Le hasard n’existe pas.

Sommes-nous responsables de tout ce qui nous arrive ? De la culpabilité à la sécurité intérieure

Pendant longtemps, j’ai porté une conviction très forte : nous sommes des êtres énergétiques, vibratoires et magnétiques, et nous attirons à nous ce que nous vibrons.

À partir de cette vision, j’allais très loin.

Une rencontre désagréable ? Elle révélait quelque chose de moi.

Un problème financier ? Il reflétait mes énergies.

Une relation compliquée ? Elle venait mettre en lumière une partie de moi.

Même un vol pouvait être interprété comme le retour de mes propres vibrations.

Aujourd’hui, je conserve une partie importante de cette philosophie : ce que nous vivons peut devenir une occasion extraordinaire de mieux nous connaître.

Mais je pose désormais une limite essentielle.

Nous ne sommes pas responsables de tout ce que les autres nous font.

Et cette distinction change profondément la manière d’aborder la responsabilité personnelle et la sécurité intérieure.

Être victime d’un acte ne signifie pas l’avoir créé

Prenons précisément l’exemple du vol.

Quelqu’un vous vole votre téléphone.

Qui est responsable du vol ?

La personne qui a décidé de voler.

Vous n’avez pas besoin de chercher quelle « mauvaise vibration » aurait provoqué l’événement.

Vous n’avez pas davantage à conclure que votre manque d’estime personnelle aurait énergétiquement attiré le voleur.

Ce raisonnement peut devenir particulièrement problématique lorsqu’on l’applique à des événements plus graves.

Une personne victime d’une agression, d’une violence ou d’un abus n’a pas créé le comportement de son agresseur par ses pensées, ses émotions ou ses vibrations.

La responsabilité de l’acte appartient à celui qui le commet.

En revanche, quelque chose nous appartient pleinement :

ce que nous allons faire maintenant de ce qui nous est arrivé.

Responsabilité et culpabilité sont deux choses différentes

Cette distinction est au cœur de la sécurité intérieure.

La culpabilité dit :

« Si cela m’est arrivé, c’est que quelque chose ne va pas chez moi. »

La responsabilité personnelle demande :

« Maintenant que cela m’est arrivé, quelle est ma marge d’action ? »

Je peux porter plainte.

Sécuriser davantage certaines choses.

Demander de l’aide.

Exprimer ma colère.

Traverser ma peur.

Tirer éventuellement un enseignement de l’expérience.

Puis reprendre ma vie.

Je ne contrôle pas tous les événements.

Mais je peux progressivement récupérer du pouvoir sur ma manière d’y répondre.

Et je trouve aujourd’hui cette conception beaucoup plus libératrice que l’idée selon laquelle nous serions responsables de 100 % de notre réalité.

Tout événement doit-il forcément contenir un message ?

Nous voulons souvent comprendre pourquoi quelque chose nous arrive.

C’est humain.

Notre cerveau cherche du sens.

Et dans ma propre vision spirituelle, j’aime rester attentif aux synchronicités, aux rencontres et aux événements qui semblent entrer étrangement en résonance avec ce que je traverse.

Mais il existe une différence entre se demander :

« Qu’est-ce que cette expérience peut m’apprendre ? »

et affirmer :

« Cette expérience m’est arrivée parce que je devais apprendre cela. »

Dans le premier cas, nous ouvrons une réflexion.

Dans le second, nous prétendons connaître avec certitude la cause invisible d’un événement.

Je préfère aujourd’hui la première posture.

Que révèle l’événement en moi ?

Reprenons notre exemple.

Je viens de me faire voler.

L’événement ne prouve pas que je me dévalorise.

Mais il peut réveiller quelque chose.

Une peur du manque.

Une colère très forte.

Un sentiment d’injustice.

Une impression d’impuissance.

Une ancienne blessure.

Et c’est ici que l’expérience peut devenir intéressante pour mon développement personnel.

Je peux me demander :

Pourquoi cette perte me bouleverse-t-elle autant ?

Qu’est-ce que j’ai peur de perdre au-delà de l’objet lui-même ?

Est-ce que cet événement réactive chez moi une difficulté à faire confiance ?

Comment puis-je retrouver mon sentiment de sécurité après ce qui vient de se produire ?

L’événement devient alors un miroir non pas parce que j’aurais nécessairement créé le voleur, mais parce que ma réaction me renseigne sur mon monde intérieur.

Ne pas juger toute la personne à partir d’un comportement

Il existe néanmoins une idée de mon ancien texte que je trouve toujours intéressante.

Quelqu’un qui vole a commis un vol.

