Choisir où porter le focus
Là où vous posez votre attention, vous influencez votre réalité
À chaque instant, nous avons un choix que nous sous-estimons souvent : où allons-nous poser notre attention ?
J’appelle cela le focus.
Imaginez une loupe.
Lorsque vous la déplacez sur une feuille, elle agrandit une toute petite partie de ce qui se trouve devant vous. Le reste existe toujours, mais momentanément, votre regard ne le voit presque plus.
Notre attention fonctionne un peu de cette manière.
Dans une même journée, il peut se passer énormément de choses agréables, désagréables ou parfaitement neutres. Pourtant, selon l’endroit où nous plaçons notre « loupe », nous pouvons terminer cette journée avec deux perceptions complètement différentes.
Et derrière cette capacité à diriger notre attention se joue aussi une partie de notre sécurité intérieure.
Notre cerveau ne regarde jamais toute la réalité
Nous recevons en permanence une quantité considérable d’informations.
Notre cerveau est obligé de sélectionner.
Il remarque certaines choses et en ignore beaucoup d’autres.
Imaginez que vous ayez commis une erreur dans votre journée.
Vous pouvez passer votre soirée à y penser.
« Je suis vraiment nul. »
« Pourquoi ai-je encore fait ça ? »
« Je rate toujours tout. »
Votre erreur existe.
Mais pendant que votre attention est entièrement dirigée vers elle, vous ne regardez plus les dix choses que vous avez peut-être correctement réalisées dans la même journée.
Votre focus transforme alors un événement en perception globale :
« Ma journée était mauvaise. »
Puis éventuellement :
« Je suis mauvais. »
Ce mécanisme mérite d’être observé.
Focaliser sur le positif ne signifie pas nier le négatif
J’ai longtemps présenté les choses de manière très binaire.
Focaliser sur le négatif ferait « baisser nos vibrations », tandis que focaliser sur le positif les ferait monter et améliorerait automatiquement notre santé et ce que nous attirons.
Aujourd’hui, j’apporterais une nuance importante.
Nous n’avons pas à nier une difficulté pour être « positifs ».
Une douleur mérite d’être entendue.
Une injustice peut nécessiter une réaction.
Une peur contient parfois une information importante.
Une situation difficile ne disparaît pas simplement parce que nous décidons de ne plus la regarder.
La sécurité intérieure n’est pas du déni positif.
Elle nous permet au contraire de regarder ce qui ne va pas sans laisser ce qui ne va pas devenir toute notre réalité.
La différence est fondamentale.
Comment regardez-vous vos propres défauts ?
Nous pouvons facilement devenir notre critique le plus sévère.
Nous remarquons immédiatement ce que nous n’avons pas réussi.
Notre manque de patience.
Notre poids.
Une maladresse.
Une mauvaise décision.
Notre tendance à procrastiner.
Mais combien de temps consacrons-nous à regarder nos qualités ?
Pas pour nous convaincre que nous sommes parfaits.
Simplement pour avoir une perception plus équilibrée de nous-mêmes.
Je peux reconnaître que je manque parfois de patience tout en sachant que je suis généreux.
Je peux avoir échoué dans un projet sans considérer que je suis un échec.
Je peux identifier une fragilité sans remettre en question toute ma valeur.
Cette capacité à maintenir une image de soi relativement stable malgré nos imperfections est directement liée à notre sécurité intérieure.
Nous faisons la même chose avec ceux que nous aimons
Prenez votre conjoint.
Lorsque vous êtes amoureux au début d’une relation, où se trouve votre loupe ?
Sur ses qualités.
Vous trouvez sa manière de rire merveilleuse.
Ses petites habitudes vous amusent.
Vous remarquez ses attentions.
Quelques années plus tard, la loupe peut parfois s’être déplacée.
Vous voyez la tasse qu’il n’a pas rangée.
Le message auquel elle n’a pas répondu.
Cette habitude qui vous agace.
Cette phrase répétée cent fois.
La personne n’a pas nécessairement radicalement changé.
Votre attention, elle, peut avoir changé de cible.
Nous pouvons faire exactement la même chose avec nos enfants.
