Pourquoi le changement n’arrive pas ?
Pourquoi chercher des réponses partout finit parfois par nous perdre
Combien de personnes souhaitent changer quelque chose dans leur existence ?
Vous en faites certainement partie si vous lisez cet article.
Alors nous cherchons.
Nous lisons des livres.
Nous regardons des vidéos.
Nous suivons des personnes sur les réseaux sociaux.
Nous écoutons des podcasts.
Nous demandons conseil à nos proches.
Nous découvrons le développement personnel, la spiritualité, la psychologie, les neurosciences ou quantité d’autres approches.
Et puis un jour, il se passe quelque chose d’assez amusant.
Pierre nous dit bleu.
Roger nous dit rouge.
Notre voisin pense vert.
Le dernier livre que nous avons lu nous explique jaune.
Et nous voilà encore plus perdus qu’avant.
Pourquoi ?
Peut-être parce que le problème n’était pas l’absence d’informations.
Peut-être que le problème était notre besoin d’être rassuré par une information extérieure.
Nous apprenons très tôt à chercher nos repères chez les autres
Lorsque nous arrivons dans ce monde, nous ne savons pas grand-chose.
Alors nous apprenons.
Nos parents nous transmettent leur vision du monde.
Notre famille nous transmet ses habitudes.
L’école nous apprend certaines règles.
La société nous indique ce qui est considéré comme normal, souhaitable ou raisonnable.
Progressivement, nous construisons notre personnage.
Je suis comme ceci.
Je ne suis pas capable de cela.
Dans notre famille, on fait comme ça.
Pour réussir, il faut faire ça.
À mon âge, je devrais en être là.
Quelqu’un comme moi ne peut pas faire ça.
Toutes ces informations finissent par constituer une représentation de nous-mêmes et du monde.
Et ce fonctionnement est parfaitement compréhensible.
Un enfant a besoin de repères.
Le problème apparaît lorsque, trente ou quarante ans plus tard, nous continuons à demander à l’extérieur de nous expliquer qui nous sommes et comment nous devons vivre.
À force de vouloir être rassuré, nous pouvons construire une vie qui ne nous ressemble plus
Pendant des années, nous pouvons faire ce qui semble raisonnable.
Choisir le travail qu’il fallait choisir.
Construire la relation qui semblait correspondre aux normes.
Acheter ce qu’il fallait acheter.
Adopter les comportements permettant d’être accepté.
Éviter certaines décisions pour ne pas inquiéter ou décevoir.
Et progressivement, un décalage peut apparaître.
Extérieurement, tout semble à peu près tenir.
Intérieurement, quelque chose ne colle plus.
Nous pouvons ressentir de la frustration, de l’ennui, de la colère, une perte de sens ou simplement cette sensation difficile à expliquer de ne plus être vraiment à notre place.
Alors que faisons-nous ?
Très souvent, exactement ce que nous avons appris à faire depuis toujours.
Nous retournons chercher la réponse à l’extérieur.
Le développement personnel peut reproduire exactement le problème qu’il prétend résoudre
C’est un paradoxe que je connais bien.
Nous découvrons que nous avons passé une partie de notre existence à écouter les autres plutôt que nous-mêmes.
Alors nous décidons de nous libérer…
en allant écouter de nouvelles personnes nous expliquer comment nous libérer.
Et nous remplaçons parfois simplement une autorité par une autre.
Hier, c’était notre famille ou la société.
Aujourd’hui, cela peut être un coach, un thérapeute, un mentor, un auteur, un influenceur spirituel ou même une communauté entière.
Le vocabulaire change.
Le mécanisme peut rester exactement le même.
Nous cherchons quelqu’un qui nous dise :
« Voilà comment fonctionne la vie. »
Parce que savoir rassure.
Ou plutôt, avoir l’impression de savoir rassure.
Je retrouve ce mécanisme dans mes propres anciens écrits
Lorsque je relis certains articles que j’écrivais il y a quelques années, quelque chose me saute aux yeux.
J’affirmais beaucoup de choses.
Nous sommes énergie.
Le temps n’existe pas dans les énergies.
Il existe douze lois de l’univers.
Nos pensées créent notre réalité.
Le champ quantique fonctionne de telle manière.
Notre réalité serait un hologramme.
Puis je pouvais découvrir une nouvelle théorie et modifier ma compréhension.
Ce qui est particulièrement intéressant, c’est que je pouvais écrire moi-même :
« L’univers est très complexe, je ne suis même pas en mesure de comprendre comment ça se passe. »
Et quelques lignes plus loin, chercher une nouvelle explication scientifique qui venait me conforter et me rassurer.
Aujourd’hui, cette contradiction m’intéresse beaucoup plus que la théorie elle-même.
Pourquoi avais-je autant besoin de comprendre comment tout cela fonctionnait ?
Peut-être parce que comprendre me donnait une impression de maîtrise.
Et que la maîtrise me donnait une impression de sécurité.
