Complimentez-vous ou faites-vous des compliments au choix
Arrêtez de vous parler comme à votre pire ennemi
Dans la vie, nous avons souvent le choix.
Et aujourd’hui, je vous propose un choix extrêmement simple en apparence :
vous critiquer ou apprendre à vous parler autrement.
Observez ce qui se passe lorsque vous faites quelque chose qui ne correspond pas à vos attentes.
Vous ratez un rendez-vous.
Vous faites une erreur professionnelle.
Vous perdez patience avec quelqu’un.
Vous abandonnez une nouvelle habitude au bout de quatre jours.
Vous prenez une mauvaise décision.
Vous n’obtenez pas le résultat espéré.
Quelle est votre première réaction intérieure ?
« Quel idiot ! »
« Je suis vraiment nul. »
« Je fais toujours n’importe quoi. »
« Je n’y arriverai jamais. »
« Je suis incapable de tenir quelque chose. »
« Mais qu’est-ce qui m’a pris ? »
Nous prononçons parfois intérieurement des phrases que nous n’oserions jamais adresser à quelqu’un que nous aimons.
Et à force de les répéter, nous créons un environnement intérieur dans lequel l’erreur devient dangereuse.
Imaginez votre meilleure amie en face de vous
Prenons exactement la même situation.
Votre meilleure amie vient vous voir.
Elle vient de faire une erreur.
Elle est déçue.
Elle vous explique ce qui s’est passé et termine par :
« Je suis vraiment nulle. »
Que lui répondez-vous ?
Probablement pas :
« Oui, effectivement. Tu es vraiment nulle. Et puis, entre nous, tu rates quand même beaucoup de choses en ce moment. »
Vous allez plutôt essayer de remettre l’événement en perspective.
« Tu as fait ce que tu pouvais. »
« Tu ne pouvais pas tout savoir. »
« Maintenant, tu sais ce que tu feras différemment la prochaine fois. »
« Une erreur ne remet pas en question tout ce que tu as déjà réussi. »
Vous allez probablement être capable de distinguer ce qu’elle a fait de ce qu’elle est.
Alors pourquoi cette bienveillance disparaît-elle lorsque la personne en face de vous est vous-même ?
« J’ai échoué » n’est pas « je suis un échec »
Cette distinction me paraît fondamentale.
Vous pouvez avoir fait quelque chose de maladroit sans être maladroit dans l’absolu.
Vous pouvez avoir échoué à un projet sans être un échec.
Vous pouvez avoir eu un comportement que vous regrettez sans être une mauvaise personne.
Vous pouvez ne pas avoir tenu votre engagement sans être incapable de tenir vos engagements.
Un comportement est un événement.
Une identité est une définition de soi.
Pourtant, notre cerveau passe très facilement de l’un à l’autre.
« J’ai fait une erreur » devient :
« Je suis nul. »
Et lorsque cette association est répétée suffisamment souvent, elle peut finir par influencer profondément l’image que nous avons de nous-mêmes.
Notre dialogue intérieur participe à notre sécurité intérieure
Imaginez que vous travailliez avec un responsable qui vous humilie à chaque erreur.
Vous arrivez le matin sans savoir quand tombera la prochaine critique.
Vous faites alors extrêmement attention.
Vous vérifiez tout.
Vous hésitez.
Vous évitez de prendre des initiatives.
Vous cherchez surtout à ne pas vous tromper.
Progressivement, vous ne travaillez plus pour créer ou progresser.
Vous travaillez pour éviter la sanction.
Maintenant, imaginez que ce responsable soit installé directement dans votre tête.
Impossible de rentrer chez vous pour lui échapper.
Il vous accompagne partout.
C’est ce qui peut se produire lorsque notre dialogue intérieur est constamment agressif.
Nous devenons notre propre source d’insécurité.
La peur de l’échec peut être une protection
Pourquoi certaines personnes procrastinent-elles ?
Pourquoi n’osons-nous parfois pas commencer ?
Pourquoi avons-nous besoin de tout maîtriser avant d’essayer ?
Pourquoi le perfectionnisme peut-il devenir paralysant ?
Il peut évidemment exister de nombreuses raisons.
Mais parmi elles, il y en a une particulièrement intéressante :
si l’échec déclenche systématiquement une attaque contre moi-même, ne pas essayer devient une manière de me protéger.
Si je ne commence pas, je ne peux pas échouer.
Si je ne montre pas mon travail, personne ne peut le critiquer.
Si je ne prends pas de risque, je ne pourrai pas me reprocher d’avoir pris une mauvaise décision.
Si j’attends que tout soit parfait, je diminue théoriquement le risque de me tromper.
Ce qui ressemble extérieurement à un manque de motivation peut donc parfois être un mécanisme de protection.
Se parler avec bienveillance ne signifie pas se trouver des excuses
C’est ici qu’une nuance est nécessaire.
Certaines personnes peuvent entendre :
« Tu as fait du mieux que tu as pu »
comme :
« Ce n’est pas grave, continue exactement comme ça. »
Ce n’est pas ce que je propose.
La bienveillance envers soi n’efface pas la responsabilité.
