Environnement hostile : Comment faire ?

Pourquoi restons-nous dans une situation qui ne nous convient plus ?

« Il vaut mieux être seul que mal accompagné. »

Cette phrase parlera probablement à toutes les personnes qui, un jour, ont réussi à dépasser une peur suffisamment importante pour changer quelque chose dans leur environnement.

Quitter une relation.

Changer de travail.

Déménager.

Prendre ses distances avec certaines personnes.

Recommencer ailleurs.

Sur le papier, cela paraît parfois évident.

Lorsque nous ne sommes plus heureux quelque part, pourquoi ne partons-nous pas ?

Parce que dans la réalité, les choses sont évidemment beaucoup plus complexes.

Et derrière notre difficulté à quitter une situation qui ne nous convient plus se trouve souvent un besoin fondamental : nous sentir en sécurité.

Nous pouvons souffrir dans un environnement et avoir peur de le quitter

Vous êtes peut-être encore dans une relation où les moments de tension ont progressivement pris davantage de place que les moments de joie.

Vous êtes peut-être lassé de votre lieu de vie et rêvez régulièrement de partir ailleurs.

Vous êtes peut-être en overdose d’un travail qui vous pèse chaque matin.

Vous savez que quelque chose ne vous convient plus.

Votre entourage le sait peut-être également.

Et pourtant, vous restez.

Pourquoi ?

Parce qu’une situation désagréable mais connue peut parfois sembler plus sécurisante qu’une situation inconnue.

Je sais ce que j’ai aujourd’hui.

Je ne sais pas ce que j’aurai demain.

Voilà toute la difficulté.

Le connu nous rassure, même lorsqu’il ne nous rend plus heureux

Nous parlons souvent de « zone de confort ».

Je préfère parfois parler de zone connue.

Parce qu’il n’y a rien de particulièrement confortable à se lever chaque matin pour aller dans un travail que nous ne supportons plus.

Il n’y a rien de confortable à vivre quotidiennement dans une relation devenue conflictuelle.

Il n’y a rien de confortable à se sentir enfermé dans une vie que nous ne souhaitons plus.

Mais nous connaissons cette vie.

Nous savons comment elle fonctionne.

Changer, en revanche, ouvre une multitude de questions.

Est-ce que je vais m’en sortir financièrement ?

Est-ce que je vais retrouver quelqu’un ?

Que vont penser mes enfants ?

Est-ce que je vais regretter ?

Est-ce que mon nouveau projet va fonctionner ?

Où vais-je habiter ?

Et si je me trompais ?

L’insécurité apparaît.

Alors une partie de nous préfère parfois une souffrance connue à une liberté incertaine.

Lorsque nous ne décidons pas, notre corps et notre esprit peuvent rester sous tension

Vivre durablement dans une situation qui nous pèse peut naturellement affecter notre bien-être.

Nous pouvons ruminer davantage.

Dormir moins bien.

Perdre notre enthousiasme.

Modifier nos habitudes alimentaires.

Nous sentir constamment tendus ou épuisés.

Cela ne signifie évidemment pas que toutes les douleurs ou maladies seraient provoquées par un mal-être ou une situation de vie insatisfaisante. Les symptômes physiques persistants nécessitent une attention médicale appropriée.

Mais nous savons aussi que vivre durablement sous tension n’est pas anodin.

Et surtout, il existe une fatigue particulière : celle de savoir qu’une situation ne nous convient plus tout en consacrant énormément d’énergie à la maintenir.

Sommes-nous réellement victimes de la situation ?

J’ai longtemps utilisé le mot « victime » de manière assez directe.

« Si tu ne changes pas, c’est que tu te places en victime. »

Aujourd’hui, je trouve cette lecture trop brutale.

Parce qu’il existe réellement des situations dans lesquelles nos possibilités sont limitées. Nous pouvons avoir des contraintes financières, familiales, professionnelles ou matérielles importantes.

Et certaines relations peuvent également comporter de l’emprise ou de la violence, situations dans lesquelles partir demande parfois un accompagnement et des mesures de sécurité spécifiques.

Pour autant, une question reste intéressante :

quelle marge de choix me reste-t-il aujourd’hui ?

Elle est peut-être immense.

Elle est peut-être minuscule.

Mais où est-elle ?

C’est à cet endroit que commence le retour vers la sécurité intérieure.

