Comment croire ce qui vient des hommes ?

Et si toutes les réponses extérieures nous éloignaient parfois de nous-mêmes ?

Dès lors que nous arrivons à revenir profondément en nous, quelque chose change.

Le bruit diminue.

Les questions ralentissent.

Nous pouvons ressentir davantage de calme, de silence, parfois même une véritable sensation de paix.

Et c’est précisément dans ces moments-là que je mesure aujourd’hui l’importance de la sécurité intérieure.

Parce que lorsque nous ne nous sentons pas suffisamment en sécurité à l’intérieur de nous, nous avons naturellement tendance à chercher des réponses à l’extérieur.

Nous voulons savoir.

Nous voulons comprendre.

Nous voulons être rassurés.

Et plus nous cherchons, plus nous pouvons parfois nous perdre.

Quand une simple question devient une montagne de réponses

Une nuit, quelqu’un est venu me poser une question concernant la symbolique du côté gauche et du côté droit du corps.

Je suis donc allé chercher.

Et très rapidement, je suis tombé sur différentes interprétations.

D’un côté, on m’explique que le côté droit correspondrait au masculin et le côté gauche au féminin.

Ailleurs, je trouve pratiquement l’inverse.

Puis d’autres théories apparaissent encore : les polarités pourraient s’inverser, s’échanger au moment de l’incarnation, fonctionner par effet miroir…

À la fin, une question toute simple peut devenir un véritable labyrinthe.

Et c’est là que quelque chose m’interpelle.

Comment savoir quelle théorie est « la bonne » ?

Sur quelle autorité vais-je m’appuyer ?

Et surtout : depuis quel endroit intérieur vais-je chercher cette réponse ?

Cette dernière question me semble aujourd’hui beaucoup plus importante que toutes les autres.

Chercher pour comprendre ou chercher pour se rassurer ?

Il n’y a évidemment rien de mauvais à lire, apprendre, étudier ou confronter différentes approches.

Le problème n’est pas la connaissance.

Le problème apparaît lorsque nous avons besoin d’une connaissance extérieure pour nous sentir rassurés intérieurement.

Nous pouvons alors passer d’un livre à une vidéo, d’un thérapeute à un autre, d’une théorie spirituelle à une nouvelle méthode, sans jamais véritablement nous arrêter.

Chaque réponse en appelle une nouvelle.

Pourquoi ai-je mal ici ?

Quelle est la symbolique de cette partie du corps ?

Que signifie cette synchronicité ?

Pourquoi ai-je vu ce chiffre ?

Est-ce mon masculin ?

Mon féminin ?

Une mémoire ?

Une énergie ?

Mon inconscient ?

À force de vouloir tout interpréter, nous pouvons finir par ne plus vivre l’expérience elle-même.

Le mental cherche une explication pendant que la vie est simplement en train de se passer.

La sécurité intérieure permet de ne pas avoir réponse à tout

C’est peut-être l’un des changements les plus importants que j’observe dans mon propre cheminement.

Se sentir davantage en sécurité intérieurement permet progressivement de dire :

« Je ne sais pas. »

Et de rester parfaitement tranquille avec cela.

Je ne sais pas ce que signifie universellement le côté droit.

Je ne sais pas si une théorie spirituelle particulière décrit une réalité ou simplement la manière dont son auteur comprend cette réalité.

Et finalement, est-ce réellement un problème ?

Pas forcément.

Parce que je peux revenir à quelque chose de beaucoup plus concret : ce que je ressens ici et maintenant.

Qu’est-ce qui se passe dans mon corps ?

Qu’est-ce que cette situation provoque en moi ?

Est-ce que je me contracte ?

Est-ce que je me sens en paix ?

Est-ce que j’agis par envie ou parce que j’ai peur ?

Est-ce que cette décision me ressemble réellement ?

Voilà des informations qui peuvent devenir beaucoup plus intéressantes que la recherche d’une symbolique universelle.

