Je ne trouve pas de job, je déprime
Vous ne trouvez pas de travail ? Et si les refus vous invitaient aussi à revoir votre direction ?
Chercher un emploi et recevoir refus après refus peut devenir extrêmement difficile.
Nous envoyons des CV.
Nous répondons à des annonces.
Nous relançons.
Nous passons parfois des entretiens.
Puis arrive un nouveau mail : « Malgré l’intérêt de votre candidature… »
À force, quelque chose peut commencer à vaciller.
Nous ne remettons plus uniquement en question notre CV ou notre expérience. Nous commençons parfois à remettre en question notre propre valeur.
« Qu’est-ce qui ne va pas chez moi ? »
« Pourquoi personne ne veut de moi ? »
« Est-ce que je vais finir par trouver ? »
Et plus les refus s’accumulent, plus notre sécurité intérieure peut être mise à l’épreuve.
Pourtant, une période où rien ne semble fonctionner peut également devenir l’occasion de poser une question que nous évitions peut-être jusque-là :
Est-ce que je cherche réellement le travail que j’ai envie de trouver ?
Un refus professionnel ne définit pas votre valeur
Commençons par quelque chose d’essentiel.
Ne pas obtenir un emploi ne signifie pas que vous n’avez pas de valeur.
Un recrutement dépend d’une multitude de paramètres : compétences recherchées, expérience, concurrence, budget de l’entreprise, personnalité du recruteur, contexte économique, localisation, disponibilité…
Il serait donc dangereux de transformer chaque refus en message mystique ou en preuve que votre inconscient « ne veut pas » de cet emploi.
En revanche, lorsque les refus se répètent et que la recherche devient épuisante, il peut être intéressant de profiter de cette période pour regarder également ce qui se passe à l’intérieur.
Pas pour arrêter toute action.
Pour vérifier la direction.
Pourquoi cherchez-vous précisément ce travail ?
Cette question paraît évidente.
Elle ne l’est pas.
« Parce que j’ai toujours travaillé là-dedans. »
« Parce que j’ai le diplôme. »
« Parce que c’est ce que je sais faire. »
« Parce qu’il faut bien gagner sa vie. »
Toutes ces réponses sont parfaitement compréhensibles.
Mais aucune ne répond réellement à la question :
Est-ce que j’ai encore envie de faire cela ?
Nous pouvons passer des années à chercher à reproduire un modèle professionnel simplement parce qu’il nous est familier.
Et le familier procure de la sécurité.
Même lorsqu’il ne nous rend plus heureux.
C’est précisément à cet endroit que la recherche d’emploi peut devenir une question de sécurité intérieure.
Le connu rassure, même lorsqu’il ne nous convient plus
Imaginons que vous ayez travaillé pendant quinze ans dans le même secteur.
Vous connaissez le métier.
Vous possédez les compétences.
Votre CV est cohérent.
Lorsque vous cherchez un nouvel emploi, votre premier réflexe sera probablement de chercher exactement la même chose ailleurs.
C’est logique.
Mais peut-être qu’une partie de vous n’en veut plus.
Peut-être aimez-vous votre métier mais plus les conditions dans lesquelles vous l’exercez.
Peut-être souhaitez-vous davantage d’autonomie.
Davantage de contact humain.
Plus de nature.
Moins de management.
Une petite structure plutôt qu’un grand groupe.
Des horaires différents.
Un métier manuel plutôt qu’un travail derrière un écran.
Nous cherchons parfois un nouvel employeur alors que ce dont nous avons réellement besoin est une nouvelle manière de travailler.
Oubliez quelques instants votre CV
J’ai eu de nombreux emplois salariés au cours de ma vie.
À différentes périodes, j’ai trouvé du travail relativement facilement.
Mais notre parcours professionnel peut aussi nous enfermer dans une identité :
« Je suis commercial. »
« Je suis comptable. »
« Je suis infirmière. »
« Je suis technicien. »
Ce sont des métiers.
Pas nécessairement la totalité de ce que nous sommes.
Alors prenez une feuille et oubliez quelques instants vos diplômes.
