Comment choisir ses priorités ?

Apprendre à prioriser : et si votre première priorité, c’était vous ?

Nous vivons dans une société où beaucoup de personnes ont l’impression de courir en permanence.

Courir pour travailler.

Courir pour gérer la maison.

Courir pour les enfants.

Courir pour répondre aux messages.

Courir pour respecter les rendez-vous.

Courir pour terminer ce qui aurait déjà dû être terminé hier.

Et lorsqu’une petite fenêtre se libère enfin, nous trouvons souvent quelque chose d’autre à y mettre.

Le résultat ?

Nous pouvons devenir extrêmement efficaces pour gérer notre vie tout en oubliant progressivement de la vivre.

C’est ici qu’intervient une notion qui me paraît fondamentale lorsqu’on parle de sécurité intérieure : apprendre à prioriser.

Parce qu’une journée ne contient que 24 heures.

Et aucune méthode d’organisation ne permettra d’en ajouter une vingt-cinquième.

Prioriser, c’est accepter de choisir

Voilà peut-être la première difficulté.

Lorsque nous établissons une priorité, nous décidons nécessairement que quelque chose d’autre attendra.

Et cela peut réveiller beaucoup de choses.

La peur de décevoir.

La peur de prendre du retard.

La peur de perdre une opportunité.

La peur que quelqu’un nous trouve égoïste.

La peur que tout s’écroule si nous ne sommes pas là.

Nous pouvons alors continuer à tout accepter, tout simplement parce que dire « non » nous met davantage en insécurité que de nous surcharger.

Le problème n’est donc pas toujours un problème d’agenda.

Il peut être beaucoup plus profond.

Pourquoi avons-nous autant de mal à nous arrêter ?

Prenons une situation extrêmement simple.

Vous êtes épuisé.

Votre corps vous demande du repos.

Mais votre tête répond immédiatement :

« Je ne peux pas. »

Pourquoi ?

Parce qu’il y a les courses.

Les dossiers.

Le ménage.

Les enfants.

Le client.

Les mails.

Le rendez-vous.

La comptabilité.

Et cette fameuse liste de choses qui, dans notre esprit, ne peuvent absolument pas attendre.

Alors nous continuons.

Et parfois, nous sommes même fiers de continuer.

Jusqu’au moment où notre organisme nous impose lui-même un ralentissement.

Votre corps ne négocie pas indéfiniment

Dans mon ancien texte, j’expliquais cela à travers les « énergies d’incarnation » et j’affirmais que ne pas les suivre conduisait tôt ou tard à la maladie.

Je serais aujourd’hui beaucoup plus prudent avec cette relation de cause à effet.

Toutes les maladies ne viennent évidemment pas d’un mauvais choix de vie ou d’un manque d’écoute de soi.

En revanche, nous savons que le manque chronique de récupération, le stress prolongé et le manque de sommeil peuvent avoir des conséquences importantes sur notre santé et notre fonctionnement.

Nous n’avons donc pas besoin d’attendre d’être complètement épuisés pour considérer le repos comme légitime.

Si vous êtes fatigué, commencez par vous reposer

Cette phrase de mon ancien texte, je la conserve.

Parce qu’elle paraît évidente.

Et pourtant, combien de fois faisons-nous exactement l’inverse ?

Nous sommes fatigués, donc nous prenons un café et continuons.

Nous sommes saturés, donc nous essayons d’aller encore plus vite pour terminer.

Nous n’arrivons plus à réfléchir, donc nous passons deux heures supplémentaires devant l’ordinateur.

Nous devenons irritables, mais nous ajoutons encore un engagement.

Comme si le repos devait être mérité.

Comme si nous pouvions nous arrêter uniquement lorsque tout serait terminé.

Mais tout ne sera jamais terminé.

Le monde continuera sans vous

J’utilisais autrefois une image volontairement provocatrice :

le jour où vous serez dans votre cercueil, pensez-vous que la Terre s’arrêtera de tourner ?

La réponse est évidemment non.

Alors pourquoi avons-nous parfois l’impression que nous ne pouvons pas nous arrêter pendant une heure ?

Cette question peut être inconfortable.

Parce qu’elle vient toucher notre sentiment d’importance et parfois notre besoin d’être indispensable.

« Sans moi, ça ne fonctionne pas. »

Peut-être.

Mais si un système ne fonctionne que parce que vous vous épuisez continuellement pour le maintenir, il mérite probablement d’être interrogé.

La sécurité intérieure permet de ne plus être indispensable partout

Il existe une forme d’insécurité particulièrement discrète : avoir besoin que les autres aient besoin de nous.

Nous répondons immédiatement.

Nous rendons service.

Nous prenons en charge.

Nous anticipons.

Nous réparons.

Nous nous rendons disponibles.

Et nous pouvons appeler cela de la générosité.

Parfois, ça l’est réellement.

Mais parfois, derrière cette disponibilité permanente se cache une peur :

« Que se passera-t-il si je ne suis plus indispensable ? »

Est-ce que l’on m’aimera encore ?

Est-ce que l’on pensera encore à moi ?

Est-ce que je conserverai ma place ?

Prendre soin de soi demande alors beaucoup plus qu’une bonne organisation.

Cela demande suffisamment de sécurité intérieure pour laisser parfois les autres se débrouiller sans nous.

Toutes les urgences ne sont pas vos urgences

Voilà une distinction que nous pouvons apprendre à faire.

Quelqu’un vous envoie un message urgent.

Est-il urgent pour vous ?

Un client souhaite une réponse immédiatement.

Devez-vous réellement répondre immédiatement ?

Quelqu’un rencontre un problème.

