Vous êtes prêt ou vous attendez ?
Et si vous n’aviez pas besoin d’être prêt pour commencer ?
Nous attendons beaucoup.
Nous attendons d’être prêts.
Nous attendons d’avoir suffisamment confiance en nous.
Nous attendons d’avoir trouvé le bon projet.
Nous attendons d’avoir davantage d’argent.
Nous attendons que les enfants grandissent.
Nous attendons que la situation professionnelle se calme.
Nous attendons de rencontrer la bonne personne.
Nous attendons d’avoir moins peur.
Nous attendons que quelque chose change.
Et pendant que nous attendons, les journées passent.
Puis les semaines.
Puis quelquefois les années.
Le problème n’est évidemment pas d’attendre lorsque cette attente est nécessaire. Il existe des projets qui demandent de la préparation, des décisions qui méritent réflexion et des moments de vie pendant lesquels nous avons réellement besoin de temps.
Le problème apparaît lorsque l’attente devient une condition permanente pour commencer à vivre autrement.
« Je commencerai quand je serai prêt. »
Mais qu’est-ce que cela signifie exactement, être prêt ?
Nous cherchons souvent à être rassurés avant d’avancer
Derrière cette attente se cache très souvent une question de sécurité intérieure.
Nous aimerions savoir avant de commencer.
Savoir que notre projet va fonctionner.
Savoir que nous allons gagner suffisamment d’argent.
Savoir que nous faisons le bon choix.
Savoir que nous ne regretterons pas.
Savoir que les autres vont comprendre.
Savoir que nous serons capables.
En réalité, nous cherchons parfois à obtenir une garantie sur l’avenir avant de faire le premier pas.
Et cette garantie n’existe pas.
C’est là que nous pouvons rester bloqués très longtemps.
Nous croyons attendre d’être prêts alors que nous attendons surtout de ne plus avoir peur.
Or la peur ne disparaît pas nécessairement avant l’action.
Elle se transforme souvent grâce à l’expérience.
Regardez un enfant apprendre à marcher
J’aime cette image parce qu’elle remet beaucoup de choses en perspective.
Imaginez un enfant qui attendrait d’avoir parfaitement compris la marche avant de se lever.
Il observerait les adultes.
Il lirait des livres sur la marche.
Il regarderait des vidéos.
Il étudierait le fonctionnement de ses jambes.
Il visualiserait mentalement le mouvement parfait.
Puis il se dirait :
« Je commencerai lorsque je serai certain de ne pas tomber. »
Il ne marcherait jamais.
Un enfant fonctionne autrement.
Il se lève.
Il essaie.
Il tombe.
Il recommence.
Il s’accroche.
Il fait deux pas.
Il retombe.
Puis trois.
Et progressivement, quelque chose qui lui demandait toute son attention devient naturel.
Il n’a pas attendu d’être prêt.
C’est en faisant qu’il est devenu prêt.
Pourquoi oublions-nous cela en devenant adultes ?
Parce qu’avec les années, nous accumulons des expériences, mais également des peurs.
La peur d’échouer.
La peur d’être ridicule.
La peur de perdre.
La peur du regard des autres.
La peur de prendre une mauvaise décision.
Et surtout cette idée étrange qu’un adulte devrait savoir ce qu’il fait avant de commencer.
Alors nous voulons un projet parfaitement construit.
Une stratégie parfaite.
Le bon moment.
La bonne formation.
La certitude.
Et nous transformons parfois la préparation en refuge.
Préparer donne l’impression d’avancer sans avoir encore à nous confronter au risque réel.
C’est confortable pour notre sécurité.
Mais cela ne transforme pas notre vie.
La sécurité intérieure n’est pas la certitude
C’est une distinction essentielle.
Se sentir intérieurement en sécurité ne signifie pas pouvoir affirmer :
« Je sais que tout va fonctionner. »
Personne ne peut le savoir.
La sécurité intérieure ressemble davantage à :
« Je ne sais pas exactement ce qui va se passer, mais je sais que je pourrai m’adapter. »
Voilà ce qui change tout.
Je peux me tromper.
Je peux essayer quelque chose et découvrir que cela ne me correspond pas.
Je peux changer d’avis.
Je peux demander de l’aide.
Je peux apprendre.
Je peux tomber.
Et surtout, je peux me relever.
Lorsque cette sécurité commence à s’installer, nous n’avons plus besoin d’attendre que toutes les conditions extérieures soient parfaites.
Nous pouvons commencer avec ce que nous avons.
Vous n’avez pas besoin de connaître toute la route
Imaginez que vous conduisiez de nuit.
Vos phares n’éclairent pas les 300 kilomètres qui vous séparent de votre destination.
Ils éclairent seulement une petite portion de route.
Et pourtant, cela suffit.
Vous avancez.
Puis une nouvelle portion apparaît.
Puis une autre.
Notre vie fonctionne souvent de cette manière.
Nous voudrions connaître l’intégralité du parcours alors que nous avons seulement besoin de savoir quel est le prochain pas.
Vous voulez changer professionnellement ?
Vous n’avez peut-être pas encore besoin de savoir quel métier vous exercerez dans cinq ans.
Vous avez peut-être simplement besoin de commencer à explorer ce qui vous attire.
Vous voulez développer un projet ?
Vous n’avez pas besoin d’avoir aujourd’hui sa version définitive.
Testez quelque chose.
Rencontrez quelqu’un.
Créez une première version.
Observez.
Ajustez.
