Pourquoi la pensée positive ne se suffit pas à elle-même ?

Pourquoi les mantras et les pensées positives ne suffisent pas à transformer votre vie

Vous avez découvert le développement personnel.

Vous avez commencé à lire des livres, regarder des vidéos, écouter des conférences, apprendre à mieux vous connaître. Peut-être êtes-vous également entré dans une dimension plus spirituelle de ce travail.

Alors vous avez découvert les affirmations positives, les mantras, la gratitude, la visualisation.

Chaque matin, vous vous répétez :

« Je mérite l’abondance. »

« J’ai confiance en moi. »

« Je m’aime. »

« Je suis capable. »

Vous partagez des citations positives, vous essayez de surveiller vos pensées et de remplacer le négatif par du positif.

Et pourtant…

Quelques mois ou quelques années plus tard, vous observez votre vie et certaines choses n’ont pratiquement pas changé.

Les mêmes peurs reviennent.

Les mêmes relations se répètent.

Vous savez intellectuellement énormément de choses sur vous, mais certaines situations continuent à provoquer exactement les mêmes réactions.

Alors une question finit par apparaître :

Pourquoi est-ce que je comprends autant de choses et que ma vie ne change pas davantage ?

Parce qu’il existe une différence fondamentale entre comprendre quelque chose avec sa tête et se sentir suffisamment en sécurité intérieurement pour le vivre.

Comprendre n’est pas transformer

Vous pouvez parfaitement savoir que vous devez poser vos limites et continuer à dire oui lorsque vous avez envie de dire non.

Vous pouvez savoir que vous avez de la valeur et vous effondrer intérieurement à la première critique.

Vous pouvez vous répéter que vous méritez d’être aimé et continuer à accepter des relations qui ne vous conviennent pas.

Vous pouvez affirmer chaque matin que vous avez confiance en vous et repousser depuis trois ans le projet qui vous tient profondément à cœur.

Il n’y a aucune contradiction.

Votre plan mental a compris.

Mais une autre partie de vous ne se sent peut-être toujours pas suffisamment en sécurité pour agir autrement.

Et c’est là que se trouve, selon moi, l’une des limites du développement personnel lorsqu’il reste exclusivement intellectuel.

À quoi peut servir un mantra ?

Je ne dis pas qu’un mantra ne sert à rien.

Une phrase répétée régulièrement peut orienter notre attention, nous aider à interrompre certaines pensées automatiques et nous rappeler la direction que nous souhaitons prendre.

Le problème apparaît lorsque nous attendons de cette phrase qu’elle réalise à elle seule un travail beaucoup plus profond.

Imaginez que vous vous répétiez :

« Je peux être moi-même. »

Très bien.

Mais si pendant votre enfance, être vous-même pouvait provoquer du conflit, du rejet, de la critique ou une perte d’attention, une partie de vous a peut-être appris exactement le contraire :

pour rester en sécurité, je dois m’adapter.

Vous pouvez alors répéter « Je peux être moi-même » cent fois chaque matin.

Au premier conflit, votre ancien mécanisme risque de reprendre le dessus.

Pas parce que vous avez raté votre mantra.

Pas parce que vous manquez de volonté.

Mais parce que lorsqu’une menace est ressentie, même symboliquement, nous avons tendance à revenir vers les stratégies qui nous ont autrefois permis de nous protéger.

Ce que nous appelons parfois l’ego cherche aussi à nous protéger

J’ai longtemps parlé du mental ou de l’ego comme de cette partie de nous responsable de nos souffrances.

Aujourd’hui, j’y ajouterais quelque chose d’important.

Cette partie cherche souvent à nous protéger.

Elle anticipe.

Elle compare.

Elle contrôle.

Elle imagine ce qui pourrait mal se passer.

Elle nous rappelle nos expériences précédentes.

Elle nous dit parfois de ne pas bouger parce qu’elle connaît la situation actuelle alors qu’elle ignore ce qui se trouve derrière la porte.

Et derrière beaucoup de ces mécanismes se trouvent des peurs profondément humaines :

La peur d’être rejeté.

La peur d’être abandonné.

La peur d’échouer.

La peur de manquer.

La peur de souffrir.

La peur de perdre l’amour ou la reconnaissance des autres.

Vouloir faire taire cette partie de nous à coups de pensées positives ne suffit donc pas toujours.

Il faut parfois comprendre ce qu’elle cherche à sécuriser.

La sécurité intérieure se construit dans l’expérience

C’est pour cela que je parle aujourd’hui autant de sécurité intérieure.

