Connaissez-vous le karma ?

Karma : et si le passé n’était pas une condamnation ?

Lorsque j’ai commencé à m’intéresser au développement personnel et à la spiritualité, j’ai entendu beaucoup de choses sur le karma.

Des contrats.

Des vies antérieures.

Des dettes karmiques.

Des personnes que nous serions obligés de rencontrer.

Des expériences qu’il faudrait nécessairement traverser pour « payer » quelque chose appartenant au passé.

Et comme souvent dans mon parcours, ma compréhension a évolué.

Aujourd’hui, je préfère regarder le karma d’une manière beaucoup plus simple.

D’ailleurs, revenons au sens premier du mot.

Karma signifie « action ».

Cette définition change déjà beaucoup de choses.

Plutôt que d’imaginer une sorte de comptabilité invisible qui distribuerait les récompenses et les sanctions, nous pouvons regarder le karma comme l’ensemble des actions qui participent à ce que nous devenons et à ce que nous créons.

Nos comportements.

Nos décisions.

Nos paroles.

Nos réactions.

Nos habitudes.

Et, en amont, nos pensées, nos émotions, nos croyances et nos mécanismes de protection.

Que l’on adhère ou non à une lecture spirituelle du karma, cette approche pose une question extrêmement concrète :

qu’est-ce qui, en moi aujourd’hui, continue à produire les mêmes résultats dans ma vie ?

Nous répétons parfois sans comprendre pourquoi

Vous avez peut-être déjà vécu cette sensation.

Changer de conjoint et retrouver quelques années plus tard une dynamique relationnelle étrangement similaire.

Changer de travail et rencontrer les mêmes difficultés.

Décider de mieux prendre soin de soi puis revenir progressivement aux anciennes habitudes.

Vouloir poser des limites et finir une nouvelle fois par dire oui.

Promettre de ne plus accepter certaines situations et les accepter pourtant lorsqu’elles se représentent.

Nous pourrions appeler cela le karma.

Nous pourrions aussi parler de schémas répétitifs, de conditionnements, de croyances ou d’automatismes.

Le vocabulaire importe finalement moins que la prise de conscience :

quelque chose se répète.

Et si quelque chose se répète, peut-être existe-t-il un mécanisme que nous n’avons pas encore identifié.

Ce qui se répète cherche parfois à nous protéger

C’est ici que ma réflexion rejoint directement la sécurité intérieure.

Nous imaginons facilement qu’un comportement qui nous fait souffrir est absurde.

Pourquoi est-ce que je continue ?

Pourquoi est-ce que je retombe toujours là-dedans ?

Pourquoi est-ce que j’attire toujours ce genre de relation ?

Pourquoi est-ce que je sabote encore ce projet ?

Mais plutôt que de considérer immédiatement que quelque chose « ne tourne pas rond » chez nous, nous pouvons poser une autre question :

Qu’est-ce que ce mécanisme essaie de protéger ?

Prenons quelqu’un qui reste constamment en retrait.

Peut-être a-t-il appris qu’être visible l’exposait au jugement.

Une personne qui veut tout contrôler a peut-être associé l’imprévu au danger.

Quelqu’un qui dit toujours oui peut avoir appris que déplaire risquait de lui faire perdre l’amour ou l’appartenance.

Une personne qui ne termine jamais ses projets peut inconsciemment éviter le moment où son travail sera évalué.

Ce que nous appelons parfois un blocage peut donc avoir une fonction de protection.

Et c’est là une idée essentielle :

ce qui vous protège aujourd’hui est peut-être aussi ce qui vous bloque.

Faut-il forcément retourner fouiller dans tout son passé ?

Je ne le crois pas.

Comprendre notre histoire peut être extrêmement utile.

Certaines expériences passées expliquent pourquoi nous avons développé certaines protections.

Et lorsque des événements anciens continuent à provoquer une souffrance importante, un accompagnement professionnel adapté peut évidemment avoir du sens.

Mais nous pouvons aussi tomber dans un autre piège : chercher indéfiniment dans le passé la cause exacte de tout ce qui nous arrive aujourd’hui.

À quel âge cela a-t-il commencé ?

Quelle blessure ?

Quel événement ?

Quelle génération ?

Et, pour certaines approches spirituelles, quelle vie antérieure ?

Nous pouvons passer énormément de temps à chercher l’origine parfaite.

Pendant ce temps, le mécanisme continue à fonctionner ici et maintenant.

Or le présent nous donne déjà beaucoup d’informations.

Observez ce qui se passe maintenant

Imaginez que vous souhaitiez dire non à quelqu’un.

Avant même de parler, quelque chose se produit.

Une tension.

Une peur.

Une pensée :

« Il va mal le prendre. »

Puis :

« Ce n’est pas si grave, je vais accepter. »

Vous dites oui.

Quelques heures plus tard, vous êtes frustré.

Voilà déjà un mécanisme observable.

Vous n’avez pas nécessairement besoin de connaître immédiatement l’origine exacte de cette peur pour commencer à travailler dessus.

Vous pouvez constater :

Lorsque j’envisage de poser une limite, mon système de protection anticipe un risque relationnel et me pousse à renoncer.

À partir de là, vous avez récupéré quelque chose de précieux : de la conscience.

Et avec la conscience apparaît progressivement une possibilité de choix.

