Entretenir son corps physique…
Prendre soin de son corps : et si la sécurité intérieure commençait aussi par le physique ?
Pendant longtemps, j’ai utilisé une lecture très énergétique du corps.
Nous sommes énergie.
La matière est dense.
Et puisque notre corps physique constitue notre véhicule dans cette expérience terrestre, plus celui-ci est lourd à déplacer, plus nous pouvons avoir l’impression de dépenser de l’énergie simplement pour vivre notre quotidien.
Cette manière de présenter les choses appartient à une vision énergétique et spirituelle. Elle ne doit évidemment pas être confondue avec une explication scientifique du fonctionnement du corps humain.
Mais derrière cette représentation se trouve une idée beaucoup plus simple que je continue à trouver essentielle :
notre état physique influence profondément notre disponibilité pour vivre.
Lorsque nous sommes reposés, suffisamment actifs et que nous prenons soin de nos besoins fondamentaux, nous ne traversons pas nécessairement une journée de la même manière que lorsque nous sommes épuisés, constamment sous tension ou en lutte contre notre propre corps.
Et cela touche directement à la sécurité intérieure.
Notre corps n’est pas une machine à corriger
J’utilisais autrefois volontiers l’expression « nettoyer son corps ».
Aujourd’hui, je préfère parler de prendre soin de son corps.
La nuance est importante.
Parce que vouloir « nettoyer », « purifier », « détoxifier » ou corriger constamment notre corps peut transmettre l’idée qu’il serait sale, défectueux ou incapable de fonctionner correctement sans intervention permanente de notre part.
Or, notre organisme possède déjà des systèmes extrêmement sophistiqués permettant notamment de métaboliser et d’éliminer différentes substances.
Prendre soin de lui ne consiste donc pas nécessairement à lui imposer régulièrement des cures ou des méthodes particulières.
Cela peut commencer beaucoup plus simplement.
Dormir suffisamment.
Bouger régulièrement.
Manger de manière adaptée à nos besoins.
Boire suffisamment.
Respirer.
Sortir.
Récupérer.
Et surtout, apprendre à écouter ce que notre corps nous indique.
La sécurité intérieure passe aussi par des besoins très concrets
Nous pouvons travailler sur nos croyances pendant des années.
Méditer.
Visualiser.
Explorer notre spiritualité.
Chercher notre mission de vie.
Mais nous restons des êtres humains avec un corps physique.
Et lorsque certains besoins fondamentaux ne sont pas suffisamment respectés, il peut devenir beaucoup plus difficile de nous sentir disponibles intérieurement.
Prenez simplement le sommeil.
Après plusieurs mauvaises nuits, nous pouvons devenir plus irritables, moins concentrés, plus sensibles au stress.
Le problème qui nous paraissait relativement simple quelques jours auparavant peut soudainement sembler énorme.
La situation extérieure n’a pas nécessairement changé.
Nos ressources disponibles, elles, ont changé.
C’est aussi cela que j’appelle aujourd’hui la sécurité intérieure : ne pas séparer artificiellement le mental, les émotions et le corps.
Bouger pour retrouver du mouvement
Je reviens souvent à cette idée :
ce qui nous donne de l’énergie, c’est aussi le mouvement.
Nous n’avons pas tous besoin de devenir sportifs de haut niveau.
Il peut simplement s’agir de marcher.
Prendre l’air.
Faire du vélo.
Nager.
Courir.
Jardiner.
Trouver une activité physique adaptée à notre situation et que nous avons suffisamment de plaisir à pratiquer pour pouvoir la conserver dans le temps.
Le mouvement ne sert pas uniquement à modifier notre apparence physique.
Il peut aussi nous permettre de sortir momentanément de notre tête.
Lorsque le mental tourne depuis deux heures sur le même problème, vingt ou trente minutes de marche peuvent parfois modifier complètement notre état.
Le problème n’a pas disparu.
Mais nous ne l’abordons plus nécessairement depuis le même endroit intérieur.
Manger pour nourrir son corps, pas pour lui faire la guerre
Notre rapport à l’alimentation peut également devenir un immense terrain d’insécurité.
Il faut manger ceci.
Il ne faut surtout pas manger cela.
Cet aliment serait mauvais.
Celui-ci serait miraculeux.
Nous pouvons rapidement transformer chaque repas en nouvelle source de contrôle et de culpabilité.
Prendre soin de son corps ne devrait pas devenir une nouvelle guerre contre soi-même.
L’alimentation répond évidemment à des besoins physiologiques et les besoins individuels peuvent varier. Lorsque des problématiques particulières existent, elles relèvent des professionnels compétents.
