Pourquoi tu ressens un poids… et comment t’en libérer

Ce poids que tu portes n’est peut-être pas le problème

Tu l’as peut-être déjà dit sans vraiment y réfléchir :

« J’ai un poids sur les épaules. »

« Je ressens quelque chose de lourd. »

« Je traîne ça depuis des années. »

Ce sont des expressions que nous utilisons naturellement.

Pourtant, si nous nous arrêtons quelques secondes dessus, elles racontent quelque chose d’intéressant.

De quel poids parlons-nous exactement ?

Il n’est pas posé physiquement sur nos épaules. Il n’a ni forme, ni volume, ni masse mesurable.

Et pourtant, nous pouvons réellement avoir la sensation de le porter.

Il nous fatigue. Il influence nos décisions. Il peut nous empêcher d’avancer, nous faire hésiter, nous maintenir dans certaines situations ou nous pousser à réagir d’une manière que nous ne comprenons pas toujours.

Alors, qu’est-ce que nous portons réellement ?

Derrière le poids, il y a souvent une histoire

Dans mon expérience d’accompagnant, ce que nous appelons un « poids » correspond souvent à quelque chose que nous n’avons pas complètement traversé.

Une culpabilité.

Une colère retenue.

Une tristesse.

Une peur.

Une injustice que nous n’avons jamais digérée.

Une responsabilité que nous avons prise alors qu’elle ne nous appartenait peut-être pas.

Un événement sur lequel nous n’avons jamais réussi à mettre de mots.

Nous avons vécu quelque chose et, à cet instant précis, nous n’avions peut-être ni les ressources, ni la maturité, ni la sécurité suffisante pour exprimer pleinement ce que nous ressentions.

Alors nous nous sommes adaptés.

Et cette adaptation est importante à comprendre.

Parce que ce que tu considères aujourd’hui comme un problème a peut-être été, autrefois, une solution.

Ce qui te protège aujourd’hui est peut-être ce qui te bloque demain

Un enfant qui comprend qu’exprimer sa colère provoque un conflit peut apprendre à la retenir.

Une personne qui a beaucoup souffert d’une relation peut apprendre à ne plus s’attacher.

Quelqu’un qui a vécu une situation financière difficile peut développer un besoin important de contrôle.

Une personne qui a été régulièrement critiquée peut apprendre à ne plus prendre de risques pour éviter d’être jugée.

Sur le moment, le mécanisme a une fonction :

retrouver de la sécurité.

Le problème apparaît lorsque cette protection continue de fonctionner des années plus tard, alors que la situation a changé.

Tu n’es plus cet enfant.

Tu n’es plus dans cette relation.

Tu n’es plus nécessairement dans cet environnement.

Mais une partie de toi continue de fonctionner comme si le danger était toujours présent.

C’est ici que le poids commence réellement à peser.

Porter demande de l’énergie

Imagine que tu te promènes toute la journée avec un sac à dos rempli de pierres.

Au début, tu le sens.

Puis ton corps s’habitue.

Tu adaptes ta posture. Tu modifies ta façon de marcher. Tu apprends à vivre avec.

Au bout d’un certain temps, tu peux même oublier que tu portes le sac.

Pourtant, ton organisme continue de dépenser de l’énergie pour le transporter.

Je retrouve quelque chose de similaire avec nos protections intérieures.

Une partie de notre énergie peut être mobilisée en permanence pour surveiller, anticiper, retenir, contrôler ou éviter certaines situations.

Et nous finissons par dire :

« Je suis fatigué. »

« Je procrastine. »

« Je n’ai plus de motivation. »

« Je n’arrive pas à avancer. »

Mais sommes-nous certains que le problème est réellement le manque de motivation ?

Peut-être qu’une partie de nous utilise simplement énormément d’énergie pour maintenir une sécurité devenue obsolète.

Et si ta résistance essayait simplement de te protéger ?

C’est une question que je trouve beaucoup plus intéressante que :

« Pourquoi je n’arrive pas à avancer ? »

Parce que cette dernière question peut rapidement nous conduire au jugement.

Je devrais être plus courageux.

Je devrais passer à l’action.

Je devrais arrêter d’avoir peur.

Je devrais être capable de changer.

