Et si la santé n’était pas un problème… mais un message ?

D’où viennent nos problèmes de santé ? Et si le corps nous invitait aussi à regarder notre sécurité intérieure ?

On me demande souvent :

« D’où viennent nos problèmes de santé ? »

La question est immense.

Et je pourrais partir dans des dizaines de directions différentes.

Alors aujourd’hui, je vais volontairement simplifier. Pas pour prétendre expliquer toutes les maladies par une seule cause — ce serait évidemment réducteur — mais pour regarder un aspect qui me semble souvent oublié : la relation que nous entretenons avec nous-mêmes, notre corps, nos émotions et notre sécurité intérieure.

Je ne vais donc pas te parler de diagnostic, de traitement ou de protocole médical. Tout cela appartient aux professionnels de santé et reste indispensable lorsque nous en avons besoin.

Je vais te parler de ce que j’observe depuis des années dans l’accompagnement humain.

Et si nous avions progressivement cessé de nous écouter ?

Il y a toi.

Ton corps.

Tes émotions.

Tes pensées.

Ton environnement.

Et puis il y a le collectif dans lequel tu évolues depuis ta naissance.

Très tôt, nous apprenons comment nous devons nous comporter, ce qu’il faut réussir, ce qu’il est acceptable de montrer et ce qu’il vaut mieux cacher.

Il faut être fort.

Il faut travailler.

Il faut avancer.

Il faut assurer.

Il ne faut pas trop se plaindre.

Il faut parfois continuer même lorsque le corps demande de s’arrêter.

À force, certaines personnes deviennent extrêmement performantes pour répondre aux exigences extérieures… mais ne savent plus répondre à une question beaucoup plus simple :

« Comment est-ce que je me sens, là, maintenant ? »

C’est ici que je retrouve la question de la sécurité intérieure.

Lorsque je ne me sens pas suffisamment en sécurité en moi, je vais naturellement chercher des repères à l’extérieur : dans le travail, l’argent, le couple, la reconnaissance, le statut, le regard des autres ou le contrôle.

Et je peux finir par ne plus entendre ce qui se passe à l’intérieur.

Une émotion ne demande pas forcément à être supprimée

Nous avons également appris à classer nos émotions.

La joie serait bonne.

La colère serait mauvaise.

La sérénité serait souhaitable.

La peur serait quelque chose dont il faudrait se débarrasser.

Mais une émotion est avant tout une information.

Elle nous indique qu’il se passe quelque chose.

La peur peut signaler un danger ou une insécurité.

La colère peut nous montrer qu’une limite a été franchie.

La tristesse peut accompagner une perte.

La frustration peut révéler un décalage entre ce que nous vivons et ce dont nous avons profondément besoin.

Le problème commence lorsque nous ne nous autorisons plus à écouter ces informations.

Nous retenons.

Nous encaissons.

Nous faisons bonne figure.

Et nous continuons.

Cela ne signifie pas qu’une émotion non exprimée provoque automatiquement une maladie précise. Les maladies ont des causes multiples et parfois parfaitement identifiables sur le plan médical.

Mais nous savons aussi que le stress chronique, le sommeil, l’activité physique, les comportements de santé et notre environnement ont une influence réelle sur notre bien-être.

Alors pourquoi ne pas considérer également notre état intérieur comme une dimension dont il est utile de prendre soin ?

Le corps n’est pas notre ennemi

C’est probablement l’un des changements de regard les plus importants que j’ai faits dans ma propre vie.

Pendant longtemps, lorsque quelque chose n’allait pas, mon réflexe était de vouloir supprimer le problème.

Aujourd’hui, j’essaie d’abord d’écouter.

Une fatigue peut simplement demander du repos.

Une douleur nécessite parfois une consultation médicale.

Une tension peut aussi m’inciter à regarder ce que je suis en train de vivre.

Un sommeil perturbé peut m’amener à observer mon rythme, mes habitudes ou mon niveau de stress.

Autrement dit :

je ne considère plus automatiquement mon corps comme une machine défaillante qu’il faudrait faire taire.

Je peux aussi le considérer comme un partenaire dont les signaux méritent mon attention.

Et cela change énormément de choses dans la relation à soi.

Combien de temps pouvons-nous vivre contre nous-mêmes ?

Prenons quelqu’un qui se lève tous les matins avec une boule au ventre pour aller travailler.

Il n’aime plus ce qu’il fait.

Il est stressé.

Il dort mal.

Il mange rapidement.

Il ne bouge presque plus.

Il attend les vacances pour respirer et le week-end pour commencer à vivre.

Puis le lundi, il recommence.

Pendant un mois.

Un an.

Dix ans.

La question que je me pose n’est pas :

« Quelle maladie cette personne va-t-elle développer ? »

Je n’en sais rien et personne ne peut sérieusement le prédire ainsi.

Ma question est beaucoup plus simple :

est-ce que cette manière de vivre respecte l’être humain ?

Et surtout :

qu’est-ce qui l’empêche de changer quelque chose ?

Très souvent, nous retrouvons la peur.

Peur de manquer.

