Devenir meilleur !
Et si votre quête de développement personnel vous empêchait d’avancer ?
Pourquoi n’êtes-vous toujours pas satisfait de votre quête actuelle ?
La question peut déranger.
Parce que si vous êtes dans une quête, c’est probablement que vous cherchez un changement.
Vous souhaitez avancer, changer, grandir, vous purifier, pardonner, évoluer, devenir une meilleure version de vous-même…
Ça vous parle ?
Sur le papier, tout cela semble évidemment positif.
Mais j’aimerais vous inviter à regarder la question depuis un autre endroit.
Pourquoi avez-vous autant besoin de devenir différent de celui ou celle que vous êtes aujourd’hui ?
Parce que derrière cette volonté d’évolution peut parfois se cacher un message beaucoup moins agréable à entendre :
« Celui que je suis aujourd’hui ne me convient pas. »
Et c’est précisément là que peut commencer une quête interminable.
Quand vouloir changer signifie ne plus s’accepter
J’ai longtemps parlé de transformation.
Transformer ses croyances.
Transformer ses énergies.
Transformer son inconscient.
Transformer sa vie.
J’ai utilisé des outils. J’en ai enseigné. J’ai accompagné des personnes avec cette idée qu’il fallait passer d’un état actuel insatisfaisant à un état futur beaucoup plus désirable.
Et pourtant, il y a un paradoxe énorme derrière cette mécanique.
Si je considère que je dois absolument devenir quelqu’un d’autre pour être enfin bien, quel message suis-je en train de m’envoyer ici et maintenant ?
Que celui que je suis ne suffit pas.
Que quelque chose en moi doit être corrigé.
Que je dois encore travailler sur moi.
Que je ne suis pas encore arrivé au bon endroit.
Et derrière tout cela, je retrouve aujourd’hui une question beaucoup plus profonde : est-ce que je me sens suffisamment en sécurité avec celui que je suis maintenant ?
Pas celui que je serai dans six mois.
Pas ma fameuse « meilleure version ».
Moi.
Maintenant.
Avec mes qualités, mes contradictions, mes peurs, mes moments de joie, mes réactions parfois absurdes, mes réussites et mes erreurs.
Un être humain au milieu des autres êtres humains.
Le développement personnel peut lui aussi devenir une fuite
C’est là que le sujet devient intéressant.
Parce que nous identifions assez facilement certaines stratégies de fuite.
L’alcool.
Le travail.
Les réseaux sociaux.
La consommation.
Les séries.
La nourriture parfois.
Mais nous avons beaucoup plus de mal à imaginer que le développement personnel et la spiritualité puissent eux aussi devenir des stratégies de fuite.
Et pourtant…
Un stage après l’autre.
Une formation après l’autre.
Un thérapeute après l’autre.
Une méthode après l’autre.
Un livre après l’autre.
Un rituel après l’autre.
Toujours avec cette idée qu’il manque encore quelque chose avant de pouvoir véritablement vivre.
Au début, ça fait du bien.
Il y a l’effet de nouveauté.
Une nouvelle compréhension.
Un groupe.
Une énergie collective.
Des prises de conscience.
On repart avec l’impression que cette fois, quelque chose a définitivement changé.
Puis quelques semaines plus tard, le quotidien reprend sa place.
Alors nous cherchons autre chose.
Une nouvelle méthode.
Une nouvelle personne.
Une nouvelle explication.
Et progressivement, sans forcément nous en rendre compte, nous pouvons devenir dépendants de notre propre quête de libération.
Je suis moi-même tombé dans ce piège
Lorsque j’ai découvert cet univers en 2016, je suis entré dedans avec une énorme soif de comprendre.
Je sortais d’une période extrêmement difficile de mon existence et j’avais besoin de réponses.
Alors j’ai cherché.
J’ai découvert la PNL, puis d’autres approches, la spiritualité, les énergies, la loi d’attraction, les croyances, l’ego, la conscience…
Et chaque nouvelle compréhension pouvait donner l’impression qu’il existait encore un étage supplémentaire à atteindre.
Toujours plus haut.
Toujours plus loin.
Toujours plus « conscient ».
Le problème, c’est qu’à force de vouloir monter, nous pouvons finir par ne plus vouloir être ici.
Dans notre corps.
Dans notre quotidien.
Dans nos contradictions.
Dans nos émotions.
Dans cette incarnation humaine imparfaite.
Et pourtant, c’est bien ici que se déroule notre vie.
