Peut-on évoluer rapidement ?
Pourquoi certaines personnes évoluent-elles plus rapidement que d’autres ?
Pendant longtemps, je me suis demandé pourquoi certaines personnes pouvaient transformer leur vie très rapidement, alors que d’autres semblaient rester bloquées pendant des années dans les mêmes questionnements.
Cette question, je ne me la suis pas posée uniquement en tant qu’accompagnant.
Je me la suis d’abord posée à travers ma propre histoire.
Le 2 mai 2016, j’étais hospitalisé en psychiatrie après avoir tenté de mettre fin à mes jours.
Et pourtant, quelque chose d’assez étonnant se produisait déjà : au milieu de ma propre situation, je remontais le moral de certains autres patients.
Dans les 48 heures qui ont suivi mon hospitalisation, j’ai découvert la PNL.
Ça a été une révélation.
Pas une baguette magique qui aurait effacé mon histoire en quelques heures, mais la découverte qu’il existait peut-être une autre manière de regarder ce que j’étais en train de vivre.
À partir de là, j’ai commencé à bouger.
Beaucoup.
Quelques mois plus tard, j’avais fait le vide autour de moi, quitté une partie de mon ancienne vie et changé complètement d’environnement.
Le 2 mai, j’étais en Ardèche au plus bas de mon existence.
Le 28 septembre, j’arrivais à Pornichet pour commencer une nouvelle vie.
Moins de cinq mois.
Pourquoi suis-je allé aussi vite ?
Et surtout, pourquoi certaines personnes que j’ai accompagnées par la suite ont-elles connu elles aussi des transformations extrêmement rapides, tandis que d’autres avaient beaucoup plus de difficultés à passer à l’action ?
Aujourd’hui, je regarde cette question différemment.
Nous n’avançons pas tous depuis le même niveau de sécurité intérieure
Pendant longtemps, j’aurais répondu :
« Il suffit de le vouloir. »
Aujourd’hui, je trouve cette réponse beaucoup trop simpliste.
Parce qu’une personne peut sincèrement vouloir changer et être incapable de faire le premier pas.
Elle sait que son travail ne lui correspond plus.
Elle sait que sa relation la fait souffrir.
Elle sait qu’elle devrait poser certaines limites.
Elle sait même parfois exactement ce qu’elle aimerait vivre à la place.
Et pourtant, elle reste là.
Ce n’est pas nécessairement un manque de volonté.
Ce n’est pas forcément de la paresse.
Ce n’est pas non plus la preuve qu’elle « ne veut pas vraiment changer ».
Il peut simplement manquer quelque chose de fondamental :
la sécurité intérieure nécessaire pour affronter l’inconnu.
Parce que changer, même lorsque la situation actuelle nous fait souffrir, signifie abandonner quelque chose que nous connaissons pour aller vers quelque chose que nous ne connaissons pas encore.
Et notre système préfère parfois un inconfort connu à un avenir incertain.
Voilà pourquoi deux personnes n’avancent pas à la même vitesse
Imaginez deux femmes qui ne se sentent plus du tout à leur place professionnellement.
Toutes les deux veulent changer.
La première se dit :
« Je ne sais pas exactement comment je vais faire, mais je vais trouver. »
La seconde pense :
« Et si je me trompe ? Et si je perds mon salaire ? Et si je n’y arrive pas ? Qu’est-ce que les autres vont penser ? Est-ce que je suis vraiment capable de faire autre chose ? »
Le problème n’est donc pas seulement de savoir ce qu’elles veulent.
La vraie question est :
Depuis quel endroit intérieur vont-elles chercher leur réponse ?
Depuis la confiance ?
Ou depuis la peur ?
Depuis leur propre direction ?
Ou depuis le besoin d’être rassurées par l’extérieur ?
C’est ici que la vitesse de transformation peut considérablement changer.
Avoir un rêve ne suffit pas
J’ai longtemps beaucoup parlé du rêve.
Et je continue de penser qu’avoir une direction est essentiel.
Quand nous savons vers quoi nous voulons aller, beaucoup de décisions deviennent plus simples.
Mais aujourd’hui, j’ajouterais quelque chose d’essentiel :
un rêve puissant sans sécurité intérieure peut devenir une pression supplémentaire.
Je peux visualiser ma nouvelle vie tous les matins.
Je peux écrire mes objectifs.
Je peux me répéter que je vais réussir.
Mais si, au moment de téléphoner, de dire non, de quitter une situation, de demander de l’aide, de fixer un prix, de prendre une décision ou simplement d’assumer qui je suis, tout mon système intérieur se met en alerte, je risque de revenir très rapidement vers ce que je connais.
C’est pour cela que certaines personnes accumulent les livres, les formations, les thérapies, les vidéos et les prises de conscience sans parvenir à transformer réellement leur quotidien.
Elles ne manquent pas forcément d’informations.
Elles peuvent même en avoir beaucoup trop.
Elles ne se sentent simplement pas encore suffisamment en sécurité pour utiliser ce qu’elles savent.
