L’intelligence de la vie

Et si nous n’avions pas besoin de tout contrôler pour vivre ?

La vie est simple avec un grand S.

La vie est magique avec un grand M.

Et surtout, la vie est à vivre avec un grand V.

J’ai longtemps utilisé ces trois phrases parce qu’elles résument quelque chose que j’observe encore aujourd’hui : nous pouvons passer tellement de temps à essayer de comprendre, prévoir et contrôler notre existence que nous finissons parfois par oublier de la vivre.

Et naturellement, lorsque j’affirme que la vie peut être simple, votre mental peut immédiatement répondre :

« Blablabla, encore ! »

« Facile à dire… »

« Si c’était aussi simple, ça se saurait ! »

Alors regardons les choses autrement.

Avant même notre naissance, la vie était déjà à l’œuvre

Revenons très loin en arrière.

Avant votre naissance.

Avant votre premier souvenir.

Avant même que vous puissiez penser.

Au commencement de votre développement, il y a notamment eu la rencontre entre un spermatozoïde et un ovule.

Dans mon ancien texte, je m’amusais à imaginer le spermatozoïde regardant autour de lui :

« Ohhhh, il y a du monde dans le bourg ! »

Puis commençant à réfléchir :

« Je ne vais jamais y arriver. »

« Il y a trop de concurrence. »

« Je ne suis peut-être pas suffisamment performant. »

« Et puis, au fait, je dois aller où ? »

Évidemment, biologiquement, ce n’est pas ainsi que les choses fonctionnent et la fécondation est beaucoup plus complexe que l’histoire du « spermatozoïde le plus courageux qui gagne ».

Mais l’image reste intéressante pour une autre raison.

Une partie immense de ce qui nous permet d’exister se produit sans intervention consciente de notre part.

Heureusement que nous ne contrôlons pas tout

Imaginez maintenant que vous deviez consciemment fabriquer un être humain.

Où placer le cœur ?

À quel moment développer le système nerveux ?

Comment construire les poumons ?

Combien de cellules faut-il produire aujourd’hui ?

À quel moment faut-il différencier tel tissu ?

Et surtout :

« Attention, ne te trompe pas ! »

Nous deviendrions fous.

Pourtant, le développement embryonnaire suit des processus biologiques extrêmement complexes sans qu’un futur bébé ait besoin d’en comprendre le fonctionnement.

Et cela continue après la naissance.

Vous ne commandez pas consciemment chaque battement de votre cœur.

Vous ne pensez pas à chaque respiration.

Vous ne dirigez pas volontairement chacune des opérations de votre système digestif.

Vous ne donnez pas quotidiennement des instructions à vos cellules pour leur expliquer leur travail.

Une immense partie de la vie se déroule sans notre contrôle conscient.

Et cela devrait peut-être nous faire réfléchir à notre obsession de vouloir contrôler tout le reste.

Pourquoi avons-nous tellement besoin de savoir ce qui va se passer ?

Parce que l’incertitude peut réveiller notre insécurité intérieure.

Lorsque nous nous sentons sécure, nous pouvons avancer sans connaître précisément la totalité du chemin.

Lorsque nous nous sentons en insécurité, nous voulons des garanties.

« Est-ce que ça va fonctionner ? »

« Est-ce que je vais gagner suffisamment ? »

« Est-ce que cette relation va durer ? »

« Est-ce que je prends la bonne décision ? »

« Qu’est-ce qui va se passer dans six mois ? »

Alors nous réfléchissons.

Nous demandons des avis.

Nous faisons des tableaux.

Nous cherchons des signes.

Nous regardons des vidéos.

Nous lisons des livres.

Nous interrogeons encore quelqu’un.

Et parfois, nous appelons cela de la préparation alors que nous sommes surtout en train d’essayer de supprimer toute incertitude avant d’agir.

Le problème, c’est que cette garantie n’existe pas.

La sécurité intérieure ne consiste pas à savoir ce qui va arriver

Voilà peut-être l’une des définitions les plus importantes de la sécurité intérieure.

Être sécure ne signifie pas :

« Je sais que tout va bien se passer. »

Nous ne pouvons pas le savoir.

Être sécure ressemble davantage à :

« Je ne sais pas exactement ce qui va se passer, mais je me sens suffisamment solide pour avancer et m’adapter à ce qui arrivera. »

La différence est immense.

Dans le premier cas, nous avons besoin que l’extérieur nous garantisse notre tranquillité.

Dans le second, nous développons suffisamment de stabilité intérieure pour traverser l’incertitude.

Nous pouvons alors arrêter d’attendre d’avoir toutes les réponses.

Lâcher le contrôle ne signifie pas arrêter de réfléchir

Dans mon ancien texte, j’opposais beaucoup le mental à « l’intelligence de la vie ».

Aujourd’hui, je préfère réconcilier les deux.

