Estime de soi – triangle de karpman

Se libérer des étiquettes pour retrouver sa sécurité intérieure

Qui êtes-vous ?

La question paraît simple.

Pourtant, lorsque nous essayons d’y répondre, nous parlons généralement de notre âge, de notre métier, de notre situation familiale, de notre personnalité ou de notre histoire.

« Je suis timide. »

« Je suis quelqu’un d’anxieux. »

« Je n’ai jamais eu confiance en moi. »

« Je suis trop gentil. »

« Je ne suis pas fait pour entreprendre. »

« Dans ma famille, nous n’avons jamais eu d’argent. »

Nous pensons décrire qui nous sommes.

Mais parfois, nous ne faisons que réciter l’histoire que nous avons progressivement construite sur nous-mêmes.

Et cette différence est fondamentale lorsque nous parlons de sécurité intérieure.

Nous recevons des étiquettes très tôt

Depuis notre enfance, nous entendons des milliers de choses sur nous.

Certaines sont positives.

D’autres beaucoup moins.

« Tu es maladroit. »

« Tu es trop sensible. »

« Tu n’es pas scolaire. »

« Tu as mauvais caractère. »

« Tu es le raisonnable de la famille. »

« Toi, au moins, tu ne poses jamais de problème. »

Même une étiquette apparemment positive peut finir par nous enfermer.

Si je suis « celui qui ne pose jamais de problème », que se passe-t-il lorsque j’ai besoin de dire non ?

Si je suis « la personne forte de la famille », ai-je encore le droit d’avoir besoin d’aide ?

Si je suis « le gentil », puis-je poser une limite sans avoir l’impression de devenir méchant ?

Nous finissons parfois par protéger notre étiquette plutôt que vivre ce que nous ressentons réellement.

Une croyance n’est pas forcément une vérité

À ces étiquettes viennent s’ajouter nos croyances.

Sur nous.

Sur les autres.

Sur l’argent.

Sur le couple.

Sur le travail.

Sur ce qui est possible ou impossible.

Nous ne pouvons probablement pas vivre sans aucune croyance. Notre cerveau construit constamment des représentations pour comprendre le monde.

Mais nous pouvons commencer à les questionner.

« Je suis nul avec l’argent. »

Est-ce réellement vrai ?

« Toutes mes relations finissent mal. »

Toutes ?

« Je n’arriverai jamais à vivre de ce que j’aime. »

Comment puis-je connaître aujourd’hui quelque chose qui appartient à demain ?

Une croyance peut être ancienne, profondément ancrée et néanmoins ne plus nous être utile.

La sécurité intérieure permet justement de remettre certaines de ces certitudes en mouvement.

Regardez aussi tout ce que vous avez déjà traversé

Nous avons une étrange facilité à nous souvenir de nos erreurs.

Beaucoup moins de nos réussites.

Alors faisons l’exercice inverse.

Revenez sur votre histoire.

Quels défis avez-vous relevés ?

Qu’avez-vous créé ?

Qu’avez-vous appris seul ?

Quand avez-vous eu peur et avancé quand même ?

De quoi avez-vous été fier ?

Quelles difficultés avez-vous traversées ?

Quels changements avez-vous déjà réussi à entreprendre ?

La liste peut devenir beaucoup plus longue que prévu.

L’objectif n’est pas de nous raconter que nous sommes extraordinaires.

Il s’agit simplement de rééquilibrer notre perception.

Notre histoire n’est pas uniquement constituée de ce qui nous a fragilisés. Elle contient également toutes les preuves de notre capacité à apprendre, nous adapter, créer et recommencer.

Notre entourage peut renforcer ou fragiliser l’image que nous avons de nous

Nous ne construisons pas notre estime de nous-mêmes dans un environnement totalement neutre.

Si nous fréquentons quotidiennement des personnes qui nous rabaissent, se moquent de nos projets, critiquent nos décisions ou utilisent nos fragilités contre nous, maintenir une image positive de nous-mêmes devient plus difficile.

À l’inverse, certaines relations nous permettent de grandir.

Pas parce que les personnes nous disent constamment que nous avons raison.

Mais parce qu’elles peuvent croire en nous tout en restant honnêtes.

Elles encouragent.

Elles questionnent.

Elles respectent nos limites.

Elles ne cherchent pas à nous maintenir petits pour se sentir plus grandes.

La sécurité intérieure se construit en nous, mais cela ne signifie pas que notre environnement relationnel n’a aucune importance.

L’estime de soi change nos choix

Dans mon ancien texte, j’allais beaucoup plus loin.

J’affirmais que notre niveau d’estime de soi déterminait directement ce que nous attirions dans notre réalité.

Aujourd’hui, je préfère regarder ce que nous pouvons réellement observer.

Lorsque notre estime de nous-mêmes évolue, nos comportements peuvent évoluer.

Nous pouvons devenir plus attentifs aux personnes auxquelles nous accordons notre confiance.

Poser des limites plus rapidement.

Oser demander une rémunération plus cohérente avec notre travail.

Quitter certains environnements.

Essayer quelque chose que nous pensions inaccessible.

Dire non.

Dire oui.

Demander de l’aide.

Nous rendre visibles.

Et lorsque nos comportements changent, notre environnement peut effectivement changer lui aussi.

Pas par magie.

