Tu cherches de la visibilité ?
J’ai passé des années à chercher des clients avant de comprendre que je cherchais autre chose
Pendant des années, j’ai cherché des clients.
Enfin, c’est ce que je croyais.
J’ai dépensé du temps, de l’argent et une quantité considérable d’énergie pour développer mon activité.
J’ai imprimé des cartes de visite et des flyers à profusion, au point de plaisanter aujourd’hui sur ma participation personnelle à la déforestation.
J’ai cru à la magie des salons du bien-être et j’y ai laissé des sommes importantes.
J’ai créé jusqu’à cinq sites Internet sur cinq thématiques différentes.
J’ai rejoint des dizaines de groupes Facebook.
J’ai passé des heures à commenter les publications des autres, parfois pour compatir, parfois pour partager ma vérité, avec les discussions et les confrontations que cela pouvait provoquer.
J’ai créé mes propres groupes Facebook.
Je me suis inscrit sur LinkedIn, Instagram, TikTok et différentes plateformes.
J’ai organisé des conférences partout en France.
Des séminaires.
Des rendez-vous en visioconférence.
J’ai partagé énormément de contenus gratuitement.
Et je suis même allé jusqu’à faire floquer mon véhicule pour rendre mon activité visible.
Tout cela semblait avoir un objectif parfaitement rationnel :
trouver des clients.
Puis j’ai fini par comprendre quelque chose qui a profondément changé ma manière de regarder mon activité.
Je ne voulais pas vraiment des clients.
Je voulais être libre.
Lorsque le moyen devient l’objectif
C’est une distinction qui paraît évidente lorsqu’on la lit.
Mais elle ne l’était absolument pas pour moi lorsque j’étais au cœur du processus.
Pourquoi voulais-je des clients ?
Pour gagner de l’argent.
Pourquoi voulais-je gagner de l’argent ?
Pour être tranquille.
Pour avoir du temps.
Pour choisir ce que je faisais de mes journées.
Pour ne plus subir.
En un mot : pour être libre.
Le client n’était donc pas mon véritable objectif.
Il était devenu, dans mon esprit, la condition nécessaire pour atteindre l’état intérieur que je recherchais.
Et c’est là que le piège s’est refermé.
Plus je cherchais la liberté, moins j’étais libre
Regardez le paradoxe.
Je voulais être libre.
Alors j’ai créé cinq sites Internet à gérer.
Je voulais être libre.
Alors je me suis inscrit sur de multiples réseaux sociaux qu’il fallait alimenter.
Je voulais être libre.
Alors j’ai créé des groupes qu’il fallait modérer et animer.
Je voulais être libre.
Alors j’ai organisé des événements nécessitant de la préparation, des déplacements et de la communication.
Je voulais être libre.
Alors j’ai passé des heures à produire gratuitement pour essayer de développer ma visibilité.
Je poursuivais la liberté en construisant moi-même un système qui consommait toute ma liberté.
C’est presque absurde lorsque je l’écris aujourd’hui.
Pourtant, je pense que beaucoup d’entrepreneurs peuvent reconnaître quelque chose de leur propre fonctionnement dans cette histoire.
La dispersion donne l’impression d’avancer
Le problème de la dispersion, c’est qu’elle ressemble énormément à l’action.
Nous sommes occupés.
Donc nous avons l’impression d’avancer.
Publication faite.
Newsletter envoyée.
Vidéo enregistrée.
Nouveau réseau ouvert.
Site Internet modifié.
Commentaire publié.
Salon réservé.
Carte de visite imprimée.
Notre journée est remplie.
Nous pouvons même nous coucher épuisés avec cette impression rassurante :
« Aujourd’hui, j’ai vraiment travaillé. »
Mais avons-nous avancé vers la vie que nous voulons ?
Ce n’est pas du tout la même question.
La peur du manque adore multiplier les actions
C’est ici que je retrouve aujourd’hui la sécurité intérieure.
Lorsque nous ne nous sentons pas en sécurité financièrement, notre mental cherche naturellement des solutions.
Et si une action ne donne pas suffisamment vite de résultats, nous en ajoutons une deuxième.
Puis une troisième.
« Peut-être que Facebook ne suffit plus. »
Alors Instagram.
« Il faudrait que je sois sur LinkedIn. »
Puis TikTok.
