Tu crois encore que c’est l’Univers qui te bloque ?
Et si ce n’était pas l’Univers qui te bloquait… mais ton besoin de sécurité ?
Tu penses que l’Univers te met des bâtons dans les roues ?
Que si tu n’as toujours pas obtenu ce que tu désires, malgré tes visualisations, tes intentions, tes actions et tous les signes que tu as cru percevoir, c’est peut-être parce que « ce n’est pas encore le bon moment » ?
Ou que l’Univers a quelque chose de mieux en réserve pour toi ?
J’ai longtemps utilisé moi aussi ce type de lecture.
Mais aujourd’hui, j’ai envie de poser une autre question :
Et si ce n’était pas l’Univers qui te bloquait ?
Et si une partie de la réponse se trouvait beaucoup plus près de toi, dans tes croyances, tes peurs, tes contradictions et surtout dans ton besoin de sécurité ?
Nous cherchons facilement une explication à l’extérieur
Lorsque quelque chose ne fonctionne pas comme prévu, notre mental veut comprendre.
Pourquoi cette personne ne vient-elle pas ?
Pourquoi mon activité ne décolle-t-elle pas ?
Pourquoi cette relation n’évolue-t-elle pas ?
Pourquoi est-ce que je n’arrive toujours pas à changer de travail ?
Pourquoi mon projet n’aboutit-il pas ?
Dans certains milieux spirituels, nous allons parfois chercher une réponse du côté de l’Univers.
« L’Univers me teste. »
« Ce n’est pas encore le moment. »
« Quelque chose bloque énergétiquement. »
« Je dois attendre un signe. »
Ces explications peuvent momentanément nous rassurer.
Parce qu’elles placent la cause quelque part à l’extérieur.
Mais elles peuvent aussi nous éloigner d’une question beaucoup plus inconfortable :
« Qu’est-ce qui se passe réellement en moi face à ce que je désire ? »
Vouloir quelque chose et se sentir capable de le vivre sont deux choses différentes
C’est là que la sécurité intérieure prend toute son importance.
Imaginons que tu souhaites profondément quitter ton travail.
Tu affirmes :
« Je veux être libre. »
Mais en même temps, une autre partie de toi pense :
« Et si je n’arrive plus à payer mes factures ? »
« Et si je me trompe ? »
« Que vont penser mes proches ? »
« Et si je ne retrouve jamais une situation aussi stable ? »
Ton désir te pousse vers le changement.
Ton besoin de sécurité te ramène vers le connu.
Tu peux alors avoir l’impression que « quelque chose bloque ».
Mais ce quelque chose n’est pas nécessairement une force extérieure mystérieuse.
Il peut simplement exister en toi deux mouvements contradictoires.
Une partie veut avancer.
Une autre veut te protéger.
Notre cerveau préfère parfois une souffrance connue à un avenir incertain
C’est quelque chose que j’observe depuis des années dans l’accompagnement.
Une personne peut parfaitement savoir qu’une situation ne lui convient plus et pourtant continuer à la reproduire.
Un travail qui l’épuise.
Une relation dans laquelle elle ne s’épanouit plus.
Une activité professionnelle qui ne lui ressemble pas.
Des habitudes qui la maintiennent exactement là où elle ne veut plus être.
De l’extérieur, nous pourrions dire :
« Mais pourquoi ne change-t-elle pas ? »
Parce que changer signifie aussi quitter quelque chose de connu.
Et le connu possède une caractéristique très rassurante :
nous savons comment y survivre.
Même lorsqu’il est inconfortable.
C’est pour cela que je préfère aujourd’hui regarder le blocage sous l’angle de la sécurité intérieure plutôt que de demander immédiatement ce que « l’Univers essaie de me dire ».
Ton regard influence ce que tu vas faire ensuite
Lorsque tu répètes :
« Ça ne marche pas. »
« Je n’y arriverai jamais. »
« Rien ne bouge. »
« Tout est bloqué. »
Ces phrases ne déclenchent pas nécessairement une commande cosmique qui demanderait à l’Univers de t’envoyer davantage de problèmes.
En revanche, elles ont une conséquence très concrète.
Elles influencent ton état intérieur.
Et cet état influence ensuite ton attention, tes décisions et tes comportements.
Si tu es convaincu que rien ne fonctionne, tu remarqueras plus facilement ce qui confirme cette conviction.
Tu hésiteras davantage.
Tu interpréteras peut-être un refus comme la preuve que ton projet est mauvais.
Tu abandonneras une action avant qu’elle ait eu le temps de produire un résultat.
Ou au contraire, tu multiplieras frénétiquement les actions pour essayer de reprendre le contrôle.
Dans les deux cas, ton monde intérieur influence réellement la manière dont tu traverses le monde extérieur.
La loi d’attraction ne doit pas devenir une machine à culpabiliser
C’est ici que je souhaite apporter une nuance importante.
Dire que nous avons du pouvoir sur notre vie ne signifie pas que nous contrôlons tout ce qui nous arrive.
Nous pouvons rencontrer une maladie, un accident, une crise économique, la décision d’une autre personne, un deuil ou quantité d’événements que nous n’avons pas choisis.
Il serait extrêmement violent de dire à quelqu’un :
« Tu as attiré ça parce que tu vibrais mal. »
La responsabilité personnelle ne doit pas devenir de la culpabilisation spirituelle.
Je préfère regarder les choses ainsi :
je ne maîtrise pas tout ce qui m’arrive, mais je peux progressivement développer ma capacité à choisir depuis quel endroit intérieur je vais y répondre.
Et cela change déjà énormément de choses.
Quand je ne me sens pas en sécurité, je cherche à contrôler
C’est probablement l’un des mécanismes les plus importants à comprendre.