Cela ne nous oblige pas à réduire la totalité de cet être humain au mot « voleur ».

Nous pouvons condamner un acte sans prétendre connaître toute la personne.

Cette distinction vaut partout.

Une personne peut mentir sans que toute son identité se résume à « menteur ».

Une personne peut commettre une faute sans devenir uniquement cette faute.

Et nous pouvons appliquer la même règle à nous-mêmes.

J’ai fait quelque chose de mauvais ne signifie pas :

« Je suis mauvais. »

C’est une manière de sortir du jugement identitaire sans supprimer la responsabilité.

Reconnaître notre propre part d’ombre

Nous aimons naturellement nous identifier à certaines qualités.

Je suis généreux.

Je suis honnête.

Je suis bienveillant.

Je suis respectueux.

Et nous avons parfois davantage de difficulté à reconnaître que l’être humain possède aussi des contradictions.

Dans certaines circonstances, nous pouvons être jaloux.

Égoïstes.

Manipulateurs.

Agressifs.

Envieux.

Cela ne signifie pas que nous allons nécessairement passer à l’acte.

Reconnaître notre capacité à ressentir une émotion ou une pulsion ne signifie pas lui obéir.

Au contraire.

Plus nous sommes capables de regarder lucidement nos zones d’ombre, moins nous avons besoin de les projeter systématiquement sur les autres.

Nous pouvons nous dire :

« Oui, moi aussi, dans certaines circonstances, je peux avoir envie de prendre davantage que ce que je donne. »

Cette reconnaissance peut développer notre conscience sans nous obliger à excuser celui qui nous a effectivement volés.

Peut-on rester relié à quelqu’un tout en posant une limite ?

Dans ma vision spirituelle, je continue à aimer l’idée que nous sommes profondément interconnectés.

Mais être relié ne signifie pas tout accepter.

Je peux considérer qu’un autre être humain appartient au même vivant que moi et appeler la police s’il me vole.

Je peux souhaiter qu’une personne trouve un jour davantage de paix intérieure et décider qu’elle n’entrera plus chez moi.

Je peux refuser de nourrir une haine permanente sans renoncer à mes limites.

C’est même, à mes yeux, une forme de sécurité intérieure.

Je n’ai pas besoin de détruire symboliquement l’autre pour me protéger de lui.

Et je n’ai pas besoin non plus de nier ce qu’il a fait pour rester fidèle à mes valeurs.

La gratitude ne doit jamais devenir une obligation

Après une expérience difficile, certaines approches spirituelles nous invitent immédiatement à remercier la vie.

Cela peut avoir du sens pour certaines personnes.

Mais nous avons aussi le droit d’être en colère.

D’être triste.

D’avoir peur.

La sécurité intérieure ne consiste pas à remplacer immédiatement toute émotion désagréable par de la gratitude.

Elle consiste d’abord à pouvoir accueillir ce qui est là sans nous abandonner.

Puis, parfois, beaucoup plus tard, nous découvrons que l’expérience nous a appris quelque chose.

Et une forme de gratitude peut apparaître.

Mais elle n’a pas besoin d’être forcée.

Reprendre son pouvoir sans prendre sur soi la faute des autres

C’est finalement là que je situe aujourd’hui la véritable responsabilité personnelle.

Je ne suis pas responsable de tout ce qui entre dans mon histoire.

Je ne suis pas responsable des décisions de chaque personne que je rencontre.

Je ne suis pas responsable de toutes les circonstances extérieures.

Mais je peux apprendre à devenir responsable de ma réponse.

De mes limites.

De mes choix.

De ce que je décide de continuer à nourrir.

De l’aide que je demande.

De la direction que je prends ensuite.

Et cette posture me semble beaucoup plus puissante.

Parce que pour reprendre le pouvoir sur notre vie, nous n’avons pas besoin de nous rendre coupables de tout ce qui nous est arrivé.

Nous avons besoin de développer suffisamment de sécurité intérieure pour pouvoir regarder une expérience et nous demander :

« Cela est arrivé. Maintenant, depuis quel endroit intérieur vais-je choisir ma réponse ? »

Depuis la peur ?

Depuis la vengeance ?

Depuis la culpabilité ?

Ou depuis un endroit suffisamment stable pour protéger ce qui doit l’être, accueillir ce que je ressens et continuer à avancer ?

Nous ne contrôlons pas toute la vie.

Mais nous pouvons progressivement apprendre à ne plus laisser chaque événement extérieur décider durablement de ce qui se passe à l’intérieur.

Et pour moi, c’est déjà reprendre une immense part de notre pouvoir.

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Stéphane Bride-Bonnot coach loi d'attraction
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