Imaginez que rien ne change pendant dix ans

Lorsque nous sommes paralysés par la peur du changement, nous regardons essentiellement les risques associés au changement.

Essayons l’inverse.

Regardons les risques associés à l’immobilité.

Si rien ne change dans votre situation actuelle, où serez-vous dans dix ans ?

Quel sera votre état d’esprit ?

Quelle personne serez-vous devenue ?

Quelle relation aurez-vous avec vos enfants, votre conjoint ou vos proches ?

À quoi ressembleront vos journées ?

Qu’aurez-vous abandonné en chemin ?

Et surtout :

serez-vous heureux d’avoir choisi de conserver cette sécurité-là ?

Cette projection peut être inconfortable.

Mais elle permet de comprendre quelque chose d’essentiel : ne pas décider est aussi une décision.

Rester possède également un coût.

Nous n’avons pas besoin de connaître immédiatement le « comment »

Lorsque nous envisageons un changement important, nous voulons généralement connaître tout le chemin avant de faire le premier pas.

« D’accord, je veux partir. Mais comment ? »

« Comment vais-je gagner ma vie ? »

« Comment vais-je retrouver un logement ? »

« Comment mon projet va-t-il fonctionner ? »

Ces questions sont légitimes et certaines nécessitent évidemment des réponses concrètes.

Mais vouloir résoudre immédiatement les cinquante étapes suivantes peut aussi devenir une manière de ne jamais commencer.

Nous pouvons d’abord prendre une décision intérieure :

« Je ne souhaite plus que cette situation constitue mon avenir. »

Cela ne signifie pas que nous allons tout quitter demain matin.

Cela signifie que nous changeons de direction.

Et lorsqu’une direction devient claire, notre attention commence naturellement à chercher des informations différentes.

Nous remarquons une possibilité professionnelle.

Nous parlons avec quelqu’un qui a vécu une situation similaire.

Nous découvrons une formation.

Nous commençons à calculer ce dont nous aurions réellement besoin.

Nous voyons progressivement des options que nous ne regardions pas auparavant.

Pas nécessairement parce que l’univers vient de les créer pour nous, mais parce que nous avons commencé à orienter notre attention vers elles.

La sécurité intérieure ne consiste pas à tout quitter

C’est une nuance fondamentale.

Développer sa sécurité intérieure ne consiste pas à quitter son conjoint, démissionner et déménager dès qu’une situation devient inconfortable.

Ce serait parfois simplement remplacer une réaction de peur par une réaction impulsive.

La sécurité intérieure permet au contraire de regarder lucidement une situation.

Qu’est-ce qui ne me convient plus ?

Qu’est-ce qui pourrait encore évoluer ?

Quelles limites dois-je poser ?

Quelles sont mes contraintes réelles ?

Quelles sont les peurs que j’ai transformées en impossibilités ?

De quelles ressources ai-je besoin ?

Et quel premier pas raisonnable puis-je faire ?

Nous ne cherchons plus à fuir.

Nous commençons à choisir.

Ce qui vous protège aujourd’hui peut vous bloquer demain

Votre emploi vous apporte peut-être une sécurité financière.

Votre relation vous protège peut-être de la solitude.

Votre environnement vous apporte des repères.

Vos habitudes vous évitent l’incertitude.

Il ne s’agit pas de considérer ces sécurités comme mauvaises.

Il s’agit simplement de regarder leur prix.

Parce qu’une protection utile à une époque de notre vie peut devenir progressivement une prison.

Ce qui vous protège aujourd’hui est peut-être ce qui vous bloque demain.

Et c’est précisément pour cela que nous avons besoin de sécurité intérieure.

Non pas pour devenir imprudents.

Mais pour ne plus avoir besoin que tout soit garanti avant de nous autoriser à bouger.

Nous pouvons avoir peur et préparer un changement.

Nous pouvons douter et avancer.

Nous pouvons respecter nos responsabilités sans renoncer définitivement à nous-mêmes.

Nous pouvons construire progressivement une nouvelle direction sans détruire brutalement tout ce qui existe.

Alors si une partie de votre vie vous pèse depuis des mois ou des années, la première question n’est peut-être pas encore :

« Comment vais-je réussir à tout changer ? »

Elle est peut-être beaucoup plus simple :

« Est-ce que je reste ici parce que je choisis réellement cette vie, ou parce que je ne me sens pas encore suffisamment en sécurité pour en construire une autre ? »

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Stéphane Bride-Bonnot coach loi d'attraction
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