Mais si je considère ma résistance comme une protection, mon regard change.

Je peux commencer à me demander :

« De quoi cette partie de moi essaie-t-elle encore de me protéger ? »

Et surtout :

« De quoi ai-je besoin aujourd’hui pour me sentir suffisamment en sécurité pour ne plus avoir besoin de cette protection ? »

Nous ne sommes plus dans la lutte contre soi.

Nous entrons dans la compréhension de soi.

La sécurité intérieure change notre rapport au changement

Lorsque nous ne nous sentons pas en sécurité intérieurement, l’inconnu peut devenir menaçant.

Même lorsque notre situation actuelle ne nous convient plus.

C’est l’un des grands paradoxes que j’observe dans l’accompagnement humain.

Nous pouvons souffrir d’une situation et, simultanément, résister au changement qui pourrait nous en sortir.

Pourquoi ?

Parce que notre système connaît la situation actuelle.

Elle est peut-être inconfortable, frustrante ou douloureuse, mais elle est connue.

Le changement, lui, introduit de l’incertitude.

Et lorsqu’il manque cette sécurité à l’intérieur, le connu peut sembler préférable à l’inconnu.

Ce n’est donc pas nécessairement que tu ne veux pas changer.

Peut-être qu’une partie de toi ne se sent simplement pas encore suffisamment en sécurité pour lâcher ce qu’elle connaît.

La légèreté ne consiste pas à supprimer une partie de soi

Pendant longtemps, dans le développement personnel, nous avons beaucoup parlé de « supprimer les blocages », « éliminer les croyances limitantes » ou « se débarrasser de l’ego ».

Aujourd’hui, ma lecture est différente.

Je ne cherche plus forcément à combattre ce qui bloque.

Je cherche à comprendre pourquoi c’est là.

Parce qu’une protection que l’on combat peut se renforcer.

Une protection que l’on comprend peut commencer à se détendre.

Et parfois, une prise de conscience suffit à regarder complètement différemment quelque chose que nous portions depuis des années.

Le poids n’était peut-être pas notre ennemi.

Il essayait simplement de nous protéger avec les informations dont il disposait.

Tu n’es pas ce que tu portes

C’est probablement le point le plus important.

Tu peux porter une peur sans être la peur.

Tu peux ressentir de la culpabilité sans être coupable de tout.

Tu peux avoir développé un besoin de contrôle sans être une personne contrôlante par nature.

Tu peux avoir appris à te protéger sans avoir besoin de rester protégé toute ta vie.

Derrière toutes ces couches, il reste quelque chose de beaucoup plus simple :

toi.

Et plus tu développes ta sécurité intérieure, moins tu as besoin de construire ta vie autour de tes protections.

Tu peux progressivement choisir depuis un autre endroit.

Non plus uniquement pour éviter de souffrir.

Non plus pour être reconnu.

Non plus pour être rassuré par l’extérieur.

Mais parce que ce choix correspond réellement à ce que tu veux vivre.

Alors, quel poids portes-tu encore ?

Je ne vais pas te dire qu’il suffit de décider de le poser.

Certaines choses demandent du temps, d’autres un accompagnement adapté, et certaines blessures nécessitent un travail thérapeutique ou médical lorsqu’elles affectent profondément la santé.

Mais tu peux déjà commencer par changer la question.

Au lieu de te demander :

« Comment puis-je me débarrasser de ce poids ? »

Essaie peut-être de te demander :

« Qu’est-ce que ce poids essaie encore de sécuriser en moi ? »

La réponse peut être intéressante.

Parce que derrière certaines résistances, certaines peurs et certains comportements que nous aimerions supprimer se trouve parfois une partie de nous qui demande simplement une chose :

se sentir enfin suffisamment en sécurité pour relâcher la protection.

Et lorsque cette sécurité commence à venir de l’intérieur, nous n’avons plus besoin de porter autant pour avancer.

Nous devenons naturellement plus disponibles.

Pour choisir.

Pour créer.

Pour aimer.

Pour vivre.

Et peut-être que la légèreté commence simplement là.

Stéphane Bride-Bonnot

Spécialiste de la sécurité intérieure

Chaque être humain peut créer le meilleur.

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Stéphane Bride-Bonnot coach loi d'attraction

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