Comment sortir de la culpabilité ?

Culpabilité : comment arrêter de se condamner pour retrouver sa sécurité intérieure ?

La culpabilité est une émotion que beaucoup d’entre nous connaissent particulièrement bien.

Nous culpabilisons d’avoir mangé quelque chose que nous avions décidé de ne pas manger.

D’avoir fumé alors que nous voulions arrêter.

D’avoir perdu patience avec nos enfants.

D’avoir dit oui alors que nous voulions dire non.

D’avoir pris une mauvaise décision.

Et parfois, nous continuons à culpabiliser pendant des années pour une décision prise par la personne que nous étions autrefois.

Je sais que c’est plus facile à dire qu’à faire, mais il existe une distinction essentielle : reconnaître une erreur peut nous faire grandir ; passer notre vie à nous condamner pour cette erreur ne la répare pas.

Et derrière cette culpabilité se cache souvent une question de sécurité intérieure.

La culpabilité n’est pas responsable de toutes nos maladies

J’ai autrefois formulé certaines choses de manière très directe : si vous culpabilisez en mangeant, votre corps stockera les graisses ; si vous culpabilisez en fumant, vous tomberez malade.

Je ne l’écrirais plus ainsi.

Le fonctionnement du corps humain est beaucoup plus complexe. La prise de poids ou l’apparition d’une maladie ne peuvent évidemment pas être réduites à une émotion.

En revanche, notre rapport émotionnel à nos comportements mérite d’être observé.

Prenons quelqu’un qui fume.

Il fume une cigarette.

Puis il se dit :

« Je suis vraiment nul. »

« Je n’ai aucune volonté. »

« Je n’y arriverai jamais. »

La cigarette est terminée, mais la punition intérieure continue.

Et cette manière de se parler ne crée pas nécessairement les conditions les plus favorables au changement.

La culpabilité peut parfois nous pousser à réparer une erreur. Mais lorsqu’elle devient permanente, elle peut aussi nous enfermer dans la honte, la rumination et une mauvaise image de nous-mêmes.

Pourquoi avons-nous autant besoin de nous punir ?

Lorsque nous faisons quelque chose qui ne correspond pas à nos valeurs, il existe une réaction saine :

« Ce que j’ai fait ne me convient pas. Qu’est-ce que je peux apprendre de cette expérience ? »

Mais nous passons facilement de :

« J’ai fait quelque chose que je regrette »

à :

« Je suis quelqu’un de mauvais. »

Ce déplacement est considérable.

Nous ne jugeons plus notre comportement.

Nous jugeons notre identité.

Et lorsque notre sécurité intérieure est fragile, une erreur peut rapidement devenir une menace pour la valeur que nous nous accordons.

Nous avons alors besoin de nous punir intérieurement comme si souffrir suffisamment pouvait réparer le passé.

Mais le passé ne change pas parce que nous souffrons davantage aujourd’hui.

Les quatre accords toltèques comme grille de lecture

Le livre Les Quatre Accords Toltèques de Don Miguel Ruiz propose quatre principes simples qui peuvent être intéressants pour observer notre fonctionnement.

Le premier nous invite à être attentifs à notre parole.

Et cette parole concerne aussi celle que nous utilisons envers nous-mêmes.

Comment vous parlez-vous après une erreur ?

Diriez-vous à quelqu’un que vous aimez certaines des phrases que vous vous répétez intérieurement ?

La sécurité intérieure commence également dans notre dialogue avec nous-mêmes.

Ne pas tout prendre personnellement

Le deuxième accord nous invite à ne pas faire systématiquement une affaire personnelle de ce que les autres disent ou font.

Lorsque quelqu’un nous critique, nous pouvons immédiatement avoir l’impression que notre valeur est attaquée.

Lorsque quelqu’un ne répond pas à notre message, nous pouvons imaginer qu’il nous rejette.

Lorsque quelqu’un est désagréable, nous pouvons considérer que nous avons forcément fait quelque chose de mal.

Or le comportement de l’autre raconte aussi son histoire, son état intérieur et ses propres préoccupations.

Ne pas tout prendre personnellement ne signifie pas devenir indifférent.

