Tout est éphémère

Pourquoi s’attacher à l’extérieur fragilise notre sécurité intérieure

Tout ce que nous pouvons percevoir par nos cinq sens appartient au monde de la matière.

Notre maison.

Notre voiture.

Notre travail.

Notre argent.

Notre corps.

Mais également nos relations, dans la forme qu’elles prennent à un instant donné.

Et tout cela possède un point commun : ça peut changer.

Une maison peut être vendue.

Une situation professionnelle peut s’arrêter.

Une relation peut évoluer.

Une personne peut partir.

Notre corps lui-même se transforme au fil des années.

Nous le savons.

Et pourtant, nous passons une partie considérable de notre existence à essayer de sécuriser ce qui, par nature, ne peut pas rester éternellement identique.

C’est là que commence, selon moi, une grande partie de notre insécurité.

Nous cherchons à l’extérieur ce qui devrait d’abord exister à l’intérieur

Pendant longtemps, j’ai cherché moi aussi à sécuriser ma vie par la matière.

Avoir suffisamment d’argent.

Être reconnu.

Obtenir des résultats.

Développer mon activité.

Savoir ce qui allait se passer demain.

Être rassuré par les personnes autour de moi.

Et le piège est redoutable.

Parce que lorsque ma sécurité dépend de quelque chose d’extérieur, je dois ensuite tout faire pour conserver cette chose.

Si ma sécurité dépend de mon argent, j’aurai peur d’en perdre.

Si elle dépend de mon couple, j’aurai peur que l’autre parte.

Si elle dépend de mon activité professionnelle, j’aurai peur de manquer de clients.

Si elle dépend du regard des autres, je surveillerai ce que les autres pensent de moi.

Si elle dépend de mes habitudes, tout changement deviendra potentiellement menaçant.

Et je vais appeler cela « sécurité ».

Alors qu’en réalité, je suis devenu dépendant de conditions extérieures pour me sentir en sécurité.

C’est très différent.

Voilà pourquoi nous pouvons rester dans des situations qui nous font souffrir

Notre cerveau aime ce qu’il connaît.

Pas nécessairement parce que ce qui est connu est agréable, mais parce que ce qui est connu est prévisible.

C’est une nuance fondamentale.

Nous pouvons ainsi rester pendant des années dans un travail qui ne nous convient plus.

Dans une relation devenue insatisfaisante.

Dans un environnement qui nous épuise.

Dans des habitudes dont nous savons pertinemment qu’elles ne nous font aucun bien.

Pourquoi ?

Parce que partir nous confronterait à l’inconnu.

Et lorsque notre sécurité intérieure est fragile, un inconfort connu peut sembler moins dangereux qu’un inconnu potentiellement merveilleux.

C’est ce que j’appelle aujourd’hui une protection.

Une partie de nous cherche à nous protéger.

Le problème est que ce qui nous protège aujourd’hui est peut-être précisément ce qui nous bloque demain.

La zone de confort n’est pas forcément confortable

C’est d’ailleurs quelque chose que je trouve intéressant dans l’expression « zone de confort ».

Elle peut être particulièrement inconfortable.

Une personne peut détester son travail et y retourner tous les matins.

Elle peut souffrir dans son couple et avoir peur de partir.

Elle peut se plaindre continuellement de son quotidien et reproduire exactement les mêmes journées.

Elle peut vouloir changer de vie depuis dix ans et trouver chaque année une excellente raison de ne pas commencer.

Ce n’est donc pas nécessairement une zone dans laquelle nous sommes bien.

C’est surtout une zone que nous connaissons.

Et plus notre sécurité repose sur le connu, plus l’inconnu devient menaçant.

Nous allons alors chercher des garanties.

« Est-ce que je suis sûr que ça va fonctionner ? »

« Et si je me trompe ? »

« Comment savoir si je prends la bonne décision ? »

« Qu’est-ce que les autres en pensent ? »

« Est-ce que quelqu’un a déjà essayé avant moi ? »

Nous voudrions connaître le résultat avant d’expérimenter.

Mais vivre ne fonctionne pas comme ça.

La sécurité intérieure change complètement notre rapport à l’inconnu

Développer sa sécurité intérieure ne signifie pas devenir inconscient des risques.

Ce n’est pas non plus tout quitter du jour au lendemain sous prétexte de « faire confiance à la vie ».

Pour moi, c’est quelque chose de beaucoup plus profond.