Peur de perdre son emploi.

Peur de décevoir.

Peur du regard familial.

Peur de ne pas réussir autrement.

Nous retrouvons donc, encore une fois, la sécurité intérieure.

Le jugement crée lui aussi de la tension

Il y a également quelque chose que j’observe énormément : notre capacité à nous juger en permanence.

Je ne suis pas assez bien.

Je devrais faire davantage.

Je suis trop gros.

Trop vieille.

Pas assez compétent.

Je n’avance pas assez vite.

Regarde la violence de certaines phrases que nous sommes capables de nous adresser intérieurement.

Nous ne parlerions parfois jamais ainsi à quelqu’un que nous aimons.

Pourtant, nous nous parlons ainsi quotidiennement.

Et ensuite, nous voudrions nous sentir parfaitement détendus et en sécurité dans notre propre corps.

Il y a là une incohérence.

Construire sa sécurité intérieure, c’est donc aussi apprendre progressivement à devenir un endroit dans lequel il fait bon vivre.

Pour soi-même.

Le mouvement fait partie de la vie

Notre corps est également conçu pour bouger.

Je ne parle pas nécessairement de performance sportive.

Marcher.

Respirer.

Sortir.

Jardiner.

Danser.

Nager.

S’étirer.

Aller dans la nature.

Retrouver du mouvement là où notre mode de vie nous immobilise pendant des heures.

Je reviens toujours à cette idée simple : nous sommes des êtres humains, pas uniquement des cerveaux transportés par un corps.

Prendre soin du physique, de l’émotionnel, du mental et de notre dimension intérieure participe à un même équilibre.

Et si la santé commençait aussi par l’autorisation d’être ?

La société nous a beaucoup appris :

Faire → Avoir → Être.

Faire davantage pour avoir davantage afin, peut-être, de nous sentir enfin heureux, reconnus ou en sécurité.

J’explore depuis des années le mouvement inverse :

Être → Faire → Avoir.

Je commence par regarder depuis quel endroit intérieur je vis.

Est-ce que je suis dans la peur ?

Dans le manque ?

Dans l’urgence ?

Dans le besoin de reconnaissance ?

Ou suis-je suffisamment en sécurité pour écouter ce qui est juste pour moi ?

Cela ne remplace évidemment ni un médecin, ni un traitement lorsque celui-ci est nécessaire.

Mais cela remet une responsabilité essentielle entre nos mains :

la manière dont nous choisissons de vivre quotidiennement.

Revenir à soi avant d’essayer de réparer le monde

Nous voulons souvent aider notre conjoint.

Changer nos enfants.

Conseiller nos proches.

Réparer la société.

Sauver le monde.

Mais si nous commencions simplement par nous observer ?

Comment est mon sommeil ?

Comment est mon alimentation ?

Est-ce que mon corps bouge suffisamment ?

Comment est mon niveau de stress ?

Est-ce que j’aime réellement la vie que je mène ?

Est-ce que je respecte mes limites ?

Est-ce que je sais dire non ?

Est-ce que je m’accorde du silence ?

Et surtout :

est-ce que je me sens en sécurité avec moi-même lorsque je ne fais rien, que je ne produis rien et que je n’ai rien à prouver à personne ?

Cette dernière question mérite peut-être quelques minutes de silence.

Comprendre le pouvoir des énergies dans notre vie

C’est précisément ce que j’explore pendant la journée « Atelier découverte – Le pouvoir des énergies dans notre vie ».

Pas pour expliquer aux participants pourquoi ils sont malades.

Encore moins pour leur promettre une guérison.

Mais pour observer ensemble comment nous fonctionnons.

Comprendre nos automatismes.

Regarder nos croyances.

Écouter ce que racontent nos émotions.

Expérimenter la différence entre tension et relâchement, contrôle et confiance, insécurité et sécurité intérieure.

Et surtout remettre de la conscience là où nous vivons parfois depuis des années en pilotage automatique.

Parce qu’une prise de conscience ne consiste pas simplement à comprendre quelque chose intellectuellement.

Elle consiste à commencer à le voir dans sa propre vie.

Commencer par soi

Tu n’as pas à porter ton conjoint.

Tu n’as pas à porter tes enfants.

Tu n’as pas à porter la souffrance de toute l’humanité.

Tu peux commencer beaucoup plus près.

Par toi.

Ton corps.

Ton rythme.

Tes émotions.

Tes limites.

Tes choix.

Ta sécurité intérieure.

Et peut-être qu’avant de chercher encore une réponse supplémentaire à l’extérieur, tu peux simplement t’arrêter quelques instants aujourd’hui et poser cette question :

« Qu’est-ce que mon corps essaie de me faire comprendre sur la manière dont je vis actuellement ? »

Pas pour établir toi-même un diagnostic.

Pas pour culpabiliser.

Simplement pour recommencer à écouter.

Parce qu’avant de vouloir changer sa vie, encore faut-il être suffisamment présent à soi pour entendre ce qui demande à changer.

Conférence : « D’où viennent nos problèmes de santé ? »

Stéphane Bride-Bonnot
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