Nous regardons facilement le grain de sable

Il existe un autre mécanisme humain que je trouve fascinant.

Nous pouvons avoir vécu une journée globalement agréable et rentrer le soir en ne pensant qu’à la personne qui nous a fait une remarque désagréable à 14 h 32.

Tout le reste disparaît.

Le café tranquille du matin.

Le sourire d’un inconnu.

Le déjeuner agréable.

Le travail accompli.

Le message sympathique reçu dans l’après-midi.

Le soleil.

La maison dans laquelle nous rentrons.

Et notre cerveau s’accroche au grain de sable.

Ce fonctionnement a une logique : notre cerveau est particulièrement attentif à ce qui peut représenter une menace ou un problème.

Mais si nous n’en avons pas conscience, nous pouvons finir par avoir une perception extrêmement déséquilibrée de notre propre existence.

Reconnaître ce qui va bien n’est pas nier ce qui va mal

Je ne propose pas de remplacer chaque problème par une pensée positive.

Vous avez le droit d’être contrarié.

Vous avez le droit de constater qu’une situation ne vous convient pas.

Vous avez le droit d’être triste, déçu ou en colère.

La sécurité intérieure ne consiste pas à afficher un sourire permanent.

Elle consiste notamment à pouvoir traverser une émotion désagréable sans lui laisser automatiquement prendre les commandes.

Je peux ressentir une frustration et observer ce qu’elle raconte.

Je peux avoir peur et ne pas laisser cette peur décider immédiatement.

Je peux être blessé sans transformer cette blessure en définition permanente de ma vie.

C’est très différent.

Votre « karma » peut changer avec vos réponses

Si nous conservons le mot karma dans le sens d’action, alors une idée devient particulièrement intéressante :

à chaque nouvelle situation, une nouvelle action est possible.

Hier, lorsque quelqu’un me critiquait, je cherchais immédiatement à me justifier.

Aujourd’hui, je peux écouter sans considérer que ma valeur est attaquée.

Hier, je disais oui pour éviter de déplaire.

Aujourd’hui, je peux essayer un petit non.

Hier, l’incertitude me poussait à tout contrôler.

Aujourd’hui, je peux accepter de ne pas connaître immédiatement la suite.

Hier, je cherchais systématiquement l’approbation extérieure.

Aujourd’hui, je peux commencer par me demander ce que moi, je pense de ma décision.

C’est là que quelque chose change.

Pas nécessairement dans le monde extérieur immédiatement.

Mais dans notre manière d’y répondre.

Le véritable changement se joue entre le stimulus et notre réponse

Une situation apparaît.

Notre ancien automatisme se déclenche.

Et pendant longtemps, nous pouvons avoir l’impression qu’il n’existe aucune autre possibilité.

Puis nous commençons à observer le mécanisme.

Et progressivement apparaît un espace.

Un espace minuscule au départ.

Mais suffisant pour nous demander :

Est-ce que je veux encore répondre de cette manière ?

C’est dans cet espace que se construit une nouvelle liberté.

Et c’est également là que se construit la sécurité intérieure.

Car plus je développe la capacité à rester suffisamment stable lorsque quelque chose me dérange, moins mes anciens mécanismes de protection sont obligés de décider à ma place.

Accepter ce qui est pour pouvoir agir sur ce qui vient

L’acceptation est fondamentale dans ce processus.

Mais accepter ne signifie pas subir.

Si une situation me fait souffrir, je n’ai pas à me raconter qu’elle est merveilleuse.

L’acceptation consiste d’abord à reconnaître :

« Voilà ce qui est là aujourd’hui. »

« Voilà ce que je ressens. »

« Voilà comment j’ai tendance à réagir. »

« Voilà ce que cette situation réveille chez moi. »

À partir de là, je peux décider.

Tant que je nie ce qui existe, je peux difficilement le transformer.

Vous n’êtes pas condamné à répéter votre passé

C’est finalement ce que j’aime dans cette nouvelle lecture du karma.

Le passé peut expliquer une partie de nos automatismes.

Notre enfance, nos expériences, nos relations, nos croyances et nos conditionnements ont participé à la personne que nous sommes aujourd’hui.

Pour ceux qui croient aux vies antérieures ou aux mémoires spirituelles, cette lecture pourra encore être élargie.

Mais quelle que soit notre croyance, une chose reste essentielle :

notre histoire n’a pas besoin de devenir notre condamnation.

Nous pouvons observer ce qui se répète.

Comprendre ce qui cherche à nous protéger.

Reconnaître ce que cette protection nous coûte aujourd’hui.

Puis expérimenter progressivement une autre réponse.

Pas parce que nous aurions enfin « payé notre dette karmique ».

Mais parce que nous devenons suffisamment conscients et suffisamment sécurisés intérieurement pour ne plus laisser automatiquement le passé choisir le présent.

Alors, plutôt que de vous demander :

« Qu’est-ce que j’ai fait pour mériter ça ? »

essayez peut-être une question différente :

« Qu’est-ce que cette situation réveille en moi, et quelle réponse ai-je envie de choisir aujourd’hui ? »

C’est peut-être ainsi que le karma cesse d’être une fatalité pour redevenir ce qu’il signifie à l’origine :

une action.

Et donc, une possibilité de mouvement.

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Stéphane Bride-Bonnot coach loi d'attraction
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