Sais-tu que tu es sourcier ?

Avons-nous vraiment besoin d’une formation pour nous autoriser à faire confiance à ce que nous ressentons ?

J’aime prendre les raccourcis.

Non pas pour prétendre tout savoir sans apprendre.

Non pas pour nier l’utilité des professionnels, des formations ou des connaissances.

Mais parce que j’observe depuis longtemps notre tendance à chercher énormément de choses à l’extérieur avant même d’avoir exploré ce qui existe déjà en nous.

Je viens justement de raccrocher avec une personne qui me demandait si elle devait suivre une formation d’énergéticien alors qu’elle n’avait pas réellement les moyens financiers de la payer.

Est-ce qu’elle doit faire cette formation ?

Je n’en sais rien.

Et surtout, ce n’est pas à moi de décider.

Mon rôle de coach n’est pas de dire aux personnes ce qu’elles doivent faire.

Je peux questionner.

Partager une expérience.

Présenter un autre angle.

Mais la décision appartient toujours à celui ou celle qui devra ensuite la vivre.

Cette conversation m’a rappelé une expérience vécue en 2022.

Le jour où un ami me propose les baguettes d’un sourcier

Nous sommes sur le terrain d’un ami, Michel.

Environ trois hectares.

Il est tout heureux de nous raconter qu’il a fait intervenir un sourcier pour rechercher de l’eau sur son terrain.

Le sourcier lui a indiqué un emplacement et lui a également appris à manipuler des baguettes.

Michel me propose d’essayer.

Je le coupe dans son élan :

« Oui, je veux bien essayer… mais sans les baguettes. »

Je décide simplement de marcher sur le terrain en étant attentif à ce que je ressens.

Je déambule quelques secondes.

Puis je m’arrête.

« C’est là. »

Michel me répond que non.

Ce n’est pas l’endroit indiqué par le sourcier.

Je lui demande malgré tout de repérer l’emplacement afin que nous puissions y revenir.

Puis je repars.

Quelques secondes plus tard, je m’arrête à un deuxième endroit.

Cette fois, Michel me confirme que c’est bien celui qui lui avait été indiqué.

Nous retournons ensuite au premier emplacement que j’avais repéré et Michel utilise ses baguettes.

Elles réagissent également.

Qu’est-ce que cette expérience démontre ?

Scientifiquement ?

Rien.

Et cette précision est importante.

Cette expérience personnelle ne permet pas d’affirmer que j’ai détecté deux nappes d’eau par une capacité énergétique.

Pour le vérifier, il aurait fallu notamment déterminer la présence réelle d’eau, sa profondeur, répéter l’expérience dans des conditions contrôlées et comparer les résultats au hasard ou à d’autres méthodes.

Je peux donc raconter ce que j’ai vécu.

Je peux raconter ce que j’ai ressenti.

Je peux raconter la réaction des baguettes.

Mais je dois distinguer mon interprétation de ce qui est démontré.

Et finalement, ce n’est même pas ce qui m’intéresse le plus dans cette histoire.

Ce qui m’intéresse, c’est ce que j’ai fait avant de marcher sur ce terrain :

je me suis autorisé à essayer sans savoir comment faire.

Pourquoi avons-nous autant besoin d’outils ?

Un pendule.

Des baguettes.

Des pierres.

Des cartes.

Une méthode.

Un protocole.

Un diplôme supplémentaire.

Une certification.

Une nouvelle formation.

Les outils peuvent avoir leur utilité.

Ils peuvent structurer une pratique, servir de support à l’attention, transmettre un savoir-faire ou simplement procurer du plaisir.

Et certaines formations sont évidemment indispensables lorsqu’une activité nécessite de véritables compétences, notamment lorsqu’elle engage la santé, la sécurité ou des obligations réglementaires.

Le problème n’est donc pas l’outil.

Le problème commence lorsque nous pensons :

« Sans cet outil, je ne peux pas. »

Ou :

« Tant que je n’aurai pas fait cette formation, je ne serai pas légitime. »

C’est là que nous pouvons commencer à regarder ce qui se passe à l’intérieur.

Parfois, nous n’achetons pas une compétence : nous achetons du réconfort

Prenons quelqu’un qui souhaite devenir professionnel de l’accompagnement.

Il possède déjà une expérience.

Il a suivi plusieurs formations.

Il accompagne déjà certaines personnes.

Mais il ne se sent toujours pas légitime.

Alors il cherche une nouvelle certification.

Puis une autre.

À chaque fois, il pense :

« Après celle-ci, je serai prêt. »

La formation se termine.

Il possède davantage de connaissances.

Mais quelques mois plus tard, le doute revient.

Pourquoi ?

