Et si on se prenait trop au sérieux ?
Et si nous arrêtions de nous prendre autant au sérieux ?
Plus j’avance dans mon propre cheminement, plus une idée revient régulièrement :
L’être humain se prend beaucoup trop au sérieux.
Je m’inclus évidemment dedans.
Nous voulons comprendre.
Analyser.
Donner du sens.
Savoir pourquoi telle personne est entrée dans notre vie, pourquoi tel événement s’est produit, quelle blessure se cache derrière notre réaction, quel message l’Univers essaye éventuellement de nous transmettre…
Et à force de vouloir comprendre la vie, nous pouvons finir par oublier quelque chose d’essentiel :
La vivre.
J’ai longtemps voulu comprendre comment je créais ma réalité
Pendant des années, j’ai énormément travaillé autour des énergies, des croyances, de l’inconscient et de la loi d’attraction.
J’ai observé ma propre vie.
J’ai observé ce qui se passait chez les personnes que j’accompagnais.
Et j’ai vécu suffisamment de synchronicités et de situations étonnantes pour conserver aujourd’hui cette conviction personnelle que notre monde intérieur influence profondément la manière dont nous expérimentons notre monde extérieur.
Mais ma manière de regarder tout cela a évolué.
Parce qu’à force de chercher à maîtriser les lois de l’Univers, nous pouvons finalement recréer exactement ce que nous prétendons vouloir quitter :
du contrôle.
Il faudrait vibrer correctement.
Penser correctement.
Élever sa fréquence.
Ne surtout pas ressentir certaines choses.
Comprendre les signes.
Décoder les synchronicités.
Faire attention à ce que nous attirons.
Et nous voilà avec une nouvelle charge mentale, simplement repeinte aux couleurs de la spiritualité.
Ce n’est pas exactement ma définition de la liberté.
La sécurité intérieure ne consiste pas à réussir à tout contrôler
Aujourd’hui, mon regard est différent.
Je ne cherche plus autant à comprendre comment éviter chaque problème.
Je cherche davantage à observer comment je traverse ce qui arrive.
Parce que les problèmes continuent.
Je reste un être humain.
Il m’arrive d’avoir peur.
De douter.
D’être agacé.
De me tromper.
De rencontrer des difficultés matérielles.
D’avoir des choses qui ne se déroulent absolument pas comme je l’avais imaginé.
La sécurité intérieure ne m’empêche pas de vivre tout cela.
Elle change progressivement la place que ces événements prennent à l’intérieur de moi.
Et surtout, elle m’évite davantage de transformer immédiatement un grain de sable en dune du Pilat.
Une difficulté arrive.
Je peux évidemment la dramatiser, la retourner cinquante fois dans ma tête, chercher un responsable, anticiper les quinze catastrophes suivantes et essayer de reprendre immédiatement le contrôle.
Ou je peux commencer par regarder ce qui est réellement là.
Pas demain.
Pas ce que mon mental imagine.
Maintenant.
Et très souvent, le problème réel est beaucoup plus petit que toute l’histoire que j’étais déjà en train de construire autour.
Se lâcher la grappe est parfois une sacrée pratique spirituelle
Nous pouvons méditer pendant des heures.
Lire des centaines de livres.
Participer à des stages.
Chercher notre mission de vie.
Étudier les lois de l’Univers.
Mais parfois, nous avons surtout besoin de nous lâcher la grappe.
Arrêter de vouloir devenir une meilleure version de nous-mêmes à chaque instant.
Arrêter de nous demander si nous sommes suffisamment alignés.
Arrêter de chercher une signification derrière chaque événement.
Et vivre.
Rire.
Manger.
Marcher.
Aimer.
Créer.
Faire des choses inutiles simplement parce qu’elles nous amusent.
Passer du temps avec nos enfants.
Profiter de nos vacances.
Être pleinement humain.
Parce que si notre quête spirituelle nous empêche finalement de profiter de notre incarnation, il y a peut-être un petit paradoxe quelque part.
J’ai moi-même joué au « spirituel »
Je peux sourire aujourd’hui en repensant à certaines périodes de ma vie.
Comme beaucoup, je suis passé par cette phase où je pensais avoir compris certaines choses que d’autres n’avaient pas encore comprises.
Il y avait les personnes conscientes.
Les personnes inconscientes.
Les énergies hautes.
Les énergies basses.
