Comment se reconnecter à son âme ?
Se retrouver seul avec soi-même : et si le silence développait votre sécurité intérieure ?
Nous vivons dans un environnement qui sollicite notre attention presque en permanence.
Les informations.
Les réseaux sociaux.
Les notifications.
Les messages.
Le travail.
La famille.
Les conversations.
Les problèmes des autres.
Les opinions des uns et des autres.
Nous absorbons une quantité considérable d’informations et, sans forcément nous en rendre compte, toutes ces informations continuent ensuite à vivre dans notre tête.
Nous réfléchissons à ce que nous avons entendu.
Nous anticipons.
Nous comparons.
Nous imaginons.
Nous répondons intérieurement à des conversations qui sont déjà terminées.
Nous nous demandons ce que les autres vont penser.
Et au milieu de tout ce bruit, une question devient intéressante :
Comment savoir ce que je veux réellement si je ne suis jamais suffisamment seul pour m’entendre ?
Se couper momentanément du collectif
Quand je parle de se retrouver seul, je parle d’une véritable solitude choisie.
Pas seul avec la télévision.
Pas seul avec Facebook.
Pas seul avec un podcast dans les oreilles.
Pas même seul avec son conjoint, ses enfants ou son animal.
Simplement vous avec vous-même.
Sans stimulation particulière.
Sans information supplémentaire à absorber.
Sans personne à qui répondre.
Cela peut durer dix minutes, trente minutes, une heure ou davantage.
La durée m’intéresse moins que l’expérience.
Parce qu’à partir du moment où le bruit extérieur disparaît, nous commençons à découvrir le bruit intérieur.
Et il peut être impressionnant.
Le silence extérieur ne produit pas immédiatement le silence intérieur
C’est probablement l’une des premières surprises.
Vous vous asseyez tranquillement en pensant :
« Maintenant, je vais faire le vide. »
Et soudain, votre cerveau vous rappelle tout.
Le message auquel vous n’avez pas répondu.
La facture à payer.
Ce que quelqu’un vous a dit hier.
Le rendez-vous de jeudi.
Une conversation vieille de cinq ans.
Ce que vous allez manger ce soir.
Le projet que vous devriez commencer.
Une inquiétude qui n’avait absolument rien demandé mais qui décide précisément maintenant de venir vous rendre visite.
Cela ne signifie pas que vous ne savez pas vous poser.
Cela montre simplement à quel point votre cerveau est habitué à produire, anticiper et traiter de l’information.
Et c’est justement pour cette raison que cette expérience est intéressante.
Pourquoi avons-nous parfois autant de mal à ne rien faire ?
Parce que l’activité peut aussi devenir une manière de nous sécuriser.
Faire donne l’impression d’avancer.
Contrôler donne l’impression de maîtriser.
Anticiper donne l’impression de prévenir les problèmes.
Regarder son téléphone donne immédiatement quelque chose à notre cerveau sur lequel porter son attention.
Le silence, lui, ne nous donne rien.
Et c’est précisément ce qui peut devenir inconfortable.
Lorsque nous retirons les stimulations extérieures, nous nous retrouvons face à ce qui était déjà présent en nous.
Nos pensées.
Nos tensions.
Nos envies.
Nos peurs.
Nos frustrations.
Notre fatigue.
Parfois même une question que nous évitions depuis longtemps.
La sécurité intérieure commence aussi ici : dans notre capacité à rester avec nous-mêmes sans avoir immédiatement besoin d’une distraction pour nous sentir mieux.
Ne cherchez pas à combattre votre mental
Une erreur classique consiste à vouloir absolument arrêter de penser.
Plus nous nous répétons :
« Il faut que je ne pense à rien »,
plus nous surveillons nos pensées.
Et plus nous les surveillons, plus nous pensons.
Je préfère une approche beaucoup plus simple.
Observer.
Une pensée arrive ?
Elle arrive.
Pas besoin de la poursuivre.
Pas besoin non plus de la chasser.
Revenez à votre respiration.
Aux sensations de votre corps.
Aux bruits qui vous entourent.
À ce qui existe ici et maintenant.
Puis une autre pensée apparaîtra probablement.
Observez-la également.
Petit à petit, quelque chose peut se calmer.
Trouvez votre propre porte d’entrée vers le silence
Tout le monde n’est pas à l’aise avec le fait de s’asseoir immobile pendant trente minutes.
Et ce n’est pas grave.
Il existe d’autres chemins.
Jardiner.
Marcher.
Courir.
Peindre.
Dessiner.
Cuisiner.
Coudre.
Écrire.
Bricoler.
Faire de la musique.
Observer la mer.
Travailler le bois.
S’occuper des plantes.
L’activité importe finalement assez peu.
Ce qui compte, c’est ce moment où vous êtes tellement absorbé par ce que vous faites que le commentaire permanent de votre cerveau diminue.
Vous ne regardez plus l’heure.
Vous ne vous demandez plus ce que pensent les autres.
Vous êtes simplement là.
Quand nous faisons ce que nous aimons, notre rapport au temps change
Nous avons tous probablement déjà vécu cette expérience.