Le silence intérieur n’est pas une réponse magique

Lorsque j’écrivais autrefois que « seul notre cœur détient la réalité », j’exprimais quelque chose que je formulerais aujourd’hui différemment.

Notre ressenti n’est pas nécessairement une vérité absolue.

Nous pouvons nous tromper.

Nos émotions, notre histoire, nos peurs et nos expériences influencent également notre perception.

Mais revenir au calme permet au moins de sortir quelques instants de la réaction automatique.

Et c’est là que la sécurité intérieure devient essentielle.

Lorsque je suis dans la peur, je cherche souvent à contrôler.

Lorsque je suis dans le manque, je peux chercher quelqu’un qui me rassure.

Lorsque je doute profondément de moi, je peux remettre mon pouvoir de décision à celui qui semble savoir davantage.

À l’inverse, lorsque je retrouve suffisamment de stabilité intérieure, je peux écouter une personne sans devoir lui obéir.

Je peux lire un livre sans transformer chaque phrase en vérité.

Je peux découvrir une théorie sans devoir construire ma vie autour d’elle.

Je peux prendre ce qui m’aide et laisser ce qui ne me correspond pas.

Les autres restent pourtant indispensables

Revenir à soi ne signifie pas se couper des autres.

C’est même souvent dans la relation que nous découvrons certaines parties de nous-mêmes.

Une conversation profonde peut révéler une peur.

Une relation amoureuse peut mettre en lumière notre difficulté à poser des limites.

Une amitié peut nous montrer combien nous avons besoin d’être reconnus.

Un désaccord peut révéler notre difficulté à supporter de ne pas être compris.

L’autre n’est donc pas nécessairement celui qui possède la réponse à notre place.

Il peut devenir celui auprès duquel nous nous découvrons.

Et cette nuance change profondément la relation.

Je n’ai plus besoin que tu me dises qui je suis.

La relation me permet d’observer qui je deviens lorsque je suis avec toi.

Faire de notre mental un outil plutôt qu’un maître

Je ne cherche plus à combattre l’ego ou le mental.

Nous en avons besoin.

Le mental permet d’organiser une journée, préparer un déplacement, gérer un budget, construire un projet, communiquer ou résoudre quantité de problèmes pratiques.

Il devient problématique lorsqu’il veut également prendre en charge ce qu’il ne sait pas gérer : notre besoin permanent de certitude.

Il analyse.

Compare.

Anticipe.

Interprète.

Et lorsqu’il ne trouve pas de réponse, il recommence.

La sécurité intérieure consiste notamment à pouvoir lui dire :

« Merci. Pour l’instant, je n’ai pas besoin de savoir davantage. »

Puis revenir à ce que nous sommes réellement en train de vivre.

Ne plus transformer chaque théorie en nouvelle croyance

Il y a une règle personnelle issue de cette période de ma vie que je trouve encore intéressante aujourd’hui, même si je la formule avec davantage de nuance :

Tout ce qu’un être humain transmet passe nécessairement par son histoire, ses croyances, ses connaissances et sa perception du monde.

Moi compris.

Cela ne signifie pas que tout est faux.

Cela signifie simplement que nous pouvons garder notre discernement.

Lire.

Écouter.

Expérimenter.

Questionner.

Conserver ce qui nous aide réellement à avancer et laisser ce qui nous enferme dans davantage de peur, de dépendance ou de confusion.

Parce qu’au fond, développer sa sécurité intérieure ne consiste peut-être pas à trouver enfin la personne qui possède toutes les réponses.

C’est parvenir progressivement à vivre sereinement sans avoir besoin que quelqu’un d’autre sache constamment à notre place.

Et lorsque le bruit devient trop important, il reste toujours une possibilité extrêmement simple :

revenir au silence, à notre corps, à ce qui se passe maintenant.

Non pas pour y découvrir une vérité universelle.

Mais pour recommencer à nous entendre.

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Stéphane Bride-Bonnot coach loi d'attraction
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