Savez-vous exactement ce que vous voulez ?
Pourquoi vous n’arrivez plus à savoir ce que vous voulez vraiment
Il suffit parfois de commencer à observer ses pensées pour découvrir à quel point elles peuvent partir dans tous les sens.
À 8 heures, je veux quelque chose.
À 8h10, je vois une publication qui me donne une autre idée.
À 8h20, je me demande finalement si je ne devrais pas prendre une direction complètement différente.
Puis une ancienne expérience revient :
« Attention, la dernière fois ça s’est mal passé. »
Une autre pensée intervient :
« Oui, mais si je fais ça, qu’est-ce que les autres vont penser ? »
Et quelques minutes plus tard, je ne sais déjà plus ce que je voulais au départ.
Nous pouvons vivre ainsi pendant des journées entières.
Et parfois pendant des années.
À force de regarder partout, nous finissons par ne plus savoir où nous voulons aller.
Observer ses pensées permet de découvrir notre dispersion
Prenez une feuille et posez-vous cette question :
Qu’est-ce que je veux réellement aujourd’hui ?
Pas ce qu’il serait raisonnable de vouloir.
Pas ce que vos parents voudraient.
Pas ce que votre conjoint attend.
Pas ce que les réseaux sociaux vous donnent soudainement envie de posséder.
Pas ce qui vous permettrait d’être reconnu.
Qu’est-ce que vous voulez ?
La question paraît simple.
Pourtant, lorsqu’on prend réellement le temps d’y répondre, elle peut devenir beaucoup plus difficile.
Parce que plusieurs voix peuvent parler simultanément en nous.
Il y a nos envies.
Nos peurs.
Nos habitudes.
Nos anciennes expériences.
Nos besoins de reconnaissance.
Les attentes de notre environnement.
Et lorsque tout cela se mélange, nous perdons en clarté.
Imaginez votre attention comme un téléchargement
J’utilisais autrefois une métaphore que je trouve toujours intéressante.
Imaginez que votre esprit soit un ordinateur.
Vous décidez à 8 heures de télécharger un énorme fichier.
Le téléchargement commence.
Mais à 8h10, vous changez d’avis et lancez autre chose.
Puis à 8h20, encore autre chose.
À 8h30, une nouvelle idée apparaît.
Vous passez continuellement d’un fichier à l’autre.
Que se passe-t-il ?
Rien ne va vraiment au bout.
Évidemment, un ordinateur peut techniquement télécharger plusieurs fichiers simultanément. Mais comme métaphore de notre attention, l’image reste pertinente.
Notre temps, notre énergie mentale et notre capacité d’action sont limités.
À force de modifier continuellement notre direction, nous diluons nos ressources.
Le problème n’est pas d’avoir plusieurs envies
Nous pouvons évidemment avoir plusieurs projets.
Plusieurs passions.
Plusieurs objectifs.
Et nous pouvons changer d’avis.
La clarté ne signifie pas choisir une direction à 30 ans et être condamné à la suivre jusqu’à notre dernier jour.
Le problème apparaît lorsque nous ne restons jamais suffisamment longtemps dans une direction pour découvrir ce qu’elle peut produire.
Nous plantons une graine.
Deux jours plus tard, nous la déterrons pour voir si elle pousse.
Puis nous plantons autre chose.
Puis autre chose.
Quelques mois plus tard, nous regardons notre terrain et nous nous demandons pourquoi rien n’a réellement grandi.
Derrière la dispersion se cache parfois l’insécurité
C’est ici que je relis aujourd’hui cet ancien texte à la sécurité intérieure.
Pourquoi changeons-nous autant de direction ?
Pas toujours parce que nous sommes curieux ou créatifs.
Parfois parce que nous doutons.
Nous décidons de lancer un projet.
Puis quelqu’un nous dit :
« Tu es sûr que ça va marcher ? »
Le doute apparaît.
Nous voyons ensuite quelqu’un réussir avec un autre modèle.
Nous nous demandons si nous ne devrions pas l’imiter.
Puis une opportunité financière se présente.
Elle ne correspond pas vraiment à ce que nous voulons construire, mais elle rapporte immédiatement.
Nous hésitons.
À chaque fois, notre direction intérieure se retrouve mise en concurrence avec une promesse de sécurité extérieure.
J’ai vécu exactement cela lorsque je suis devenu coach
Lorsque j’ai décidé de devenir coach, mon environnement ne comprenait pas forcément ce que je voulais construire.
Pour certains de mes proches, je parlais presque chinois.
Et mon contexte financier n’aidait évidemment pas.