Vous commencez quelque chose que vous aimez profondément.
Puis vous regardez l’heure.
Deux heures se sont écoulées alors que vous aviez l’impression que vingt minutes venaient de passer.
Cet état est intéressant parce qu’il nous renseigne sur nous-mêmes.
Il nous montre les activités dans lesquelles nous pouvons nous engager sans avoir constamment besoin d’une récompense extérieure.
Nous ne faisons pas uniquement pour obtenir.
Nous faisons parce que l’expérience elle-même nous nourrit.
C’est ce que j’appelle volontiers être connecté à son âme.
Quelqu’un d’autre parlera d’intuition, d’alignement, d’état de flow, de présence ou simplement de connexion à soi.
Le vocabulaire m’importe moins que ce qui est vécu.
Mais suivre son cœur ne signifie pas supprimer toutes les contraintes
J’ai longtemps exprimé les choses de manière très radicale :
« Vous avez envie de faire, vous faites. Vous n’avez pas envie, vous ne faites pas. »
Aujourd’hui, j’y apporterais une nuance importante.
La vie comporte des responsabilités.
Nous pouvons aimer profondément notre activité et avoir parfois une tâche que nous n’avons aucune envie de réaliser.
Nous pouvons être alignés avec nos valeurs et devoir respecter un rendez-vous.
Nous pouvons vivre de notre passion et avoir de la comptabilité à faire.
La liberté intérieure ne consiste donc pas nécessairement à supprimer toute contrainte.
Elle consiste davantage à ne pas construire l’ensemble de notre existence autour de contraintes qui nous éloignent durablement de nous-mêmes.
Le problème n’est pas le travail, mais l’endroit intérieur depuis lequel nous le vivons
Travailler uniquement avec la peur de manquer peut nous enfermer.
« Je ne peux pas partir. »
« Je ne trouverai jamais autre chose. »
« Je dois supporter ça pour payer mes factures. »
« Je n’ai pas le choix. »
Lorsque toute notre existence se construit autour de la peur, notre champ de possibilités se rétrécit.
La sécurité intérieure permet progressivement de remplacer :
« Je n’ai pas le choix »
par :
« Quels choix sont réellement disponibles aujourd’hui, même s’ils sont imparfaits ? »
Ce changement paraît subtil.
Il remet pourtant du mouvement là où nous nous sentions enfermés.
Le silence permet de distinguer nos envies de nos protections
C’est probablement l’un de ses plus grands intérêts.
Lorsque nous sommes constamment plongés dans les opinions extérieures, il devient difficile de distinguer :
ce que nous voulons,
ce que les autres attendent,
ce que la société considère comme raisonnable,
et ce que nos propres peurs nous interdisent d’imaginer.
Le silence crée un espace.
Et dans cet espace peuvent apparaître des questions différentes.
Qu’est-ce qui me nourrit réellement ?
Qu’est-ce qui m’épuise ?
Qu’est-ce que je continue à faire uniquement par habitude ?
Qu’est-ce que je ferais différemment si je n’avais rien à prouver ?
Qu’est-ce que je sais déjà au fond de moi mais que je n’ose pas encore écouter ?
C’est ici que l’intuition peut devenir plus perceptible.
L’intuition ne crie pas forcément
Nous imaginons parfois l’intuition comme une révélation spectaculaire.
Dans mon expérience, elle peut être beaucoup plus discrète.
Une sensation.
Une évidence calme.
Une direction qui revient régulièrement.
Un « oui » intérieur difficile à expliquer rationnellement.
Ou au contraire une contraction lorsque nous envisageons quelque chose qui ne nous correspond plus.
Mais pour entendre ces signaux, encore faut-il laisser suffisamment d’espace entre deux pensées.
C’est pour cela que ralentir peut devenir extrêmement puissant.
Construire sa sécurité intérieure dans le silence
Vous pouvez commencer très simplement.
Choisissez un moment où vous êtes relativement disponible.
Coupez votre téléphone.
Éloignez les écrans.
Ne cherchez aucune information.
Et restez quelques minutes avec vous-même.
Vous pouvez marcher.
Vous asseoir.
Regarder dehors.
Respirer.
Peu importe.
Observez simplement ce qui se présente sans chercher immédiatement à résoudre quoi que ce soit.
Au début, vous entendrez probablement surtout votre mental.
Puis, à force de créer ces espaces, vous apprendrez peut-être à distinguer autre chose.
Vos besoins.
Vos limites.
Vos véritables envies.
Votre fatigue.
Vos valeurs.
Votre intuition.
Et plus vous connaissez ce qui se passe à l’intérieur de vous, moins vous avez besoin de demander constamment à l’extérieur comment vous devriez vivre.
C’est peut-être cela, finalement, se reconnecter à son âme.
Non pas fuir le monde.
Mais être suffisamment connecté à soi pour pouvoir retourner dans le monde sans s’y perdre.
Quand avez-vous passé pour la dernière fois un vrai moment seul avec vous-même, sans écran, sans distraction et sans rien avoir à accomplir ?
Nous sommes #TousFormidable.