Parce que nous ne faisons plus exactement les mêmes choix.

Être responsable de sa vie ne signifie pas être responsable de tout ce qui nous arrive

C’est ici que je souhaite corriger très clairement une idée de mon ancien texte.

J’écrivais qu’une personne cambriolée l’aurait attiré parce qu’elle se dévalorisait.

Je ne le pense plus.

La responsabilité d’un cambriolage appartient à celui qui décide de cambrioler.

Être responsable de sa vie ne signifie pas être coupable de chaque événement que nous subissons.

Cette distinction est essentielle.

Je peux ne pas être responsable de ce qui vient de m’arriver et néanmoins reprendre la responsabilité de ce que je vais faire maintenant.

Déposer plainte.

Sécuriser davantage mon logement.

Demander de l’aide.

Traverser les conséquences émotionnelles de l’événement.

Continuer ma vie.

Voilà une responsabilité qui redonne du pouvoir sans fabriquer artificiellement de la culpabilité.

Les violences conjugales ne sont jamais la responsabilité de la victime

Je veux également corriger sans ambiguïté un autre passage de mon ancien article.

J’y expliquais qu’une femme victime de violences aurait attiré un homme violent en raison de sa propre carence affective.

Cette formulation est problématique.

Une personne peut avoir une faible estime d’elle-même, une histoire familiale difficile ou une peur de l’abandon.

Cela peut éventuellement influencer sa difficulté à identifier certains comportements, poser des limites ou quitter une relation.

Mais cela ne la rend jamais responsable des violences que quelqu’un d’autre décide d’exercer contre elle.

La responsabilité de la violence appartient à son auteur.

Point.

Et lorsqu’il existe de l’emprise, dire simplement à une victime qu’elle doit « apprendre à s’aimer » pour sortir de la situation est insuffisant.

La peur, les menaces, l’isolement, la dépendance économique et différents mécanismes d’emprise peuvent rendre une sortie extrêmement complexe.

La sécurité doit alors passer en premier, avec l’aide de professionnels et de structures compétentes lorsque cela est nécessaire.

Le triangle de Karpman reste un outil intéressant, mais pas pour distribuer les responsabilités

Le triangle dramatique de Karpman décrit trois positions relationnelles : victime, persécuteur et sauveur.

Cet outil peut être intéressant pour observer certaines dynamiques relationnelles ordinaires.

Par exemple :

je me sens impuissant et j’attends que quelqu’un résolve mon problème ;

je veux absolument sauver quelqu’un qui ne m’a rien demandé ;

je bascule ensuite dans le reproche parce que cette personne n’a pas suivi mes conseils.

Nous pouvons parfois passer d’une position à une autre.

Mais ce modèle ne doit pas servir à effacer les responsabilités lorsqu’il existe une violence réelle.

Une personne agressée n’est pas simplement en train de « jouer le rôle de victime ».

Elle est victime d’un acte dont l’auteur reste responsable.

Sortir d’un rôle, c’est retrouver sa capacité d’action

Voilà ce que je conserverais aujourd’hui du triangle de Karpman.

Dans certaines situations, nous pouvons nous demander :

« Quelle partie de cette situation dépend réellement de moi ? »

Pas :

« Comment ai-je créé tout ce qui m’arrive ? »

Mais :

« Maintenant que cette situation existe, où se trouve mon pouvoir d’action ? »

Cette différence change énormément de choses.

Je ne contrôle pas l’autre.

Je ne contrôle pas le passé.

Je ne contrôle pas tous les événements.

Mais je peux parfois choisir ma réponse.

Poser une limite.

Demander de l’aide.

Partir.

Parler.

Refuser.

Apprendre.

Changer d’environnement.

Ou simplement reconnaître que, pour l’instant, je ne sais pas encore quoi faire.

La sécurité intérieure n’est pas la toute-puissance

Pendant longtemps, j’ai associé la responsabilité personnelle à cette idée :

« Nous sommes 100 % responsables de ce que nous vivons. »

Aujourd’hui, je la formulerais autrement.

Nous ne contrôlons pas 100 % de ce qui nous arrive.

Personne ne le peut.

En revanche, développer notre sécurité intérieure augmente progressivement notre capacité à ne plus laisser systématiquement nos blessures, nos étiquettes et nos protections choisir à notre place.

Et c’est déjà immense.

Je peux arrêter de me définir par ce qu’on m’a dit lorsque j’avais dix ans.

Je peux remettre en question une croyance que je traîne depuis trente ans.

Je peux regarder tout ce que j’ai déjà réussi.

Je peux choisir davantage les personnes auxquelles je donne accès à mon intimité.

Je peux apprendre à reconnaître mes limites.

Je peux demander de l’aide lorsque quelque chose me dépasse.

Et surtout, je peux arrêter de confondre deux choses :

prendre ma responsabilité et prendre la culpabilité de tout.

La première nous redonne du pouvoir.

La seconde peut nous en enlever.

Se libérer de nos étiquettes ne consiste donc pas à nier notre histoire.

Cela consiste à comprendre que notre histoire ne possède pas l’autorité exclusive pour décider de la personne que nous allons devenir.

Et c’est peut-être là que commence véritablement l’estime de soi :

ne plus demander à notre passé la permission de devenir quelqu’un d’autre.

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Stéphane Bride-Bonnot coach loi d'attraction
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