La transformation commence lorsque la connaissance devient une expérience
Comprendre pourquoi je fonctionne comme ça est intéressant.
Mais comprendre ne suffit pas toujours.
Je peux comprendre que j’ai peur du jugement et continuer à me taire.
Je peux comprendre que mon travail ne me correspond plus et continuer à y aller tous les matins.
Je peux comprendre que je ne pose aucune limite et continuer à dire oui lorsque tout mon corps voudrait dire non.
La transformation commence lorsque quelque chose change dans ma manière de vivre.
Je pose enfin cette limite.
Je fais cet appel.
Je refuse cette proposition.
Je demande ce que je veux.
Je prends cette décision.
Et surtout, je découvre quelque chose de fondamental :
je l’ai fait… et je suis toujours là.
Cette expérience nourrit alors ma sécurité intérieure.
Puis j’ose un deuxième pas.
Puis un troisième.
Et progressivement, ce qui paraissait autrefois impossible devient simplement ma nouvelle manière de vivre.
C’est aussi pour cela que l’environnement compte énormément
Nous ne construisons pas notre sécurité intérieure uniquement en réfléchissant seuls dans notre coin.
Les personnes qui nous entourent peuvent également jouer un rôle considérable.
Être constamment entouré de personnes qui doutent, critiquent, projettent leurs peurs ou nous expliquent pourquoi notre projet ne fonctionnera jamais ne produit évidemment pas le même environnement qu’être entouré de personnes capables de nous dire :
« Je ne sais pas si ça va fonctionner, mais je crois que tu es capable de trouver ton chemin. »
Un accompagnement peut aussi servir à cela.
Pas à décider à la place de l’autre.
Pas à lui promettre qu’en cinq jours toute son histoire sera effacée.
Mais à lui offrir suffisamment de cadre et de sécurité pour qu’elle puisse regarder ce qu’elle n’arrivait pas à regarder seule, puis commencer à faire ses propres choix.
Pour moi, c’est une différence fondamentale.
Aller vite ne signifie pas se brutaliser
C’est également quelque chose que j’ai appris.
La rapidité m’anime toujours.
J’adore voir quelqu’un arriver avec un problème qui lui paraît énorme et observer quelques jours ou quelques semaines plus tard que quelque chose s’est profondément déplacé.
Mais aller vite ne signifie pas forcer.
Parce que pousser quelqu’un dans une action pour laquelle il ne possède aucune sécurité intérieure peut produire exactement l’inverse de ce que nous recherchons.
La personne recule.
Elle culpabilise.
Elle se dit qu’elle n’est pas capable.
Et elle renforce précisément la croyance que nous voulions l’aider à dépasser.
La vraie rapidité n’est donc peut-être pas de courir.
C’est d’arrêter de gaspiller son énergie dans toutes les directions.
C’est exactement ce que j’ai progressivement fait dans ma propre vie
J’ai énormément simplifié.
J’ai supprimé beaucoup de contraintes.
J’ai appris à regarder ce qui produisait réellement quelque chose dans ma vie et ce qui m’occupait simplement.
J’ai appliqué à ma manière la logique de Pareto : identifier les quelques actions qui produisent réellement l’essentiel des résultats et réduire le reste.
Mais surtout, j’ai appris à mieux identifier ce qui me correspond.
Ce que j’aime.
Ce que je ne veux plus.
Les personnes avec lesquelles j’ai envie d’être.
La manière dont j’ai envie de travailler.
Le rythme que j’ai envie d’avoir.
Et plus ces réponses deviennent claires, moins j’ai besoin de demander à l’extérieur la permission de vivre comme cela.
C’est là, pour moi, que se trouve une grande partie de la liberté.
Alors pourquoi certaines personnes évoluent-elles plus rapidement ?
Je ne crois plus que la réponse soit simplement :
« Parce qu’elles veulent davantage. »
Certaines personnes veulent profondément changer et sont pourtant paralysées.
Je crois aujourd’hui que celles qui avancent rapidement réunissent progressivement plusieurs éléments : elles commencent à savoir ce qu’elles veulent, elles cessent d’alimenter ce qui ne leur correspond plus, elles acceptent de faire des expériences nouvelles et, surtout, elles développent suffisamment de sécurité intérieure pour ne plus avoir besoin de connaître tout le chemin avant de faire le premier pas.
Et c’est peut-être là que tout commence.
Parce que nous pouvons passer des années à chercher la bonne réponse.
Alors que parfois, la question essentielle est beaucoup plus simple :
Qu’est-ce que je sais déjà au fond de moi, mais que je n’ose toujours pas mettre en mouvement parce que je ne me sens pas suffisamment en sécurité ?
C’est précisément à cet endroit que j’aime travailler aujourd’hui.
Non pas pour dire aux personnes quelle vie elles devraient mener.
Mais pour leur permettre de retrouver suffisamment de sécurité intérieure pour entendre leur propre réponse et commencer à la vivre.
Nous sommes #TousFormidable.












