Les personnes négatives
Votre entourage influence-t-il votre sécurité intérieure ?
Nous faisons nos choix.
Nous choisissons une partie de nos relations, notre lieu de vie, nos activités, les contenus que nous regardons, les personnes que nous suivons et les conversations auxquelles nous participons.
Tous ces choix construisent progressivement notre environnement.
Mais une fois cet environnement installé, il agit également sur nous.
C’est une boucle.
Nous influençons notre environnement et notre environnement nous influence.
Cette idée me paraît essentielle lorsque nous parlons de sécurité intérieure.
Parce que développer suffisamment de stabilité en soi ne signifie pas devenir imperméable à tout ce qui nous entoure.
Nous restons des êtres humains.
Et notre environnement relationnel, professionnel, numérique ou physique participe à notre qualité de vie.
Nous ne devenons pas automatiquement ce que sont les autres, mais ils nous influencent
Dans mon ancien texte, j’écrivais :
« Regardez la façon de fonctionner, de penser et de parler des personnes que vous côtoyez, puisque c’est votre nourriture, et donc votre devenir. »
Aujourd’hui, je nuancerais le mot « devenir ».
Fréquenter quelqu’un ne nous condamne évidemment pas à lui ressembler.
En revanche, ce que nous côtoyons quotidiennement peut progressivement normaliser certaines manières de penser et de fonctionner.
Imaginez que vous souhaitiez créer votre entreprise.
Vous partagez votre projet avec cinq personnes.
La première vous explique que c’est trop risqué.
La deuxième vous raconte l’histoire d’un ami qui a tout perdu.
La troisième vous rappelle que « ce n’est vraiment pas le moment ».
La quatrième vous demande pourquoi vous ne gardez pas tranquillement votre emploi.
La cinquième vous affirme que vous n’avez probablement pas les compétences nécessaires.
Même si votre projet est solide, il faudra une certaine sécurité intérieure pour continuer à avancer sans laisser toutes ces peurs devenir les vôtres.
Maintenant, imaginez que vous discutiez également avec plusieurs entrepreneurs.
Ils ne vous promettent pas que tout fonctionnera.
Ils connaissent les difficultés.
Mais leurs questions seront peut-être différentes :
« Quel est ton modèle économique ? »
« Tu as testé ton idée ? »
« De combien as-tu besoin pour démarrer ? »
« Quelle est ta première étape ? »
Le même projet ne rencontre plus le même environnement.
Et cela peut tout changer.
S’entourer de personnes qui avancent élargit notre champ des possibles
Voilà pourquoi je pense toujours qu’il est intéressant de fréquenter des personnes qui vivent déjà certaines choses auxquelles nous aspirons.
Pas pour les copier.
Pas pour les mettre sur un piédestal.
Mais parce qu’elles rendent certaines possibilités plus concrètes.
Si tout votre entourage considère qu’il est impossible de travailler autrement, voyager davantage, changer de métier à cinquante ans ou développer un projet personnel, votre cerveau rencontre constamment la même représentation du possible.
À l’inverse, rencontrer quelqu’un qui l’a fait ne garantit absolument pas que vous y arriverez.
Mais une croyance peut commencer à bouger :
« Donc c’est possible pour un être humain. Voyons maintenant ce qui est possible pour moi. »
Cette nuance est fondamentale.
La sécurité intérieure ne consiste pas à suivre le chemin de quelqu’un d’autre.
Elle permet de regarder son expérience sans perdre notre propre boussole.
Choisir un accompagnant demande du discernement
Dans mon ancien article, j’invitais également à observer attentivement la personne à laquelle nous confions notre accompagnement.
Je conserve pleinement cette idée, mais avec d’autres critères.
Un coach, un thérapeute ou tout autre professionnel n’a pas besoin d’avoir une vie parfaite pour être compétent.
Il reste un être humain.
Il peut avoir des difficultés.
Traverser un deuil.
Connaître des problèmes relationnels.
Être parfois en colère ou inquiet.
Exiger d’un accompagnant qu’il soit « épanoui à 100 % » avant de lui accorder notre confiance créerait une image irréaliste, et pourrait même favoriser ceux qui savent le mieux mettre en scène une vie parfaite.
Je regarderais plutôt autre chose.
Est-il correctement formé dans son domaine ?
Connaît-il ses limites ?
Respecte-t-il votre autonomie ?
Peut-il reconnaître qu’il ne sait pas ?
Vous laisse-t-il libre de vos décisions ?
Évite-t-il de créer une dépendance ?
Sait-il vous orienter vers un professionnel de santé lorsque la situation dépasse ses compétences ?
Et surtout :
est-ce que vous vous sentez suffisamment en sécurité avec cette personne pour pouvoir penser différemment d’elle ?
Un bon accompagnement ne devrait pas fabriquer des disciples.
Il devrait renforcer votre autonomie.
Votre fil d’actualité fait lui aussi partie de votre entourage
Nous pensons généralement à notre conjoint, notre famille, nos amis ou nos collègues lorsque nous parlons d’environnement.
Mais aujourd’hui, une partie importante de notre entourage tient dans notre téléphone.
Nous pouvons passer davantage de temps à écouter certaines personnes sur les réseaux sociaux qu’à discuter avec nos voisins.
Et là encore, cela mérite notre attention.
