Attention et Pouvoir

Ce à quoi vous donnez votre attention prend du pouvoir dans votre vie

Lorsque vous donnez de l’attention à quelque chose, vous lui donnez du pouvoir.

Cette phrase peut sembler très spirituelle. Pourtant, elle décrit aussi quelque chose de profondément concret dans notre quotidien.

Regardez ce qui se passe lorsque vous commencez votre journée en lisant pendant une heure des informations qui vous mettent en colère. Observez votre état intérieur lorsque vous passez votre temps à suivre une personne qui vous agace, à commenter des comportements que vous condamnez ou à anticiper tout ce qui pourrait mal se passer.

L’événement extérieur existe peut-être réellement.

Mais en lui donnant continuellement votre attention, vous lui permettez aussi d’occuper une partie de votre espace intérieur.

Et c’est ici que commence, selon moi, une forme de pouvoir créateur.

Sommes-nous réellement créateurs de notre réalité ?

J’ai beaucoup parlé de cette idée au fil des années.

Dans ma vision spirituelle, nous sommes reliés à quelque chose de plus grand que nous. Certains l’appelleront Dieu, la Source, le Divin, l’Univers ou la conscience.

Chacun est libre d’y mettre ses propres mots et ses propres croyances.

J’ai également souvent utilisé l’image selon laquelle la matière serait une forme de cristallisation de l’énergie et que nos pensées participeraient ainsi à la création de notre réalité.

Aujourd’hui, j’aime compléter cette vision par une observation beaucoup plus concrète.

Une pensée influence notre état intérieur.

Notre état intérieur influence notre perception.

Notre perception influence nos décisions.

Nos décisions influencent nos comportements.

Et nos comportements participent nécessairement aux résultats que nous obtenons.

À cet endroit, notre pouvoir créateur cesse d’être uniquement un concept spirituel.

Il devient observable.

Ce que vous craignez influence ce que vous regardez

Lorsque nous avons peur, notre attention cherche naturellement ce qui pourrait confirmer cette peur.

Si je crains de manquer d’argent, je vais être particulièrement sensible aux informations qui parlent de crise, d’inflation ou de difficultés économiques.

Si j’ai peur d’être abandonné, je peux interpréter certains comportements de mon partenaire comme des signes annonciateurs d’une rupture.

Si j’ai peur d’échouer, mon attention peut se focaliser sur tous les obstacles plutôt que sur les possibilités.

Cela ne signifie évidemment pas que penser à un événement suffit magiquement à le provoquer.

Mais cela signifie que ce que nous nourrissons mentalement modifie notre manière d’habiter le monde.

Et lorsque notre sécurité intérieure est fragile, notre attention est particulièrement attirée par ce qui pourrait représenter une menace.

Réagir au monde ou participer à sa création ?

Il existe une différence considérable entre réagir constamment à notre environnement et choisir consciemment ce que nous voulons nourrir.

Nous pouvons passer notre journée à réagir.

Une actualité nous met en colère.

Un commentaire Facebook nous agace.

Une personne nous critique.

Un événement politique nous inquiète.

Une décision nous révolte.

Et progressivement, notre état intérieur dépend presque entièrement de ce qui se passe à l’extérieur.

Nous pouvons alors avoir l’impression de défendre nos valeurs alors que nous passons parfois l’essentiel de notre énergie à lutter contre ce que nous ne voulons pas.

La question que je trouve intéressante est donc :

Combien de mon énergie quotidienne est consacrée à ce que je refuse, et combien est consacrée à construire ce que je souhaite ?

Ce changement de perspective peut être immense.

La colère n’est pas le problème

J’ai autrefois considéré que si quelque chose nous mettait en colère à l’extérieur, cela signifiait nécessairement que nous avions encore cette colère à régler en nous.

Je serais aujourd’hui plus nuancé.

La colère peut être parfaitement légitime.

Elle peut nous signaler qu’une limite a été franchie, qu’une valeur importante est atteinte ou qu’une situation nous semble profondément injuste.

Développer sa sécurité intérieure ne signifie donc pas devenir indifférent.

La véritable question est : que faisons-nous de cette colère ?

Est-ce elle qui prend le contrôle ?

Est-ce que je passe mes journées à ruminer, commenter, combattre et alimenter intérieurement ce que je prétends vouloir voir disparaître ?

Ou suis-je capable d’entendre ce que cette émotion vient me dire, puis de choisir consciemment ce que je vais faire de mon énergie ?

La nuance est fondamentale.

Nos émotions peuvent devenir collectives

Nous connaissons tous ce phénomène sur les réseaux sociaux.

Une personne publie quelque chose qui provoque de l’indignation.

Une deuxième partage.

Une troisième commente.

Puis des milliers de personnes réagissent.

En quelques heures, une émotion individuelle devient un phénomène collectif.

Dans certaines traditions spirituelles, on parlera d’« égrégore » pour désigner une énergie collective alimentée par les pensées et les émotions d’un groupe.

Sans même devoir adhérer à cette interprétation énergétique, nous pouvons observer le mécanisme social : ce à quoi une communauté donne massivement son attention prend de l’ampleur.

Cela nous redonne une responsabilité individuelle.

Pas celle de contrôler le monde.

Celle de choisir ce que nous alimentons.

La sécurité intérieure permet de ne plus réagir à tout

Plus notre sécurité dépend de l’extérieur, plus nous avons besoin que l’extérieur corresponde à nos attentes.

Nous voulons que les autres pensent comme nous.

Qu’ils se comportent comme nous le souhaitons.

Que l’économie soit rassurante.

Que notre partenaire nous sécurise.

Que notre activité fonctionne.

Que personne ne nous critique.

Et dès qu’un élément bouge, nous bougeons avec lui.

Développer notre sécurité intérieure nous permet progressivement de créer un espace entre ce qui arrive et notre réaction.

Quelque chose se produit.

Je ressens une émotion.

Je l’accueille.

Puis je décide.

Je peux agir.

Je peux protester.

Je peux poser une limite.

Je peux créer une alternative.

Je peux aussi décider que cette situation ne mérite pas une heure supplémentaire de mon attention.

C’est là que je récupère mon pouvoir.

Où voulez-vous mettre votre énergie ?

Nous ne contrôlerons jamais tous les événements de notre existence.

Nous ne contrôlerons pas davantage l’ensemble du monde.

Mais nous pouvons devenir beaucoup plus conscients de l’endroit où nous déposons quotidiennement notre attention.

Et notre attention est précieuse.

Alors, lorsque quelque chose vous met en colère ou vous inquiète, essayez une question différente.

Ne demandez pas uniquement :

« Comment puis-je lutter contre cela ? »

Demandez-vous également :

« Quelle réalité ai-je envie de contribuer à construire à la place ? »

Puis consacrez davantage de temps, d’attention et d’actions à cette réponse.

C’est peut-être là que se trouve une forme beaucoup plus concrète de loi d’attraction : arrêter de donner l’essentiel de notre énergie à ce que nous ne voulons plus pour commencer à investir cette énergie dans ce que nous voulons voir exister.

Et plus notre sécurité intérieure grandit, moins nous avons besoin de combattre continuellement le monde pour nous sentir en sécurité.

Nous pouvons commencer à créer.

Et très souvent, créer procure beaucoup plus de joie que lutter.

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Stéphane Bride-Bonnot coach loi d'attraction
Stéphane Bride-Bonnot coach loi d'attraction