Vous sentez-vous capable ?
Et si votre force était toujours là, mais utilisée ailleurs ?
Nous avons beaucoup plus de ressources que nous ne pouvons parfois l’imaginer.
Le problème, c’est que lorsque nous sommes épuisés depuis des mois ou des années, cette phrase peut sembler complètement déconnectée de notre réalité.
Quand nous nous levons déjà fatigués.
Quand notre travail nous pèse.
Quand une relation nous demande continuellement de prendre sur nous.
Quand nous sommes préoccupés par l’argent.
Quand nous essayons de satisfaire tout le monde.
Quand nous vivons depuis tellement longtemps dans une situation inconfortable que nous ne savons même plus comment en sortir.
À ce moment-là, venir nous dire :
« Allez, bouge-toi ! »
n’apporte pas nécessairement grand-chose.
Parce que nous n’avons justement plus l’impression d’avoir l’énergie nécessaire pour bouger.
Pourtant, une question mérite d’être posée :
Et si votre énergie n’avait pas disparu ?
Et si une grande partie de cette énergie était simplement utilisée pour tenir ?
Tenir demande énormément d’énergie
Nous parlons souvent de l’énergie nécessaire pour changer.
Mais beaucoup moins de celle nécessaire pour ne pas changer.
Supporter chaque jour une situation professionnelle qui ne nous convient plus demande de l’énergie.
Faire semblant que tout va bien dans une relation demande de l’énergie.
Se retenir de dire ce que nous pensons demande de l’énergie.
Essayer continuellement de correspondre aux attentes des autres demande de l’énergie.
Rester dans un environnement qui nous met sous tension demande de l’énergie.
Ruminer le soir demande de l’énergie.
Anticiper ce qui pourrait mal se passer demande de l’énergie.
Alors nous arrivons parfois à cette conclusion :
« Je n’ai plus la force de changer. »
Mais peut-être que nous utilisons justement une grande partie de notre force pour maintenir ce qui nous fait souffrir.
C’est une nuance importante.
Ce que j’ai observé lorsque j’ai commencé à lâcher
Lorsque nous retirons progressivement certaines choses qui nous épuisent, quelque chose peut se produire assez rapidement.
Nous respirons davantage.
Nous retrouvons de l’espace.
Des idées reviennent.
L’envie revient.
La motivation peut revenir.
Pas nécessairement parce que nous sommes devenus quelqu’un d’autre.
Mais parce que l’énergie que nous utilisions pour lutter, nous adapter ou supporter redevient disponible.
Et si cette énergie est ensuite dirigée vers quelque chose que nous aimons, le contraste peut être impressionnant.
Vous connaissez probablement cette sensation.
Vous pouvez être épuisé après une journée de travail et pourtant retrouver soudainement de l’énergie lorsqu’on vous propose quelque chose qui vous passionne.
Alors, étiez-vous réellement vide ?
Ou étiez-vous simplement épuisé par ce que vous étiez en train de vivre ?
La joie est aussi une information
C’est pour cela que j’accorde autant d’importance à ce qui nous met en joie.
Pas dans l’idée de vivre dans un monde où nous refuserions systématiquement tout ce qui est désagréable.
La vie comporte des contraintes.
Nous avons parfois des choses difficiles à traverser.
Nous devons aussi assumer certaines responsabilités.
Mais si notre quotidien est presque entièrement constitué de choses qui nous pèsent, il devient intéressant de nous demander ce que nous sommes en train de construire.
Qu’est-ce qui, dans ma semaine, me donne réellement de l’énergie ?
Qu’est-ce qui me donne envie de me lever ?
Avec quelles personnes est-ce que je me sens davantage moi-même ?
Quelles activités me font perdre la notion du temps ?
À quel moment est-ce que je sens que je suis vivant plutôt que simplement en train d’exécuter mon quotidien ?
La joie peut devenir une boussole.
Pas l’unique critère de toutes nos décisions, mais une information précieuse sur ce qui nous nourrit.
« Je le ferai plus tard »
Il existe cependant un piège que je connais bien.
Nous savons qu’une situation doit changer.
Mais nous attendons.
« Quand j’aurai davantage d’énergie. »
« Quand les enfants seront grands. »
« Quand j’aurai plus d’argent. »
« Quand je serai prêt. »
« À la retraite. »
« Quand la période sera plus calme. »
Et nous reculons pour mieux sauter.
Sauf que parfois, plus nous reculons, moins nous avons d’énergie pour sauter.
Parce que la situation que nous repoussons continue à nous épuiser.
La sécurité intérieure ne consiste donc pas nécessairement à attendre de ne plus avoir peur pour agir.
Elle peut consister à développer suffisamment de confiance en soi pour faire un premier mouvement malgré l’incertitude.
Pas forcément tout quitter demain matin.
Mais commencer.