Regardez votre fil d’actualité.
Qu’est-ce qui revient le plus souvent ?
De la colère ?
De l’indignation ?
Des conflits ?
Des catastrophes ?
Des comparaisons ?
Des personnes qui vous expliquent continuellement que le monde va mal ?
Ou trouvez-vous également de la création, de l’apprentissage, de l’humour, de la beauté, de la nature, des projets, des personnes qui expérimentent et construisent ?
Nous n’avons pas besoin de supprimer tout ce qui est négatif pour fabriquer artificiellement un monde merveilleux.
Mais nous pouvons choisir notre alimentation informationnelle.
Ce que nous regardons quotidiennement finit nécessairement par occuper une place dans notre esprit.
Attention à ne pas créer une bulle qui ne tolère plus aucune contradiction
Il existe néanmoins un piège.
Nous pourrions lire cet article et décider :
« À partir de maintenant, je vire toutes les personnes négatives de ma vie. »
Ce serait probablement trop simple.
Quelqu’un qui traverse une période difficile n’est pas une « mauvaise vibration ».
Un ami qui n’est pas d’accord avec nous n’est pas toxique pour autant.
Une personne qui nous confronte peut parfois nous apprendre davantage que dix personnes qui approuvent tout ce que nous disons.
La sécurité intérieure ne consiste donc pas à construire autour de soi un environnement dans lequel personne ne nous dérange jamais.
Ce serait une bulle.
Et une bulle est fragile.
La véritable sécurité apparaît lorsque nous pouvons rencontrer la différence sans perdre notre stabilité.
Nous voyons toujours le monde depuis un point de vue limité
J’écrivais également :
« Nous voyons le monde selon notre perception, selon le filtre de nos croyances. »
Cette idée reste centrale.
Nous n’accédons jamais à une situation depuis un point de vue parfaitement neutre.
Nous l’interprétons à travers notre histoire, nos connaissances, nos expériences, nos attentes et nos croyances.
C’est une excellente raison de rester prudent avec nos certitudes.
Quelqu’un fait un choix que nous ne comprenons pas.
Nous pouvons immédiatement conclure :
« Il fait n’importe quoi. »
Mais nous ne connaissons peut-être qu’une petite partie de son histoire.
Cela ne signifie pas qu’il faut renoncer à tout discernement.
Nous pouvons désapprouver un comportement.
Poser une limite.
Quitter une relation.
Refuser une proposition.
Mais nous n’avons pas besoin de transformer notre perception en vérité universelle.
« Cela ne me convient pas » est très différent de « cette personne est mauvaise ».
Laisser les autres vivre leur chemin protège aussi notre énergie
Il y avait une phrase dans mon ancien texte que je trouve toujours particulièrement juste :
« Laissons les autres être la meilleure version d’eux-mêmes ici et maintenant. »
Nous dépensons parfois énormément d’énergie à vouloir changer des personnes qui ne nous ont rien demandé.
Notre conjoint devrait comprendre.
Nos parents devraient évoluer.
Nos enfants devraient penser autrement.
Nos amis devraient ouvrir les yeux.
Et pendant ce temps, nous déplaçons notre attention vers une zone sur laquelle notre pouvoir reste très limité : l’autre.
La sécurité intérieure permet progressivement de revenir à notre propre responsabilité.
Je peux proposer.
Partager.
Exprimer ce que je ressens.
Poser mes limites.
Montrer un autre chemin par ma manière de vivre.
Mais je ne peux pas faire le chemin de quelqu’un d’autre.
Ne cherchez pas la perfection, observez la direction
« Être meilleur qu’hier. »
Cette phrase de mon ancien texte mérite elle aussi une nuance.
Nous n’avons pas forcément besoin d’être meilleurs chaque jour.
Certains jours seront moins bons.
Nous serons fatigués.
Nous réagirons mal.
Nous retomberons dans une ancienne habitude.
La progression humaine n’est pas une ligne droite.
Je préfère donc regarder une direction.
Est-ce que je deviens progressivement plus capable de poser mes limites ?
Plus autonome dans mes décisions ?
Moins dépendant du regard extérieur ?
Plus capable d’entendre un désaccord sans me sentir attaqué ?
Plus attentif aux personnes et aux contenus auxquels je donne mon temps ?
Plus capable également de quitter un environnement qui me détruit lorsqu’il ne peut pas être transformé ?
Voilà des indicateurs beaucoup plus intéressants.
Nous ne choisissons pas tout ce qui entre dans notre vie.
Et notre état intérieur ne crée pas magiquement tout ce qui nous arrive.
En revanche, nous disposons d’une marge de choix considérable concernant ce à quoi nous décidons de donner durablement accès à notre esprit, notre temps et notre énergie.
Notre entourage compte.
Notre environnement compte.
Nos lectures comptent.
Nos conversations comptent.
Nos réseaux sociaux comptent.
Mais plus notre sécurité intérieure grandit, moins nous avons besoin d’un environnement parfaitement contrôlé pour nous sentir stables.
Nous pouvons alors choisir ce qui nous nourrit sans avoir besoin de condamner ce qui ne nous correspond pas.
Et laisser les autres suivre leur chemin pendant que nous prenons pleinement notre place sur le nôtre.
Nous sommes #TousFormidable.











