La loi de l’équilibre

La loi de l’équilibre : pourquoi vouloir toujours plus peut nous éloigner de nous-mêmes

Dans le développement personnel et certaines traditions spirituelles, nous retrouvons différentes listes de « lois universelles ».

Leur nombre et leur formulation varient selon les courants. Il ne s’agit donc pas de lois scientifiques au sens où nous parlerions de la gravitation, mais plutôt de principes philosophiques ou spirituels permettant de réfléchir à notre manière de vivre.

Parmi ces principes, il en existe un que je trouve particulièrement intéressant :

la loi de l’équilibre.

Parce que lorsque nous observons notre quotidien, nous pouvons rapidement constater que nous passons une grande partie de notre existence à chercher cet équilibre.

Entre faire et ne rien faire.

Entre donner et recevoir.

Entre travailler et récupérer.

Entre être avec les autres et être seul.

Entre construire demain et profiter d’aujourd’hui.

Et derrière tous ces équilibres se trouve une question qui m’intéresse particulièrement aujourd’hui : celle de notre sécurité intérieure.

Comprendre ne suffit pas à transformer

Avant d’aller plus loin, prenez un cahier et un stylo.

Parce que nous pouvons lire des centaines d’articles de développement personnel, regarder des vidéos tous les jours et connaître parfaitement les concepts sans que notre vie ne change réellement.

Nous accumulons alors de la connaissance.

Mais la connaissance n’est pas nécessairement une prise de conscience.

Une prise de conscience apparaît lorsque nous commençons à relier une idée à notre propre fonctionnement.

Pendant la lecture de cet article, ne vous demandez donc pas uniquement :

« Est-ce que je suis d’accord ? »

Demandez-vous :

« Où est-ce que je retrouve cela dans ma vie ? »

C’est là que l’exercice devient intéressant.

La vie fonctionne en permanence avec des alternances

Regardons une journée ordinaire.

Nous dormons.

Nous nous réveillons.

Nous bougeons.

Nous mangeons.

Nous travaillons.

Nous récupérons.

Nous sommes parfois avec d’autres personnes.

Puis nous avons besoin de nous retrouver seuls.

Notre organisme lui-même fonctionne avec des alternances.

Inspiration.

Expiration.

Activité.

Récupération.

Veille.

Sommeil.

Personne n’imaginerait inspirer continuellement sans jamais expirer.

Pourtant, dans notre manière de vivre, nous pouvons essayer de rester continuellement du même côté.

Toujours travailler.

Toujours produire.

Toujours réfléchir.

Toujours aider.

Toujours consommer de l’information.

Toujours chercher quelque chose.

Puis nous sommes surpris de nous sentir saturés.

Nous sommes des « êtres » humains, pas des « faires » humains

C’est une phrase que j’utilise depuis longtemps parce qu’elle résume une grande partie de ma réflexion.

Nous sommes des êtres humains, et non des « faires humains ».

Pourtant, notre société valorise énormément le faire.

Que fais-tu ?

Combien produis-tu ?

Combien gagnes-tu ?

Quels sont tes résultats ?

Quels sont tes projets ?

Même nos moments de repos peuvent devenir des choses à optimiser.

Il faut méditer correctement.

Faire suffisamment de sport.

Lire tant de livres.

Suivre telle routine.

Nous finissons parfois par transformer le bien-être lui-même en nouvelle performance.

Et si nous réapprenions simplement à être ?

Combien de temps savez-vous rester seul avec vous-même ?

Ajoutez maintenant une ligne sur votre feuille :

« Être seul avec moi-même dans le silence. »

Combien de temps consacrez-vous réellement à cela ?

Sans téléphone.

Sans télévision.

Sans musique.

Sans podcast.

Sans livre.

Sans travail.

Sans personne à qui parler.

Juste vous.

Cette expérience peut sembler très simple.

Pour certaines personnes, elle est pourtant extrêmement inconfortable.

Parce que lorsque nous supprimons le bruit extérieur, nous commençons à entendre ce qui se passe à l’intérieur.

Les pensées.

Les inquiétudes.

Les frustrations.

