Le sentiment de tourner en boucle

Nos croyances filtrent-elles notre réalité ?

Dans la vie, nous ne voyons jamais absolument tout ce qui se trouve devant nous.

Notre attention sélectionne.

Notre cerveau interprète.

Notre histoire donne du sens.

Nos croyances influencent ce que nous remarquons, ce que nous considérons comme possible et parfois même les occasions que nous sommes capables de reconnaître.

Pendant longtemps, j’ai résumé cela par une phrase très radicale :

« Nous voyons exclusivement ce à quoi nous croyons. »

Aujourd’hui, je la nuancerais.

Nous pouvons évidemment voir quelque chose auquel nous ne croyions pas auparavant. C’est même ainsi que certaines de nos croyances évoluent.

Mais je reste convaincu d’une chose : nous ne regardons jamais le monde de manière parfaitement neutre.

Et lorsque certaines croyances deviennent des protections, elles peuvent considérablement réduire notre champ des possibles.

C’est là que je retrouve aujourd’hui la sécurité intérieure.

Notre cerveau sélectionne en permanence

Nous sommes continuellement exposés à une quantité considérable d’informations.

Des sons.

Des mouvements.

Des odeurs.

Des visages.

Des sensations corporelles.

Des mots.

Des objets.

Notre cerveau ne traite pas consciemment chaque élément avec la même intensité. Il sélectionne ce qui lui paraît pertinent et laisse une grande partie des informations hors de notre attention consciente.

Dans mon texte initial, je parlais d’un milliard d’informations par seconde et d’une répartition de 95 % d’inconscient pour 5 % de conscience.

Ces chiffres circulent beaucoup dans le développement personnel, mais ils ne permettent pas d’affirmer scientifiquement que nous percevrions exactement « 5 % de la réalité ».

L’idée essentielle reste néanmoins intéressante :

notre perception est sélective.

Et cette sélection est notamment influencée par ce que nous avons appris à considérer comme important.

Nos croyances peuvent devenir des lunettes

Imaginez une personne profondément convaincue que :

« Les gens ne sont intéressés que par eux-mêmes. »

Elle remarquera facilement celui qui lui coupe la parole.

Celui qui ne répond pas à son message.

Celui qui ne lui tient pas la porte.

Mais remarquera-t-elle avec la même intensité les dix petits gestes d’attention reçus dans la journée ?

Peut-être.

Peut-être pas.

Maintenant, imaginons quelqu’un convaincu :

« Je n’ai jamais de chance. »

Lorsqu’une difficulté apparaît, elle vient immédiatement confirmer sa croyance.

« Tu vois, je le savais. »

Et lorsqu’une opportunité se présente ?

Elle peut être considérée comme une exception, minimisée ou parfois ne même pas être explorée.

Nous finissons ainsi par accumuler des « preuves » de ce que nous croyons déjà.

Pourquoi tenons-nous autant à certaines croyances ?

Parce qu’une croyance n’est pas seulement une idée.

Elle peut aussi nous sécuriser.

Même une croyance limitante.

« Je ne suis pas capable de créer mon entreprise. »

Cette croyance me limite.

Mais elle m’évite également de prendre le risque d’échouer.

« Les relations amoureuses finissent toujours mal. »

Cette croyance peut me faire souffrir.

Mais elle peut aussi m’empêcher de devenir réellement vulnérable dans une relation.

« Je dois avoir un emploi stable pour être en sécurité. »

Peut-être que cette stabilité me convient réellement.

Mais peut-être aussi qu’elle me permet de ne jamais confronter ma peur de l’incertitude.

Voilà pourquoi changer une croyance n’est pas toujours aussi simple que répéter un mantra devant son miroir.

Ce qui te protège aujourd’hui est peut-être ce qui te bloque demain.

La question n’est donc pas seulement :

« Quelle croyance dois-je supprimer ? »

Mais :

« Qu’est-ce que cette croyance me permet d’éviter ? »

Les personnes qui nous entourent renforcent aussi notre vision du monde

Nous avons naturellement tendance à fréquenter des personnes avec lesquelles nous partageons certaines valeurs, certains centres d’intérêt et certaines représentations du monde.

C’est confortable.

Nous nous comprenons.

Nous nous confirmons mutuellement que notre manière de voir les choses est cohérente.

Mais cet environnement peut aussi créer une bulle.

Si toutes les personnes autour de moi pensent qu’entreprendre est extrêmement risqué, mon projet d’entreprise paraîtra encore plus dangereux.

Si personne autour de moi n’a jamais changé radicalement de métier, une reconversion à 45 ans pourra sembler complètement folle.

Si tout mon entourage considère qu’il faut travailler énormément pour bien gagner sa vie, imaginer un autre modèle deviendra difficile.

Nous n’avons pas besoin de rejeter ces personnes.

Mais rencontrer des gens qui vivent autrement peut ouvrir une fenêtre.

Soudain, quelque chose que nous considérions comme impossible devient simplement… inhabituel.