Notre ego n’est pas notre ennemi
J’ai beaucoup parlé de l’ego comme de cette partie de nous qui nous empêche d’avancer.
Aujourd’hui, je préfère le regarder différemment.
Cette partie de nous cherche souvent à nous protéger.
Elle s’appuie sur ce qu’elle connaît.
Nos expériences.
Nos habitudes.
Nos croyances.
Nos références.
Elle préfère généralement un environnement connu à une situation totalement inconnue.
Même lorsque le connu ne nous rend plus particulièrement heureux.
C’est pour cela que nous pouvons vouloir profondément changer quelque chose et nous retrouver paralysés au moment d’agir.
Nous voulons quitter notre travail…
mais que va-t-il se passer après ?
Nous voulons mettre fin à une relation…
mais est-ce que nous retrouverons quelqu’un ?
Nous voulons déménager…
mais comment être certain que nous serons mieux ailleurs ?
Nous voulons lancer un projet…
mais est-ce que cela va fonctionner ?
Alors nous cherchons des garanties.
Et plus notre sécurité intérieure est fragile, plus nous pouvons avoir besoin que quelqu’un nous dise que nous prenons la bonne décision.
Mais personne ne peut nous fournir cette garantie
C’est probablement l’une des choses les plus inconfortables à accepter.
Personne ne sait exactement ce que donnera notre prochaine décision.
Pas nos parents.
Pas nos amis.
Pas notre coach.
Pas notre thérapeute.
Pas l’auteur du dernier livre que nous avons lu.
Et certainement pas la dernière vidéo apparue dans notre fil d’actualité.
Une personne peut partager son expérience.
Nous apporter un éclairage.
Nous poser une question que nous n’avions jamais envisagée.
Nous aider à regarder une situation sous un autre angle.
Mais elle ne peut pas vivre notre expérience à notre place.
Et surtout, sa vérité n’est pas nécessairement la nôtre.
La sécurité intérieure permet de passer de « je dois savoir » à « je peux expérimenter »
C’est là que quelque chose change profondément.
Lorsque je manque de sécurité intérieure, je veux connaître le résultat avant de commencer.
Lorsque je développe cette sécurité, je peux davantage accepter une phrase extrêmement simple :
« Je ne sais pas, mais je peux essayer. »
Je ne sais pas si ce projet fonctionnera.
Je peux essayer.
Je ne sais pas si cette nouvelle ville me conviendra.
Je peux aller la découvrir.
Je ne sais pas ce que deviendra cette relation.
Je peux la vivre sans écrire immédiatement les vingt prochaines années.
Je ne sais pas si cette décision est la meilleure.
Je peux observer ce qu’elle produit et réajuster.
À partir de là, l’erreur elle-même devient moins menaçante.
Parce que je n’ai plus besoin de prendre systématiquement « la bonne décision ».
J’ai surtout besoin de savoir que je serai capable de m’adapter à ce qui arrivera ensuite.
Et pour moi, nous touchons là au cœur de la sécurité intérieure.
S’entourer, oui. Se remettre entre les mains des autres, non.
Je continue à penser que certaines personnes peuvent énormément nous aider.
Lorsque nous sommes enfermés dans notre propre raisonnement, un regard extérieur peut être précieux.
Mais une personne qui nous accompagne ne devrait pas devenir celle qui sait à notre place.
Elle devrait plutôt nous permettre de retrouver progressivement suffisamment de stabilité pour décider nous-mêmes.
C’est une différence énorme.
Je peux avoir besoin de vous aujourd’hui pour éclairer une situation.
Mais si demain j’ai besoin de vous pour chaque décision importante de mon existence, avons-nous réellement développé mon autonomie ?
Je ne le crois plus.
Pour moi, un accompagnement réussi devrait progressivement diminuer la dépendance à l’accompagnant.
Et si nous arrêtions de chercher LA réponse ?
Je n’ai aujourd’hui aucune envie de remplacer mes anciennes certitudes par de nouvelles.
Je continue à m’interroger.
À expérimenter.
À observer.
À changer d’avis.
Et surtout, j’apprends à être beaucoup plus tranquille avec trois mots que mon mental n’aime pas toujours :
Je ne sais pas.
Je ne sais pas exactement comment fonctionne l’univers.
Je ne sais pas ce que demain me réserve.
Je ne sais pas si tous mes choix seront pertinents.
Mais je peux développer suffisamment de sécurité intérieure pour ne plus avoir besoin de remplir immédiatement cet inconnu par une croyance, une théorie ou la certitude de quelqu’un d’autre.
Parce que finalement, la liberté n’est peut-être pas de posséder toutes les réponses.
C’est peut-être de ne plus avoir besoin de toutes les réponses pour commencer à vivre.
Alors lorsque vous cherchez frénétiquement une solution auprès des autres, posez-vous simplement cette question :
Est-ce que je cherche réellement une information… ou est-ce que je cherche quelqu’un qui me rassure suffisamment pour oser décider ?
Nous sommes #TousFormidable.