Cela signifie ne plus laisser chaque réaction extérieure décider de notre valeur.

C’est une composante essentielle de la sécurité intérieure.

Ne pas faire de suppositions

Le troisième accord nous invite à observer les histoires que notre mental construit lorsque nous ne savons pas.

« Il n’a pas répondu, donc il m’en veut. »

« Elle a changé de ton, j’ai forcément fait quelque chose. »

« Mon patron veut me parler, je vais avoir un problème. »

Notre cerveau cherche à remplir les espaces vides.

Et lorsque nous sommes en insécurité, il ne les remplit pas toujours avec les scénarios les plus agréables.

Plutôt que de supposer, nous pouvons vérifier.

Questionner.

Communiquer.

Demander.

Revenir aux faits.

Cela évite parfois plusieurs heures de souffrance pour une histoire qui n’existait que dans notre tête.

Faire de son mieux ne signifie pas être parfait

Le quatrième accord est probablement celui qui rejoint le plus directement la culpabilité : faire toujours de son mieux.

Mais attention à ce que signifie « son mieux ».

Votre mieux d’aujourd’hui n’est pas celui d’hier.

Il varie selon votre fatigue, vos connaissances, votre maturité, vos ressources et la situation dans laquelle vous vous trouvez.

Lorsque vous regardez une décision prise dix ans auparavant avec la conscience que vous possédez aujourd’hui, vous commettez facilement une erreur : vous jugez votre ancien vous avec des informations qu’il n’avait pas encore.

Aujourd’hui, vous auriez peut-être agi autrement.

Très bien.

Cela signifie que vous avez appris.

Mais la personne que vous étiez à cette époque a pris sa décision avec son histoire, ses peurs, ses connaissances et son niveau de sécurité intérieure du moment.

Reconnaître cela ne signifie pas nier sa responsabilité.

Si nous avons blessé quelqu’un, nous pouvons reconnaître notre comportement, présenter des excuses et réparer ce qui peut encore l’être.

Puis vient un moment où continuer à se punir n’aide plus personne.

Remplacer la culpabilité par la responsabilité

Je trouve aujourd’hui cette distinction beaucoup plus intéressante.

La culpabilité dit :

« Je suis mauvais à cause de ce que j’ai fait. »

La responsabilité demande :

« Qu’est-ce que je décide de faire maintenant avec ce que j’ai compris ? »

Vous avez mal parlé à quelqu’un ?

Réparez.

Vous avez pris une mauvaise décision ?

Apprenez.

Vous avez repris une habitude que vous vouliez arrêter ?

Essayez de comprendre ce qui l’a déclenchée.

Vous avez dit oui alors que vous vouliez dire non ?

Observez la peur qui vous empêchait de poser votre limite.

Chaque erreur peut devenir une information sur l’endroit où notre sécurité intérieure demande encore à grandir.

Vous ne pouvez agir que maintenant

Nous dépensons parfois une quantité extraordinaire d’énergie à essayer mentalement de modifier quelque chose qui n’existe plus : le passé.

Or notre seul espace d’action est ici.

Aujourd’hui.

Je peux reconnaître ce que j’ai fait hier sans devoir continuer à me punir demain.

Je peux me dire :

« À cet instant, je fais avec ce que je sais, avec les ressources dont je dispose, et je vais essayer de faire du mieux que je peux. »

Puis recommencer demain avec, peut-être, un peu plus de conscience.

La sécurité intérieure ne consiste pas à devenir quelqu’un qui ne fait plus jamais d’erreur.

Elle consiste peut-être à devenir quelqu’un qui n’a plus besoin d’être parfait pour continuer à s’aimer et à se respecter.

Alors, si vous portez encore aujourd’hui la culpabilité d’une ancienne décision, posez-vous une question :

Qu’est-ce que je peux encore réparer, apprendre ou transformer aujourd’hui ?

Faites ce qui est possible.

Et pour ce qui ne l’est plus, autorisez-vous progressivement à déposer le poids.

Vous êtes peut-être devenu précisément la personne capable de voir cette erreur parce que vous n’êtes déjà plus tout à fait celui ou celle qui l’a commise.

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Stéphane Bride-Bonnot coach loi d'attraction
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