Commencez autrement.
Qu’aimez-vous faire ?
Préférez-vous travailler seul ou en équipe ?
Avez-vous besoin de mouvement ?
Aimez-vous être dehors ?
Avez-vous besoin de créer ?
De réparer ?
De transmettre ?
De vendre ?
D’écouter ?
D’organiser ?
Aimez-vous les petites structures familiales ou l’énergie des grandes entreprises ?
Avez-vous besoin d’horaires très cadrés ou d’une grande autonomie ?
Et si vous ne savez absolument pas ce que vous aimez, faites l’exercice inverse.
Commencez par ce que vous ne voulez plus
C’est parfois beaucoup plus facile.
Je ne veux plus passer huit heures par jour derrière un ordinateur.
Je ne veux plus travailler le week-end.
Je ne veux plus avoir deux heures de transport.
Je ne veux plus manager une équipe.
Je ne veux plus travailler seul.
Je ne veux plus vendre quelque chose auquel je ne crois pas.
Je ne veux plus sacrifier toutes mes soirées.
À mesure que vous éliminez ce qui ne vous correspond plus, le champ commence à se réduire.
Et derrière cette liste apparaissent progressivement vos valeurs.
Liberté.
Stabilité.
Créativité.
Famille.
Autonomie.
Contact.
Nature.
Transmission.
Sécurité financière.
Utilité.
Il devient alors possible de chercher non plus uniquement un intitulé de poste, mais un environnement professionnel compatible avec la personne que vous êtes aujourd’hui.
Faire moins, mais agir depuis un endroit plus juste
Lorsque nous avons peur de ne pas retrouver de travail, notre réaction naturelle consiste souvent à augmenter le volume.
Plus de CV.
Plus de candidatures.
Plus de relances.
Plus de sites d’emploi.
Parfois, c’est exactement ce qu’il faut faire.
Mais parfois, cette agitation sert surtout à calmer momentanément notre peur.
Nous faisons énormément pour avoir l’impression de contrôler la situation.
La sécurité intérieure permet une autre posture : continuer à agir sans laisser la panique déterminer toutes nos actions.
Cela peut vouloir dire envoyer moins de candidatures, mais beaucoup plus ciblées.
Rencontrer des personnes.
Explorer un secteur différent.
Faire une immersion.
Se former.
Tester une activité.
Prendre quelques jours pour clarifier réellement ce que nous voulons.
Faire moins n’est donc pas forcément ne rien faire.
Cela peut signifier cesser de s’agiter pour commencer à choisir.
Et si cette période devenait une transition ?
Dans ma vision spirituelle, j’aime penser que certaines portes qui restent fermées peuvent nous inviter à en regarder d’autres.
Je ne peux pas affirmer que chaque refus signifie automatiquement que « quelque chose de mieux vous attend ». La vie est plus complexe que cela.
Mais nous pouvons décider d’utiliser la situation ainsi.
Au lieu de considérer uniquement cette période comme un échec, nous pouvons en faire un espace d’exploration.
Qu’est-ce que cette situation m’oblige à regarder ?
Qu’est-ce que je ne veux plus ?
Qu’est-ce que je n’avais jamais osé envisager ?
Quel choix ferais-je si je n’avais pas aussi peur de l’incertitude ?
Car derrière notre recherche d’un emploi se cache parfois une recherche beaucoup plus profonde : retrouver rapidement quelque chose de connu pour nous sentir de nouveau en sécurité.
Et si nous développions suffisamment cette sécurité à l’intérieur pour nous autoriser, justement, à explorer autre chose ?
Continuez à agir.
Continuez à rencontrer.
Continuez à chercher.
Mais ne cherchez pas uniquement un travail.
Profitez peut-être de cette période pour chercher la manière dont vous avez réellement envie de travailler et de vivre.
Parce qu’un refus n’est pas toujours une direction.
Mais il peut parfois devenir l’occasion de se demander si nous sommes encore en train de frapper à la bonne porte.
Nous sommes #TousFormidable.