Mais dans une démarche globale de bien-être, nous pouvons déjà observer notre relation à ce que nous mangeons.
Est-ce que je mange parce que j’ai faim ?
Parce que je suis stressé ?
Parce que je m’ennuie ?
Parce que j’ai besoin de réconfort ?
Sans jugement.
Simplement pour comprendre.
Parce que notre manière de prendre soin de notre corps raconte parfois aussi notre manière de prendre soin de nous.
Un corps « léger » n’est pas nécessairement un corps mince
C’est une distinction importante lorsque nous utilisons le mot légèreté.
La légèreté dont je parle ici n’est pas un chiffre sur une balance.
Une personne mince peut être épuisée.
Une personne plus corpulente peut être dynamique et en bonne santé.
Nous ne pouvons pas réduire la vitalité d’un être humain à son poids.
Je parle plutôt de cette sensation dans laquelle le corps ne semble plus être constamment en lutte.
Lorsque nous avons suffisamment dormi.
Lorsque nous bougeons régulièrement.
Lorsque nous nous accordons de vraies périodes de récupération.
Lorsque nous ne vivons pas continuellement dans l’urgence.
Nous pouvons ressentir davantage de disponibilité.
Et cette disponibilité nous permet ensuite d’investir notre énergie ailleurs.
Pourquoi avons-nous parfois tant de mal à prendre soin de nous ?
C’est ici que le sujet devient beaucoup plus intéressant.
Nous savons généralement qu’il serait bon de dormir suffisamment.
Nous savons que bouger nous fait du bien.
Nous savons que nous avons besoin de moments de récupération.
Alors pourquoi ne le faisons-nous pas toujours ?
Parce que nos choix ne sont pas uniquement guidés par ce que nous savons.
Ils peuvent aussi être guidés par nos protections.
Je peux continuer à travailler alors que je suis épuisé parce que j’ai peur de manquer d’argent.
Je peux refuser de prendre du temps pour moi parce que je culpabilise de ne pas être disponible pour les autres.
Je peux rester constamment occupé parce que le silence me met mal à l’aise.
Je peux négliger mon sommeil parce que mes soirées constituent le seul moment où j’ai l’impression que ma vie m’appartient enfin.
Et soudain, nous découvrons que prendre soin de notre corps n’est plus uniquement une question d’hygiène de vie.
C’est une question de sécurité intérieure.
Respecter son corps, c’est parfois poser des limites
Prendre soin de son corps peut donc demander beaucoup plus qu’un programme sportif ou une nouvelle alimentation.
Cela peut nécessiter de dire :
« Non, ce soir je me repose. »
« Je ne peux pas continuer à ce rythme. »
« Je ne suis pas disponible. »
« J’ai besoin de dormir. »
« Cette situation m’épuise et je dois regarder ce que je peux changer. »
Nous pouvons chercher pendant des mois le complément, la méthode ou le rituel qui nous donnera davantage d’énergie tout en conservant exactement le mode de vie qui nous épuise.
L’extérieur peut parfois nous aider.
Mais il ne remplacera pas certaines décisions.
Prendre soin du véhicule pour profiter du voyage
J’aime toujours cette image du corps comme véhicule terrestre.
Non pas comme une machine qu’il faudrait pousser jusqu’à ce qu’elle casse.
Et encore moins comme un objet qu’il faudrait rendre parfait.
Mais comme le véhicule grâce auquel nous pouvons expérimenter tout le reste.
Marcher.
Voyager.
Créer.
Aimer.
Travailler.
Danser.
Nager.
Prendre quelqu’un dans nos bras.
Contempler un paysage.
Vivre, tout simplement.
Prendre soin de son corps n’est donc pas une finalité esthétique.
C’est aussi créer les conditions physiques permettant de disposer de davantage de ressources pour vivre ce qui compte réellement pour nous.
Et plus nous développons notre sécurité intérieure, moins nous avons besoin de maltraiter notre corps pour obtenir de la reconnaissance, produire davantage ou répondre constamment aux attentes extérieures.
Nous pouvons commencer à l’écouter.
À le respecter.
À lui donner du mouvement lorsqu’il en a besoin.
Du repos lorsqu’il en a besoin.
Et demander un avis médical lorsqu’un symptôme persiste ou nous inquiète, plutôt que de vouloir tout expliquer par les énergies.
Alors, plutôt que de chercher aujourd’hui à « nettoyer » votre corps ou à le rendre parfait, posez-vous peut-être une question beaucoup plus simple :
« Si je considérais réellement mon corps comme quelque chose que je veux protéger et respecter, qu’est-ce que je changerais concrètement dans ma manière de vivre dès aujourd’hui ? »