À force de regarder ce qu’ils ne font pas correctement, nous pouvons finir par ne plus voir tout ce qu’ils font de merveilleux.
Cela ne signifie pas qu’il faille ignorer les problèmes.
Cela signifie simplement qu’un être humain mérite d’être regardé dans sa globalité.
Faites attention à ce que vous laissez entrer
Notre focus n’est pas uniquement déterminé par nos pensées.
Il est aussi nourri par notre environnement.
Les informations.
Les réseaux sociaux.
Les conversations.
Les vidéos.
Les personnes que nous fréquentons.
Si nous passons plusieurs heures par jour à consommer des contenus basés sur la peur, le conflit, l’indignation et la comparaison, il est assez logique que notre perception du monde en soit influencée.
Cela ne signifie pas qu’il faille arrêter de s’informer et vivre dans une bulle.
Mais nous pouvons choisir notre alimentation mentale avec autant d’attention que notre alimentation physique.
Est-ce que ce contenu m’informe ?
Est-ce qu’il m’aide à comprendre ?
Ou est-ce que je suis simplement en train de nourrir mon anxiété ?
L’insécurité dirige naturellement notre loupe vers les menaces
C’est ici que le lien avec la sécurité intérieure devient particulièrement intéressant.
Lorsque nous ne nous sentons pas en sécurité, notre attention cherche spontanément ce qui pourrait mal se passer.
Est-ce qu’il va me quitter ?
Est-ce que je vais manquer d’argent ?
Est-ce que cette personne me critique ?
Est-ce que mon projet va échouer ?
Notre cerveau essaie de nous protéger.
Le problème est qu’à force de chercher le danger, nous pouvons finir par voir le monde essentiellement à travers lui.
Développer sa sécurité intérieure permet progressivement de déplacer la loupe.
Pas pour se raconter que tout est merveilleux.
Mais pour être également capable de voir :
Ce qui fonctionne.
Ce qui est disponible.
Ce que nous avons déjà traversé.
Les personnes sur lesquelles nous pouvons compter.
Nos ressources.
Nos possibilités.
Votre attention influence vos comportements
Dans ma vision spirituelle, j’ai toujours considéré que notre énergie et notre état intérieur participaient à ce que nous attirions dans notre vie.
Mais nous pouvons aussi observer un mécanisme très concret.
Lorsque vous vous concentrez continuellement sur vos incapacités, vous risquez d’oser moins.
Lorsque vous identifiez également vos ressources, vous pouvez avoir davantage envie d’agir.
Lorsque vous êtes convaincu que tout le monde est hostile, vous n’entrez pas en relation de la même manière.
Lorsque vous vous sentez davantage en sécurité, vous êtes souvent plus disponible pour rencontrer, essayer et créer.
Votre attention influence votre état intérieur.
Votre état intérieur influence vos comportements.
Et vos comportements participent nécessairement à la réalité que vous construisez.
Où est votre loupe aujourd’hui ?
Je vous propose donc un exercice extrêmement simple.
Plusieurs fois dans la journée, arrêtez-vous quelques secondes et demandez-vous :
« Où est ma loupe en ce moment ? »
Sur ce qui me manque ?
Sur ce qui pourrait mal se passer ?
Sur le défaut de quelqu’un ?
Sur ma dernière erreur ?
Ou suis-je également capable de voir ce qui fonctionne, ce que j’aime, ce que j’ai déjà et ce que je peux construire ?
Vous n’avez pas besoin de choisir entre regarder le positif et regarder la réalité.
La réalité contient les deux.
La sécurité intérieure consiste peut-être justement à devenir suffisamment stable pour regarder une difficulté sans qu’elle envahisse tout notre champ de vision.
Parce que nous ne contrôlons pas tout ce qui entre dans notre vie.
Mais nous pouvons apprendre à reprendre progressivement la main sur ce à quoi nous décidons de donner notre attention, notre temps et notre énergie.
Et là où nous plaçons durablement notre attention influence forcément la manière dont nous allons vivre la suite.
Nous sommes #TousFormidable.