Entourez-vous aussi de personnes qui connaissent le chemin
Nous n’avons pas besoin de tout faire seuls.
Lorsque nous sommes enfermés depuis longtemps dans une situation, notre perception peut devenir très étroite.
Nous ne voyons plus les possibilités.
Alors rencontrer quelqu’un qui est passé par un endroit similaire peut être extrêmement précieux.
Non pas pour copier sa vie.
Mais pour découvrir que d’autres chemins existent.
Quelqu’un peut nous dire :
« Moi aussi, j’avais peur. »
« Moi aussi, je pensais que je n’y arriverais pas. »
« Voilà ce que j’ai essayé. »
« Voilà ce qui n’a pas fonctionné. »
« Voilà ce qui m’a aidé. »
L’autre ne nous donne pas nécessairement notre réponse.
Il nous permet parfois simplement de retrouver suffisamment de sécurité pour chercher la nôtre.
La liberté ne commence pas toujours lorsque l’extérieur change
Je me souviens notamment de la réouverture des terrasses après les confinements.
Pour beaucoup, cette journée représentait le retour d’une liberté très attendue.
De mon côté, je n’avais rien changé à mon quotidien.
Et cela m’avait fait réfléchir.
Je m’étais rendu compte que je n’avais pas besoin de l’ouverture d’une terrasse pour me sentir libre.
Cela ne signifie évidemment pas qu’il est mauvais d’aller boire un verre, de retrouver ses amis ou d’aller au restaurant.
J’adore moi-même profiter de la vie.
La question est ailleurs :
Est-ce que j’apprécie cette expérience ou est-ce que j’en ai besoin pour échapper à mon quotidien ?
La différence est immense.
Apprécier quelque chose n’est pas en dépendre
J’aime voir mes amis.
Très bien.
Mais est-ce que je suis également capable d’être bien seul ?
J’aime partir en vacances.
Très bien.
Mais est-ce que je passe onze mois à attendre les quinze jours pendant lesquels je vais enfin avoir l’impression de vivre ?
J’aime sortir.
Très bien.
Mais est-ce un plaisir supplémentaire ou le seul moment où je me sens vivant ?
J’aime acheter quelque chose qui me fait plaisir.
Très bien.
Mais est-ce que cet achat enrichit une vie qui me convient déjà ou est-ce que j’essaie de remplir momentanément quelque chose qui manque ?
C’est ici que nous pouvons commencer à observer notre sécurité intérieure.
Lorsque nous sommes continuellement dépendants d’un événement extérieur pour aller bien, notre équilibre devient fragile.
Parce que l’extérieur change.
Une personne peut partir.
Une soirée peut être annulée.
Une situation professionnelle peut évoluer.
Un restaurant peut fermer.
Notre compte bancaire peut varier.
Si tout notre bien-être repose là-dessus, nous donnons énormément de pouvoir à ce que nous ne maîtrisons pas.
Être bien ici et maintenant ne signifie pas ne plus rien vouloir
C’est une confusion que je trouve importante.
Nous pouvons être bien aujourd’hui et vouloir construire autre chose demain.
Je peux apprécier profondément ma journée et avoir un projet ambitieux.
Je peux être heureux chez moi et avoir envie de voyager.
Je peux aimer ma vie et vouloir la faire évoluer.
La sécurité intérieure ne supprime pas les désirs.
Elle change l’endroit depuis lequel nous les poursuivons.
Je ne cherche plus nécessairement à obtenir quelque chose pour enfin aller bien.
Je peux aller bien et, depuis cet endroit, créer quelque chose de nouveau.
C’est très différent.
Où part votre énergie aujourd’hui ?
Si vous avez aujourd’hui l’impression de ne plus avoir la force de changer, ne commencez peut-être pas par vous demander :
« Comment trouver davantage d’énergie ? »
Demandez-vous plutôt :
« Qu’est-ce qui consomme actuellement mon énergie ? »
Une relation ?
Un travail ?
Une inquiétude permanente ?
Le besoin de satisfaire tout le monde ?
Une situation que vous savez terminée mais que vous continuez à maintenir ?
Une vie tellement remplie que vous n’avez jamais le temps de vous retrouver ?
Puis posez-vous une deuxième question :
« Qu’est-ce qui, au contraire, me redonne de l’énergie ? »
C’est peut-être là que commence votre prochain mouvement.
Vous n’avez pas nécessairement besoin de devenir plus fort.
Vous avez peut-être besoin d’arrêter d’utiliser toute votre force pour maintenir une vie qui ne vous correspond plus.
Et chaque petite décision prise dans cette direction peut progressivement reconstruire quelque chose de fondamental :
la sensation que vous pouvez compter sur vous.
C’est aussi cela, pour moi, la sécurité intérieure.
Nous sommes #TousFormidable.