Notre capacité à réfléchir est formidable.

Elle nous permet d’anticiper un danger, construire une maison, développer une entreprise, organiser un voyage, apprendre, créer et résoudre des problèmes.

Le mental n’est donc pas notre ennemi.

Le problème apparaît lorsqu’il essaie d’exercer un contrôle sur ce qui ne peut pas être contrôlé.

Je peux préparer sérieusement un projet.

Je ne peux pas garantir son résultat.

Je peux prendre soin d’une relation.

Je ne peux pas contrôler l’autre.

Je peux prendre soin de ma santé.

Je ne peux pas garantir que je ne serai jamais malade.

Je peux organiser demain.

Je ne peux pas savoir précisément ce que demain contiendra.

La sécurité intérieure consiste notamment à reconnaître cette frontière.

Agir sur ce qui dépend de moi et arrêter de m’épuiser à vouloir maîtriser ce qui n’en dépend pas.

Nous avons également besoin des autres

Mon ancien texte contenait une autre idée à laquelle je tiens toujours beaucoup.

Même lorsque nous apprenons à trouver davantage de ressources en nous, nous restons des êtres profondément relationnels.

L’autonomie ne signifie pas l’isolement.

Nous apprenons grâce aux autres.

Nous transmettons aux autres.

Nous aimons.

Nous échangeons.

Nous coopérons.

Nous recevons.

Nous donnons.

Notre sécurité intérieure ne devrait donc pas devenir une forteresse dans laquelle nous n’aurions plus besoin de personne.

Au contraire.

Plus je me sens sécure intérieurement, plus je peux entrer en relation sans demander à l’autre de remplir tous mes manques ou de calmer toutes mes peurs.

Je peux recevoir sans dépendre.

Donner sans me sacrifier.

Partager sans attendre systématiquement quelque chose en retour.

Intégrer, expérimenter, transmettre

Dans mon ancien texte, j’écrivais que nous avions besoin « d’intégrer d’un côté et de transmettre de l’autre ».

J’aime toujours beaucoup cette image.

Nous recevons constamment.

Une rencontre.

Une expérience.

Une conversation.

Une idée.

Une erreur.

Un apprentissage.

Puis nous transformons ce que nous avons reçu.

Nous l’expérimentons.

Et parfois, nous pouvons à notre tour le transmettre.

C’est ainsi que la vie circule entre nous.

Mais attention : transmettre ne signifie pas répéter aveuglément quelque chose que nous avons entendu.

Nous pouvons vérifier.

Confronter.

Expérimenter.

Faire preuve de discernement.

Puis partager ce que cette expérience nous a appris.

Être ne signifie pas ne plus rien faire

« Il n’y a rien à chercher, rien à faire, rien à savoir, il y a juste à être. »

Cette phrase de mon ancien texte était volontairement provocatrice.

Aujourd’hui, je la compléterais.

Nous avons évidemment des choses à faire.

Des décisions à prendre.

Des responsabilités à assumer.

Des compétences à acquérir.

Mais nous pouvons arrêter de croire que notre valeur dépend de la quantité de choses que nous faisons.

Nous sommes des êtres humains avant d’être des machines à produire.

Et parfois, revenir simplement dans l’instant présent permet de retrouver suffisamment de calme pour savoir quelle action mérite réellement notre énergie.

Pas les cinquante prochaines.

La prochaine.

La vie n’a pas attendu notre mental pour commencer

Voilà finalement ce que m’inspire encore aujourd’hui cette histoire du spermatozoïde et de l’ovule.

Avant même que nous soyons capables de penser, la vie était déjà en mouvement.

Depuis, nous avons développé une formidable capacité à réfléchir.

Mais cette capacité peut parfois devenir une tentative permanente de sécuriser l’existence.

Nous voulons comprendre avant d’expérimenter.

Être rassurés avant d’avancer.

Connaître le résultat avant de commencer.

Et si une partie de notre sécurité intérieure consistait justement à retrouver cette confiance fondamentale ?

Pas une croyance naïve selon laquelle rien de difficile ne peut nous arriver.

Pas l’idée que la vie nous donnera automatiquement de l’argent, la santé ou le partenaire idéal si nous « vibrons correctement ».

Quelque chose de beaucoup plus concret :

je peux avancer sans tout savoir.

Je peux essayer sans avoir la garantie de réussir.

Je peux aimer sans avoir la garantie que cela durera.

Je peux changer de direction si je me trompe.

Je peux rencontrer l’inconnu sans immédiatement chercher à le transformer en certitude.

Nous avons besoin du mental pour construire notre vie.

Mais nous n’avons pas besoin de lui remettre les clés de chaque seconde de notre existence.

Parfois, il peut simplement s’asseoir à côté de nous.

Et nous pouvons recommencer à vivre.

Avec un grand V.

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Stéphane Bride-Bonnot coach loi d'attraction
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