« Il me faudrait un meilleur site. »
« Je devrais faire des salons. »
« Je devrais organiser une conférence. »
« Je devrais publier davantage. »
Chaque nouvelle action calme momentanément la peur.
Nous avons l’impression de reprendre le contrôle.
Mais si toutes ces actions partent de la même inquiétude, nous pouvons simplement devenir plus efficaces dans notre dispersion.
En 2024, j’ai tout planté
À un moment, j’en ai eu assez.
En 2024, j’ai fermé mes réseaux sociaux.
Je suis parti pendant quatre mois.
Et j’ai profité de la vie.
Ce qui est intéressant, c’est que j’ai alors commencé à expérimenter directement ce que je cherchais depuis si longtemps à obtenir grâce à mon activité.
La liberté.
Du temps.
De l’espace.
Moins de bruit.
Moins d’obligations que je m’étais moi-même créées.
Cela ne signifiait évidemment pas que toutes les questions économiques avaient disparu.
Mais cette période m’a permis de regarder mon ancien fonctionnement depuis l’extérieur.
Puis je suis retombé dans le même schéma
Je suis revenu en octobre.
J’ai recréé un groupe Facebook.
Et progressivement, j’ai recommencé.
Animer.
Répondre.
Partager.
Porter.
Contrôler.
Début janvier 2025, je me suis retrouvé énergétiquement vidé.
Cette rechute est probablement aussi importante que la première prise de conscience.
Parce qu’elle m’a montré quelque chose :
comprendre un mécanisme ne suffit pas toujours à arrêter de le reproduire.
Nous pouvons parfaitement identifier un ancien schéma et y retourner quelques mois plus tard lorsqu’une peur se réactive.
C’est précisément pour cela que la sécurité intérieure n’est pas une idée que l’on comprend intellectuellement une fois pour toutes.
Elle se construit aussi dans nos choix quotidiens.
Pourquoi ai-je autant besoin de contrôler ?
Créer mes propres espaces avait également une fonction.
Le contrôle.
Lorsque je possède le groupe, je décide.
Je choisis les règles.
Je maîtrise davantage l’environnement.
Et le contrôle peut donner une puissante sensation de sécurité.
Mais il possède un coût.
Parce que plus je crée de choses que je dois contrôler, plus je crée de choses qui réclament mon attention.
Et plus mon attention est dispersée, moins je suis disponible pour ce qui compte réellement.
Je voulais contrôler mon environnement pour me sentir libre.
Mais plus je contrôlais, plus je devenais prisonnier de ce que j’avais créé.
J’ai aussi arrêté les petits prix et le gratuit systématique
Le même mécanisme existait dans mes offres.
Lorsque nous avons peur de ne pas avoir suffisamment de clients, diminuer le prix semble logique.
Et proposer gratuitement semble encore plus facile.
Nous réduisons le risque que l’autre dise non.
Mais nous pouvons alors construire une activité nécessitant énormément de volume et attirer des personnes qui ne sont pas nécessairement prêtes à s’engager réellement dans un accompagnement.
Aujourd’hui, je ne considère pas que le gratuit ou les petits prix soient mauvais en eux-mêmes.
Je peux parfaitement choisir d’offrir quelque chose.
La différence tient dans l’endroit depuis lequel je le fais.
Est-ce un choix ou une peur ?
Est-ce que j’offre parce que j’ai envie d’offrir ?
Ou parce que je n’ose pas demander la valeur que j’estime juste ?
Ne plus courir après les clients
J’ai également décidé d’arrêter de courir après les clients.
Cela ne signifie pas que je m’assois sur mon canapé en attendant que quelqu’un sonne à ma porte par magie.
Une activité professionnelle doit rester visible.
Il faut expliquer ce que nous faisons.
Créer des rencontres.
Faire des propositions.
Permettre aux personnes concernées de nous trouver.
Mais il existe une immense différence entre rendre son travail visible et poursuivre les gens pour qu’ils achètent.
Lorsque j’essaie de convaincre quelqu’un qui ne veut pas réellement avancer, je dépense mon énergie à tirer.
Lorsque je partage clairement mon travail et que quelqu’un se reconnaît dans ma proposition, la relation commence autrement.
Créer dans son esprit ne remplace pas l’action
Dans ma lecture spirituelle, j’utilise beaucoup la visualisation et la loi d’attraction.
Je crée quelque chose dans mon esprit.