Je peux reconnaître :
« J’ai mal géré cette situation. »
Je peux constater :
« Je n’ai pas suffisamment préparé ce rendez-vous. »
Je peux admettre :
« J’ai blessé cette personne. »
Je peux reconnaître :
« J’ai pris une décision sous le coup de la peur. »
Puis me demander :
« Qu’est-ce que je peux apprendre de cette expérience ? »
C’est très différent de :
« Je suis vraiment nul. »
La première formulation ouvre une possibilité d’évolution.
La seconde attaque mon identité.
La responsabilité regarde le comportement, la culpabilisation attaque la personne
C’est une distinction que j’aime beaucoup.
La responsabilité dit :
« Voilà ce que j’ai fait. »
Puis :
« Voilà ce que je peux éventuellement faire différemment. »
L’autocritique destructrice dit :
« Voilà ce que cela prouve sur moi. »
Nous pouvons donc être extrêmement exigeants avec nos comportements tout en restant respectueux envers nous-mêmes.
Je peux vouloir progresser.
Je peux corriger mes erreurs.
Je peux présenter mes excuses.
Je peux recommencer.
Je peux apprendre.
Mais je n’ai pas besoin de me détruire pour évoluer.
Au contraire.
Commencez à observer les mots que vous utilisez
Pendant quelques jours, prêtez simplement attention à votre dialogue intérieur.
Pas besoin de chercher immédiatement à le transformer.
Écoutez.
Lorsque vous vous trompez, que vous dites-vous ?
Lorsque vous vous regardez dans un miroir ?
Lorsque vous voyez quelqu’un qui semble mieux réussir que vous ?
Lorsque vous repensez à une décision passée ?
Lorsque vous n’arrivez pas à faire quelque chose ?
Vous découvrirez peut-être des phrases qui reviennent depuis très longtemps.
« Je suis trop… »
« Je ne suis pas assez… »
« Je n’ai jamais été capable de… »
« De toute façon, avec moi… »
Puis posez-vous une question :
Est-ce que je parlerais ainsi à quelqu’un que j’aime ?
Apprenez également à reconnaître ce qui fonctionne
Notre cerveau remarque très facilement les écarts.
Vous aviez dix choses à faire.
Vous en avez réalisé neuf.
Laquelle allez-vous probablement garder en tête le soir ?
Celle qui manque.
Nous pouvons ainsi passer à côté de dizaines de petites réussites quotidiennes parce qu’elles nous paraissent normales.
Alors prenez aussi l’habitude de les reconnaître.
« J’ai bien géré cette conversation. »
« Je suis content d’avoir posé cette limite. »
« J’ai tenu mon engagement aujourd’hui. »
« J’ai eu peur et je l’ai fait quand même. »
« J’ai pris soin de moi. »
« Je suis fier de cette décision. »
Cela peut paraître artificiel au départ.
Mais si vous savez parfaitement vous critiquer lorsque quelque chose ne fonctionne pas, pourquoi serait-il interdit de reconnaître ce que vous faites bien ?
Félicitez aussi l’effort, pas uniquement le résultat
C’est important.
Si vous ne vous félicitez que lorsque vous réussissez, vous continuez à conditionner votre valeur au résultat.
Or certaines actions courageuses ne donnent pas immédiatement le résultat espéré.
Vous avez osé dire ce que vous pensiez.
La personne l’a mal pris.
Vous avez lancé un projet.
Il n’a pas fonctionné.
Vous avez candidaté.
Vous avez reçu un refus.
Vous avez posé une limite.
Quelqu’un s’est éloigné.
Le résultat extérieur n’est donc pas toujours le meilleur indicateur de la qualité de votre démarche.
Vous pouvez reconnaître le courage.
L’effort.
La cohérence avec vos valeurs.
Le fait d’avoir essayé.
La capacité à recommencer.
C’est ainsi que nous construisons progressivement une relation plus sécurisante avec nous-mêmes.
Devenez une personne sur laquelle vous pouvez compter
La sécurité intérieure ne vient pas uniquement de ce que les autres nous disent.
Elle se construit aussi dans la relation que nous entretenons avec nous-mêmes.
Est-ce que je peux me tromper sans me démolir ?
Est-ce que je peux échouer sans perdre toute estime de moi ?
Est-ce que je peux reconnaître mes erreurs sans me définir par elles ?
Est-ce que je peux me féliciter sans attendre que quelqu’un le fasse à ma place ?
Est-ce que je peux traverser une période difficile en restant de mon côté ?
Parce qu’au fond, il y a une personne qui sera présente à chacune des étapes de votre existence.
Vous.
Alors autant faire en sorte que cette personne devienne progressivement un endroit sûr.
La prochaine fois que quelque chose ne se passe pas comme prévu, avant de vous critiquer, imaginez votre meilleure amie assise devant vous.
Puis demandez-vous :
« Qu’est-ce que je lui dirais pour l’aider à comprendre son erreur sans lui retirer sa valeur ? »
Et cette fois, adressez-vous exactement les mêmes mots.
Nous sommes #TousFormidable.












