La vie sait mieux que nous…

Lâcher le contrôle ne signifie pas laisser la vie décider à notre place

Pendant longtemps, j’ai beaucoup parlé de « s’abandonner à la vie ».

J’écrivais que la vie savait toujours mieux que nous ce dont nous avions besoin.

Et derrière cette phrase, il y avait une idée que je trouve toujours intéressante aujourd’hui : nous dépensons une énergie considérable à vouloir contrôler ce qui, par définition, ne peut pas l’être.

Nous voulons savoir.

Ce qui va arriver.

Si notre décision est la bonne.

Si notre projet va fonctionner.

Si cette personne restera dans notre vie.

Si nous aurons suffisamment d’argent.

Si nous ne regretterons pas notre choix.

Alors nous réfléchissons.

Nous anticipons.

Nous imaginons des scénarios.

Nous demandons conseil.

Nous cherchons des signes.

Et parfois, nous finissons par ne plus vivre tellement nous essayons de sécuriser la vie avant de la vivre.

Pourquoi avons-nous autant besoin de contrôler ?

C’est précisément là que la sécurité intérieure prend aujourd’hui tout son sens pour moi.

Nous cherchons souvent à contrôler l’extérieur lorsque nous ne nous sentons pas suffisamment en sécurité à l’intérieur.

Si j’ai besoin de savoir exactement ce qui va se passer demain pour être tranquille aujourd’hui, ce n’est peut-être pas demain qui pose problème.

C’est mon rapport à l’incertitude.

Le contrôle devient alors une stratégie de protection.

Je veux maîtriser mon environnement pour éviter de ressentir la peur, l’inconfort, le doute ou la possibilité de perdre quelque chose.

Et le paradoxe, c’est que cette recherche de sécurité peut finir par nous enfermer.

Je reste dans un travail qui ne me correspond plus parce qu’au moins, j’ai un salaire.

Je reste dans une relation qui ne me nourrit plus parce que je ne sais pas ce qu’il y aura après.

Je n’entreprends pas ce projet parce que je veux d’abord être certain qu’il fonctionnera.

Je ne pars pas parce que j’attends d’être rassuré.

Je ne décide pas parce que je veux connaître le résultat avant même d’avoir commencé.

Nous appelons cela de la prudence.

Mais quelquefois, derrière la prudence se cache simplement une peur que nous essayons de ne pas ressentir.

La sécurité intérieure change complètement la question

Être intérieurement sécure ne signifie pas savoir que tout va bien se passer.

Personne ne peut nous le garantir.

Cela signifie progressivement pouvoir se dire :

« Je ne sais pas exactement ce qui va se passer, mais je me fais suffisamment confiance pour traverser ce qui arrivera. »

Et là, tout change.

Je n’ai plus besoin de contrôler chaque paramètre pour avancer.

Je peux préparer ce qui dépend de moi et accepter qu’une partie de l’expérience m’échappe.

Je peux prendre une décision sans connaître toute la suite.

Je peux rencontrer quelqu’un sans écrire mentalement les cinq prochaines années de la relation.

Je peux entreprendre sans avoir la garantie du résultat.

Je peux changer de direction lorsque ce que je découvre ne correspond pas à ce que j’avais imaginé.

Finalement, lâcher le contrôle n’est peut-être pas devenir passif.

C’est arrêter d’exiger de la vie qu’elle nous fournisse toutes les garanties avant de commencer à vivre.

S’entourer de personnes qui osent vivre autrement

Il y avait autre chose que je trouvais important dans ce texte : l’environnement.

Lorsque nous sommes entourés exclusivement de personnes qui ont besoin de tout sécuriser avant d’agir, cette manière de fonctionner peut devenir notre norme.

À l’inverse, rencontrer quelqu’un qui a osé changer de métier, voyager, entreprendre, quitter une situation qui ne lui convenait plus ou simplement construire une vie différente peut élargir notre perception.

Pas parce que nous devons reproduire son parcours.

Mais parce que son existence nous montre que d’autres chemins sont possibles.

Je préfère d’ailleurs aujourd’hui parler de personnes qui incarnent plutôt que de personnes qui enseignent.

Je peux lire cinquante livres sur la liberté.

Mais rencontrer quelqu’un qui vit réellement librement peut m’apprendre énormément en quelques heures.

J’observe alors moins son discours que sa manière d’être face à l’incertitude.

Est-ce qu’il a besoin de tout contrôler ?

Comment réagit-il lorsque quelque chose ne se passe pas comme prévu ?

Est-il capable de changer de direction ?

Est-il encore en paix lorsque la réalité contrarie ses plans ?

Voilà des choses qui m’intéressent.

Et puis il y a tous ces petits moments que nous ne contrôlons pas

Je continue aussi à aimer regarder ce que j’appelais autrefois les expériences mystiques.

Je mettrais aujourd’hui moins d’interprétation dessus.

Une rencontre improbable.

Un échange qui tombe exactement au moment où j’en avais besoin.

Un paysage qui m’arrête.

Un animal qui attire mon attention.

Une intuition.

Une coïncidence étonnante.

Un moment de silence dans la nature où, pendant quelques secondes, je n’ai besoin de rien.

Est-ce un signe ?

Une synchronicité ?

Le hasard ?

Je n’ai finalement pas besoin de trancher.

Ce qui m’intéresse davantage, c’est ce que cette expérience provoque en moi.

Est-ce qu’elle m’apaise ?

Est-ce qu’elle m’ouvre ?

Est-ce qu’elle m’aide à voir quelque chose que je ne voyais pas ?

Est-ce qu’elle me ramène dans l’instant présent ?

Parce que vouloir absolument donner une signification à chaque événement peut devenir une autre forme de contrôle.

Parfois, je peux simplement vivre ce qui est là.

Et dire merci.

Peut-être que la vie devient plus légère lorsque nous cessons de vouloir tout comprendre

J’écrivais :

« N’oublions jamais que plus nous mettons de sérieux dans notre vie, plus nous bridons notre bonheur. »

Cette phrase, je pourrais encore l’écrire aujourd’hui.

Parce que prendre sa vie au sérieux ne signifie pas forcément prendre tout au sérieux.

Nous pouvons avoir des responsabilités et garder de la légèreté.

Traverser une période difficile et continuer à rire.

Ne pas savoir ce qui nous attend et continuer à avancer.

Construire sérieusement un projet sans transformer chaque obstacle en catastrophe.

La légèreté n’est pas l’insouciance.

Elle peut être le résultat d’une sécurité intérieure suffisamment solide pour ne plus considérer chaque imprévu comme une menace.

Alors aujourd’hui, je ne dirais peut-être plus :

« La vie sait toujours mieux que nous ce dont nous avons besoin. »

Je dirais plutôt :

« Je ne sais pas toujours ce dont j’aurai besoin demain, et je n’ai plus besoin de le savoir pour vivre pleinement aujourd’hui. »

Et finalement, c’est peut-être cela, s’abandonner à la vie.

Faire ce qui dépend de nous.

Écouter ce qui se passe en nous.

Décider lorsque c’est nécessaire.

Puis accepter qu’entre notre intention et le résultat, il existe une partie que nous ne contrôlerons jamais.

Plus ma sécurité intérieure grandit, moins j’ai besoin de contrôler cette partie.

Et plus il reste de place pour vivre.

La vie est magique avec un grand M.

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Stéphane Bride-Bonnot coach loi d'attraction
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