Après le cataclysme que j’avais vécu en 2016 et 2017, il aurait été beaucoup plus rassurant, vu de l’extérieur, que je retourne vers un métier que je connaissais.
On pouvait me dire :
« Tu ferais mieux de retourner maçon. »
Et je pouvais comprendre cette logique.
D’un côté, j’avais envie de construire ma nouvelle activité.
De l’autre, j’avais peur.
Peur de ne pas gagner suffisamment.
Peur de sortir du moule.
Peur de me tromper.
Peur des conséquences financières.
Le problème n’était donc pas uniquement mon projet.
Le problème était :
depuis quel endroit intérieur vais-je chercher cette réponse ?
Quand la peur décide, nous changeons facilement de direction
Au début, je me suis beaucoup dispersé.
Qu’est-ce que je propose ?
Des séances ?
Quel accompagnement ?
À quel prix ?
Pour qui ?
Sous quelle forme ?
Je cherchais.
Je testais.
Je doutais.
Et pendant ce temps, j’avais l’impression de faire beaucoup de choses sans réellement avancer.
Puis j’ai commencé à clarifier.
Au lieu de penser :
« Je voudrais devenir coach »
ou :
« Un jour, je serai coach »,
j’ai commencé à considérer :
« Je suis coach. Maintenant, comment est-ce que je veux exercer ce métier ? »
Cette différence peut sembler uniquement sémantique.
Pour moi, elle ne l’était pas.
J’avais arrêté de demander continuellement l’autorisation intérieure de devenir ce que j’avais décidé d’être.
La clarté réduit énormément de décisions
Lorsque vous savez clairement ce que vous voulez construire, beaucoup de décisions deviennent plus simples.
Cette proposition m’en rapproche-t-elle ou m’en éloigne-t-elle ?
Cette collaboration correspond-elle à mes valeurs ?
Ai-je réellement envie de ce client ?
Cette activité mérite-t-elle mon temps ?
Est-ce que je dis oui parce que cela correspond à ma direction ou parce que j’ai peur de manquer ?
La clarté ne supprime pas toutes les difficultés.
Elle fournit un filtre.
Et ce filtre permet de préserver une ressource extrêmement précieuse : notre attention.
Attention toutefois à ne pas transformer la clarté en rigidité
Dans mon ancien texte, j’allais jusqu’à déconseiller tout plan B.
Aujourd’hui, je nuancerais fortement cette idée.
Un plan B n’est pas nécessairement la preuve que nous doutons.
Il peut être une excellente stratégie.
Un entrepreneur peut conserver une source de revenus pendant qu’il développe son activité.
Une personne peut préparer plusieurs scénarios avant une décision importante.
Quelqu’un qui souhaite changer de métier peut sécuriser progressivement sa transition.
La sécurité intérieure ne consiste pas à prendre tous les risques pour prouver que nous avons confiance.
Elle permet au contraire de distinguer deux choses :
la prudence choisie et la peur qui nous empêche systématiquement d’avancer.
Toutes les opportunités ne méritent pas un oui
C’est probablement l’une des leçons les plus importantes.
Une opportunité peut être bonne en elle-même et mauvaise pour vous.
Elle peut apporter de l’argent.
De la visibilité.
Une relation.
Un statut.
Une récompense immédiate.
Mais si elle vous éloigne continuellement de ce que vous avez décidé de construire, son véritable coût peut être beaucoup plus élevé que son bénéfice apparent.
Dire non devient alors une compétence.
Pas un « non » rigide.
Pas un « non » dicté par l’ego.
Un non conscient :
« Je pourrais accepter, mais ce n’est pas là que je veux mettre mon temps et mon énergie maintenant. »
La récompense immédiate est particulièrement séduisante lorsque nous sommes en insécurité
Imaginez que vous construisiez un projet qui prendra deux ans.
Pendant ces deux années, une proposition arrive.
Elle vous donne immédiatement de l’argent ou de la reconnaissance, mais vous éloigne de votre projet.
Que faites-vous ?
Il n’existe pas de réponse universelle.
Mais il existe une bonne question :
est-ce que je choisis cette proposition parce qu’elle est réellement pertinente, ou parce qu’elle calme momentanément une peur ?
C’est très différent.
La sécurité intérieure permet progressivement de supporter le délai entre une décision et ses résultats.
Votre rêve ne devient pas réel simplement parce que vous le « vibrez »
Dans mon ancien texte, j’expliquais que nous attirions littéralement notre réalité grâce à nos vibrations.
