intention, du focus, de l’état intérieur et de l’action alignée.
Lorsque je sais ce que je veux, que j’y crois suffisamment pour agir, que je remarque davantage les opportunités et que je persévère, ma réalité peut effectivement évoluer considérablement.
Mais cela ne signifie pas que nos émotions contrôlent intégralement les événements extérieurs.
Nous pouvons influencer notre trajectoire sans contrôler l’univers.
Et cette distinction est importante.
La sécurité intérieure change réellement notre manière de vivre
Lorsque nous sommes davantage en sécurité intérieure, quelque chose change néanmoins profondément.
Nous prenons des décisions différentes.
Nous choisissons autrement nos relations.
Nous posons davantage nos limites.
Nous récupérons plus facilement après un échec.
Nous avons moins besoin de l’approbation extérieure.
Nous osons davantage.
Nous pouvons écouter un conseil sans nous sentir obligés de le suivre.
Nous savons parfois attendre.
Et surtout, nous commençons à distinguer :
« Ce que je veux vraiment »
de :
« Ce que j’ai appris à vouloir pour être accepté. »
C’est ici que le monde peut effectivement commencer à changer.
Pas nécessairement parce que nous aurions modifié une mystérieuse fréquence qui oblige la matière à répondre à nos désirs.
Mais parce qu’en changeant notre rapport à nous-mêmes, nous changeons notre manière d’entrer en relation avec la vie.
Comprendre moins, expérimenter davantage
Peut-être avez-vous déjà lu cinquante livres.
Suivi plusieurs formations.
Regardé des centaines de vidéos.
Compris vos croyances.
Analysé votre enfance.
Alors la prochaine étape n’est peut-être pas d’apprendre encore quelque chose.
Elle est peut-être simplement de vous retrouver.
Sans méthode supplémentaire.
Sans nouveau concept.
Sans chercher immédiatement une réponse.
Et de vous demander :
Qu’est-ce qui se passe réellement en moi lorsque je cesse de m’expliquer ma vie ?
Parce que la sécurité intérieure ne se trouve pas uniquement dans ce que nous savons.
Elle se construit dans notre capacité à être présents à nous-mêmes, à écouter ce que nous ressentons et à agir progressivement en cohérence avec cela.
Nous ne sommes effectivement pas seulement des « faire humains ».
Nous sommes des êtres humains.
Et parfois, avant de vouloir encore changer notre vie, nous avons simplement besoin de retrouver celui ou celle qui est en train de la vivre.
La vie est magique avec un grand M.
Mais sa magie commence peut-être par cette capacité toute simple : être suffisamment en sécurité pour revenir à soi.












