Comment écouter les messages de la vie ?
Lâcher prise : pourquoi les réponses arrivent parfois quand nous arrêtons de les chercher
Il y a des moments dans la vie où nous aimerions simplement avoir une réponse.
Est-ce que je dois accepter cette proposition ?
Est-ce que cette personne est bonne pour moi ?
Est-ce que je dois continuer ou arrêter ?
Est-ce que je prends la bonne direction ?
Est-ce que je dois écouter ma tête ou mon intuition ?
Alors nous réfléchissons.
Encore.
Puis encore.
Nous faisons des listes.
Nous pesons le pour et le contre.
Nous demandons l’avis de nos proches.
Nous cherchons des signes.
Et parfois, plus nous cherchons la réponse, moins nous la trouvons.
C’est précisément dans ces moments-là que le lâcher-prise peut devenir intéressant.
Non pas comme une technique magique permettant d’obtenir immédiatement une réponse de l’Univers.
Mais comme la capacité à nous sentir suffisamment en sécurité pour accepter, pendant un moment :
« Je ne sais pas encore. »
Nous voulons souvent une réponse pour faire disparaître l’incertitude
Pourquoi certaines décisions occupent-elles autant notre esprit ?
Parce qu’elles ont un enjeu.
Nous avons peur de nous tromper.
Peur de perdre quelque chose.
Peur de regretter.
Peur de faire le mauvais choix.
Nous aimerions donc obtenir une certitude avant d’agir.
Et lorsque cette certitude ne vient pas, le mental continue à travailler.
Il imagine.
Il anticipe.
Il construit des scénarios.
Il revient sur le passé.
Il cherche des preuves.
Mais derrière cette recherche incessante se trouve souvent une question beaucoup plus profonde :
« Est-ce que je suis suffisamment en sécurité pour avancer sans connaître parfaitement la suite ? »
Lâcher prise ne signifie pas abandonner
Le lâcher-prise est parfois mal compris.
Lâcher prise ne signifie pas :
« Je m’en fiche. »
Ce n’est pas renoncer à réfléchir.
Ce n’est pas arrêter d’agir.
Ce n’est pas remettre systématiquement notre vie entre les mains du destin.
Et ce n’est certainement pas attendre passivement qu’un signe extérieur décide à notre place.
Pour moi, lâcher prise signifie davantage :
j’ai fait ce qui était raisonnablement possible avec les informations dont je dispose, et j’accepte maintenant de ne pas tout contrôler.
Cette nuance change beaucoup de choses.
Revenir à l’instant présent
Lorsque nous sommes confrontés à une incertitude, nous vivons facilement dans le futur.
« Et si ça ne fonctionne pas ? »
« Et si je regrette ? »
« Et si je perds de l’argent ? »
« Et si cette personne me déçoit ? »
« Et si je fais une erreur ? »
Pourtant, au moment précis où toutes ces questions traversent notre esprit, que se passe-t-il réellement ?
Peut-être sommes-nous simplement assis dans notre salon.
Peut-être marchons-nous dans la nature.
Peut-être buvons-nous un café.
Peut-être que, dans cet instant précis, rien ne nécessite une réponse immédiate.
Revenir au présent permet alors de distinguer le problème réel du moment de tous les problèmes potentiels fabriqués par notre anticipation.
Se contenter du présent ne signifie pas renoncer à vouloir davantage
J’écrivais autrefois qu’il fallait « se contenter de ce que nous avons dans l’instant T ».
Je préciserais aujourd’hui cette idée.
Nous pouvons être présents à ce que nous avons sans renoncer à nos ambitions.
Je peux apprécier ma situation actuelle et vouloir qu’elle évolue.
Je peux être reconnaissant et avoir un projet.
Je peux aimer ma vie et souhaiter encore la transformer.
Le présent n’est pas une prison.
Il est simplement le seul endroit depuis lequel nous pouvons réellement agir.
Et si vous êtes spirituel ?
Personnellement, j’ai longtemps parlé des guides spirituels, de l’Univers, des signes et des synchronicités.
Ces dimensions peuvent avoir une place dans notre manière de donner du sens à ce que nous vivons.
Certaines personnes prient.
D’autres demandent à leurs guides.
D’autres parlent à l’Univers.
D’autres encore préfèrent parler d’intuition, d’inconscient ou simplement laisser leur cerveau traiter une question sans intervenir.
Je ne ressens pas aujourd’hui le besoin de décider pour les autres quelle interprétation est la bonne.
Ce qui m’intéresse davantage, c’est ce qui se passe lorsque nous posons une question… puis que nous arrêtons de nous acharner à trouver immédiatement la réponse.
Cet après-midi-là, ma réponse est arrivée dans un rêve
Je me souviens d’une expérience très simple.
J’avais une question.
Un doute.
Je cherchais intérieurement une réponse.
Puis j’ai fait une sieste.
Et pendant cette sieste, j’ai rêvé.
Je ne vais pas raconter ici la question ni le contenu précis du rêve, parce que ce n’est finalement pas le plus important.
Ce dont je me souviens, en revanche, c’est de la présence d’éléphants.
Dans mon expérience de l’époque, j’ai vécu ce rêve comme une réponse.
L’éléphant représentait pour moi quelque chose de puissant.
Une forme de force tranquille.
De stabilité.
De sagesse.
Et cette image m’a parlé.
Puis l’éléphant est réapparu
Le plus amusant est arrivé quelques heures plus tard.
En fin d’après-midi, nous sommes tombés sur un éléphant.