Les envies que nous repoussons.

Les décisions que nous évitons.

Nous pouvons alors comprendre pourquoi nous remplissons parfois chaque espace disponible.

Le « faire » peut devenir une protection.

Derrière l’hyperactivité peut se cacher une recherche de sécurité

C’est ici que ma lecture de l’équilibre a évolué.

Une personne qui travaille énormément n’est pas nécessairement simplement passionnée.

Elle peut aussi avoir peur de manquer.

Une personne qui aide continuellement les autres n’est pas nécessairement uniquement généreuse.

Elle peut aussi avoir besoin de se sentir indispensable.

Une personne qui lance constamment de nouveaux projets n’est pas nécessairement créative.

Elle peut aussi avoir peur que son projet actuel échoue.

Une personne qui consomme énormément de contenus de développement personnel n’est pas nécessairement en train d’évoluer.

Elle peut également chercher sans cesse la prochaine réponse qui va enfin la rassurer.

Nous pouvons donc être extrêmement actifs tout en étant intérieurement pilotés par la peur.

Faire, avoir, être… ou être, faire, avoir ?

Nous avons souvent appris un fonctionnement de ce type :

faire → avoir → être.

Je vais beaucoup travailler.

Alors j’aurai suffisamment d’argent.

Et lorsque j’aurai suffisamment d’argent, je serai enfin libre et serein.

Le problème est que le seuil du « suffisamment » peut continuellement reculer.

Nous atteignons un objectif.

Puis il en faut un autre.

Je préfère expérimenter un autre ordre :

être → faire → avoir.

Depuis quel état intérieur ai-je envie de vivre ?

Quelles actions correspondent à cet état ?

Et qu’est-ce que ces actions vont progressivement me permettre de construire ?

Cela ne signifie pas que nous pouvons rester assis dans notre canapé en attendant que la matière apparaisse.

Cela signifie que l’action n’a plus besoin d’être une fuite permanente destinée à calmer notre insécurité.

L’équilibre entre ce que nous voulons et ce que nous vivons

Prenons maintenant un objectif financier.

Vous gagnez actuellement 2 000 euros par mois et vous aimeriez en gagner 5 000.

Il n’y a aucun problème à avoir cet objectif.

Mais observez ce qu’il provoque en vous.

De l’enthousiasme ?

De la curiosité ?

Une envie de construire ?

Ou immédiatement de l’impatience, de la peur et un sentiment d’échec parce que vous n’y êtes pas encore ?

Un objectif peut nous donner une direction.

Mais il peut également devenir la preuve quotidienne que notre situation actuelle ne nous satisfait pas.

Nous ne vivons alors plus pour avancer.

Nous vivons dans le manque de ce que nous n’avons pas encore.

C’est là que j’aime l’idée du step by step.

Un pas après l’autre.

Non pas pour réduire nos rêves.

Mais pour permettre à notre système intérieur de traverser progressivement l’inconnu.

L’exercice de la planche

Vous pouvez matérialiser cette idée avec une expérience très simple.

Prenez une balle de ping-pong ou un objet arrondi.

Posez dessus une petite planche.

Puis placez un personnage, par exemple un Playmobil, au centre de cette planche.

Votre personnage représente votre situation actuelle.

Lorsqu’il est au centre, la planche reste relativement équilibrée.

Maintenant, placez un petit morceau de papier à l’extrémité de la planche.

Ce papier représente quelque chose que vous désirez.

1 000 euros supplémentaires par mois.

Un nouveau travail.

Une relation.

Un déménagement.

Une entreprise.

Un projet.

Imaginez maintenant que votre personnage se précipite vers cet objectif.

Plus il se déplace brutalement vers une extrémité, plus l’équilibre devient difficile à maintenir.

Cette expérience ne démontre évidemment aucune loi énergétique.

Mais elle représente parfaitement quelque chose que nous pouvons observer psychologiquement.

Plus notre bonheur dépend exclusivement de quelque chose que nous n’avons pas encore, plus notre situation actuelle peut devenir difficile à supporter.

Désirer sans rejeter le présent

C’est ici que la gratitude prend tout son sens pour moi.

