Le jugement celui qui divise l’homme

Pourquoi jugeons-nous les autres ? Ce que le jugement révèle de notre sécurité intérieure

Qui n’a jamais jugé ?

Une personne.

Une attitude.

Une décision.

Une façon de s’habiller.

Une manière d’éduquer ses enfants.

Une réussite.

Un échec.

Une situation.

Nous jugeons parfois tellement rapidement que nous ne nous rendons même plus compte que nous sommes en train de le faire.

« Il ne devrait pas agir comme ça. »

« Elle se prend pour qui ? »

« Moi, jamais je ne ferais ça. »

Le jugement est humain. Mais plutôt que de nous juger à notre tour parce que nous jugeons, nous pouvons utiliser ces réactions comme des informations.

Car ce qui nous dérange profondément chez l’autre peut parfois révéler quelque chose de nous.

Et derrière le jugement se cache souvent une question essentielle : est-ce que ce que je vois vient menacer ma sécurité intérieure ?

Lorsque je juge l’autre, qu’est-ce que cela vient toucher en moi ?

Dans mon approche, j’ai longtemps utilisé cette phrase :

« L’autre n’existe pas. »

Évidemment, l’autre existe en tant que personne, avec sa propre histoire, ses choix et ses responsabilités.

Ce que cette formulation cherche à exprimer est différent : je ne vois jamais l’autre de manière totalement neutre.

Je le regarde à travers mes croyances.

Mes valeurs.

Mon histoire.

Mes blessures.

Mes peurs.

Mes attentes.

Deux personnes peuvent observer exactement le même comportement et avoir des réactions totalement différentes.

Pourquoi ?

Parce que le comportement extérieur est identique, mais ce qu’il vient toucher intérieurement ne l’est pas.

Voilà pourquoi le jugement peut devenir un formidable miroir.

L’effet miroir ne signifie pas que nous sommes identiques

Imaginons que vous ne supportiez pas une personne qui se met constamment en avant.

L’effet miroir ne signifie pas nécessairement que vous faites exactement la même chose.

Peut-être est-ce même l’inverse.

Peut-être vous interdisez-vous depuis toujours de prendre votre place.

Vous avez appris qu’il fallait rester discret.

Ne pas déranger.

Ne pas trop parler de soi.

Ne pas montrer sa réussite.

Et lorsque quelqu’un s’autorise librement ce que vous vous interdisez, quelque chose réagit à l’intérieur.

Le miroir ne nous montre donc pas toujours : « Tu es pareil. »

Il peut nous demander :

« Pourquoi cela te touche-t-il autant ? »

Et cette question est beaucoup plus intéressante que le jugement lui-même.

Juger peut être une manière de nous rassurer

Le jugement crée une séparation.

Il y a celui qui fait bien.

Et celui qui fait mal.

Celui qui a raison.

Et celui qui a tort.

Celui qui appartient à mon monde.

Et celui qui n’y appartient pas.

Cette classification peut nous rassurer.

Lorsque notre sécurité intérieure est fragile, nous pouvons avoir besoin que le monde corresponde davantage à nos propres règles pour nous sentir tranquilles.

Quelqu’un qui vit autrement vient alors perturber notre cadre.

Plus nous sommes solides intérieurement, plus nous pouvons accepter qu’une personne fasse des choix différents des nôtres sans considérer que ces choix menacent notre propre identité.

Accepter la différence ne signifie pas être d’accord avec tout.

C’est une distinction fondamentale.

Accepter n’est pas approuver

J’ai beaucoup parlé d’acceptation dans mes anciens écrits.

Mais le mot peut facilement être mal compris.

Accepter qu’une situation existe ne signifie pas dire qu’elle est juste, souhaitable ou acceptable moralement.

Je peux reconnaître :

« Cette situation existe aujourd’hui. »

Et décider ensuite :

« Je ne veux plus la vivre. »

Je peux accepter qu’une personne soit comme elle est tout en choisissant de ne plus la fréquenter.

Je peux accepter la réalité d’un conflit tout en posant une limite.

Je peux reconnaître qu’un événement douloureux s’est produit sans considérer que je devais nécessairement le vivre ou que je l’ai inconsciemment provoqué.

L’acceptation commence par arrêter de nier la réalité.

Ensuite vient notre liberté de réponse.