Stéphane Bride-Bonnot coach loi d'attraction

C’est progressivement découvrir que je peux ne pas savoir et rester stable.

Je peux perdre quelque chose sans me perdre moi-même.

Je peux voir une relation évoluer sans considérer immédiatement que ma vie s’effondre.

Je peux changer de direction.

Je peux me tromper.

Je peux recommencer.

Je peux traverser une période d’incertitude sans demander immédiatement à quelqu’un d’autre de décider à ma place.

À partir de là, l’extérieur reprend sa juste place.

Je peux aimer profondément quelqu’un sans lui confier la responsabilité de mon équilibre intérieur.

Je peux apprécier l’argent sans lui demander de supprimer toutes mes peurs.

Je peux aimer ma maison sans considérer que mon bonheur est enfermé entre ses quatre murs.

Je peux développer une activité professionnelle sans confondre son chiffre d’affaires avec ma propre valeur.

Je peux profiter de la matière sans m’y accrocher pour me sentir exister.

Et paradoxalement, je peux peut-être en profiter beaucoup plus.

Se détacher ne signifie pas ne plus aimer

C’est une confusion que j’ai moi-même pu faire.

Le détachement ne consiste pas à devenir froid, distant ou indifférent.

Je peux aimer quelque chose énormément tout en sachant que cette chose est susceptible de changer.

Je peux vivre une relation intensément sans exiger qu’elle reste éternellement identique.

Je peux savourer un endroit en sachant que je n’y serai peut-être plus demain.

Je peux apprécier une période extraordinaire de mon existence sans essayer de la retenir lorsqu’elle se termine.

Regardez la nature.

Elle ne cesse de changer.

Une fleur apparaît, s’ouvre, puis disparaît.

Les feuilles poussent, changent de couleur et tombent.

La marée monte et redescend.

Les saisons passent.

Nous trouvons cela magnifique dans la nature.

Mais lorsque le même mouvement apparaît dans notre propre existence, nous voudrions parfois l’arrêter.

Le silence m’aide à voir ce à quoi je m’accroche

C’est probablement pour cela que la nature, le silence, la marche ou la méditation ont pris autant de place dans ma vie.

Lorsque le bruit extérieur diminue, je peux observer plus facilement mes propres mécanismes.

Qu’est-ce que je suis en train d’essayer de conserver ?

Qu’est-ce que j’ai peur de perdre ?

Pourquoi ai-je autant besoin que cette situation se déroule exactement comme je l’avais imaginée ?

Depuis quel endroit intérieur vais-je chercher cette réponse ?

Depuis la peur ?

Depuis mon besoin de contrôle ?

Depuis mon besoin d’être rassuré ?

Ou depuis un endroit suffisamment stable pour accepter que je ne sache pas encore ce qui arrivera ?

Cette dernière question change beaucoup de choses.

Prendre la vie comme une expérience

J’aime depuis longtemps dire que la vie est un jeu.

Aujourd’hui, j’y ajouterais une nuance importante.

Prendre la vie comme un jeu ne signifie pas nier les difficultés, les responsabilités ou les conséquences de nos décisions.

Cela signifie peut-être simplement retrouver notre capacité à expérimenter.

Un enfant essaie.

Il tombe.

Il recommence.

Il découvre.

Il ne demande pas systématiquement quelle sera la rentabilité de son expérience dans cinq ans avant de commencer à jouer.

Plus nous développons notre sécurité intérieure, plus nous pouvons retrouver quelque chose de cette liberté.

Essayer sans avoir toutes les garanties.

Rencontrer sans savoir combien de temps la relation durera.

Créer sans savoir exactement où cela conduira.

Changer d’avis.

Recommencer.

Laisser partir.

Accueillir ce qui arrive.

Et continuer à avancer.

Parce que finalement, la sécurité intérieure n’est peut-être pas la capacité à construire une vie dans laquelle plus rien ne bougera.

C’est exactement l’inverse.

C’est développer suffisamment de stabilité en soi pour accepter que la vie, elle, continuera toujours à bouger.

Alors regardez autour de vous.

Parmi toutes les choses, les situations et les relations auxquelles vous êtes attaché aujourd’hui, lesquelles appréciez-vous simplement…

et lesquelles avez-vous peur de perdre ?

La réponse dit peut-être beaucoup de l’endroit où vous avez placé votre sécurité.

Nous sommes #TousFormidable.

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Stéphane Bride-Bonnot coach loi d'attraction
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