Aujourd’hui, je ne présenterais plus cette idée comme une loi objective.
Je ne peux pas affirmer qu’il suffit de se connecter à une « fréquence énergétique » pour que l’Univers matérialise automatiquement ce que nous désirons.
En revanche, je constate quelque chose de beaucoup plus concret.
Lorsque nous savons précisément ce que nous voulons, notre comportement change.
Nous repérons davantage les informations pertinentes.
Nous faisons des choix plus cohérents.
Nous progressons dans certaines compétences.
Nous refusons certaines distractions.
Nous rencontrons davantage de personnes liées à notre domaine parce que nous y consacrons davantage de temps.
Et l’accumulation de ces choix peut profondément transformer notre réalité.
Là où va votre attention, vos actions ont tendance à suivre
Si vous décidez de courir un marathon, vous allez probablement commencer à remarquer des chaussures, des programmes d’entraînement, des courses, des coureurs et des informations auxquelles vous ne prêtiez aucune attention auparavant.
Ces choses existaient déjà.
Vous ne les avez pas magiquement créées.
Mais votre objectif a modifié ce que vous remarquez.
Puis ce que vous remarquez influence ce que vous faites.
Et ce que vous faites influence progressivement vos résultats.
C’est déjà extrêmement puissant.
Il faut parfois arrêter de chercher
Nous pouvons consommer énormément de développement personnel en pensant que la prochaine vidéo nous donnera enfin la réponse.
Le prochain livre.
Le prochain coach.
La prochaine formation.
La prochaine méthode.
La prochaine publication.
Mais plus nous cherchons, plus nous ajoutons parfois de nouvelles possibilités.
Et plus nous ajoutons de possibilités, moins nous savons choisir.
À un moment, il faut fermer les livres.
Fermer les réseaux.
Arrêter de demander.
Et expérimenter.
Choisir ne signifie pas être certain
C’est probablement ici que la sécurité intérieure prend toute sa dimension.
Nous aimerions souvent être certains avant de choisir.
Mais beaucoup de décisions importantes ne proposent aucune certitude.
Vous ne saurez pas exactement ce que donnera votre entreprise avant de la développer.
Vous ne saurez pas exactement ce que donnera une relation avant de la vivre.
Vous ne saurez pas exactement si une nouvelle ville vous conviendra avant d’y passer du temps.
Alors nous devons parfois décider avec suffisamment d’informations, puis avancer.
Pas parce que nous sommes certains.
Mais parce que nous nous faisons suffisamment confiance pour nous adapter.
Clarifiez votre direction avant d’accélérer
Si vous avez aujourd’hui l’impression de courir dans tous les sens, peut-être n’avez-vous pas besoin de faire davantage.
Vous avez peut-être besoin de vous arrêter.
Prenez une feuille.
Et posez-vous quelques questions simples.
Qu’est-ce que je veux réellement construire ?
Pourquoi est-ce important pour moi ?
Qu’est-ce que je fais actuellement qui contribue réellement à cette direction ?
Qu’est-ce que je continue à faire uniquement par peur ?
Qu’est-ce que je pourrais arrêter ?
Quelles opportunités devrais-je apprendre à refuser ?
Et surtout :
depuis quel endroit intérieur vais-je chercher ces réponses ?
Depuis la peur de manquer ?
Depuis le besoin d’être reconnu ?
Depuis la comparaison ?
Depuis les attentes de mon entourage ?
Ou depuis un endroit suffisamment stable pour écouter ce que je veux réellement ?
Votre attention mérite une direction
Vous n’avez pas besoin de connaître les vingt prochaines années.
Vous n’avez même pas besoin d’être absolument certain de votre objectif actuel.
Mais vous avez besoin d’une direction suffisamment claire pour pouvoir l’expérimenter réellement.
Choisissez.
Avancez.
Observez.
Ajustez lorsque les faits vous donnent une bonne raison de le faire.
Mais évitez de redéfinir votre vie à chaque doute, chaque commentaire, chaque publication Facebook ou chaque opportunité qui passe devant vous.
Parce que le problème n’est peut-être pas que la vie refuse de vous livrer ce que vous demandez.
Peut-être n’êtes-vous simplement jamais resté suffisamment longtemps dans la même direction pour découvrir jusqu’où elle pouvait vous conduire.
Et cela aussi, c’est de la sécurité intérieure :
savoir ce que nous voulons, accepter de ne pas savoir exactement comment tout va se dérouler, et nous faire suffisamment confiance pour avancer malgré cette part d’incertitude.
Nous sommes #TousFormidable.