Avancez.
Commencer permet aussi de découvrir ce que nous voulons
Nous imaginons souvent qu’il faut d’abord parfaitement savoir ce que nous voulons pour pouvoir agir.
Mais l’action nous donne elle-même des informations.
Nous testons une activité et découvrons que nous adorons une partie mais détestons l’autre.
Nous rencontrons quelqu’un et découvrons un univers auquel nous n’avions jamais pensé.
Nous lançons un projet et comprenons progressivement ce que nous voulons réellement créer.
Nous essayons.
Nous ressentons.
Nous ajustons.
C’est aussi cela, apprendre à se connaître.
Nous ne découvrons pas nécessairement notre direction uniquement en restant assis à réfléchir.
Nous nous découvrons également en mouvement.
Vous pouvez déjà modifier votre environnement
Et il existe des choses qui ne demandent même pas d’avoir un projet parfaitement défini.
Vous pouvez dès maintenant regarder votre environnement relationnel.
Avec qui pouvez-vous réellement être vous-même ?
Qui vous encourage ?
Qui vous écoute ?
Qui respecte vos limites ?
Avec quelles personnes ressortez-vous systématiquement vidé, diminué ou en train de douter de vous ?
Je parlais autrefois de personnes qui « baissent notre taux vibratoire ».
Je le dirais aujourd’hui plus simplement :
certaines relations nourrissent notre sécurité intérieure, d’autres la fragilisent.
Cela ne signifie pas qu’il faille supprimer de notre vie toute personne qui n’est pas d’accord avec nous.
Quelqu’un peut nous confronter et nous faire énormément grandir.
La question est plutôt de reconnaître les relations dans lesquelles nous devons constamment nous diminuer, nous justifier ou porter un masque pour être acceptés.
S’entourer ne suffit pas : il faut aussi apprendre à se soutenir soi-même
Nous avons besoin des autres.
Mais notre sécurité ne peut pas dépendre entièrement de leur approbation.
Sinon, nous changeons simplement de dépendance.
Hier, j’avais besoin que certaines personnes me valident.
Aujourd’hui, je m’entoure uniquement de personnes qui pensent comme moi afin de continuer à être validé.
Ce n’est pas nécessairement de la sécurité intérieure.
Grandir consiste aussi à pouvoir entendre :
« Je ne crois pas en ton projet »
sans immédiatement conclure :
« Alors je dois abandonner. »
L’autre possède son histoire.
Ses peurs.
Ses croyances.
Sa perception.
Son avis peut être intéressant.
Mais il ne doit pas automatiquement devenir notre direction.
La joie n’est pas une obligation
Dans mon ancien texte, j’écrivais que nous devions être « pleinement dans la joie du matin au soir ».
Je ne le présenterais plus comme un objectif.
Personne n’a besoin d’être joyeux douze heures par jour pour avoir réussi sa vie.
Nous pouvons être tristes.
Fatigués.
Inquiets.
En colère.
Déçus.
Toutes ces émotions font partie de notre expérience humaine.
La sécurité intérieure ne consiste pas à éliminer les émotions désagréables.
Elle consiste à ne plus considérer chacune d’elles comme la preuve que quelque chose ne va pas chez nous.
Et paradoxalement, lorsque nous arrêtons de nous obliger à être heureux, nous laissons davantage de place à une joie beaucoup plus naturelle.
Rayonner plutôt que convaincre
Je conserve en revanche avec plaisir cette idée de « contaminer le monde de notre joie ».
Pas au sens où nous devrions imposer notre vision du bonheur aux autres.
Mais parce que notre manière de vivre influence naturellement notre environnement.
Quelqu’un qui ose progressivement devenir lui-même donne parfois silencieusement l’autorisation aux autres de faire la même chose.
Quelqu’un qui change de direction montre qu’un changement est possible.
Quelqu’un qui pose une limite saine peut transformer une relation.
Quelqu’un qui construit une activité qui lui ressemble ouvre peut-être une possibilité dans l’esprit de celui qui l’observe.
Nous n’avons pas besoin de convaincre.
Nous pouvons simplement expérimenter.
Quel est votre prochain pas ?
Pas votre plan pour les dix prochaines années.
Pas votre stratégie parfaite.
Pas la décision qui va bouleverser toute votre existence.
Juste votre prochain pas.
Un appel.
Une recherche.
Un rendez-vous.
Une conversation.
Une heure consacrée à votre projet.
Une limite posée.
Une inscription.
Un premier essai.
Quelque chose de suffisamment petit pour être réalisable aujourd’hui, mais suffisamment concret pour vous sortir de l’attente.
Parce que la confiance n’arrive pas toujours avant le premier pas.
Parfois, elle apparaît au deuxième.
Puis elle grandit au troisième.
Et un jour, vous regardez derrière vous et découvrez que vous êtes devenu capable de faire quelque chose qui vous semblait autrefois impossible.
Exactement comme l’enfant qui apprend à marcher.
Il ne savait pas comment il allait faire.
Il n’était pas prêt.
Il a commencé.
Alors si vous attendez encore le moment où vous vous sentirez parfaitement en sécurité pour changer quelque chose dans votre vie, posez-vous peut-être cette question :
Et si ma sécurité intérieure ne consistait pas à savoir que je ne tomberai jamais, mais à savoir que je pourrai me relever ?
Un pas après l’autre.
Et ça commence maintenant.
Vous êtes #TousFormidable.