Je le visualise.
Je ressens ce que cette situation représente pour moi.
Puis j’essaie de vivre dès maintenant une partie de cet état intérieur.
Mais visualiser ne constitue pas une garantie que la réalité extérieure se conformera automatiquement à mon désir.
Ce travail possède surtout pour moi une autre fonction :
il me permet de clarifier la direction avant de disperser mon énergie dans l’action.
Si mon objectif réel est la liberté, je peux alors examiner chacune de mes décisions à travers ce filtre.
Est-ce que cette nouvelle activité développe ma liberté ?
Ou est-ce qu’elle crée une nouvelle obligation ?
Est-ce que ce réseau social est réellement utile ?
Ou est-ce que je l’ouvre parce que tout le monde me dit qu’il faut y être ?
Est-ce que j’ai besoin de ce nouveau projet ?
Ou est-ce que je suis simplement inquiet parce que le précédent ne donne pas encore suffisamment de résultats ?
« Être » avant de « faire »
Nous sommes des êtres humains et non des « faires humains ».
J’utilise cette phrase depuis des années.
Mais je crois qu’il m’a fallu du temps pour réellement comprendre ce qu’elle signifiait dans ma propre vie.
Être ne signifie pas devenir passif.
Être signifie ne plus utiliser constamment le faire pour remplir quelque chose qui manque à l’intérieur.
Si je cherche la liberté, comment puis-je mettre davantage de liberté dans ma journée aujourd’hui ?
Si je cherche la sérénité, comment puis-je construire mon activité sans sacrifier toute ma sérénité pour espérer l’obtenir plus tard ?
Si je cherche l’abondance, est-ce que je passe mes journées à regarder tout ce qui me manque ?
C’est là que la sécurité intérieure devient fondamentale.
Le résultat ne peut plus déterminer mon état intérieur
Pendant longtemps, je fonctionnais ainsi :
j’agis → j’obtiens un résultat → je vais mieux.
Pas de résultat ?
Je fais davantage.
Toujours pas de résultat ?
Je commence à douter.
Puis je change de stratégie.
Aujourd’hui, j’essaie d’inverser cette logique.
Je cherche d’abord à retrouver suffisamment de stabilité intérieure.
Puis je choisis ce qui mérite réellement mon énergie.
Et ensuite, j’observe le résultat.
S’il n’est pas celui que j’attendais, je peux ajuster sans immédiatement remettre en question ma valeur, mon projet ou toute ma vie.
C’est cela, pour moi, se détacher du résultat.
Ce n’est pas s’en moquer.
C’est arrêter de lui confier la responsabilité de notre état intérieur.
La liberté ne peut pas être uniquement une récompense future
C’est probablement la plus grande leçon de toutes ces années.
Je pensais devoir réussir pour être libre.
Alors j’ai sacrifié énormément de liberté pour essayer de réussir.
Aujourd’hui, je préfère poser la question dans l’autre sens :
« Comment construire ma réussite sans abandonner la liberté que je cherche justement à créer ? »
Cela change énormément de choses.
Peut-être que je n’ai pas besoin de cinq sites.
Peut-être que je n’ai pas besoin d’être présent partout.
Peut-être que je n’ai pas besoin de publier tous les jours.
Peut-être que je n’ai pas besoin de parler à tout le monde.
Peut-être que je peux choisir quelques actions cohérentes, les laisser vivre suffisamment longtemps et conserver le reste de mon énergie pour vivre.
Parce que la vie que nous essayons de construire n’est pas censée commencer le jour où notre entreprise fonctionnera enfin parfaitement.
Elle est déjà en train de se dérouler pendant que nous essayons de la construire.
Alors si vous êtes indépendant, coach, thérapeute ou entrepreneur et que vous multipliez actuellement les stratégies pour trouver davantage de clients, posez-vous peut-être une question avant d’en ajouter une nouvelle :
« Qu’est-ce que je cherche réellement derrière ces clients, et est-ce que toutes les actions que je multiplie aujourd’hui me rapprochent de cet état… ou m’en éloignent ? »
Pour moi, derrière les clients, il y avait la liberté.
Et il m’a fallu des années pour comprendre que je pouvais commencer par arrêter de sacrifier ma liberté pour essayer de la gagner.
Stéphane Bride-Bonnot
1 vidéo de 2 minutes pour finir :