La gratitude ne consiste pas à renoncer à vouloir davantage.

Je peux être heureux aujourd’hui et vouloir développer mon activité.

Je peux apprécier mon logement et rêver d’habiter ailleurs.

Je peux aimer ma vie actuelle et construire quelque chose de complètement différent.

Les deux peuvent coexister.

Le problème apparaît lorsque nous nous racontons :

« Je serai enfin heureux lorsque… »

Lorsque j’aurai 5 000 euros.

Lorsque j’aurai rencontré quelqu’un.

Lorsque j’aurai déménagé.

Lorsque mon entreprise fonctionnera.

Lorsque j’aurai perdu du poids.

Nous remettons alors notre sécurité et notre bien-être entre les mains d’un futur qui n’existe pas encore.

Donner et recevoir : une autre forme d’équilibre

Il existe un autre domaine dans lequel l’équilibre me semble essentiel : le rapport entre donner et recevoir.

Nous pouvons être très à l’aise pour recevoir et beaucoup moins pour donner.

Mais l’inverse existe également.

Certaines personnes donnent continuellement.

Leur temps.

Leur énergie.

Leur écoute.

Leur argent.

Leurs compétences.

Et lorsqu’on leur propose quelque chose en retour, elles répondent :

« Non, ce n’est rien. »

Pourquoi ?

Parfois parce que recevoir les met mal à l’aise.

Recevoir signifie accepter que nous avons de la valeur pour quelqu’un.

Là encore, notre rapport à l’équilibre peut révéler notre sécurité intérieure.

Puis-je donner sans attendre constamment quelque chose en retour ?

Et puis-je recevoir sans culpabiliser ?

Masculin, féminin, action et accueil

J’ai également beaucoup utilisé les notions de masculin et de féminin pour parler d’équilibre.

Je préfère aujourd’hui les considérer comme une représentation symbolique plutôt que comme des caractéristiques déterminées par notre sexe.

Nous avons tous besoin d’action et de réceptivité.

De structure et de souplesse.

De détermination et de sensibilité.

De mouvement et de repos.

Une personne peut être extrêmement efficace dans l’action mais incapable de s’arrêter.

Une autre peut être extrêmement sensible à ses émotions mais avoir beaucoup de difficultés à décider.

L’équilibre ne signifie pas devenir exactement moitié-moitié.

Il signifie pouvoir mobiliser différentes ressources selon ce que la situation demande.

L’équilibre n’est jamais définitif

C’est peut-être le point le plus important.

Nous imaginons parfois qu’une vie équilibrée serait une vie parfaitement stable.

Ce serait presque l’inverse.

Regardez quelqu’un tenir en équilibre sur une planche.

Il ne reste pas totalement immobile.

Il effectue constamment de minuscules ajustements.

Notre vie fonctionne de la même manière.

Certaines périodes nécessitent davantage de travail.

D’autres davantage de repos.

Certaines périodes sont consacrées à construire.

D’autres à récupérer.

Parfois nous donnons davantage.

Parfois nous avons besoin de recevoir.

La sécurité intérieure ne consiste donc pas à trouver une position parfaite et à ne plus jamais la quitter.

Elle consiste à sentir suffisamment tôt que nous sommes en train de basculer dans un extrême et à savoir revenir vers un point qui nous convient davantage.

C’est probablement ainsi que je définirais aujourd’hui cette fameuse loi de l’équilibre.

Non pas comme une règle magique de l’univers qui nous garantirait automatiquement l’abondance.

Mais comme une invitation permanente à observer notre manière de vivre.

Alors reprenez votre cahier.

Regardez votre travail, votre repos, vos relations, votre solitude, vos projets, votre rapport à l’argent, ce que vous donnez et ce que vous recevez.

Puis posez-vous simplement cette question :

« Dans quel domaine de ma vie suis-je aujourd’hui tellement parti dans un extrême que je ne me sens plus suffisamment en sécurité pour revenir naturellement vers mon équilibre ? »

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Stéphane Bride-Bonnot coach loi d'attraction
Stéphane Bride-Bonnot coach loi d'attraction