Pas un éléphant vivant au milieu de la rue, évidemment, mais un objet représentant cet animal.
Et cet éléphant est finalement rentré avec nous à la maison.
Hasard ?
Synchronicité ?
Mon attention avait-elle simplement été sensibilisée à cet animal par mon rêve ?
Un signe ?
Je pourrais essayer de trancher.
Mais finalement, est-ce réellement nécessaire ?
Une synchronicité peut être utile sans devenir une vérité absolue
C’est probablement ce que je regarderais différemment aujourd’hui.
Lorsque nous vivons une coïncidence particulièrement forte, nous pouvons immédiatement vouloir lui donner une signification.
« L’Univers me dit de faire ça. »
« C’est forcément un signe. »
« Mes guides viennent de confirmer ma décision. »
Pourquoi pas.
Mais attention à ne pas déplacer notre pouvoir de décision vers l’extérieur.
Parce que nous pouvons aussi utiliser les signes pour essayer d’échapper à l’incertitude.
Et nous revenons alors exactement au problème de départ.
La sécurité intérieure ne consiste pas à obtenir davantage de signes
Elle consiste peut-être à en avoir moins besoin.
Je peux remarquer une synchronicité.
Je peux sourire.
Je peux observer ce qu’elle provoque en moi.
Je peux même décider de lui donner une signification personnelle.
Mais je conserve ma responsabilité.
L’éléphant ne décide pas à ma place.
Le rêve ne décide pas à ma place.
Une carte de tarot ne décide pas à ma place.
Un thérapeute ne décide pas à ma place.
Un proche ne décide pas à ma place.
Même mon intuition mérite parfois d’être confrontée aux faits.
Je peux accueillir toutes ces informations sans abandonner mon discernement.
Le cerveau continue de travailler lorsque nous arrêtons consciemment de chercher
Nous connaissons tous cette expérience.
Impossible de retrouver un nom.
Nous cherchons.
Nous forçons.
Rien.
Puis nous passons à autre chose.
Et vingt minutes plus tard, sous la douche :
« Ça y est ! »
Le nom revient.
Nous pouvons observer le même phénomène avec certaines idées ou certains problèmes.
Une réponse apparaît pendant une promenade.
Au réveil.
Dans un rêve.
En cuisinant.
En discutant de complètement autre chose.
Ce n’est pas nécessairement magique.
Notre cerveau continue de traiter énormément d’informations sans que nous ayons besoin de maintenir consciemment la pression.
Le lâcher-prise crée alors de l’espace.
Pourquoi nos rêves peuvent-ils nous parler ?
Nos rêves peuvent reprendre des préoccupations, des souvenirs, des émotions et des éléments vécus pendant nos journées.
Ils peuvent créer des associations surprenantes.
Parfois absurdes.
Parfois extrêmement pertinentes pour nous.
Cela ne prouve pas nécessairement qu’une information extérieure nous a été envoyée.
Mais cela ne retire rien à la puissance subjective de l’expérience.
Une image apparue dans un rêve peut déclencher une compréhension que nous n’arrivions pas à atteindre par la réflexion volontaire.
C’est ce qui compte.
Posez votre question, puis vivez
Lorsque vous êtes confronté à un doute, vous pouvez donc essayer quelque chose de très simple.
Clarifiez la question.
Regardez les faits.
Identifiez ce que vous ressentez.
Demandez-vous ce que vous voulez réellement.
Si votre spiritualité vous y invite, posez la question à Dieu, à l’Univers, à vos guides ou à ce qui fait sens pour vous.
Puis…
allez vivre.
Marchez.
Dormez.
Faites du sport.
Cuisinez.
Passez du temps dans la nature.
Faites autre chose.
Arrêtez pendant quelques heures de réclamer une réponse.
« Je ne sais pas » peut être une position extrêmement solide
Nous avons souvent associé la sécurité à la certitude.
Je sais ce qui va arriver, donc je suis tranquille.
Mais la vie fonctionne rarement ainsi.
Nous ne savons pas exactement ce que donnera une relation.
Nous ne savons pas si un projet fonctionnera.
Nous ne savons pas quelle rencontre aura lieu dans six mois.
Nous ne savons même pas précisément qui nous serons dans quelques années.
Alors peut-être existe-t-il une sécurité beaucoup plus profonde :
être capable de ne pas savoir sans immédiatement paniquer.
Je ne sais pas encore.
Et c’est OK.
Je vais observer.
Je vais écouter.
Je vais continuer à vivre.
Et lorsque j’aurai suffisamment d’éléments, je déciderai.
Le lâcher-prise n’est peut-être rien d’autre que cela
Arrêter de vouloir obtenir immédiatement la garantie que tout ira comme nous le souhaitons.
Revenir à ce qui existe maintenant.
Faire ce qui dépend de nous.
Puis laisser un peu d’espace à ce qui ne dépend pas de nous.
Et parfois, au milieu de cet espace, quelque chose apparaît.
Une idée.
Une évidence.
Une conversation.
Un rêve.
Ou même un éléphant.
Libre à chacun d’appeler cela intuition, inconscient, hasard, synchronicité ou réponse de l’Univers.
L’essentiel, pour moi, est ailleurs :
est-ce que je suis suffisamment en sécurité intérieurement pour écouter ce qui arrive sans avoir besoin de forcer la réponse ?
Parce que certaines réponses apparaissent peut-être simplement lorsque nous cessons de faire tellement de bruit pour les entendre.
Nous sommes #TousFormidable.