Remettre une croyance en question demande de la sécurité intérieure

C’est un paradoxe intéressant.

Nous pensons souvent qu’il faut d’abord changer nos croyances pour nous sentir plus libres.

Mais il faut parfois commencer par construire suffisamment de sécurité intérieure pour oser remettre nos croyances en question.

Parce que nos croyances organisent notre monde.

Elles nous disent ce qui est bien.

Ce qui est dangereux.

Ce qui est normal.

Ce que nous pouvons espérer.

Qui nous sommes.

Lorsque nous touchons à certaines croyances profondes, nous pouvons donc avoir l’impression que toute notre identité vacille.

« Si je ne suis plus cette personne, qui suis-je ? »

Voilà pourquoi je ne parle plus de « shooter toutes nos croyances ».

Nous avons besoin de représentations pour fonctionner.

L’objectif n’est pas de devenir un être humain sans croyances.

Il est de développer suffisamment de souplesse pour pouvoir dire :

« J’ai cru cela pendant longtemps. Est-ce que cette croyance me correspond toujours aujourd’hui ? »

Prendre sa place ne signifie pas devenir égoïste

Dans mon ancien texte, j’écrivais qu’il fallait prendre sa place « de façon égoïste » avant de pouvoir aider les autres.

L’idée derrière cette formule reste importante, même si je l’exprimerais autrement aujourd’hui.

Nous pouvons passer notre vie à essayer de sauver les autres tout en nous abandonnant nous-mêmes.

Nous conseillons.

Nous portons.

Nous réparons.

Nous nous rendons indispensables.

Et parfois, derrière cette générosité se cache aussi une insécurité.

Ai-je le droit de penser à moi ?

Est-ce que les autres continueront à m’aimer si je ne suis plus disponible en permanence ?

Quelle valeur ai-je si personne n’a besoin de moi ?

Prendre sa place ne signifie pas cesser d’aider.

Cela signifie pouvoir aider sans disparaître dans l’aide que nous apportons.

Nous donnons aussi ce que nous sommes

Il y avait une phrase dans mon ancien texte que je trouve toujours particulièrement forte :

« Nous donnons ce que nous sommes. »

Lorsque nous sommes constamment dans la peur, notre manière de conseiller quelqu’un peut être teintée par cette peur.

Lorsque nous sommes dans le contrôle, nous pouvons vouloir contrôler la vie des personnes que nous prétendons aider.

Lorsque nous avons besoin d’être reconnus, nous pouvons inconsciemment rendre les autres dépendants de nos conseils.

À l’inverse, plus nous développons notre propre stabilité, plus nous pouvons laisser l’autre libre.

Nous n’avons plus besoin qu’il suive notre chemin.

Nous pouvons simplement l’aider à trouver le sien.

Faut-il arrêter sa vie pendant trois mois pour se transformer ?

J’écrivais également qu’il pouvait être urgent de « s’arrêter trois mois pour prendre sa place ».

Pour certaines personnes, une période de recul peut effectivement être extrêmement féconde.

Mais tout le monde ne peut pas arrêter sa vie trois mois.

Et surtout, il n’existe pas de délai universel pour se retrouver.

Nous pouvons commencer au milieu de notre vie actuelle.

En disant un premier non.

En faisant quelque chose que nous aimons.

En rencontrant des personnes différentes.

En questionnant une croyance.

En prenant une décision que nous repoussons depuis des années.

En nous autorisant simplement à envisager qu’une autre manière de vivre soit possible.

Le silence permet parfois d’entendre ce que nos croyances couvrent

Je continue enfin à accorder une place immense au silence.

Parce que lorsque nous coupons momentanément le bruit extérieur, quelque chose devient observable.

Nos automatismes.

Nos peurs.

Nos envies.

Nos contradictions.

Nous découvrons parfois que certaines décisions que nous pensions avoir prises librement ont surtout été construites pour rester acceptables aux yeux de notre entourage ou pour conserver un sentiment de sécurité.

Le silence ne nous donne pas nécessairement toutes les réponses.

Mais il crée de l’espace.

Et dans cet espace, une question peut enfin apparaître :

Depuis quel endroit intérieur suis-je en train de construire ma vie ?

Depuis ce que je crois devoir être ?

Depuis ce qui me rassure ?

Depuis les croyances de mon entourage ?

Ou depuis ce qui me ressemble réellement ?

Nous n’avons probablement pas besoin de supprimer toutes nos croyances.

Mais nous pouvons arrêter de considérer chacune d’elles comme une vérité.

Et lorsqu’une croyance commence à nous enfermer, peut-être pouvons-nous simplement nous demander :

« Qui serais-je, et que pourrais-je envisager, si je ne croyais plus obligatoirement que cela doit se passer ainsi ? »

Parfois, une nouvelle vie commence simplement par l’autorisation de regarder au-delà de nos propres lunettes.

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Stéphane Bride-Bonnot coach loi d'attraction
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