Plus nous avons peur, plus nous pouvons chercher à contrôler.
Contrôler les délais.
Contrôler les autres.
Contrôler notre conjoint.
Contrôler nos clients.
Contrôler notre argent.
Contrôler notre avenir.
Contrôler la manifestation de notre désir.
Et parfois même contrôler l’Univers :
« J’ai visualisé, j’ai fait mon tableau de visualisation, j’ai répété mes affirmations, alors pourquoi ce n’est toujours pas arrivé ? »
Nous utilisons alors la spiritualité avec exactement le même mécanisme intérieur que celui que nous voulions quitter.
Nous cherchons encore à nous rassurer.
Et si tu arrêtais momentanément de demander « quand » ?
Lorsque nous voulons quelque chose très fort, une question revient constamment :
« Quand est-ce que ça va arriver ? »
Mais derrière cette question, il peut y en avoir une autre :
« Quand pourrai-je enfin me sentir bien ? »
Et voilà le piège.
Nous conditionnons notre sécurité intérieure à l’obtention d’un résultat extérieur.
Quand j’aurai suffisamment d’argent, je serai serein.
Quand j’aurai rencontré quelqu’un, je me sentirai aimé.
Quand mon entreprise fonctionnera, je me sentirai légitime.
Quand j’aurai déménagé, je commencerai à vivre.
Nous remettons notre état intérieur à plus tard.
Et nous passons parfois des années à poursuivre extérieurement une sensation que nous cherchons en réalité intérieurement.
Reprendre son pouvoir commence par observer ce qui se passe en soi
Lorsque quelque chose semble bloqué, je trouve donc beaucoup plus intéressant de commencer par quelques questions simples.
Qu’est-ce que je veux réellement ?
Qu’est-ce que cela changerait dans ma vie si je l’obtenais ?
Qu’est-ce qui me fait peur dans ce changement ?
Qu’est-ce que je pourrais perdre ?
Quelle croyance me retient dans ma situation actuelle ?
Est-ce que mes actions sont réellement cohérentes avec ce que je dis vouloir ?
Et surtout :
depuis quel endroit intérieur vais-je chercher cette réponse ?
Depuis la peur ?
Depuis le manque ?
Depuis l’urgence ?
Depuis le besoin de prouver ?
Depuis la recherche de reconnaissance ?
Ou depuis suffisamment de sécurité intérieure pour regarder la situation avec lucidité ?
L’action alignée n’est pas nécessairement l’action qui fait le plus peur
J’ai longtemps aimé cette idée :
« Quelle est l’action que tu n’oses pas faire et qui pourrait tout changer ? »
Elle peut être intéressante.
Mais attention à ne pas transformer le développement personnel en nouvelle injonction à nous mettre constamment en danger.
Une action inconfortable n’est pas automatiquement une bonne action.
Parfois, il faut oser.
Parfois, il faut attendre.
Parfois, il faut demander de l’aide.
Parfois, il faut abandonner une stratégie qui ne fonctionne tout simplement pas.
La sécurité intérieure ne consiste pas à foncer malgré toutes nos peurs.
Elle permet au contraire de distinguer plus clairement la peur qui protège réellement d’un danger et celle qui protège simplement une ancienne identité ou une habitude connue.
L’Univers n’a peut-être pas besoin d’être ton adversaire ni ton sauveur
Je continue personnellement à aimer cette vision énergétique de la vie.
Elle fait partie de ma manière de comprendre le monde.
Mais plus j’avance, moins j’ai envie de remettre mon pouvoir à quelque chose d’extérieur, même lorsque j’appelle cette chose « l’Univers ».
Parce que si j’attends que l’Univers m’autorise à avancer, je dépends encore d’un signe extérieur.
Si j’attends qu’il décide du bon moment, je ne décide plus.
Si j’interprète chaque difficulté comme un message mystérieux, je peux oublier de regarder simplement les faits.
Peut-être que certaines choses ont une signification.
Peut-être pas.
Mais je peux toujours revenir à moi.
À ce que je ressens.
À mes peurs.
À mes croyances.
À mes choix.
À mes actes.
Et à la réalité telle qu’elle se présente aujourd’hui.
Bouger de l’intérieur avant de vouloir forcer l’extérieur
Alors si tu as aujourd’hui l’impression que quelque chose bloque dans ta vie, ne cherche pas immédiatement un responsable.
Ni l’Univers.
Ni ton conjoint.
Ni tes parents.
Ni ton patron.
Ni toi-même d’ailleurs.
Cherche d’abord à comprendre.
Parce que derrière ce que nous appelons un « blocage », il existe parfois simplement une partie de nous qui ne se sent pas suffisamment en sécurité pour aller là où une autre partie voudrait déjà être.
Et cette partie n’a peut-être pas besoin d’être combattue.
Elle a besoin d’être entendue.
Lorsque tu comprends ce qu’elle essaie de protéger, tu peux commencer à retrouver de la sécurité sans nécessairement conserver toute ta vie la situation qui te rassurait autrefois.
Et c’est peut-être là que le mouvement redevient possible.
Alors plutôt que de te demander :
« Pourquoi l’Univers me bloque-t-il encore ? »
Essaie peut-être cette question :
« Qu’est-ce que je crois devoir obtenir, contrôler ou attendre à l’extérieur pour me sentir enfin suffisamment en sécurité à l’intérieur ? »
La réponse pourrait changer bien davantage que ton prochain tableau de visualisation.
Stéphane Bride-Bonnot
Une vidéo accompagne cet article pour prolonger cette réflexion sur les blocages, la responsabilité personnelle et notre rapport à l’Univers.