L’ego.
Le cœur.
La lumière.
L’ombre.
Et forcément, lorsque nous commençons à ranger les êtres humains dans toutes ces petites cases, il y a un risque assez amusant :
notre ego devient extrêmement fier d’être devenu spirituel.
Nous pouvons alors commencer à juger ceux qui jugent.
Rejeter ceux qui sont dans le rejet.
Considérer comme inconscients ceux qui ne partagent pas notre conception de la conscience.
J’y suis passé.
Et c’est précisément pour cela que je peux en parler aujourd’hui.
Être spirituel ne signifie pas renier notre humanité
J’ai également pu croire qu’être spirituel nécessitait de se détacher de certaines aspirations considérées comme trop matérielles.
L’argent.
Le confort.
L’ambition.
La réussite.
Le pouvoir.
Le désir.
Comme si une partie de l’être humain devait disparaître pour laisser apparaître un être de lumière parfaitement désintéressé.
Je ne le vois plus ainsi.
Vouloir vivre confortablement n’empêche pas d’avoir une vie intérieure.
Vouloir gagner de l’argent ne fait pas automatiquement de nous quelqu’un de cupide.
Avoir de l’ambition ne signifie pas nécessairement vouloir écraser les autres.
Avoir des désirs ne signifie pas avoir raté son éveil spirituel.
Nous sommes incarnés avec tout cela.
La question intéressante pour moi est plutôt :
Depuis quel endroit intérieur vais-je chercher ce que je désire ?
Si j’ai besoin d’obtenir toujours plus pour enfin me sentir en sécurité, reconnu ou suffisamment important, je risque de courir longtemps.
Mais si je suis capable de reconnaître mes envies, de les assumer et d’avancer vers elles sans demander à leur réalisation de déterminer ma valeur, la dynamique devient complètement différente.
Reprendre son pouvoir ne signifie pas contrôler les autres
C’est aussi une nuance importante.
Lorsque je parle de reprendre le pouvoir sur ma vie, je ne parle pas de domination.
Je parle de responsabilité.
Plus je prends la responsabilité de mes décisions, de mes limites, de mes réactions et de la direction que je donne à ma vie, moins j’ai besoin que l’extérieur soit exactement comme je voudrais qu’il soit.
Je peux vouloir quelque chose sans exiger que tout le monde me suive.
Je peux avoir des valeurs sans considérer que ceux qui vivent différemment ont tort.
Je peux poser une limite sans transformer l’autre en ennemi.
Je peux changer de direction sans attendre que mon entourage valide mon choix.
Et pour moi, c’est précisément là que se développe la sécurité intérieure.
Nous n’avons peut-être pas besoin de savoir ce qui est bon pour tout le monde
C’est probablement l’une des choses que j’ai le plus envie de conserver aujourd’hui.
Je ne sais pas ce qui est bon pour vous.
Je peux partager mes expériences.
Mes erreurs.
Mes croyances.
Mes observations.
Ce que j’expérimente aujourd’hui.
Mais je ne suis pas dans votre vie.
Et surtout, je continue moi-même à évoluer.
Certaines certitudes que j’avais il y a quelques années me font sourire aujourd’hui.
Alors je me méfie davantage de celles que j’ai maintenant.
Je préfère expérimenter.
Observer.
Ajuster.
Et laisser aux autres la liberté de faire exactement la même chose.
Et si le but était simplement de vivre ?
Je repense à une petite vidéo réalisée avec Enzo pendant nos vacances.
Nous étions simplement en train de profiter.
Pas de grande mission.
Pas de transformation à provoquer.
Pas de niveau de conscience à atteindre.
Pas d’humanité à sauver.
Nous vivions.
Dans l’insouciance.
Et finalement, ces moments-là me rappellent quelque chose d’essentiel.
Nous pouvons passer notre existence à essayer de comprendre la vie.
Ou nous pouvons aussi la vivre.
Nourrir ce qui compte réellement pour nous.
Prendre soin de notre sécurité intérieure pour avoir de moins en moins besoin de contrôler l’extérieur.
Assumer nos envies.
Rire de nos contradictions.
Accepter de ne pas tout comprendre.
Et surtout nous lâcher un peu la grappe.
Peut-être que la vie devient beaucoup plus légère à partir de là.
Stéphane Bride-Bonnot
Nous sommes #TousFormidable.












