But et volonté ou volonté et but
Trouver son feu sacré : quand un objectif vous donne de l’énergie au lieu de vous épuiser
Nous pouvons poursuivre un objectif de deux manières complètement différentes.
Dans la première, nous voulons absolument arriver au résultat.
Alors nous poussons.
Nous travaillons davantage.
Nous remplissons les journées.
Nous essayons de rester motivés.
Nous nous imposons de la discipline.
Nous regardons constamment ce qu’il reste à accomplir.
Et plus le résultat tarde à apparaître, plus nous intensifions nos efforts.
Nous voulons y arriver.
Coûte que coûte.
Dans la deuxième situation, il existe également un objectif.
Mais quelque chose est différent.
Nous ne nous sentons pas uniquement en train de pousser pour atteindre quelque chose.
Nous avons presque la sensation d’être aspirés vers l’avant.
C’est ce que j’aime appeler le feu sacré.
Tous les objectifs ne se valent pas
Nous pouvons nous fixer un objectif parfaitement rationnel qui ne nous correspond absolument pas.
Gagner davantage d’argent.
Obtenir une promotion.
Développer son entreprise.
Acheter une maison.
Changer de voiture.
Atteindre un certain chiffre d’affaires.
Perdre dix kilos.
Aucun de ces objectifs n’est mauvais en soi.
La véritable question est :
pourquoi est-ce que je veux l’atteindre ?
Parce que j’en ai profondément envie ?
Parce qu’il correspond à mes valeurs ?
Ou parce que je pense que je devrais le vouloir ?
La différence paraît subtile.
Dans la durée, elle devient immense.
Nous pouvons poursuivre pendant des années un objectif qui n’est pas vraiment le nôtre
C’est probablement l’un des pièges les plus courants.
Nous construisons une représentation de la réussite à partir de ce que nous avons appris.
Il faut avoir une bonne situation.
Une belle maison.
Un certain niveau de revenus.
Une carrière reconnue.
Un statut.
Une entreprise qui grossit.
Et nous pouvons devenir extrêmement performants pour construire cette vie.
Puis un jour, quelque chose coince.
Nous avons obtenu une partie de ce que nous voulions.
Mais nous ne ressentons pas ce que nous pensions ressentir.
Alors nous cherchons l’objectif suivant.
Peut-être qu’il faut gagner encore plus.
Développer davantage l’entreprise.
Acheter autre chose.
Obtenir une nouvelle reconnaissance.
Et la course continue.
La fatigue n’est pas toujours un manque d’alignement
J’ai longtemps eu une lecture très énergétique de la fatigue.
Si nous étions sur notre chemin, pensais-je, nous devions disposer d’une énergie presque illimitée.
Aujourd’hui, je nuancerais fortement cette idée.
Nous sommes des êtres humains avec un corps qui possède des besoins physiologiques.
Même lorsque nous faisons quelque chose que nous adorons, nous avons besoin de dormir.
De récupérer.
De manger.
De ralentir.
De nous arrêter.
La fatigue peut avoir de nombreuses causes et une fatigue persistante ou inhabituelle mérite d’être prise au sérieux, notamment sur le plan médical.
Aimer profondément ce que nous faisons ne nous rend pas invulnérables.
En revanche, il existe une différence que beaucoup d’entre nous ont déjà ressentie entre être fatigué par quelque chose qui nous nourrit et être épuisé par quelque chose qui nous vide.
Le feu sacré ne supprime pas l’effort
Imaginez deux journées de dix heures.
Dans la première, vous travaillez sur quelque chose qui n’a plus aucun sens pour vous.
Chaque heure paraît interminable.
Vous regardez l’horloge.
Vous devez constamment vous pousser.
Dans la seconde, vous êtes absorbé par un projet qui vous passionne.
Vous levez les yeux et réalisez soudain que plusieurs heures viennent de passer.
Votre corps aura pourtant dépensé de l’énergie dans les deux situations.
Mais votre expérience intérieure n’a rien à voir.
C’est cette énergie-là que j’appelle le feu sacré.
Non pas une énergie magique qui supprimerait nos limites physiques.
Une énergie intérieure qui donne du sens à l’effort.
Nos valeurs sont une boussole
Pour découvrir ce qui peut réellement nous animer, nous pouvons commencer par identifier nos valeurs fondamentales.
Liberté.
Famille.
Créativité.
Transmission.
Autonomie.
Aventure.
Contribution.
Apprentissage.
Simplicité.
Sécurité.
Beauté.
Justice.
Peu importe les mots.
Ce qui compte est de comprendre ce qu’ils signifient concrètement pour nous.
Deux personnes peuvent avoir « liberté » comme valeur fondamentale et imaginer des vies complètement différentes.
Pour l’une, la liberté sera de voyager continuellement.
Pour l’autre, ce sera de posséder une maison dans laquelle personne ne vient lui imposer son rythme.
La valeur n’est donc pas simplement un joli mot.
Elle doit pouvoir se traduire dans notre manière de vivre.
Un objectif puissant répond à une question plus profonde
Au lieu de demander uniquement :
« Qu’est-ce que je veux obtenir ? »
nous pouvons demander :
« Qu’est-ce que cet objectif va me permettre de vivre ? »
Vous voulez gagner 5 000 euros par mois.
Pourquoi ?
Pour vous sentir reconnu ?
Pour voyager ?
Pour travailler moins ?
Pour offrir davantage de confort à votre famille ?
Pour ne plus avoir peur de manquer ?
Ces motivations ne conduisent pas nécessairement au même chemin.
Parfois, nous découvrons même que nous poursuivons un objectif dont nous n’avons pas réellement besoin pour obtenir ce que nous cherchons.
