Créez votre monde à votre image
Ce que vous nourrissez finit par prendre de la place
Dans la vie, nous n’avons pas le contrôle sur tout.
En revanche, nous avons une marge de choix sur ce à quoi nous décidons de donner notre attention.
Et ce choix est loin d’être anodin.
Prenez simplement les informations.
Vous pouvez passer une heure à regarder des catastrophes, des conflits, des agressions, des scandales, des crises économiques, des maladies, des tensions politiques…
Puis poser votre téléphone et reprendre tranquillement votre journée.
Mais votre cerveau, lui, ne revient pas forcément aussi rapidement à son état initial.
Parce que notre système de protection est particulièrement attentif à tout ce qui peut représenter une menace.
C’est extrêmement utile pour notre survie.
Mais dans notre monde moderne, ce mécanisme peut aussi nous maintenir dans un état d’alerte permanent.
Notre attention est naturellement captée par la menace
Un titre inquiétant attire facilement notre regard.
« Attention… »
« Danger… »
« Crise… »
« Catastrophe… »
« Ce qui pourrait vous arriver… »
Notre cerveau veut savoir.
Pas nécessairement parce que nous aimons le négatif.
Mais parce qu’il cherche à déterminer :
Est-ce que cela pourrait être dangereux pour moi ?
Et les médias, les réseaux sociaux et les plateformes numériques connaissent parfaitement la puissance de cette mécanique attentionnelle.
Leur économie repose largement sur notre attention.
Plus nous restons, plus nous regardons, plus nous cliquons, plus leur modèle fonctionne.
Cela ne signifie pas qu’il faudrait rejeter les médias ou refuser de connaître ce qui se passe dans le monde.
Cela signifie simplement que nous pouvons reprendre conscience de ce que nous laissons entrer dans notre espace intérieur.
Parce qu’il existe aussi autre chose
Pendant qu’une catastrophe occupe les gros titres, quelque part des milliers de personnes construisent, inventent, réparent, soignent, accompagnent, transmettent, protègent, plantent, créent et s’entraident.
Des entreprises développent de nouvelles solutions.
Des associations changent concrètement la vie de personnes.
Des voisins s’entraident.
Des chercheurs avancent.
Des personnes changent complètement leur existence.
Des familles vivent des moments merveilleux.
Des inconnus accomplissent quotidiennement des gestes extraordinaires qui ne feront jamais la une.
Tout cela existe également.
Simplement, cela capte moins facilement notre système d’alerte.
Et si vous observiez votre alimentation mentale ?
Nous faisons attention, parfois, à ce que nous mettons dans notre assiette.
Mais beaucoup moins à ce que nous faisons entrer dans notre tête toute la journée.
Alors faites une expérience.
Observez pendant quelques jours ce que vous consommez.
Les comptes que vous suivez.
Les vidéos que vous regardez.
Les conversations auxquelles vous participez.
Les notifications que vous ouvrez.
Les informations que vous consultez dès votre réveil.
Et surtout, observez votre état intérieur après chacune de ces expositions.
Est-ce que cela vous apaise ?
Est-ce que cela vous enrichit ?
Est-ce que cela vous donne envie d’agir ?
Ou est-ce que cela nourrit continuellement la peur, la colère, l’impuissance ou la méfiance ?
La question n’est pas de vivre dans un monde artificiellement positif.
La question est de savoir ce que vous choisissez de nourrir en vous.
Votre système de protection apprend aussi de votre environnement
Si vous lui présentez continuellement des menaces, il cherchera continuellement à vous protéger.
Et progressivement, vous pouvez commencer à regarder votre propre existence à travers ce filtre.
Un projet devient un risque.
Une rencontre devient une menace potentielle.
Un changement devient dangereux.
L’inconnu devient quelque chose qu’il faudrait éviter.
Et sans même vous en rendre compte, vous pouvez commencer à prendre vos décisions non plus en fonction de ce que vous désirez profondément…
mais en fonction de ce que vous voulez éviter.
C’est précisément là que la sécurité intérieure devient importante.
La sécurité intérieure est la capacité à rester suffisamment stable face à l’incertitude extérieure pour ne plus laisser ses mécanismes de protection décider à sa place.
Vous n’avez donc pas besoin que le monde extérieur devienne parfaitement rassurant pour commencer à vivre autrement.
Vous pouvez apprendre à observer ce qu’il déclenche en vous.
Vous pouvez choisir votre environnement
Choisir ne signifie pas nier.
Vous pouvez connaître les difficultés du monde sans passer votre journée à les absorber.
Vous pouvez être informé sans être continuellement immergé dans l’information.
Vous pouvez reconnaître ce qui va mal tout en regardant également ce qui fonctionne.
Vous pouvez fréquenter des personnes qui vous permettent de réfléchir, de créer, de rire et d’avancer.
Vous pouvez faire le tri dans vos abonnements.
Vous pouvez couper certaines notifications.
Vous pouvez décider que votre première pensée du matin ne sera pas déterminée par l’algorithme d’un réseau social.
Vous pouvez créer du silence.
Et surtout, vous pouvez observer ce qui se passe en vous lorsque vous faites ces choix.
Peut-être découvrirez-vous alors quelque chose d’intéressant :
ce qui vous protège aujourd’hui est peut-être aussi ce qui vous bloque.
Votre besoin de tout savoir peut vous donner l’impression d’être préparé.
Votre besoin d’anticiper peut vous donner l’impression de contrôler.
Votre vigilance permanente peut vous donner l’impression d’éviter les problèmes.
Mais à quel prix ?
Alors aujourd’hui, plutôt que de chercher à savoir si le monde va bien ou mal, je vous propose une question beaucoup plus personnelle :
Qu’est-ce que vous laissez entrer chaque jour dans votre esprit… et qu’est-ce que cela produit en vous ?
Nous sommes #TousFormidable.