Responsabilité ne signifie pas culpabilité

C’est ici que je souhaite apporter une nuance importante à ce que j’écrivais autrefois.

Je ne dirais plus aujourd’hui que nous sommes responsables à 100 % de tout ce qui nous arrive.

Nous ne choisissons pas consciemment chaque maladie, chaque accident, chaque violence ou chaque événement extérieur.

Et lorsqu’un enfant tombe malade ou traverse une difficulté, il serait injuste et culpabilisant d’affirmer que ses parents n’auraient simplement « pas fait le travail ».

La maladie possède des causes complexes et nécessite une prise en charge médicale adaptée.

La responsabilité qui m’intéresse dans le travail sur soi se situe ailleurs :

Qu’est-ce que je peux faire avec ce qui m’arrive ?

Je ne contrôle pas tout.

Mais je peux parfois choisir ma réponse.

Demander de l’aide.

Poser une limite.

Changer une habitude.

Quitter une situation.

Exprimer une émotion.

Prendre soin de moi.

Modifier une croyance.

Voilà un espace dans lequel nous pouvons réellement redevenir créateurs de notre vie.

La spiritualité ne devrait pas nous conduire à culpabiliser

Dans ma vision spirituelle, j’ai souvent parlé de choix d’incarnation, d’âme, de vibrations et de l’idée que certaines expériences participeraient à notre chemin.

Ces notions appartiennent au domaine des croyances.

Elles peuvent apporter du sens à certaines personnes.

Mais une croyance spirituelle devrait nous aider à traverser notre expérience, pas devenir une nouvelle manière de nous accuser.

Si quelque chose de difficile vous arrive, vous n’avez pas besoin de vous demander immédiatement :

« Qu’est-ce que j’ai mal vibré pour attirer ça ? »

Cette question peut parfois ajouter de la souffrance à la souffrance.

Une question plus constructive pourrait être :

« Maintenant que cette situation existe, comment puis-je prendre soin de moi et avancer ? »

C’est là que la sécurité intérieure retrouve toute sa place.

Utiliser le jugement comme une porte d’entrée

La prochaine fois que quelqu’un vous agace profondément, ne cherchez pas immédiatement à devenir une personne parfaitement tolérante.

Observez simplement.

« Je suis en train de juger cette personne. »

Puis demandez-vous :

Qu’est-ce qui me dérange exactement ?

Qu’est-ce que son comportement vient toucher chez moi ?

Est-ce une valeur importante qui est transgressée ?

Est-ce une peur ?

Est-ce quelque chose que je m’interdis moi-même ?

Ai-je besoin de poser une limite ou simplement d’accepter que cette personne soit différente ?

À cet instant, l’autre cesse d’être uniquement le problème.

La situation devient une occasion de mieux nous connaître.

Plus je m’accepte, moins j’ai besoin de juger

Il existe, selon moi, un lien profond entre notre rapport aux autres et notre rapport à nous-mêmes.

Lorsque nous sommes continuellement en guerre intérieure, nous devenons souvent plus sensibles à ce qui ne correspond pas à nos attentes à l’extérieur.

Lorsque nous apprenons à accueillir nos imperfections, nos contradictions et notre singularité, nous pouvons progressivement accorder davantage d’espace aux autres pour être différents.

C’est là que l’amour dont je parle prend tout son sens.

Pas un amour naïf qui accepterait tout.

Pas une absence de discernement.

Mais un état intérieur dans lequel nous n’avons plus besoin de dévaloriser quelqu’un pour nous sentir suffisamment bien nous-mêmes.

La sécurité intérieure nous permet de dire :

« Tu peux être toi sans que cela m’empêche d’être moi. »

Et peut-être est-ce finalement cela, sortir du jugement.

Non pas ne plus jamais avoir une pensée critique.

Mais ne plus avoir besoin de transformer chacune de nos différences en combat.

Observer.

Comprendre.

Accepter ce qui est.

Poser des limites lorsque c’est nécessaire.

Puis revenir à soi.

Parce que moins nous passons de temps à vouloir corriger tout ce qui existe autour de nous, plus nous avons d’énergie disponible pour construire la vie qui nous ressemble.

Nous sommes tous différents.

Nous avons tous notre histoire.

Et nous sommes #TousFormidable.

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Stéphane Bride-Bonnot coach loi d'attraction
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