Nous pensions vouloir plus d’argent.
Nous voulions davantage de temps.
Nous pensions vouloir une grande entreprise.
Nous voulions de la reconnaissance.
Nous pensions vouloir une maison.
Nous voulions nous sentir en sécurité.
Lorsque le besoin profond devient visible, nos décisions peuvent changer radicalement.
Et c’est là que la sécurité intérieure intervient
Un objectif peut également devenir une tentative de réparer une insécurité.
« Quand j’aurai réussi, je serai enfin quelqu’un. »
« Quand je gagnerai cette somme, je pourrai enfin être tranquille. »
« Quand les autres reconnaîtront mon travail, je saurai que j’ai de la valeur. »
Le problème est que nous demandons alors à l’objectif de nous apporter quelque chose qu’aucun résultat extérieur ne peut garantir durablement.
Nous pouvons gagner davantage et avoir encore peur de manquer.
Être reconnu et craindre immédiatement de perdre cette reconnaissance.
Réussir et ressentir le besoin de réussir encore davantage.
Le feu sacré n’est donc pas forcément l’objectif qui nous obsède le plus.
L’obsession peut aussi venir de la peur.
Depuis quel endroit intérieur poursuivez-vous votre rêve ?
Voilà encore la question essentielle :
Depuis quel endroit intérieur vais-je chercher cette réponse ?
Depuis la peur de ne pas être assez ?
Depuis le besoin de prouver ?
Depuis la comparaison ?
Depuis la peur de manquer ?
Ou depuis une envie profonde de créer, transmettre, découvrir, contribuer ou expérimenter quelque chose ?
Extérieurement, personne ne verra forcément la différence.
Intérieurement, vous la ressentirez.
Un objectif aligné ne garantit pas que tout fonctionnera
C’est une autre croyance que j’ai envie de nuancer.
Vous pouvez être profondément aligné avec un projet et rencontrer des difficultés.
Vous pouvez faire quelque chose que vous adorez et rencontrer des personnes avec lesquelles cela se passe mal.
Vous pouvez suivre vos valeurs et connaître un échec.
Vous pouvez poursuivre votre rêve et devoir changer de stratégie.
L’alignement n’est pas une garantie de réussite.
Il offre quelque chose d’autre :
une raison suffisamment profonde de continuer lorsque tout ne fonctionne pas immédiatement.
Et cela vaut énormément.
Quelle place donner à la spiritualité ?
Dans ma propre vision, j’aime toujours imaginer que nous appartenons à quelque chose de plus grand.
Je reste sensible aux notions d’énergie, de synchronicité, de chemin de vie et à cette sensation parfois étonnante que certaines rencontres arrivent exactement au bon moment.
D’autres parleront de guides spirituels ou d’anges gardiens.
D’autres encore n’y verront aucun phénomène spirituel.
Cela appartient à chacun.
L’important, à mes yeux, est que ces croyances ne nous retirent jamais notre responsabilité.
Nous pouvons nous sentir accompagnés par la vie tout en continuant à décider, expérimenter, apprendre et agir.
Comment reconnaître votre feu sacré ?
Regardez les moments pendant lesquels vous perdez la notion du temps.
Les sujets dont vous pourriez parler pendant des heures.
Les activités vers lesquelles vous revenez spontanément.
Les problèmes que vous aimez résoudre.
Les choses que vous faites sans avoir besoin que quelqu’un vous pousse.
Regardez également votre parcours.
Qu’est-ce qui revient continuellement ?
Quelles valeurs avez-vous essayé de défendre, parfois même maladroitement, tout au long de votre vie ?
Vous trouverez peut-être un fil rouge.
Posez un rêve, mais ne lui demandez pas de vous sauver
Oui, rêvez grand si cela vous anime.
Posez une direction.
Imaginez une vie qui vous ressemble.
Mais ne faites pas de ce rêve la condition de votre bonheur.
Parce que sinon, vous venez de déplacer votre sécurité dans le futur.
« Je serai bien quand… »
Et tant que le résultat n’est pas là, le présent devient une salle d’attente.
Un rêve peut au contraire devenir une direction qui donne davantage de saveur au présent.
Je sais où j’ai envie d’aller.
Je commence à avancer.
Je profite également de ce qui existe maintenant.
Vous n’avez pas besoin de foncer
Dans mon ancien texte, j’écrivais :
« Posez votre rêve, un rêve surpuissant, et foncez dans la vie. »
Aujourd’hui, je remplacerais volontiers « foncez » par :
avancez.
Parce que foncer n’est pas toujours nécessaire.
Parfois, notre chemin demande d’accélérer.
Parfois de ralentir.
Parfois de nous arrêter.
Parfois de changer complètement de direction.
Ce qui compte est de rester suffisamment connecté à nous-mêmes pour le sentir.
La sécurité intérieure permet justement cela.
Ne plus avoir besoin de courir pour nous rassurer.
Ne plus poursuivre un objectif simplement parce que nous avons peur de nous arrêter.
Ne plus chercher à prouver notre valeur par ce que nous produisons.
Et devenir capable de consacrer notre énergie à quelque chose qui correspond réellement à ce que nous voulons vivre.
Alors cherchez votre feu sacré.
Pas celui qui promet de vous rendre invincible.
Celui qui vous donne une raison de vous lever.
Celui qui rend certains efforts profondément satisfaisants.
Celui qui vous permet de vous reconnaître dans ce que vous construisez.
Parce qu’un objectif réellement puissant n’est peut-être pas celui qui vous promet que tout sera facile.
C’est celui pour lequel vous vous sentez suffisamment vivant pour accepter que tout ne le soit pas.
Nous sommes #TousFormidable.