Parce que vous pouvez apprendre toutes les théories du monde sur la confiance en soi, cela ne remplacera jamais l’expérience de poser une limite et de découvrir que vous pouvez supporter la réaction de l’autre.

Vous pouvez lire cinquante livres sur l’amour de soi, cela ne remplacera pas l’expérience de vous respecter lorsqu’une situation ne vous convient plus.

Vous pouvez réciter tous les mantras possibles sur le changement, cela ne remplacera pas le moment où vous allez réellement faire ce premier pas malgré l’incertitude.

La transformation se produit lorsque quelque chose que vous aviez compris devient progressivement quelque chose que vous êtes capable de vivre.

Prendre le temps de prendre le temps

C’est là qu’une autre difficulté apparaît.

Nous voulons souvent travailler sur nous comme nous traitons le reste de notre agenda.

Dix minutes de méditation avant le café.

Une affirmation positive dans la voiture.

Une vidéo de développement personnel pendant le déjeuner.

Un exercice avant de dormir.

Puis nous repartons dans le rythme habituel.

Je ne dis pas que ces pratiques sont inutiles.

Mais peut-être avons-nous parfois besoin de quelque chose de beaucoup plus simple et beaucoup plus exigeant :

prendre le temps de prendre le temps.

Créer de véritables espaces dans lesquels nous n’avons rien à produire.

Nous rendre disponibles à nous-mêmes.

Observer ce qui se passe dans notre corps.

Écouter nos émotions.

Regarder les pensées qui reviennent.

Repérer ce qui nous met en tension.

Comprendre les situations dans lesquelles nous ne nous sentons plus en sécurité.

Cela peut se faire en marchant dans la nature, en restant dans le silence, en écrivant, en respirant, en méditant ou simplement en s’asseyant quelque part sans chercher immédiatement à remplir le vide.

Je préconisais autrefois plusieurs heures par jour, parfois jusqu’à six heures. Ce chiffre n’a rien d’une règle universelle. Ce qui me semble beaucoup plus important aujourd’hui, c’est la qualité de présence que nous nous accordons et sa régularité.

Attention à ne pas transformer le développement personnel en nouvelle fuite

C’est probablement l’un des paradoxes les plus intéressants.

Nous pouvons utiliser le développement personnel pour éviter de nous rencontrer.

Lire encore un livre.

Commencer une nouvelle formation.

Découvrir une nouvelle méthode.

Changer de thérapeute.

Tester une nouvelle méditation.

Apprendre un nouveau concept.

Et continuer ainsi pendant vingt ans.

Pendant ce temps, la question essentielle reste parfois intacte :

Qu’est-ce que je n’ose toujours pas regarder, ressentir ou changer dans ma vie ?

C’est une question beaucoup moins confortable qu’un mantra.

Parce qu’elle peut nous amener à constater que notre travail ne nous convient plus.

Que certaines relations doivent évoluer.

Que nous ne respectons pas certaines de nos limites.

Que nous vivons selon les attentes des autres.

Que nous courons en permanence parce que nous ne savons plus rester seuls avec nous-mêmes.

Et c’est précisément à cet endroit que commence le véritable travail.

La confiance ne se récite pas, elle se construit

Nous pouvons nous répéter :

« J’ai confiance dans la vie. »

Mais la véritable question est peut-être :

Comment est-ce que je réagis lorsque la vie ne se déroule pas comme prévu ?

Est-ce que je panique ?

Est-ce que je cherche immédiatement quelqu’un pour me rassurer ?

Est-ce que je renonce à ce que je voulais ?

Est-ce que je retourne vers ce que je connais, même lorsque cela ne me rend plus heureux ?

Ou suis-je progressivement capable de rester avec cette incertitude et de chercher ma réponse depuis un endroit intérieur plus stable ?

C’est cela, pour moi, construire sa sécurité intérieure.

Ce n’est pas devenir quelqu’un qui n’a plus peur.

C’est devenir quelqu’un qui n’est plus obligé d’obéir systématiquement à ses peurs.

Alors continuez à utiliser des mantras s’ils vous font du bien.

Continuez à lire.

Continuez à apprendre.

Mais ne confondez pas l’outil avec la transformation.

À un moment, il faut fermer le livre, couper la vidéo, laisser les phrases des autres de côté et revenir vers soi.

Parce que la question essentielle n’est peut-être pas :

« Qu’est-ce que je dois encore apprendre pour changer ma vie ? »

Mais plutôt :

« Qu’est-ce qui, en moi, a besoin de se sentir suffisamment en sécurité pour que j’ose enfin vivre ce que je sais déjà ? »

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Stéphane Bride-Bonnot coach loi d'attraction
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