Êtes-vous forcément la personne qui doit le résoudre ?

Une demande arrive dans votre journée.

Doit-elle automatiquement modifier ce que vous aviez décidé de faire ?

Nous sommes devenus extrêmement réactifs.

Le téléphone sonne : nous répondons.

Une notification apparaît : nous regardons.

Un mail arrive : nous ouvrons.

Une personne demande : nous nous adaptons.

À force de réagir aux priorités des autres, nous pouvons terminer notre journée sans avoir consacré de temps à ce qui était important pour nous.

Votre « être » doit retrouver une place dans l’agenda

Dans mon texte initial, je disais que la première « priorité prioritaire » concernait notre être.

Je garde volontairement cette idée.

Avant de vouloir optimiser votre productivité, demandez-vous dans quel état se trouve celui qui doit produire.

Avez-vous dormi suffisamment ?

Avez-vous besoin de calme ?

Votre corps a-t-il besoin de bouger ?

Avez-vous mangé correctement ?

Avez-vous besoin de vous isoler quelques instants ?

Avez-vous encore de l’espace mental disponible ?

Parce qu’un agenda parfaitement organisé ne compensera jamais complètement un être humain arrivé à saturation.

Se reposer n’est pas forcément ne rien faire

Le repos peut prendre des formes très différentes.

Dormir.

Marcher.

Passer du temps dans la nature.

Lire.

Faire du sport si cela vous ressource.

Cuisiner tranquillement.

Écouter de la musique.

Rester seul.

Passer du temps avec quelqu’un auprès de qui vous n’avez rien à prouver.

Parfois même, travailler sur quelque chose qui nous passionne peut être moins épuisant que certaines activités supposées être du repos.

La question devient donc :

qu’est-ce qui me permet réellement de récupérer ?

La réponse vous appartient.

Prioriser aujourd’hui pour retrouver de la liberté demain

Il y avait également une idée importante dans mon ancien texte : les priorités d’aujourd’hui ne sont pas nécessairement celles de demain.

Vous pouvez décider pendant trois mois de concentrer beaucoup d’énergie sur un projet.

Vous pouvez temporairement réduire certaines activités.

Refuser quelques invitations.

Reporter certaines envies.

Cela ne signifie pas que votre vie sera organisée ainsi éternellement.

Une bonne priorité doit idéalement produire quelque chose.

De la stabilité.

Du temps.

De l’argent.

De la sérénité.

Une compétence.

Une résolution.

Un espace supplémentaire.

Autrement dit, certains choix d’aujourd’hui devraient permettre davantage de choix demain.

La dispersion coûte cher

Nous sous-estimons souvent le coût de la dispersion.

Commencer un dossier.

Regarder son téléphone.

Revenir au dossier.

Répondre à un mail.

Revenir.

Penser à autre chose.

Ouvrir un nouvel onglet.

Répondre à quelqu’un.

Puis essayer de retrouver ce que nous étions en train de faire.

À la fin de la journée, nous avons été occupés pendant huit heures avec parfois l’impression de n’avoir réellement avancé sur rien.

La concentration économise de l’énergie.

Choisir une chose et être pleinement avec elle permet souvent d’en faire davantage que d’essayer de tout faire simultanément.

Posez-vous trois questions avant de remplir davantage votre journée

Lorsque quelque chose réclame votre temps, vous pouvez commencer par vous demander :

Est-ce réellement important pour moi ?

Est-ce réellement à moi de le faire ?

Est-ce réellement à faire maintenant ?

Ces trois questions peuvent retirer beaucoup de choses d’un agenda.

Et ce qui disparaît de l’agenda crée de l’espace.

Or l’espace n’est pas du vide inutile.

L’espace permet de respirer.

De réfléchir.

D’écouter.

De récupérer.

De décider.

La sécurité intérieure, c’est aussi pouvoir s’arrêter sans culpabiliser

Nous pouvons facilement nous sentir en sécurité lorsque nous contrôlons tout.

Lorsque tout est organisé.

Lorsque toutes les demandes ont reçu une réponse.

Lorsque toutes les tâches sont cochées.

Mais pouvons-nous nous sentir suffisamment en sécurité pour nous arrêter alors que certaines choses restent à faire ?

C’est une autre expérience.

Fermer l’ordinateur.

Laisser un message sans réponse jusqu’à demain.

Dire non à une demande.

Annuler quelque chose lorsque nous sommes épuisés.

Dormir.

Prendre deux heures pour marcher alors qu’une liste de tâches nous attend.

Et constater que le monde continue effectivement de tourner.

Vous n’avez pas à sacrifier votre présent pour gérer votre vie

L’organisation devrait être au service de la vie.

Pas l’inverse.

Être organisé ne consiste pas à réussir à mettre davantage de choses dans une journée.

Cela peut aussi consister à savoir ce que nous allons volontairement retirer.

Parce qu’au bout du compte, la question n’est peut-être pas :

« Comment puis-je réussir à tout faire ? »

Mais plutôt :

« Qu’est-ce qui mérite réellement mon temps, mon attention et mon énergie aujourd’hui ? »

Et lorsque vous ne savez plus répondre, revenez à la base.

Vous êtes épuisé ?

Reposez-vous.

Vous êtes dispersé ?

Réduisez.

Vous êtes saturé ?

Arrêtez d’ajouter.

Vous avez besoin d’espace ?

Créez-le.

Votre sécurité intérieure se construit aussi lorsque vous découvrez que vous pouvez arrêter de tout porter sans que votre monde s’effondre.

Vous n’êtes pas venu uniquement remplir des journées.

Vous êtes aussi venu les vivre.

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Stéphane Bride-Bonnot coach loi d'attraction
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