Le marché du mieux-être a besoin que quelque chose vous manque
Il y a également une réalité économique qu’il ne faut pas avoir peur de regarder.
Le développement personnel est aussi un marché.
Et comme tous les marchés, il peut parfois fonctionner sur la création d’un besoin.
Pour vendre une solution, il faut d’abord qu’un problème existe.
Ou que vous soyez convaincu qu’un problème existe.
Vous n’êtes pas encore suffisamment aligné.
Vous avez encore des blocages.
Votre vibration n’est pas suffisamment élevée.
Vous devez libérer certaines blessures.
Vous devez travailler votre abondance.
Vous devez trouver votre mission.
Vous devez atteindre une nouvelle version de vous-même.
Puis arrive naturellement la méthode permettant d’y parvenir.
Je ne dis pas que tous les accompagnements sont inutiles, loin de là. J’accompagne moi-même des personnes depuis des années et certaines rencontres peuvent réellement nous permettre de voir ce que nous n’arrivions plus à voir seuls.
Mais la question mérite d’être posée :
Est-ce que cet accompagnement me rend progressivement autonome ou entretient-il l’idée que j’ai constamment besoin de quelque chose d’extérieur pour aller bien ?
Pour moi, la différence est fondamentale.
La sécurité intérieure change complètement la démarche
C’est ici que ma vision a profondément évolué.
Aujourd’hui, je ne crois plus que le point de départ soit :
« Qu’est-ce que je dois changer chez moi ? »
Je préfère commencer ailleurs :
« Est-ce que je peux accueillir celui que je suis aujourd’hui ? »
Parce qu’il y a une différence considérable entre évoluer parce que je me rejette et évoluer parce que je me sens suffisamment en sécurité pour expérimenter autre chose.
Dans le premier cas, je cours.
Dans le second, j’explore.
Dans le premier cas, j’ai besoin d’arriver quelque part pour être enfin bien.
Dans le second, je peux déjà être bien tout en continuant à découvrir la vie.
Dans le premier cas, je cherche quelqu’un qui possède la réponse.
Dans le second, une personne peut m’aider, m’éclairer, me questionner, mais elle ne devient pas indispensable à mon équilibre.
Et surtout, je n’ai plus besoin de considérer ma vie actuelle comme une erreur qu’il faudrait réparer.
Peut-être qu’il n’y a rien à réparer
Cette idée aurait probablement dérangé le Stéphane que j’étais quelques années auparavant.
Parce que j’étais dans le faire.
Je voulais comprendre.
Transformer.
Libérer.
Obtenir des résultats.
Aujourd’hui, j’observe davantage la puissance de l’acceptation.
Accepter ne signifie pas se résigner.
Si une situation me fait souffrir, je peux évidemment agir.
Si une relation ne me convient plus, je peux la quitter.
Si mon travail ne correspond plus à mes aspirations, je peux en changer.
Si certains comportements me font du mal, je peux chercher à fonctionner différemment.
Mais je peux entreprendre ces changements sans commencer par considérer que celui que je suis aujourd’hui est défectueux.
Et ça change énormément de choses.
Parce que lorsque je cesse de me battre contre moi-même, je récupère une quantité considérable d’énergie.
Je n’ai plus besoin de devenir quelqu’un pour avoir le droit de vivre.
Je peux simplement vivre.
Et si la véritable évolution commençait par arrêter de courir ?
Il y a quelques années, j’aurais probablement cherché la prochaine clé.
Aujourd’hui, j’accorde beaucoup plus d’importance au silence.
À la nature.
À la présence.
À l’expérimentation.
Au fait de ressentir ce qui se passe en moi sans immédiatement vouloir le corriger.
Parce que notre sécurité intérieure ne se construit peut-être pas en accumulant toujours davantage de connaissances sur nous-mêmes.
Elle se développe aussi lorsque nous découvrons que nous pouvons rester avec nous-mêmes sans chercher immédiatement une échappatoire.
Sans téléphone.
Sans vidéo.
Sans mentor.
Sans nouvelle méthode.
Sans avoir besoin de devenir une meilleure version de nous-mêmes avant de nous autoriser à vivre.
Alors si vous êtes depuis des années dans une quête de développement personnel ou spirituel, j’ai simplement envie de vous laisser avec cette question :
Est-ce que votre quête vous rapproche réellement de vous-même… ou est-elle devenue une manière particulièrement subtile de ne jamais accepter pleinement celui ou celle que vous êtes aujourd’hui ?
Nous sommes #TousFormidable.