Parce que le problème n’était peut-être plus le manque de compétences.

C’était le manque de sécurité intérieure.

Et aucune accumulation de diplômes ne peut totalement répondre à la question :

« Est-ce que je suis suffisamment légitime pour m’autoriser à prendre ma place ? »

L’objet extérieur peut devenir un support de sécurité

J’ai longtemps été très radical sur les accessoires du monde spirituel.

Pendules, baguettes, pierres et autres objets me semblaient surtout alimenter un business de la spiritualité.

Aujourd’hui, je nuancerais.

Si quelqu’un aime utiliser un pendule, pourquoi pas ?

Si une pierre possède pour lui une dimension symbolique, très bien.

Un objet peut servir de rituel, de rappel ou de support d’attention.

L’effet placebo lui-même est un phénomène réel et complexe, particulièrement étudié dans la perception de certains symptômes ; cela ne signifie pas pour autant qu’un objet possède les propriétés surnaturelles qu’on lui attribue.

La question que je préfère poser est donc différente :

est-ce que j’utilise cet objet comme un support ou est-ce que je lui remets mon pouvoir ?

La nuance est considérable.

Le piège de la validation extérieure

Nous faisons exactement la même chose bien au-delà de la spiritualité.

« J’attends que mon conjoint me dise que c’est une bonne idée. »

« J’attends d’avoir suffisamment d’argent. »

« J’attends le diplôme. »

« J’attends d’être certain. »

« J’attends qu’un expert me confirme que je suis prêt. »

Nous cherchons une validation extérieure qui nous permettra enfin de nous sentir suffisamment en sécurité pour avancer.

Mais il restera toujours une incertitude.

Et si la formation ne suffisait pas ?

Et si le diplôme n’était pas reconnu ?

Et si l’expert se trompait ?

Et si les autres me critiquaient quand même ?

À un moment, nous rencontrons nécessairement une zone dans laquelle personne ne peut nous garantir le résultat.

Faire confiance à son ressenti ne signifie pas croire que son ressenti a toujours raison

C’est une distinction essentielle.

Se connecter à soi ne signifie pas considérer chaque intuition comme une vérité absolue.

Notre ressenti peut être influencé par notre histoire, nos attentes, nos peurs, nos croyances et nos biais.

La sécurité intérieure permet justement de ne pas avoir besoin de transformer immédiatement une sensation en certitude.

Je peux ressentir quelque chose et l’explorer.

Je peux avoir une intuition et la vérifier.

Je peux expérimenter sans avoir besoin de proclamer :

« Puisque je l’ai ressenti, c’est forcément vrai. »

Cela me semble beaucoup plus intéressant.

Ce que tu cherches à l’extérieur existe-t-il déjà en partie en toi ?

C’est finalement ce que cette histoire du sourcier m’a appris.

Pas que les sourciers sont inutiles.

Pas que les formations ne servent à rien.

Pas que nous possédons mystérieusement toutes les connaissances du monde.

Mais que nous avons parfois déjà suffisamment de ressources pour commencer à expérimenter avant d’acheter quelque chose de supplémentaire.

Avant une nouvelle formation, je peux donc me demander :

Qu’est-ce qu’elle va réellement m’apprendre ?

Quelle compétence précise me manque ?

Ai-je besoin de cette compétence maintenant ?

Est-ce une dépense soutenable pour moi ?

Ou suis-je surtout en train d’acheter la sensation d’être enfin suffisamment prêt ?

Cette dernière question peut faire économiser énormément d’argent.

Mais surtout énormément de temps.

La sécurité intérieure permet d’apprendre autrement

Lorsque nous nous sentons intérieurement suffisamment solides, nous n’avons plus besoin de rejeter les outils extérieurs.

Nous n’en devenons simplement plus dépendants.

Je peux suivre une formation parce que j’ai envie d’apprendre et non parce que je me considère incomplet.

Je peux consulter un expert sans lui demander de décider de ma vie.

Je peux utiliser un outil sans croire que mon pouvoir se trouve dans l’objet.

Je peux écouter mon intuition tout en acceptant de la confronter à la réalité.

C’est peut-être cela, finalement, le véritable raccourci.

Non pas supprimer l’apprentissage.

Mais supprimer cette longue période pendant laquelle nous attendons que quelque chose ou quelqu’un nous donne enfin l’autorisation de nous faire confiance.

Alors avant votre prochain achat, votre prochaine formation ou votre prochain outil, posez-vous simplement cette question :

« Est-ce que j’achète réellement une compétence dont j’ai besoin, ou est-ce que j’essaie d’acheter à l’extérieur la sécurité intérieure qui me manque encore pour m’autoriser à expérimenter par moi-même ? »

Stéphane Bride-Bonnot

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